Archive pour le mot-clef ‘cloud computing’

Gaming, consoles et Microsoft : un filon pour 10 start-up

Mardi 22 novembre 2011

Toujours au rayon des modes de financement et pistes à suivre, pour des projets d’investissement innovant, à noter cette nouvelle initiative de Microsoft. Vous savez, la grande entreprise informatique fondée par Bill Gates dont on parlait tout le temps, avant que n’existent les Google, Facebook, Twitter, Groupon, etc. :-)

gaming_console_microsoft_filon_startupOr donc l’Américain propose -rapporte le NouvelObs.com citant ZDNet.fr- un plan de financement pour 10 start-up. Seul impératif : développer un produit innovant pour Kinect, sa plateforme de reconnaissance de mouvement, utilisée pour la console de jeu X-Box. Le pendant de la Wii de Nintendo.

Ce programme a même un nom : le Kinect Accelerator. Et une bonne base de jeu, avec 10 millions d’unités vendues dans le monde, rappelle 01Net. L’objectif, à n’en pas douter, est de parvenir à créer un app’store, une boutique d’applications, dans la philosophie des derniers succès récents. Le principe n’est pas idiot : imposer un standard, recruter des concepteurs innovants, valoriser le tout dans une logique d’e-commerçant. Microsoft n’invente rien ici.

Perspectives business

Et qui sait… peut-être que des projets plus orientés business pourraient émerger ? Fermez les yeux, imaginez… Vous êtes un trader, et vous disposez d’un outil Kinnect-like, qui vous permet de prendre des positions, juste en bougeant votre main dans un environnement 3D représentant les marchés. Du rêve dites-vous ? Je vous reparlerai bientôt de ce type d’applications prospectives, sur ce blog. Et de comment la finance pourrait bien s’en inspirer.

Il faut, enfin, se souvenir que ces consoles sans fil constituent – selon les données de l’Idate- l’une des 7 tendances clés du secteur des jeux vidéos de demain. Un secteur dont la croissance attendue à horizon 2015, à de quoi motiver.

À noter : ce n’est pas là la seule initiative de soutien aux start-up promue par Microsoft. On en compte aussi au rayon du cloud computing, ou plus globalement au sein du programme Bizpark lancé en 2008.

Sondage : si vous êtes une start-up, et que vous avez un projet rentrant dans cette catégorie : parlez-nous en sur ce blog, et nous relayerons.

La pollinisation techno-économique, comme les abeilles

Lundi 12 septembre 2011

La pollinisation techno-économique Dans une interview au magazine Télérama, l’économiste Yann Moulier Boutang développe une intéressante analyse du développement des économies modernes. Plus précisément sur le rôle et l’impact des nouvelles technologies, de l’internet et des réseaux sociaux : des “outils”, des secteurs dont on a eu un peu de mal, ces dernières années, à les rattacher justement à une vision positive de la croissance. La crise des “dotcoms” est passée par là, et de toute façon l’absence de modèle économique durable perdure… Au point qu’on parle régulièrement de “bulle 2.0“, comme d’un risque imminent.

Pour Moulier Boutang, il s’agit en fait de “pollinisation”, se déroulant comme chez les abeilles :

“L’interdépendance mondiale est comparable à l’opération qu’effectuent les abeilles, qui ne se contentent pas de produire du miel et de la cire, mais fécondent la nature en transportant le pollen de fleur en fleur. Or, [...] la pollinisation des abeilles représentait entre 790 fois et 1 000 fois la valeur de leur production en miel et cire”.

Et d’enfoncer le clou pour définir l’économie virtuelle et contemporaine au mieux : “Ce qui a de la valeur désormais, ce sont les opérations d’interaction complexe entre les gens. L’économie d’innovation repose sur cette ‘pollinisation’ humaine.“, qui passe par internet et les réseaux sociaux.

Son exemple le plus représentatif  ? Il est puisé naturellement, sans doute pour un “macophile”… C’est en effet l’américain Apple qui incarnerait pour l’économiste, cette pollinisation techno-économique, au passage des formidables valorisations boursières de la high tech :

“Il s’est passé le mois dernier un événement qui restera dans les livres d’histoire : une entreprise d’informatique, Apple, avec 330 milliards de dollars, a dépassé la capitalisation boursière d’Exxon, première compagnie pétrolière mondiale. Apple l’a fait avec des ordinateurs, mais aussi avec le développement d’« éco-systèmes ». [avec] des développeurs, des valeurs d’entreprise, de la marque, de l’organisation sociale [...]“.

Certes Apple est un univers en soi, et c’est même un objectif mercantile chez lui. On pourrait objecter à l’économiste que cette pollinisation joue sans doute encore plus dans l’ADN de l’informatique open source par exemple, ou dans le concept de cloud computing qui l’a suivi. Réseaux, inter-connexions, rapidité de travail, etc.

De l’abeille à l’homme ?

A noter que cette approche théorique n’est pas toute neuve, chez l’économiste. Qui lui a consacré un essai sur la question, au printemps 2010 : “L’abeille et l’économiste“. Et si l’on prolonge la métaphore animalière, il serait intéressant de poser quelques questions complémentaires :

  • qui jouent le rôle des frelons, des guêpes ? ;-) Le monde des abeilles n’est pas tout de miel et de douceur. Il suffit de revoir les actualités estivales sur le frelon asiatique, pour le mesurer…
  • comment appréhender les questions d’obsolescence voire de rupture technologique ? voire à considérer que des écosystèmes entiers peuvent devenir caduques, y compris en informatique et sur le web;
  • la pollinisation peut-elle durablement être une économie, de création de valeurs marchandes et d’emploi ?

Du cloud computing… au cloud financing ?

Vendredi 17 juin 2011

Au royaume des technologies informatiques furieusement modernes, vous avez certainement déjà entendu parler dans une causerie du “cloud computing“, voire du “nuage” pour les locaux. Détendez-vous, il ne s’agit pas d’un sujet planant de type philosophie expérimentale (un clin d’oeil au bac philo qui s’est tenu hier…). Bien au contraire, le cloud n’est pas quelque chose de vaporeux mais de très concret.

Cela concerne les systèmes d’information des entreprises, la manière de délivrer de la “puissance informatique” de façon souple et agile, en s’adaptant aux défis permanents du business. Cela mêle par exemple l’informatique distante (délivrée en service), la virtualisation des serveurs, la puissance en réseau (l’ex grid computing cher à IBM), etc.

Plutôt que de longs discours, je suis tombé sur l’interview publiée sur ZDNet.fr de Ludovic Tassy, DSI d’Afflelou (ci-contre). Il y explique bien les enjeux et atouts pour une entreprise utilisant le “cloud” en 2011. Et rassurons-nous, le lunettier Afflelou encore une fois, est loin d’être fou… Son DSI y va tout en relativisant l’effet de mode et d’attraction du terme, qui serait sensé tout résoudre… Le responsable informatique est aussi concis que clair : “Le cloud n’est pas magique !“.

Retenons, pour les matières financières, que cette informatique va sans doute donner le ton des prochaines années et décennies à venir. Et que peut-être un jour, un organisme officiel vous répondra t-il sans aucune gêne : “Ah pardon madame, on ne retrouve pas votre feuille d’impôt : elle est perdue dans le cloud…“, ou autre “monsieur, pour récupérer votre retraite, il va falloir attendre que le cloud livre son calcul, réponse par mail sous une semaine…“.

Méthode de financement

On plaisante, on plaisante… Mais or du domaine des technologies, un “cloud financing” serait-il possible ? Pour jouer un peu (promis, je n’en abuserai plus, du moins pour cette semaine) des concepts, on peut noter que le “crowd funding” dont je vous parlais plus tôt sur ce blog, c’est un peu cela : un “nuage”, un réseau de contributeurs, qui finit par faire tomber… une pluie de financement enrichissant !
Il ne faudrait juste pas que le “cloud” devienne un peu le mot fourre-tout, le concept passe partout, apte à transformer la moindre stratégie en moderne et pertinente. Ni qu’il soit une explication rapide à tout ce qu’on a du mal à périmétrer et expliquer… Du genre  “oh, on ne sait pas  trop, ça doit être quelque part dans le cloud…“. Gageons que, comme souvent, les utilisateurs trancheront et diront si oui ou non ils y voient un intérêt et comprennent bien la notion.

Pour prolonger : lire l’article “Le cloud computing pour les nuls“, et la présentation sur Slideshare “Le cloud computing en France“.