Archive pour le mot-clef ‘apple’

Pactoles et profits de la net-économie

Mercredi 21 mars 2012

Hasards de l’actualité. A lire les titres de la presse économique et technologique ces derniers jours, il semble que le curseur se soit placé à nouveau pour les nouvelles technologies et le web, sur l’argent, le profit et l’investissement. Et dans des proportions significatives.

L’argent c’est tout d’abord Apple et son fabuleux “pactole” de 100 milliards de dollars de liquidités, qui excite passions et convoitises, donne à réfléchir aussi. Autre fait notable : Apple reverse pour la première fois depuis 1995des dividendes à ses actionnaires, à hauteur de 45 milliards de dollars a indiqué lors d’un keynote son patron, Tim Cook (photo). Le signal est fort et confirmerait aussi, comme certains observateurs le pensent, une vraie détente sur le front économique et financier, ressentie notamment aux Etats-Unis.

Tiens, à propos : et si vous, vous disposiez d’une telle somme, qu’en feriez-vous ? Qu’en ferions-nous en France, si l’un des acteurs de la high tech dégageait un jour ce genre de marge de manoeuvre ? Vous avez dit Free… à l’heure où l’on parle carrément “d’exode d’abonnés des autres opérateurs” vers ses nouveaux services mobiles ? Les besoins de financement ne manquent pas, mais comment concilier ainsi intérêts des investisseurs et urgences des investissements ?

Enfin, l’opération Apple se doublant “de rachats d’actions chiffrés à 10 milliards de dollars sur trois ans à compter de l’exercice 2012/2013 (soit à partir du 30 septembre prochain)” (LeFigaro.fr), laisse penser les experts que le titre en bourse pourrait attirer de nouveaux investisseurs. Signe que la stratégie du géant mondial se densifie sur l’aspect financier, une première nouvelle touche par rapport à la période Steve Jobs.

Google redressé

L’argent, c’est aussi le redressement que le Fisc français réserverait à rien moins que… Google. Un autre américain encore.

La presse évoque 100 millions d’euros en jeu, pour un problème de pratiques de défiscalisation comme le rappelle ZDNet.fr : sur un “circuit de facturation entre la filiale française et le siège international du groupe à Dublin en Irlande, paradis fiscal pour les entreprises où l’impôt sur les bénéfices des entreprises est le plus bas de la zone euro avec un taux de 12,5 % (contre 30 % en France).

Une certaine forme de traque d’une certaine forme d’exilé fiscal, pour reprendre une thématique entendue dernièrement dans la campagne présidentielle française. Et une première dans le traitement réservé à Google, qui n’est pas forcément un bon signe d’ailleurs, au moment où par exemple des politiques ont reçu Jack Dorsey, patron de Twitter. Google prendrait-il là-aussi la place des anciens “moguls” de la high tech, qu’on prenait le soin de ne pas louper dès que l’occasion se présentait ?

Pactole sectoriel

Je rappelle que cette question de la richesse de la high tech américaine s’est déjà posée, à l’été 2011. On y retrouvait déjà Apple, Google et leurs confrères, formant un quasi Etat dans l’Etat, en termes financiers. A l’époque, je relevais le scope suivant, en capitalisation boursière : “938 milliards de dollars (…) répartis comme suit : Apple (339 Mds), Microsoft (206), Google (163), Oracle (127) et Intel (103)“.

Aujourd’hui, si l’on fait une mise à jour, nous en sommes à : Apple (564 Mds), Microsoft (268), Google (205), Oracle (151) et Intel (138), soit un total de 1326 Mds de dollars, en hausse de + de 40% en sept mois.

Steve Jobs fut aussi et surtout un investisseur

Jeudi 6 octobre 2011

La nouvelle nous a tous cueillis à un moment ou un autre ce jour du 5 octobre 2011. Soit sur les réseaux sociaux en ligne, soit sur les médias classiques, comme Le Monde ou encore ZDNet.fr qui lui réserve une édition spéciale. Et c’est la première leçon à tirer de grands bonshommes ou grandes actions humaines : on se souvient de leur départ, de leur arrêt, du moment où on l’a appris, du contexte environnant. Passé donc cette phase nécessaire de deuil, planétaire, il restera ce que Steve Jobs fut. Pour moi, surtout un investisseur, dans tous les sens du terme.

Pas tout à fait un visionnaire inventeur pur jus, donc, comme on le dit souvent. Il a d’abord “investi” au sens premier, dans l’humain et la méthodologie. Mais aussi dans l’observation des marchés, plutôt que dans la multiplication des produits et stratégies. Jobs fut plutôt un habile détecteur de tendances numériques, arrivant à chaque fois à apporter une réponse adaptée, sexy et profitable à des marchés embryonnaires, peu édifiés ou mal servis. Trois stratégies clés jalonnent son parcours :

  • ainsi fut-il des ordinateurs designés, que le monde PC a bien tenté de lancer, mais que l’iMac a incarné mieux que tout le monde.
  • ainsi fut-il du baladeur mp3, qui a préexisté aux iPods (souvenez-vous les Rio…) mais qu’Apple a su personnifier et rendez rock’n roll.
  • ainsi des des smartphones, que les Blackberry et autres Nokia ont su initié, mais qu’Apple a finalement raflé. Vampirisation ? Plutôt opportunisme et méthodologie.

Jobs l’opportuniste

La partie moins publique de Jobs est sans doute qu’il fut aussi un excellent investisseur, au sens premier du terme. Pas du genre touche à tout et dispersé, mais plutôt bougeant quelques fois et de façon ajustée : comme un snipper. De quoi apprendre, pour toute une génération de business men en herbes, d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Jobs a pris des parts dans les secteurs où il fallait être, au moment opportun. PC Impact, qui repasse ses grandes dates en revue, souligne par exemple son investissement, dès les années 80 dans NeXT, une société qui lui servira de laboratoire pour concevoir l’ordinateur du futur. Ce qu’il accomplira plus tard de retour chez Apple avec la génération des iMac, et là aussi en investissant dans la création et l’embauche d’une unité de designers.

Mais son plus beau coup reste sans nul doute Pixar, qu’il a racheté quand il était en délicatesse chez Apple, juste avant que n’explose la 3D dans les jeux, les dessins animés puis désormais les films. Un investissement de 10 millions de dollars au départ, pour les profits qu’on sait par la suite.

Investir de l’argent, du courage, du temps… telle fut la trilogie de Steve Jobs au-delà des seules capacités de management et de leadership dans la high tech. C’est sans doute pour moi ce qui le hisse au niveau des grands industriels comme Ford, Welch ou plus récemment Dyson.

Pour prolonger : relire les précédentes notes consacrées à Steve Jobs sur ce blog…

Apple, iPhone et course à l’annonce

Mercredi 5 octobre 2011

apple_iphone_course_annonceBilan du dernier keynote d’Apple d’hier soir (heure française) très attendu ? On le mesurait immédiatement sur les réseaux sociaux, encore et toujours. Avec tous ces tweets sur le réseau Twitter par exemple, de fanas et experts déçus par si peu d’annonces novatrices.

Confirmation dans la presse, dans la foulée, qui ne manque pas de réalisme à l’endroit du géant américain : un nouvel iPhone “accueilli fraichement” (nouvelobs.com) quand on admet pas avec honnêteté, malgré l’apple-mania ambiante, qu’il ne s’agirait que d’une “riposte à Android” (le système mobile concurrent de Google).

Apple a voulu occuper le terrain de la rentrée (bien avancée) malgré tout. Et malgré notamment le fait de changer de “leader” sur la scène publique et business, puisque cette présentation était assurée pour la première fois par Tim Cook, successeur de Steve Jobs, parti pour raisons de santé. C’était osé. Et tout était dit dès les premières minutes de cette conf’, voir ci-dessous…

Donc : Apple annonce un iPhone 4S (amélioration du modèle existant) plutôt que le 5 si attendu. Même les Guignols de l’Info, sur Canal plus, se fendaient de leur sketch pour dire en gros que Jobs est le spécialiste de faire des annonces creuses et sans réelle urgence. Et qu’au-delà Apple est bien l’as du “je te vends des produits dont tu n’as pas besoin tout en te faisant rêver de leur nécessité“.*

Sans aller jusque-là, il est clair que la firme américaine est un peu prise désormais dans une obligation de mouvement permanent et doit gérer une gamme de produits high tech assez large, qu’il va être difficile de maintenir avec une égale modernité et pertinence, sur chaque élément. C’est aussi assez peu compatible, au fond, avec la tradition de communication très calibrée, voire quasi hermétique d’Apple. Une sorte de stop & go continu, qui finit par lasser. Surtout quand il y a peu à se mettre sous la dent.

Que disent les marchés ?

A court terme, la bourse a sanctionné ce “non évènement” : l’action Apple a marqué le pas ces derniers jours… Mais les marchés ont en revanche peu la mémoire historique. Car il faut se souvenir que lors du premier retour gagnant d’Apple, au début des années 2000 avec l’iMac tout rond et coloré, avait suivi une période de doutes et de sur place. C’était avant l’arrivée fracassante des iPod, iPhone puis iPad. Et même ces appareils à leur début, avaient été fraichement accueillis, face aux autres lecteurs mp3 et vidéos, dominants alors… Les cycles en informatique et en nouvelles technologies, ça veut dire quelque chose… Comme les autres, Apple n’y échappera pas.

Faits essentiels à retenir pour les investisseurs :

  • marché tech / est confirmée l’importance des “devices” et interfaces mobiles : c’est clairement là que se porte le marché
  • leadership / est confirmée la suprématie d’Apple, mais qui peut vite se retourner : de nombreux concurrents fourbissent leurs armes et stratégies
  • management / est validée l’arrivée d’un nouveau pilote : l’ère Jobs est en train de se tourner, un moment capital pour cette entreprise hors norme
Copyrights : COG LOG LAB. sur Flickr

La pollinisation techno-économique, comme les abeilles

Lundi 12 septembre 2011

La pollinisation techno-économique Dans une interview au magazine Télérama, l’économiste Yann Moulier Boutang développe une intéressante analyse du développement des économies modernes. Plus précisément sur le rôle et l’impact des nouvelles technologies, de l’internet et des réseaux sociaux : des “outils”, des secteurs dont on a eu un peu de mal, ces dernières années, à les rattacher justement à une vision positive de la croissance. La crise des “dotcoms” est passée par là, et de toute façon l’absence de modèle économique durable perdure… Au point qu’on parle régulièrement de “bulle 2.0“, comme d’un risque imminent.

Pour Moulier Boutang, il s’agit en fait de “pollinisation”, se déroulant comme chez les abeilles :

“L’interdépendance mondiale est comparable à l’opération qu’effectuent les abeilles, qui ne se contentent pas de produire du miel et de la cire, mais fécondent la nature en transportant le pollen de fleur en fleur. Or, [...] la pollinisation des abeilles représentait entre 790 fois et 1 000 fois la valeur de leur production en miel et cire”.

Et d’enfoncer le clou pour définir l’économie virtuelle et contemporaine au mieux : “Ce qui a de la valeur désormais, ce sont les opérations d’interaction complexe entre les gens. L’économie d’innovation repose sur cette ‘pollinisation’ humaine.“, qui passe par internet et les réseaux sociaux.

Son exemple le plus représentatif  ? Il est puisé naturellement, sans doute pour un “macophile”… C’est en effet l’américain Apple qui incarnerait pour l’économiste, cette pollinisation techno-économique, au passage des formidables valorisations boursières de la high tech :

“Il s’est passé le mois dernier un événement qui restera dans les livres d’histoire : une entreprise d’informatique, Apple, avec 330 milliards de dollars, a dépassé la capitalisation boursière d’Exxon, première compagnie pétrolière mondiale. Apple l’a fait avec des ordinateurs, mais aussi avec le développement d’« éco-systèmes ». [avec] des développeurs, des valeurs d’entreprise, de la marque, de l’organisation sociale [...]“.

Certes Apple est un univers en soi, et c’est même un objectif mercantile chez lui. On pourrait objecter à l’économiste que cette pollinisation joue sans doute encore plus dans l’ADN de l’informatique open source par exemple, ou dans le concept de cloud computing qui l’a suivi. Réseaux, inter-connexions, rapidité de travail, etc.

De l’abeille à l’homme ?

A noter que cette approche théorique n’est pas toute neuve, chez l’économiste. Qui lui a consacré un essai sur la question, au printemps 2010 : “L’abeille et l’économiste“. Et si l’on prolonge la métaphore animalière, il serait intéressant de poser quelques questions complémentaires :

  • qui jouent le rôle des frelons, des guêpes ? ;-) Le monde des abeilles n’est pas tout de miel et de douceur. Il suffit de revoir les actualités estivales sur le frelon asiatique, pour le mesurer…
  • comment appréhender les questions d’obsolescence voire de rupture technologique ? voire à considérer que des écosystèmes entiers peuvent devenir caduques, y compris en informatique et sur le web;
  • la pollinisation peut-elle durablement être une économie, de création de valeurs marchandes et d’emploi ?

Steve Jobs se retire, Apple déstabilisé ?

Vendredi 26 août 2011

Je prolonge les réflexions d’Arnaud Balme, sur le départ en retraite de Steve Jobs. Pour l’heure en effet, les analystes préfèrent y voir des “pertes limitées“. Mais l’effet de l’annonce du départ de Jobs de la direction d’Apple, pour raisons de santé connues de longue date, a fait fléchir le titre phare de la bourse américaine. De l’ordre de -4 à -5% hier jeudi. Le titre a même tendance, sur long terme, à faiblir depuis son plus haut atteint le 26 juillet dernier, où l’action Apple Inc. valait 403,41 dollars. Il demeure qu’Apple est quand même devenu, même temporairement, numéro 1 de la bourse américaine, en terme de capitalisation boursière.

Certes, cette baisse ne va pas déstabiliser tout le marché des nouvelles technologies à sa suite. Il faudra cependant observer le sort de la “galaxie Apple”. La société fait vivre un certain nombre d’éditeurs de logiciels, fabricants de matériel technologique et a aussi des partenariats. Apple pourrait aussi prochainement bouger par des rachats, comme la rumeur l’évoquait cet été pour Barnes & Noble. Enfin, Jobs a eu un rôle important dans d’autres entreprises, comme chez Disney et Pixar.

Symbiose entre Jobs et Apple

Mais ce départ compte cependant et va marquer un avant et un après. C’est que la symbiose entre le fondateur et son entreprise est telle, qu’elle a toujours donné l’impression de ne pas pouvoir vivre sans lui. Il est l’auteur de son retour en force sur le marché informatique, au début des années 2000 avec le concept iMac et ses déclinaisons. Puis le grand orchestre de la stratégie mobile incarnée dans les iPod, iPhone, iPad. Une biographie très attendue de Steve Jobs, est d’ailleurs annoncée pour cette rentrée. Combinée à une sortie produit importante, de l’iPhone5.

Dans un communiqué de presse publié par Apple pour annoncer ce départ, la société semble hésiter entre éloge et relais nécessaire vers son remplaçant, Tim Cook :

Steve a eu d’innombrables contributions à la réussite d’Apple, et il a su attirer et inspirer les employés immensément créatifs d’Apple ainsi que son équipe de direction. Dans son nouveau rôle en tant que président du conseil d’administration, Steve continuera à servir Apple avec son point de vue unique, sa créativité et son inspiration.

Jobs est un dieu pour nombre d’informaticiens, geeks, professionnels de l’informatique et du web. Le retrait d’un dieu provoque toujours des remous dans son Olympe…

Pour prolonger : relire “Apple, les deux facettes de la puissance

Google + Motorola + Android : à quoi ça peut servir ?

Mardi 16 août 2011

A en croire les sites internet experts comme ZDNet.fr, le rachat “high tech” de l’été -à savoir Motorola par Google- ne joue que dans la catégorie des opérations de gue-guerre commerciale et de “big strategy”. Jacques Rosselin, directeur de la rédaction de la Tribune, y voit même le fait notable que “Pour la première fois, Google s’aventure en dehors de son terrain en passant du virtuel au réel“. Et aurait donc autre chose à vendre que du “soft” et du “2.0″…

On peut aussi mettre au crédit de ce dossier l’intérêt de faire parler des Etats-Unis autrement que sous l’angle d’un pays immense à dette immense… et d’animer autrement le secteur boursier, même si concentré sur la high tech et les acteurs du web.

Un duo à orchestrer

Pour autant, si l’on reprend l’information sous le prisme de l’avantage utilisateur, que peut-on en attendre concrètement ? Il serait à souhaiter que ce nouveau tandem optimise ses atouts respectifs :

  • pour proposer une gamme de terminaux mobile complète et claire : comment mieux positionner les tablettes, entre les smartphones et les ordinateurs portables ? comment mieux adresser les besoins professionnels ? A ce titre, l’Atrix dévoilé au printemps dernier par Motorola, semble prometteur… Ainsi que le “lapdock” d’accueil, permettant de mieux travailler dans des situations professionnelles.
  • pour enrichir le domaine des applicatifs business, et notamment ceux à caractère économico-financier : une carence que j’ai déjà souligné plusieurs fois ici… Au niveau du socle logiciel, le rachat de Three Laws Mobility annoncé lors du dernier Mobile World Congress, va bien en ce sens.

Il s’agit aussi et surtout d’être en mesure de contrer la prochaine folie du lancement de l’iPhone 5 : dont on a déjà goutté un aperçu, avec l’affaire de “la fuite du stage” chez Orange cet été… et alors qu’est annoncée la biographie officielle de Steve Jobs pour novembre. Rosselin ne dit pas autre chose dans son billet d’analyse, en voyant de plus haut une stratégie puzzle ou plusieurs pièces se mettent en place pour l’américain Google :

Demain, l’information, la publicité, le commerce, les transactions financières et la monnaie passeront d’abord par les outils mobiles. À ce titre, l’intégration verticale est une stratégie gagnante comme Apple l’a montré.

Terminaux Android : une flotte (de luxe) à exploiter

Jeudi 30 juin 2011

Imaginez ce que l’on pourrait faire avec… L’américain Google vient en effet de laisser très opportunément fuiter que sa plateforme pour mobiles, Android, a franchi le seuil des… 500.000 mobiles activés par jour ! Une flotte “de luxe” pour ainsi dire, numériquement parlant, que tout directeur commercial oeuvrant dans la high-tech, adorerait posséder, pour faire joujou sur les marchés.

La guerre d’avec le géant Apple et ses immanquables iPhone n’est pas sans rapport avec la nouvelle. Il s’agit de part et d’autre de bien bomber le torse avant la trêve estivale  pour ré-attaquer à la rentrée pour motiver autant de deals avec les téléphonistes mobiles. Ceux-là même qui nous feront craquer pour changer une énième fois notre téléphone…

Pour mémo, la galaxie iPhone c’est :

  • 100 millions d’appareils vendus dans le monde (à date de mars 2011, cf CommentCaMarche.net)
  • soit grosso modo (l’appareil étant sorti en 2007) pas loin de 2 millions de terminaux par mois sur 4 ans…
  • à fin 2010, il était déjà le 4ème téléphone portable le plus plus vendu au monde

Mais Android souffre  - je l’ai déjà souligné sur ce blog – d’un manque d’applications, notamment d’applis pros, et re-notamment au rayon de celles dédiées à la gestion financière et aux questions patrimoniales. Argent, investissement, Google, Android… ces notions sont-elles encore trop lointaines les unes des autres ? Ne peut-on envisager Google que sous l’angle de la gratuité totale, qui quelque part, à un moment ou un autre, finit par faire cheap…?

Un luxe mieux assumé

Les amateurs se rassureront donc en notant qu’Android rejoint la “norme” si l’on peut dire, comme les classieux iPhone des Mac Addicts. Plusieurs sites, dont Ecran Mobile, nous apprennent ainsi qu’un terminal Android “de luxe” vient de sortir. Il s’agit d’un Tag Heuer Link coûtant 5.000 euros. Vous avez bien lu le montant. Et pour ce prix, la cible client a été chouchoutée, à en lire les détails de finition choisis par l’horloger suisse : “châssis en acier, du cuir de lézard ou d’alligator sans oublier des incrustations d’or ou de titane“.

Ne reste donc plus qu’à concevoir, outre l’aspect matériel, des “logiciels de luxe” pour que l’usage rejoigne la possession de l’objet. Des idées, messieurs les concepteurs et développeurs ?

Apple : les deux facettes de la puissance

Jeudi 9 juin 2011

Si j’étais un investisseur passionné de nouvelles technologies, je me poserai quand même des questions concernant Apple en ce moment… Ce que symbolisent parfaitement deux images de l’actualité toute récente de la firme informatique américaine.

  • la santé de Steve Jobs : le patron mythique affronte une “lourde maladie” comme on dit poliment. Mais contrairement à d’autres moments de sa vie où il a été discret sur ce problème personnel, il a choisi là de le montrer, presque serait-on tenté de dire de l’utiliser médiatiquement. Ca s’est passé dans le cadre du dernier keynote consacré aux services clouds. Ainsi, nombreux commentateurs et experts glosent sur sa maigreur extrême et son courage jusqu’au-boutiste… Mais quel message passe t-il à ses troupes, à ses clients, à ses partenaires ? Pas sûr que ce soit bien clair…
  • un siège futur et futuriste : après le physique, le matériel. Jobs l’a présenté dans la foulée du keynote précédéent, à la mairie de Cupertino (Californie), à savoir un nouveau “QG” affichant clairement la puissance et l’ambition de la firme. Il le décrit en ces mots très choisis : un “vaisseau spatial ayant atterri” (cf : ZDnet.fr). Clairement le cap du futur est affiché !

Maigreur maladive et résistance d’un côté ; bombage de torse économique de l’autre. Les deux extrêmes d’une entreprise hors norme, qui aura marqué et continue à marquer l’Histoire. Conséquence immédiate sur la bourse ? Si le cours n’est pas en hausse renversante, la capitalisation atteint (6 juin) plus de 317 milliards de dollars, largement au-dessus de sociétés comme Microsoft ou Intel (source Macworld.fr).

NB : pour la petite histoire et pour détendre un peu l’atmosphère entourant Apple, on note aussi cette Jobsmania dans des détails comme le phénomène de… son pull. Le fameux pull noir qu’il porte à chaque conférence, désormais en vente sur internet (sa copie bien sûr). A quand la paire de jeans ?

Le FT, pas content de l’App Store pour l’iPad

Mercredi 16 mars 2011

Je vous parlais dernièrement de l’application iPad produite par le “FT” (pour les intimes), soit le Financial Times, une “app’ financière” en vue. Sur iGeneration, on apprend que le groupe Pearson, qui édite entre autres ce journal d’information, n’est pas satisfait de ses relations avec Apple, notamment dans la fourniture de données qui lui permettraient de mieux affiner son positionnement publicitaire sur l’iPad.

C’est même Marjorie Scardino, PDG de Pearson, qui a mené la charge rappelle Mac4Ever, en indiquant qu’elle discute avec Apple en ce moment. Bras de fer?

Une fois de plus, Apple se distingue par son hermétisme et sa gestion des éditeurs de contenus très cadrée et peu souple. Apple a pris l’habitude de dire la messe, et d’attendre que tout le monde se mette à genoux devant lui. Sur le plan technologique et design, c’est convenu. Sur le plan business, c’est plus nouveau, et lié à la montée en puissance de la plateforme iTunes. Pour autant, la firme américaine devrait se méfier, car le marché des tablettes tactiles s’étoffe et avec lui la concurrence entre ses acteurs.

Business model des médias en ligne

Apple bénéficie juste de plusieurs longueurs d’avance et d’une applemania indéfectible au sein des utilisateurs individuels. Pour mémo, le site spécialisé Silicon.fr nous rappelle que “18 millions de tablettes ont été vendues dans le monde” en 2010, même si Apple en contrôle encore 83%. Sa position hégémonique ne peut qu’être remise en cause sur l’année à venir par : 1/ moins cher; 2/ plus ouvert (notamment sous le système Android de Google).

Le jackpot à cash de l’iPad et plus globalement des applis pour la plateforme Apple aura t-il une fin? On peut noter en tout que pour le développement d’applications à caractère financier, il est un peu normal pour l’éditeur de vouloir maîtriser ses données, d’établir les fondements de ce fameux “business model” des médias en ligne, dont tous les spécialistes parlent depuis le tournant 2005…

Pour enrichir votre réflexion, quelques repères récents sur le sujet :

Tablettes françaises en forme : et les applis locales?

Lundi 28 février 2011

A lire quelques nouvelles du français Archos, société informatique fondée à la fin des années 80 par Henri Crohas, on peut se dire qu’il y a une autre voie à la frénésie du iPad d’Apple, et dans une moindre mesure à la Galaxy Tab de Samsung. Selon PCWorld.fr, le groupe français se porte financièrement bien : “avec un chiffre d’affaires qui bondit de + 120% au quatrième trimestre à 35,6 millions d’euros“, pour boucler 2010. Et il doit en grande partie cette santé retrouvée au succès de ses tablettes.

A noter que ces tablettes ci tournent sous Android, le système mobile concurrent de la galaxie Google. Un univers à priori plus ouvert et où le développement en mode “open source” (logiciel libre) semble plus naturel. Il y en a sacrément besoin : car les applications “localisées”, c’est à dire développées pour un contexte français en ce qui nous concerne, manquent un peu dès que l’on se spécialise sur un sujet. Et notamment au rayon des questions financières et patrimoniales : une requête sur l’Android Market, sur ces termes, livrent en priorité une foultitude d’applis anglo-saxonnes… Je reviendrai plus tard sur ce sujet spécifique.

Tablettes + kits logiciel

De cette situation, tirerait-on alors un angle possible d’attaque pour un fabricant de matériel comme Archos? Je veux dire devenir “LA” tablette pratico-pratique du “consommacteur” français? Fournie avec tous les logiciels et services locaux qu’il faut pour s’informer, travailler, acheter et gérer en ligne? Pour cela Archos a enclenché la vitesse supérieure en créant sa propre market place, AppsLib, pour justemenbt pousser des “trousses à outils” complémentaires de Google/Android.

Clairement, soyons honnête, tout ceci n’est qu’affaire de guerre commerciale pour tenter d’imposer comme incontournable tel appareil et telle plateforme. La guerre des standards connue déjà dans la hifi et la vidéo grand public, n’a pas fini de faire parler d’elle… même ici, sous couvert de “tactilité” et de “webosité”…

AppsLib accueillerait-elle des kits logiciels thématiques, comme autant de prétextes à vendre des tablettes pour un besoin ciblé? Nous posons en tout cas directement la question aux équipes d’Archos et vous tiendrons informés de leur retour.

Pour compléter : voir cette vidéo de présentation des tablettes Archos

http://www.youtube.com/watch?v=vihw5CiYDHU