Force est de constater que depuis mars 2012, les taux des crédits immobiliers n’ont cessé de diminuer, mois après mois. Selon une étude menée par l’Observatoire Crédit Logement, la moyenne des taux enregistrés est descendue à 3,54% en juillet contre de 3,60% en juin. Ces taux historiquement bas flirtent avec les records enregistrés en janvier 2011. Mais, dans le même temps, les critères d’octroi de crédit se sont durcis. Quant à la demande, elle peine à décoller.
Alors que les taux des crédits immobiliers baissent depuis plusieurs mois, la création de crédits n’a pas été stimulée pour autant. Ainsi, selon cette une étude publiée dernièrement par l’Observatoire Crédit Logement, même si le marché des crédits immobiliers a frémi en juillet avec une hausse de 9,7%, ce n’est nullement suffisant à enrayer la baisse conséquente enregistrée sur tout le premier semestre 2012. Sur les sept premiers mois de l’année, le recul total enregistré est de 31,8% ! Une chute vertigineuse… Le marché est donc encore bien loin du dynamisme qu’il a connu jusqu’à l’été 2011.
Durée des prêts immobiliers et des montants accordés en baisse
Toujours selon la même étude, une baisse très nette de la durée des prêts immobiliers a été constatée ces derniers mois. Ainsi, par exemple, dans l’ancien, fortement touché par la suppression du PTZ+, cette durée est passée à 216 mois en juillet 2012 contre 226 en moyenne sur toute l’année 2011. Autre preuve que l’heure est à la méfiance pour les banques, le montant des crédits accordés ces derniers mois ne cesse de diminuer. Au cours du premier semestre 2012, les sommes ont diminué de 33,1% par rapport à la même période, l’année précédente. De plus, l’apport personnel est également en progression. Alors qu’il augmentait de 6,4% en 2010, et de 9,7% en 2011, sa hausse atteint les 10% en 2012. Conséquence : la clientèle des crédits immobiliers est en profonde mutation. L’accession des ménages modestes diminue fortement. Devant ce durcissement des conditions d’accès au crédit, ces familles les plus modestes ont tendance à se retirer des projets. Seuls les ménages les plus aisés tirent leur épingle du jeu.
Indicateur de solvabilité bas : la méfiance toujours de mise
Ces derniers mois, les conditions d’accès au crédit se sont donc nettement durcies. L’heure est à la réserve du côté des établissements bancaires. Toujours selon la même étude, l’indicateur de solvabilité de la demande réalisée est en effet très bas, notamment suite à la suppression du PTZ+ dans l’ancien. Même si la baisse des taux immobiliers a permis à cet indicateur de ce ressaisir légèrement, son niveau reste bas et ne favorise pas l’expansion des marchés immobiliers. C’est également un signe qui traduit la faiblesse actuelle de la demande.
Vers une hausse des taux à la rentrée ?
Alors que les taux n’ont cessé de baisser ces derniers mois, certains prédisent une inversion de la tendance à la rentrée. Ainsi, Cafpi vient d’avancer l’hypothèse d’une légère hausse des taux, à plus ou moins court terme. Selon le courtier en ligne, il suffirait « que les difficultés de la zone euro s’aggravent et/ou que les agences de notation rétrogradent la note de la France pour qu’un retournement intervienne ». A la fin de ce trimestre, l’agence Moody’s prévoit en effet d’étudier le cas de la France. Selon ces prévisions, l’heure n’est donc plus à l’attentisme excessif pour les acquéreurs potentiels, mais à l’action !
CC
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