Epargne : Les PEL et CEL à la traine, le livret A plébiscité!
Malgré une réforme qui modifiait leur rémunération en 2011 et qui était sensée les rendre plus attractifs, les CEL et PEL ne séduisent toujours pas. Leur progression demeure plus que lente, face à un livret A en plein boom.
L’épargne logement peine à décoller en France. Le PEL et le CEL restent bien loin derrière le Livret A, chouchou des français. Pour renforcer son attractivité, le PEL avait pourtant fait l’objet de mesures marquantes, notamment pour compenser une sévère perte de vitesse constatée depuis 2003 et la baisse de leurs taux d’intérêt. Ainsi, en 2011, le taux du PEL avait notamment été maintenu à 2,5% sur toute sa durée avec entre autres la possibilité d’épargner à son rythme. Dans le même temps, le CEL, à la fois livret bancaire et instrument de crédit, était maintenu au taux de 1,5%.
Livret A : l’engouement se confirme
Malgré tous ces efforts, la tendance ne s’est pas inversée, bien au contraire. C’est le Livret A qui tire encore une fois son épingle du jeu. Le succès du placement préféré des français ne se dément pas, s’accélérant même ces dernières années, dans un contexte de crise. La collecte sur le livret A a atteint 11,17 milliards d’euros depuis le début de 2012, a indiqué la Caisse des Dépots et des consignations. Ce montant est l’un des meilleurs enregistrés sur un semestre pour ce placement, qui attire les épargnants pour sa sécurité en période de crise. A titre de comparaison, le premier semestre 2011 – déjà un très bon cru – s’était soldé par une collecte de 10,07 milliards d’euros. Le Livret A est bien parti pour battre le record de 2008 où 18,7 milliards d’euros avaient été collectés sur toute l’année.
Placement d’épargne dit « de précaution »le livret A est choisi massivement par les français qui privilégient désormais les placements sûrs et défiscalisés. De plus, le livret A offre une certaine liberté d’utilisation. Ainsi, par exemple, contrairement au PEL ou CEL, les retraits sont possibles à tout moment et ne sont pas pénalisés. Sans risque et sans taxe, le livret A séduit toujours davantage et son taux actuel reste relativement avantageux.
Le livret A reste à 2,25%, les plafonds devraient doubler
Le succès du livret A devrait se poursuivre dans les mois à venir. Le placement préféré des français devrait en effet être boosté par le gouvernement. Le doublement des plafonds était d’ailleurs une des mesures phares du candidat Hollande, qui souhaitait le faire passer de 15.300€ à 30.600€. Cette mesure n’a pas encore été votée. Pour l’heure, seul le taux a été maintenu en juillet à 2,25%, sur décision de la Banque de France. Pour mémoire, la dernière modification du taux du livret A datait d’août 2011 avec une hausse de 2 à 2,25%.
Vers une fiscalisation du livret A ?
Le succès du Livret A est plus que net. Face à de constat, la Cour des Comptes a tiré la sonnette d’alarme. Un rapport publié le 12 juillet 2012, révèle que la structure de l’épargne en France s’oriente de plus en plus vers le secteur non-productif. Or, le besoin de financement est de l’ordre de 51 milliards d’euros, à l’heure où à cause du déficit public, l’Etat ne peut intervenir massivement. En conséquence, la Cour des Comptes préconise donc de taxer le livret A, qui était jusqu’ici, totalement exonéré.
L’idée est donc de soumettre le livret A aux prélèvements sociaux. Au-delà du plafond actuel de 15.300€, qui devrait être relevé ces prochains mois, les sommes tirées des intérêts seraient taxées à hauteur de 15,5%. Une réforme qui ne devrait toucher toutefois qu’un faible pourcentage de détenteurs du livret A. Rappelons qu’en 2011, seuls 10% des comptes atteignaient les plafonds.
Signature : CC
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