En octobre 2011, je vous invitais déjà à réfléchir au caractère interchangeable des sociétés high tech US Google et Yahoo, alors qu’on parlait de rien moins que du rachat du second… par le premier. En ce mois de juillet 2012, cet angle d’analyse est relancé par l’actualité “RH” : à savoir le recrutement par Yahoo d’une des patronne de Google, Marissa Mayer, 37 ans au compteur. Elle y occupera la fonction de P-DG, rien moins. Yahoo est en quelque sorte “googlisé” au niveau de sa direction.
Ce n’est pas n’importe qui. Mayer, passionaria de la cause web, a souvent été porte-parole de Google sur son périmètre -assez vaste- qui coiffait dernièrement les produits, la recherche, la relation utilisateur. On la croisait régulièrement, par exemple, sur la scène de l’évènement LeWeb, interviewée par Loïc Le Meur. Son propos tout terrain mais précis et son sourire avenant, en font un vrai atout, à un moment où Yahoo se cherche peut être une voix plus audible…
Qui se souvient par exemple que le dernier patron en date de Yahoo, par interim, était un certain… Ross Levinsohn ? On appréciera en face, le fait que Mayer soit devenue (selon sa bio Wikipedia) femme de l’année du magazine Glamour, et surtout inscrite dans la liste des femmes les plus influentes de Fortune.
Les défis qui attendent Mayer sont cela dit imposants. Pour en souligner les principaux, il s’agira d’abord pour elle de redonner crédibilité et notoriété à Yahoo sur son terrain d’origine, face à Google notamment, son meilleur ennemi mais aussi face aux Facebook, Twitter et consorts. Il s’agira de redéfinir et confirmer la stratégie 2.0 de l’entreprise, ainsi que ses projets dans le domaine des réseaux sociaux.
Investisseurs attentistes ?
Une sorte de troisième mission s’avère plus globale et dépasse les frontières de Yahoo : il s’agirait d’effacer le “gadin” de Facebook en bourse, et de relancer la confiance dans l’économie américaine et le secteur des nouvelles technologies. Sur ce plan, il faut noter que l’accueil du marché est pour l’heure -avec peu de recul certes- assez frais. Le titre a fini la séance du 16 juillet sur un -0,60%, à 15,65 $ ; ce même si l’été semble marquer une progression de fond, après une chute fin février/début mars (graphique ci-dessous).
Sur le plan des résultats, Yahoo avait marqué un léger mieux sur T1 2012, après une cure entreprise en début d’année. Son C.A trimestriel s’établissait à 1,22 Mds $ (+1%). Et justement ce 1è juillet -bingo!- Yahoo publiait ses résultats sur T2. Quelle science du timing, pour un C.A de 1,081 Mds$ contre 1,076 l’an dernier, le marché attendant plus.
L’avis d’Investir : en synthèse le journal financier estime que “Yahoo (…) tente de repartir de l’avant en s’étant choisi lundi un nouveau chef tout droit venu Google [qui] aura fort à faire pour redonner ses lettres de noblesse à l’ex-pionnier du web, mis à mal par la concurrence [des] sites communautaires”.
En fait, les investisseurs ne demandent qu’à croire en cet attelage inattendu et un peu précipité, pourvu qu’il entraine derrière lui un réveil du secteur web tout entier, et lui redonne de la visibilité. A suivre donc dans les prochaines semaines, et notamment sur les recommandations des gérants portant sur les valeurs et secteurs technologiques.
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