Archive pour mars 2012

Dans la high-tech et ailleurs, investir dans la nostalgie

Vendredi 23 mars 2012

Je ne suis pas à l’origine du jeu de mot, alors ça m’a immédiatement attiré l’oeil ;-) Si vous me suivez un peu sur les réseaux sociaux comme Twitter, vous avez sans doute remarqué que je m’intéresse aux technologies et à ce que j’ai nommé la “aïetech“. Ces couacs, bugs, surprises, gadins, bévues… on en passe et des meilleurs, générés par le secteur de l’informatique et du web.

Parfois, ces “bugs” sont des surprises et de vraies pistes de réflexion pour les investisseurs de demain. Le jeu de mot donc, dont je vous parlais en amorce de cette note, et l’indice à cogiter est : nostalgeek, tiré de nostalgique et de geeks, désignant les passionnés de technologies. Il est signé d’Olivier Chicheportiche, dans son article sur ZDNEt.fr  “Nouvel Amiga, nouvelle NeoGeo : la nostalgie paye toujours autant“. Deux fabricants informatiques ressortent en effet des produits mythiques, et notamment Commodore avec sa marque Amiga. Une “famille” d’ordinateurs personnels (PC) qui tenait la dragée haute aux Apple et IBM d’alors…

Tous ceux qui ont commencé à tâter des ordinateurs avant le tactile, les tablettes, le wifi, etc. savent de quoi je parle, en rebond à Olivier. L’informatique était alors un vrai loisir de passionnés -geeks pour les uns, curieux pour les autres- qui occupait une bonne part d’un grand bureau, et pas mal d’achat en pièces détachées et périphériques.

Mais dans cet article le journaliste regrette que ce ne soit là qu’un “revamp” de nom, car le produit s’éloigne grandement des caractéristiques d’origine de la marque. Le site US de la marque en donne l’aspect, celui d’une sorte de Mac Mini, ou format PC light qui fait joli sur un bureau. Ca va décevoir les vrais nostalgiques. Un cas que l’on a connu, dans le secteur automobile, avec la relance de la marque DS chez Citroën par exemple…

Matrice business

Et c’est le point clé où je veux en venir. Ces revivals de produits et de marques, on les connait en effet de partout : automobile (la Mini Cooper, la Coccinelle VW…), jouets (les figurines de dessins animés des années 80), textile (les vêtements et accessoires vintages), médias (les émissions best-of), etc.

Ce qui me semble intéressant avec les technologies, c’est que l’on peut y coupler les circuits de l’investissement et du capital d’amorçage, pour peu qu’on ait… des idées. Quand je vois tant et tant de start-ups qui encombrent les rangs des éditeurs d’applications tactiles, mobiles… peut-être y aurait-il un business d’e-commerçant, de fabricants, de distributeurs de tels appareils en mode “revival”. Voire réfléchir à l’univers du web, qui commence à générer son histoire et créer donc des contextes d’expression nostalgique.

Jouons à l’exercice, si vous le voulez bien. Quels appareils technologique, ordinateur, téléphone, jeux… ancien et révolu, souhaiteriez-vous voir revivre, et que vous seriez prêt à acheter ? Idem pour des applications, jeux, environnements, etc ? Même question, du côté des investisseurs bien sûr.

J’amorce la pompe, pour vous donner envie d’échanger sur ce sujet : par exemple dans mon cas, je suis en souffrance des tout premiers baladeurs mp3 Rio, connus au début des années 2000, qui étaient plus foufous et colorés les uns que les autres. Nostalgique aussi du baladeur Zen Micro de Creative, sorti vers 2003, vrai challenger des iPods, très solide et avec un son ultra précis; on encore me manque grandement le mini ordinateur Psion série 5, extrêmement pratique et transportable, bien plus que les ultra-portables PC qu’on a produit par la suite…

Pourquoi de bons produits, services… s’arrêtent un jour au profit d’autres ? Pourquoi ne pas les relancer et en faire un business et un terrain d’investissement ?

Pactoles et profits de la net-économie

Mercredi 21 mars 2012

Hasards de l’actualité. A lire les titres de la presse économique et technologique ces derniers jours, il semble que le curseur se soit placé à nouveau pour les nouvelles technologies et le web, sur l’argent, le profit et l’investissement. Et dans des proportions significatives.

L’argent c’est tout d’abord Apple et son fabuleux “pactole” de 100 milliards de dollars de liquidités, qui excite passions et convoitises, donne à réfléchir aussi. Autre fait notable : Apple reverse pour la première fois depuis 1995des dividendes à ses actionnaires, à hauteur de 45 milliards de dollars a indiqué lors d’un keynote son patron, Tim Cook (photo). Le signal est fort et confirmerait aussi, comme certains observateurs le pensent, une vraie détente sur le front économique et financier, ressentie notamment aux Etats-Unis.

Tiens, à propos : et si vous, vous disposiez d’une telle somme, qu’en feriez-vous ? Qu’en ferions-nous en France, si l’un des acteurs de la high tech dégageait un jour ce genre de marge de manoeuvre ? Vous avez dit Free… à l’heure où l’on parle carrément “d’exode d’abonnés des autres opérateurs” vers ses nouveaux services mobiles ? Les besoins de financement ne manquent pas, mais comment concilier ainsi intérêts des investisseurs et urgences des investissements ?

Enfin, l’opération Apple se doublant “de rachats d’actions chiffrés à 10 milliards de dollars sur trois ans à compter de l’exercice 2012/2013 (soit à partir du 30 septembre prochain)” (LeFigaro.fr), laisse penser les experts que le titre en bourse pourrait attirer de nouveaux investisseurs. Signe que la stratégie du géant mondial se densifie sur l’aspect financier, une première nouvelle touche par rapport à la période Steve Jobs.

Google redressé

L’argent, c’est aussi le redressement que le Fisc français réserverait à rien moins que… Google. Un autre américain encore.

La presse évoque 100 millions d’euros en jeu, pour un problème de pratiques de défiscalisation comme le rappelle ZDNet.fr : sur un “circuit de facturation entre la filiale française et le siège international du groupe à Dublin en Irlande, paradis fiscal pour les entreprises où l’impôt sur les bénéfices des entreprises est le plus bas de la zone euro avec un taux de 12,5 % (contre 30 % en France).

Une certaine forme de traque d’une certaine forme d’exilé fiscal, pour reprendre une thématique entendue dernièrement dans la campagne présidentielle française. Et une première dans le traitement réservé à Google, qui n’est pas forcément un bon signe d’ailleurs, au moment où par exemple des politiques ont reçu Jack Dorsey, patron de Twitter. Google prendrait-il là-aussi la place des anciens “moguls” de la high tech, qu’on prenait le soin de ne pas louper dès que l’occasion se présentait ?

Pactole sectoriel

Je rappelle que cette question de la richesse de la high tech américaine s’est déjà posée, à l’été 2011. On y retrouvait déjà Apple, Google et leurs confrères, formant un quasi Etat dans l’Etat, en termes financiers. A l’époque, je relevais le scope suivant, en capitalisation boursière : “938 milliards de dollars (…) répartis comme suit : Apple (339 Mds), Microsoft (206), Google (163), Oracle (127) et Intel (103)“.

Aujourd’hui, si l’on fait une mise à jour, nous en sommes à : Apple (564 Mds), Microsoft (268), Google (205), Oracle (151) et Intel (138), soit un total de 1326 Mds de dollars, en hausse de + de 40% en sept mois.

Twitter, la net-économie, la Présidentielle

Vendredi 16 mars 2012

Jusque-là, les dossiers technologiques et du web ont assez peu émaillé la campagne présidentielle 2012. Par comparaison, en 2007, je me souviens que le candidat Sarkozy avait par exemple tôt croisé le chemin du blogueur influent, tout comme la candidate Ségolène Royal avait misé sur un projet participatif audacieux.

Et puis mercredi, accélération, là où on ne l’attendait pas. Les utilisateurs de Twitter notaient qu’un certain Jack Dorsey (@jack sur le réseau social, pour les intimes, photo ci-contre) était de passage à Paris. Il est rien moins qu’un des fondateurs de Twitter et Square, et racontait à travers plusieurs tweets qu’il est sur Paris et rencontre nos hommes politiques. En fait, les principaux candidats déclarés à la Présidentielle, dans l’ordre : François Bayrou, François Hollande et Nicolas Sarkozy. Lequel dernier était gratifié -à la sauce web 2.0- d’un tweet de bonjour dès le 13 mars : “Thank you for the welcome President Sarkozy. I’m looking forward to meeting you tomorrow.

Objectif de ce meet-up day, ou de cette tournée des popotes dans la langue de Molière ? Pas très clair à dire vrai, si ce n’est de servir des intérêts divers : ceux de s’installer en France pour Twitter, dit-on ; ceux de se faire mousser pour nos candidats. Bien sûr, Dorsey n’a pas vu que des politiques : sur ses tweets, il évoque notamment  Xavier Niel (Free) et Dominique Leca (Sparrow).

Les vrais enjeux

L’enjeu véritable est plus vaste : aborder la question de la net-économie, de son développement et de ses financements. L’homme politique en campagne, peut être demain “patron” de la grown-up France, pourrait être celui qui actionne tel ou tel projet critique… ou qui en bloque d’autres. On se souvient par exemple en mai 2011 de la polémique sur la citation des marques Facebook et Twitter. Ou plus récemment (rappelle Le Figaro) que le candidat Sarkozy envisage “de taxer les acteurs américains d’Internet pour leurs activités en France, à travers une taxe sur la publicité en ligne ou l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés“.

On peut donc en l’état juste remarquer les changements de paradigmes et les bizarreries. Avant, c’eut été une rencontre avec le patron de Microsoft ou de Google… aujourd’hui le réseau social confirme sa prise de pouvoir. Autrement, ç’aurait pu être aussi une rencontre avec un patron de réseau social français… Il n’en existe pas dites-vous ? Fatale erreur. Viadeo est un réseau social professionnel français. Et même Copains d’avant est aussi à sa manière un réseau social, tout comme un Meetic sur un tout autre terrain.

La question de la net-économie et des réseaux sociaux “à la française” peut-elle être réglée en une rencontre lobbyiste expédiée, avec un Américain de passage à Paris ? Certainement pas. Le dossier aurait mérité un vrai traitement, qui rejoint aussi les intérêts des investisseurs individuels : comment arriver à orienter une partie de l’épargne hexagonale sur le développement des entreprises innovantes ? comment créer les conditions financières de ce fameux “Google français” que les politiques espérent souvent dans leurs discours ?

Tiens, je vais tweeter cette note, voir si vous avez des idées ;-)

Investir dans le jeu vidéo : un enjeu de la Présidentielle ?

Mercredi 14 mars 2012

On sait le temps des Présidentielles propice à la manifestation des “intérêts” particuliers et lobbies de tout horizon, entendant faire passer leur cause auprès des candidats potentiels. Les nouvelles technologies étaient bizarrement assez peu présentes dans le débat… jusqu’à hier.

D’après le site spécialisé 01Net, l’industrie du jeu vidéo a remonté un cahier de doléances de 10 mesures pour relancer l’industrie vidéoludique hexagonale, par le biais du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV). Parmi les problèmes listés, pèsent en priorité ceux du financement des projets et start-ups. Ce financement freine en France, en raison d’”une méconnaissance et un manque de reconnaissance du secteur vidéoludique, déconsidéré par les investisseurs ; une inadaptation des structures de financements nationaux“.

Surtout, face aux besoins croissants d’innovation et de positionnement original sur les médias sociaux (ce que l’on catégorise déjà par la notion de social gaming), le constat des sommes en jeu est éloquent sur le secteur privé : “En 2008 (derniers chiffres connus), le capital-risque pour le jeu vidéo représentait 30 milliards d’euros aux Etats-Unis. En France, les sommes allouées sont ainsi passées de 570 millions d’euros au début des années 2000 à 45 millions d’euros en 2008.

Les propositions financières

Au sein des 10 propositions en jeu, les 5 premières (signal fort) concernent uniquement les questions d’investissement et de financement, comme les mentionnent ITRGames. Pour rappel :

  1. Création du fonds d’investissement dans les entreprises du jeu vidéo
  2. Faciliter l’accès au capital développement pour les entreprises du secteur
  3. Créer des sociétés de financement de la production de jeux vidéo
  4. Pérenniser le crédit d’impôt jeu vidéo et l’adapter aux évolutions de marchés
  5. Transformer le crédit d’impôt recherche en crédit d’impôt innovations

Industrie nationale et réseaux

Reste donc à (re)inventer sur ce secteur un couple financement public/ressources privés, qui soit plus efficace et consolide une vraie industrie nationale. On parlait depuis quelques années d’une véritable french touch sur ce domaine : il serait dommage de la perdre, ou de la voir fuir à l’étranger… Pour mémoire, le dernier succès absolu du gaming -Angry Birds- est un projet d’origine nordique.

Reste aussi à mieux communiquer sur ce qui existe déjà : sait-on, par exemple, que vit en Rhône-Alpes un pôle de compétitivité dédié à ce thème, Imaginove ? Ou qu’un autre (Cap Digital) oeuvre sur ce domaine, notamment à travers le projet Play All ? Sait-on qu’à Paris, la mine à projets et start-ups financée par la région, La Cantine, fourmille aussi d’innovations sur ce thème ? Autant de lieux qui peuvent servir d’accueil, de portes d’entrée aux financeurs de tout horizon, curieux du secteur, mais non experts.

Je pense notamment à ceux qui connaissent déjà les secteurs voisins des médias, du cinéma, des arts graphiques… et souhaiteraient varier leurs positions.

Questions au passage justement, auprès de nos lecteurs fidèles et des internautes : avez-vous déjà investi de l’argent dans une entreprise du secteur du jeu vidéo français ? Si oui, avec quel véhicule financier particulier, et pour quel succès en retour ? De l’autre côté de la barrière, en tant qu’entrepreneur du gaming, avez-vous bénéficié d’une aide notable qui vous ait permis de vous développer ?

Mon postier, mon livreur c’est moi, sur le web

Lundi 12 mars 2012

Inutile de vous souligner que nous sommes ici attentifs aux projets Internet et business inscrits dans l’idée du participatif et de l’autonomie. De “Mon banquier c’est moi” à d’autres secteurs, il n’y aurait… qu’un pas ? Je l’avais déjà constaté sur la question des négociants d’art et ArtPrice. D’autres domaines sont réactifs semble-t-il.

Je lisais ce matin la double page d’actus brèves ouvrant le journal 20 Minutes… Mon œil s’est arrêté sur cette expérience : “Un site internet pour s’improviser postier“. Il s’agit en fait ici de “Expediezentrevous.com“. L”idée de ce site est de se passer des services postaux ou de livraisons pour faire la même chose entre particuliers. Il affiche son ambition : toucher le monde entier, “en récompensant les voyageurs par des chèques cadeaux” comme l’explique son fondateur dans cette vidéo, Frédéric Laumonier.


Avec Expediezentrevous les voyageurs du monde… par Cleantech-Republic

Question d’époque

L’époque nous parle aussi, qui voit progresser l’auto-entreprise.  Une manière de faire soi-même ce que la société ne peut plus délivrer : du travail pour tous. Pensons aussi à la logique du co-voiturage, pour affronter les coûts sans cesse en hausse de l’essence et globalement d’entretien des voitures. Et aussi pour se comporter de façon éco-responsable, ce que le site revendique dès sa page d’accueil.

En fait ce projet liste et avance plusieurs arguments : être un transport économique, écologique, rapide et en sécurité. Sans être affriolant en terme de contenus sur son site (pour l’heure), le projet est néanmoins présent sur LinkedIn et Viadeo. Il dépendra en effet de sa capacité de créer un effet de masse rapidement, avec un réseau large et récurrent.

Question : voyez-vous d’autres domaines d’économie de coût, de gestion ou de production où il serait bon d’envisager du “do it yourself” en mode communautaire ?