Vous vous souvenez de ce concept business révolutionnaire ? Le low cost, pour “bas coût”. Formalisé à la fin des années 90 et porté par le premier internet, une entreprise l’avait incarné : Easyeverything, rebaptisé depuis en EasyGroup, fondé par le célèbre Stelios Haji-Ioannou. Elle partait des “plans informatiques”, en fait des cafés internet à accès payant, puis s’est ouverte à la location de voitures et enfin et surtout au transport aérien grand public. C’est sur cette dernière activité qu’elle est surtout connue et appréciée.
Voici donc le retour du low cost ! Ca se passe dans les technologies, et plus particulièrement mobiles. L’enjeu d’une vraie bataille. Ce n’est guère un secret : il s’agit de doubler l’arrivée prochaine de Free sur le secteur. Pour y parvenir Orange sort de son chapeau une nouvelle marque : Sosh. Au-delà de ce nom pas très simple à prononcer, se cache une machine à cash, sur le papier : vendre à la cible 18/35 ans, des abonnements mobiles de 19,9 euros (2 h de communication), à 39,9 euros (offre illimitée), avec SMS et MMS illimités.
Concurrence et conséquences
En attendant de peaufiner son lancement, Free retoque de sa superbe les mouvements de troupes du secteur mobile : « Nos concurrents découvrent qu’ils ont des clients », a notamment lancé Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad-Free, sur le plateau d’Europe 1 :
Dans cette vidéo (cliquer sur l’image ci-contre pour l’écouter dans son intégralité), le DG annonce vouloir diviser la facture mobile des français par 2. Un cap maintenu selon lui. “Rendez-vous compte que le forfait illimité, chez un opérateur, ça valait encore 180 euros il y a 18 mois… et aujourd’hui 35 euros“.
“Tout ça miraculeusement, avec l’arrivée d’un quatrième opérateur, est en train d’évoluer“. Une preuve de plus qu’un marché concurrentiel amène un mieux pour les consommateurs.
Une facture, un enjeu de société
Au-delà des combats de coqs des acteurs de la téléphonie, il y a un vrai enjeu de société, touchant à nos modes de consommation et de vie financière. Il est un fait que le coût “téléphone + internet” est devenu l’un des principaux foyers de dépense des ménages français. Ce que l’on appelle les dépenses contraintes (voir vidéo ci-dessous). Normal somme toute, car les utilisateurs sont mécaniquement plus nombreux à s’équiper : comme le rappelle l’Insee “Le téléphone mobile s’est imposé plus vite encore dans la population : la part des abonnés est passée de 10 % fin 1997 à 80 % fin 2005“. Une “douloureuse” qui plombe durablement d’autres usages de l’argent gagné, et notamment les capacités d’épargne, restantes, une fois toutes les factures payées.
On peut penser notamment aux jeunes, très consommateurs de communication, et qui pourraient pourtant prendre tôt des réflexes de placement, pour préparer leurs premières grosses dépenses structurelles : achat de voiture, premier achat immobilier, etc.
Pour compléter : lire les articles et notes “livret jeune“, “trouver son prêt étudiant” et “financer ses études“.
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