Archive pour septembre 2011

Les réseaux sociaux vus sur Google

Jeudi 29 septembre 2011

Je vais vous confier un “truc”. Contrairement à beaucoup d’experts 2.0 qui développent un snobisme sur la question, je crois beaucoup au simple test de la “première page de résultats”. Celle qui tombe via Google quand vous avez formulé une requête. Et si l’on y applique ces jours-ci, d’un point de vue français s’entend, des requêtes portant sur les réseaux sociaux en ligne majeurs, que voit-on apparaître ? Des choses assez signifiantes.

  • requête Facebook : parmi les résultat, une requête portant seulement sur Facebook, remonte, par ordre d’apparition les pages personnelles de Stephen Harper (le premier ministre canadien), puis de Loïc Le Meur (net entrepreneur français installé aux Etats-Unis), puis aussi de Lady Gaga (chanteuse pop qu’on ne présente plus); en ressort une impression très personnalisée, très VIP;

Dans le cas hypertrophié et hors norme de Le Meur, cette remontée n’est pas un hasard. Et on pouvait lire hier ce message diffusé par lui sur LinkedIn : “Fact: I have 68,906 followers on Twitter, 61,444 on Google+ and 11,369 Facebook “likes”. Google+ will pass Twitter for me in a few days“. Ca pose son personnage, en terme de métrique personnelle… ce qu’on nomme autrement le personal branding.

  • requête Twitter : même exercice, et là, à nouveau c’est Lady Gaga qui ressort, mais suivi de pages web de contenus explicatifs sur le “comment ça marche“, presque le “à quoi ça sert“, etc. Ce qui correspond de toute façon à l’avis général du grand public sur l’outil, ne comprenant pas très bien son usage réel… ce que l’on peut en faire dans la vie réelle. De fait, il est convenu de le présenter comme un réseau squatté principalement par des communicants, des geeks, etc.
  • requête LinkedIn : là , on trouve des articles essentiellement descriptifs… et cette note datant de 2005 (donc avec un peu de recul par rapport à la folie actuelle sur les réseaux sociaux), avec un décalage intéressant “le réseau des blaireaux“, c’est osé.
  • requête Viadeo : pour le réseau social professionnel français, après un lien Wikipédia, c’est le profil d’Antoine Pic, chef de produit senior travaillant chez Viadeo, qui ressort; puis le profil de Christophe Cesetti; dans ce dernier cas, le consultant doit être bougrement content de cette sur-exposition ! En a t-il un usage ? S’en est-il rendu compte ? Je lui ai posé directement la question.
  • Google+ : là, c’est un peu à la maison pour ce réseau sur le moteur de recherche Google… Pas mal d’articles “nouveauté” sur ce service, et en bas de page le profil d’Alban Martin (un des animateurs du Social Media Club);

Et le business dans tout ça ?

Je reprends alors ma casquette éco-fi pour m’étonner : presque aucun contenu dans ces “premières pages” de résultats ne parle de “travailler”, “faire des affaires”, “développer son entreprise”, “placer son argent”, etc. avec les réseaux sociaux… La dimension business et pratico-pratique est totalement exclue, au profit encore d’approches “découverte” et/ou people, d’un simple niveau explicatif. Or, mon expérience de consultant auprès d’entreprises, m’a montré que ces deux dernières années, c’est bien là le point de focalisation des questions et peurs…

C’est doublement suprenant car les porteurs de ces pavillons du web 2.0 et des médias sociaux ont les équipes techniques qui vont bien, en compétences et en nombre, pour oeuvrer au référencement idéal dans les moteurs de recherche.

Je dis cela à un moment où l’on apprenait, il n’y a pas tellement longtemps que Google mobilise des VIP et personnalités pour assurer la montée de charge sur son réseau social. Dès août d’ailleurs Google+ proposait une fonctionnalité de compte vérifié.

M-paiement : Google Wallet veut doubler tout le monde

Mercredi 21 septembre 2011

C’est officiel. Google cherche absolument à sortir sous peu une killer app’, une application qui tue sur le marché des technologies. Après le début laborieux de Google+, dont je vous parlais il y a quelques mois ici cet été, l’Américain lance une nouvelle application critique. Et cette fois-ci, c’est sur le mobile que ça se passe et en touchant directement au porte monnaie, avec Google Wallet, annoncé officiellement au NFC World Congress de Nice.

La douceur de la Côté d’Azur est-elle propice à des changements d’attitude ? Toujours est-il que Google fait plutôt primer un travail collectif sur ce projet. C’est un premier bon point : Wallet est en effet le résultat de ses efforts combinés avec ceux de Mastercard, Citigroup, Sprint et aussi… d’un Français ! Il s’agit d’Ingenico, spécialiste des solutions de paiement électronique. Il est clair que ça en impose davantage, et évite au passage les critiques du genre “ah l’ogre Google qui fait tout dans son coin“… A un moment où l’entreprise est en voie de “microsoftisation”, ce n’est pas rien.

Le réseau sera pour l’heure limité aux Etats-Unis (sur une base de 124 000 commerçants) et à un seul terminal mobile :  le Nexus S, signé Samsung pour Google. A terme, ce réseau toucherait 311 000 commerçants sur le globe. Le Monde Informatique rappelle que la France n’est pas en reste, avec Orange aussi sur la brèche : l’opérateur se positionne sur une offre similaire tournant sur le Samsung Galaxy S2, dès octobre.

Des prémisses, anciens et récents…

Oublions le marketing et la google-mania quelques minutes. Faisons une pause pour cogiter. Cette technologie est-elle réellement révolutionnaire ? Lisons pour nous aider le rappel fait par le Monde, très explicite : “sur la technologie sans contact “Near Field Communication” (ou “NFC”), des ondes courtes qui permettent un échange de données d’une simple tape sur un lecteur installé chez les commerçants“. Sans vouloir chipoter outre mesure, c’est donc la concrétisation de moult projets et prototypes sortis au début des années 2000, sur des solutions à base de bornes interactives. La grande distribution notamment, y avait beaucoup travaillé. On y adjoint juste aujourd’hui le mobile comme “déclencheur” du paiement.

Plus récemment enfin, on note que Google entend doubler le projet Square de Jack Dorsey, un des co-fondateurs de Twitter. Un projet pas vraiment encore abouti, et surtout plus compliqué à utiliser techniquement (il faut un “plug” matériel sur les terminaux). Je le relevais sur ce blog en février 2011, et le site SiliconBeat le détaille plus nettement encore, en quelque sorte, en s’intéressant à l’aura de patron de Dorsey.

Google quitte donc un temps (utile) le terrain de bataille des applications social media, pour quelque chose de plus concret et de plus orienté business. Peut être le premier pas tangible d’une prochaine révolution des modes de paiement. Et, qui sait… peut être un prochain secteur clé pour les investisseurs en manque d’inspiration.

Pour prolonger : une galerie en images du principe Google Wallet

Olivier Fécherolle, Viadeo : “vous marketer comme investisseur potentiel sur les réseaux”

Lundi 19 septembre 2011

Jeudi dernier, nous arpentions Victoria (notre community manager à BforBank) et moi sur le salon E-commerce 2011, tenu Porte de Versailles à Paris. L’occasion d’écouter quelques conférences sur les tendances attendues pour le business et le commerce en ligne et les outils le servant. L’occasion aussi de croiser plusieurs experts.

Nous avons par exemple suivi la conférence d’Olivier Fécherolle, DG développement du réseau social “pro” Viadeo. Certains l’ignorent peut être, mais a contrario de l’américain LinkedIn, Viadeo est bien français, créé en 2004 sous le premier nom de Viaduc, bien connu des RH et services du personnel. Et donc parti de cet univers des “plateformes de CV en ligne” améliorées, il se veut désormais une plateforme de business, une sorte de “market place” comme on les nommait au temps du premier internet.

Trousse à outils pour investisseurs

J’ai interviewé en audio ce responsable, au sortir de sa conférence. Après tout, on peut se demander en effet à quoi sert concrètement de “cliquouiller” toute la journée et de chercher “friends” et “retweets”, si l’on veut… investir son argent et trouver des idées originales pour le faire ? Voici 5 minutes bien tassées, où nous discutons ensemble stratégie, outils et besoins en ligne des investisseurs.

Quelques-unes de ses idées, développées durant notre entretien :

  • pour lui globalement, “on ne peut faire seul sur internet, il faut s’ouvrir“;
  • le réseau social permet à l’investisseur de “se marketer comme tel“;
  • le réseau social permet aux métiers de la finance d’y développer des applications dédiées.

Pour prolonger : le profil Viadeo d’O. Fécherolle; les précédentes notes sur ce blog portant sur LinkedIn et la nouvelle bulle web 2.0;

Les logiciels de gestion, mauvais pour la productivité ?

Vendredi 16 septembre 2011

Pour qui a couvert journalistiquement, ou simplement par curiosité, le secteur des systèmes d’information et des progiciels (ce fut mon cas, pour le CXP notamment entre 2001 et 2003), les études choc sponsorisées par un éditeur ne sont pas une surprise. C’est même le lot quotidien, qui rythme la sortie de tel ou tel nouveau produit, de telle ou telle nouvelle version.

Or donc dans une étude IDC pour le compte d’IFS (un éditeur d’ERP), citée par l’Usine Nouvelle, il est dit rien moins que l’ergonomie des progiciels de gestion nuirait à la productivité des entreprises. Boum-badaboum, c’est un comble pour une famille d’outils logiciels qui sont faits justement pour l’inverse. Et encore plus quand l’on note que l’enquête a touché “1 244 cadres supérieurs issus de neuf pays“.

Que dit plus en détails le papier de l’UN et en amont l’étude experte ?

  • moins d’1/3 d’entre eux trouvent que leurs applications sont intuitives et faciles à utiliser;
  • 60 % estiment que certains domaines d’application peuvent être améliorés;
  • 36 % ont affaire à des tâches qui leur font perdre du temps.

N’en jetez plus, on a compris le message, les progiciels c’est trop vieillot, trop “old school“, c’est moche et ça fait perdre du temps. Certes, à n’en pas douter, il s’agit pour IFS de dire cela tout haut, en proposant dans pas longtemps une interface révolutionnaire et qui clignote de partout sur l’écran de votre ordinateur de service… Mais passé ce besoin mercantile et opportuniste, admettons que l’étude repère un vrai soucis, plus subtil à saisir.

Méchant S.I contre gentil 2.0

La gestion financière n’est pas seule en cause. C’est toute la gestion informatisée d’entreprise qui vit actuellement un vrai drame, en tout cas un choc générationnel : la confrontation au web 2.0, aux applications distantes, au cloud computing, à l’open source… Toutes disciplines qui rendent l’ordinateur indolore au travail, permettre le télé-travail, etc.

Les systèmes d’information et leurs patrons (les “DSI”), n’ont souvent pas vu cela, pas compris les enjeux. De fait ils gèrent actuellement une situation de plus en plus intenable et schizophrénique : d’u côté des utilisateurs incontrôlables et autonomes en nouvelles technologies vs. de l’autre côté des systèmes lourds et coûteux, peu propices à “ouvrir les portes”.

En revanche, le point positif est que, en-dehors des “zozos du 2.0” et des réseaux sociaux, il y a aussi des entreprises plus classiques, qui pensent depuis plusieurs années déjà en terme d’interfaces web, de design et d’ergonomie plus légère. Je pense par exemple à l’américain Salesforce, au départ un CRM (gestion de la relation client) en ligne mais qui a su s’ouvrir aux logiciels de gestion. Salesforce, fondé par Marc Benioff (un ancien d’Oracle) parle, mange, pense et cogite web tout le temps et intègre de plus en plus des outils des médias sociaux, comme le pointe d’ailleurs aussi L’Usine Nouvelle. Le big boss est très présent sur le web 2.0, par exemple avec son propre compte Twitter, @Benioff, fort de ses 18.476 abonnés à date.

L’éditeur réfléchit même en terme d’interface HTML5 pour faciliter le tactile, c’est dire ! Et pour bien mettre en bouteille tous ses efforts, il affiche sur son site en page d’accueil des expressions comme “l’entreprise collaborative”, le “cloud computing”, etc. A une année lumière, des “boîtes de logiciel” qu’on achète comme dans les anneés 90…

Actions Facebook : il faudra attendre…

Jeudi 15 septembre 2011

Mark Zuckerberg est tout sauf un impulsif. Un peu d’observation et de réflexion sur les marchés boursiers (suivi par ailleurs sur notre blog Bourse) lui auront suffi à changer de timing : selon l’AFP rapportant des informations du Financial Times, Facebook envisage en effet de retarder son entrée en bourse. Il fait mentir les prévisions qui le concernaient, ainsi que son compatriote Twitter.

Pour rappel, après une année fulgurante de réussites et reconnaissances publiques diverses (dont un biopic “The Social Network” tout à sa gloire), le réseau social en ligne avait programmé sa naissance boursière pour début 2012. Ca devait être une consécration, une apothéose. L’ex-conseiller d’Obama, Robert Gibbs, devra se trouver une autre mission en attendant, ou rallonger la rédaction de ses slides de présentation…

Pour l’AFP, il n’en faut pas plus pour rappeler un travers supposé du fondateur de Facebook : “De son côté M. Zuckerberg a indiqué plusieurs fois qu’il n’était pas pressé de franchir cette étape.“. Toujours cette volonté de tenir son destin en mains…

Puissance IT revue à la baisse ?

Cela se passe alors que les fondamentaux de la société sont au meilleur : notamment l’enquête Nielsen (reprise par le JDNet) ayant établi que les Américains passent plus de 53 milliards de minutes sur Facebook par mois. Il est ainsi “le site où les internautes passent le plus temps, devant Yahoo (17,2 milliards de minutes), Google (12,5 milliards de minutes) ou encore AOL, qui enregistre 11,4 milliards de minutes cumulées“.

Néanmoins, on peut craindre (ou pas) que cette information freine le mouvement de domination financière e la high tech aux Etats-Unis, et les performances de ces leaders.

Pour autant, si Facebook n’aura pas de suite d’actions en bourse, il ne ménage pas… ses actions sur son marché : création d’un bouton abonnement, création d’un poste de responsable de la vie privée, service de musique en ligne, etc. Facebook a bien remplacé les IBM, Microsoft, voire Google dans le rythme des innovations.

La pollinisation techno-économique, comme les abeilles

Lundi 12 septembre 2011

La pollinisation techno-économique Dans une interview au magazine Télérama, l’économiste Yann Moulier Boutang développe une intéressante analyse du développement des économies modernes. Plus précisément sur le rôle et l’impact des nouvelles technologies, de l’internet et des réseaux sociaux : des “outils”, des secteurs dont on a eu un peu de mal, ces dernières années, à les rattacher justement à une vision positive de la croissance. La crise des “dotcoms” est passée par là, et de toute façon l’absence de modèle économique durable perdure… Au point qu’on parle régulièrement de “bulle 2.0“, comme d’un risque imminent.

Pour Moulier Boutang, il s’agit en fait de “pollinisation”, se déroulant comme chez les abeilles :

“L’interdépendance mondiale est comparable à l’opération qu’effectuent les abeilles, qui ne se contentent pas de produire du miel et de la cire, mais fécondent la nature en transportant le pollen de fleur en fleur. Or, [...] la pollinisation des abeilles représentait entre 790 fois et 1 000 fois la valeur de leur production en miel et cire”.

Et d’enfoncer le clou pour définir l’économie virtuelle et contemporaine au mieux : “Ce qui a de la valeur désormais, ce sont les opérations d’interaction complexe entre les gens. L’économie d’innovation repose sur cette ‘pollinisation’ humaine.“, qui passe par internet et les réseaux sociaux.

Son exemple le plus représentatif  ? Il est puisé naturellement, sans doute pour un “macophile”… C’est en effet l’américain Apple qui incarnerait pour l’économiste, cette pollinisation techno-économique, au passage des formidables valorisations boursières de la high tech :

“Il s’est passé le mois dernier un événement qui restera dans les livres d’histoire : une entreprise d’informatique, Apple, avec 330 milliards de dollars, a dépassé la capitalisation boursière d’Exxon, première compagnie pétrolière mondiale. Apple l’a fait avec des ordinateurs, mais aussi avec le développement d’« éco-systèmes ». [avec] des développeurs, des valeurs d’entreprise, de la marque, de l’organisation sociale [...]“.

Certes Apple est un univers en soi, et c’est même un objectif mercantile chez lui. On pourrait objecter à l’économiste que cette pollinisation joue sans doute encore plus dans l’ADN de l’informatique open source par exemple, ou dans le concept de cloud computing qui l’a suivi. Réseaux, inter-connexions, rapidité de travail, etc.

De l’abeille à l’homme ?

A noter que cette approche théorique n’est pas toute neuve, chez l’économiste. Qui lui a consacré un essai sur la question, au printemps 2010 : “L’abeille et l’économiste“. Et si l’on prolonge la métaphore animalière, il serait intéressant de poser quelques questions complémentaires :

  • qui jouent le rôle des frelons, des guêpes ? ;-) Le monde des abeilles n’est pas tout de miel et de douceur. Il suffit de revoir les actualités estivales sur le frelon asiatique, pour le mesurer…
  • comment appréhender les questions d’obsolescence voire de rupture technologique ? voire à considérer que des écosystèmes entiers peuvent devenir caduques, y compris en informatique et sur le web;
  • la pollinisation peut-elle durablement être une économie, de création de valeurs marchandes et d’emploi ?

Numérique, croissance, entreprises… selon Google

Vendredi 9 septembre 2011

Dans une interview aux Echos, le patron France de Google, Jean-Marc Tassetto (en poste depuis 1 an), précise la politique du géant américain du web concernant le développement des start-up et l’aide qu’il souhaite apporter en France, dans le secteur du logiciel. Pour l’heure, l’action a consisté en : 100.000 euros de bourses pour le Camping de Silicon Sentier, organisé avant l’été, plus du partage et de l’échange avec les responsables de Google.

Tasseto livre au passage un scope intéressant, avec quelques repères clés, nourris notamment d’une étude commandée par Google au cabinet McKinsey. C’est un peu le “terrain de jeu” sur lequel il compte opérer :

  • impact de l’Internet en France : 60 milliards d’euros par an, soit 3,2 % du PIB;
  • d’ici à 2015, 450.000 nouveaux emplois devraient être créés, essentiellement dans des PME;
  • grosso mode, les PME utilisant les outils numériques croissent deux fois plus vite et exportent deux fois plus que les autres;
  • la France est 21e par l’équipement des PME en sites Web (sur 27 pays de l’Union européenne) : moins d’un tiers d’entre elles en ont un.

Politique d’intérêt

On a souvent comparé, ces dernières années, le rôle de “gros méchant informatique” du marché que prenait désormais Google, en remplacement des IBM et Microsoft hier… Il est intéressant de noter que Google adopte finalement la même attitude de par son action d’aide aux start-up du logiciel, sorte de caution morale mais aussi de marketing du mécénat et du relais. L’Américain relaye la puissance qu’il a acquis, en tant lui-même qu’ancienne start-up… La boucle est bouclée.

Ce n’est pas la seul atout : à un moment où les produits social media de Google ne remportent pas un franc succès (Google Buzz, Google Wave puis Google Plus) face aux Facebook et Twitter, il peut être utile d’attirer à soi les compétences de structures plus souples. Ainsi que pour adapter des logiciels aux besoins des entreprises, un autre secteur sur lequel Google veut percer plus significativement.

Reste qu’en terme d’investissement, cette action peut ouvrir sur le développement de projets locaux qui n’auraient pas eu cette envergure. A suivre donc. Je vais suivre en tout cas ce dossier, pour vous parler des start-up aidées par Google.

Le grand retour du low cost… en mobilité

Jeudi 8 septembre 2011

Vous vous souvenez de ce concept business révolutionnaire ? Le low cost, pour “bas coût”. Formalisé à la fin des années 90 et porté par le premier internet, une entreprise l’avait incarné : Easyeverything, rebaptisé depuis en EasyGroup, fondé par le célèbre Stelios Haji-Ioannou. Elle partait des “plans informatiques”, en fait des cafés internet à accès payant, puis s’est ouverte à la location de voitures et enfin et surtout au transport aérien grand public. C’est sur cette dernière activité qu’elle est surtout connue et appréciée.

Voici donc le retour du low cost ! Ca se passe dans les technologies, et plus particulièrement mobiles. L’enjeu d’une vraie bataille. Ce n’est guère un secret : il s’agit de doubler l’arrivée prochaine de Free sur le secteur. Pour y parvenir Orange sort de son chapeau une nouvelle marque : Sosh. Au-delà de ce nom pas très simple à prononcer, se cache une machine à cash, sur le papier : vendre à la cible 18/35 ans, des abonnements mobiles de 19,9 euros (2 h de communication), à 39,9 euros (offre illimitée), avec SMS et MMS illimités.

Concurrence et conséquences

En attendant de peaufiner son lancement, Free retoque de sa superbe les mouvements de troupes du secteur mobile : « Nos concurrents découvrent qu’ils ont des clients », a notamment lancé Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad-Free, sur le plateau d’Europe 1 :

Dans cette vidéo (cliquer sur l’image ci-contre pour l’écouter dans son intégralité), le DG annonce vouloir diviser la facture mobile des français par 2. Un cap maintenu selon lui. “Rendez-vous compte que le forfait illimité, chez un opérateur, ça valait encore 180 euros il y a 18 mois… et aujourd’hui 35 euros“.

Tout ça miraculeusement, avec l’arrivée d’un quatrième opérateur, est en train d’évoluer“. Une preuve de plus qu’un marché concurrentiel amène un mieux pour les consommateurs.

Une facture, un enjeu de société

Au-delà des combats de coqs des acteurs de la téléphonie, il y a un vrai enjeu de société, touchant à nos modes de consommation et de vie financière. Il est un fait que le coût “téléphone + internet” est devenu l’un des principaux foyers de dépense des ménages français. Ce que l’on appelle les dépenses contraintes (voir vidéo ci-dessous). Normal somme toute, car les utilisateurs sont mécaniquement plus nombreux à s’équiper : comme le rappelle l’InseeLe téléphone mobile s’est imposé plus vite encore dans la population : la part des abonnés est passée de 10 % fin 1997 à 80 % fin 2005“. Une “douloureuse” qui plombe durablement d’autres usages de l’argent gagné, et notamment les capacités d’épargne, restantes, une fois toutes les factures payées.

On peut penser notamment aux jeunes, très consommateurs de communication, et qui pourraient pourtant prendre tôt des réflexes de placement, pour préparer leurs premières grosses dépenses structurelles : achat de voiture, premier achat immobilier, etc.

Pour compléter : lire les articles et notes “livret jeune“, “trouver son prêt étudiant” et “financer ses études“.

La bulle 2.0… qui repart et qui revient

Mardi 6 septembre 2011

Je vous en parle depuis un moment, à l’instar de tous ceux qui pensent que les sur-valorisations boursières de ces derniers mois sur le secteur internet… nous ramènent à la première bulle web du début des années 2000 ! Qui fut un krach boursier mémorable.

Na t-on rien appris en une décennie ? Qu’un business tient d’abord sur ces fondamentaux et la chaîne vertueuse qui conduit à un chiffre d’affaires durable et serein.

L’Expansion y revient en ce début septembre, au sein d’un dossier dont l’accroche est explicite “La bulle 2.0 va t-elle éclater ?“, avec pour ajout de titraille “Ces autres Lehman qui menacent…”. Sur cet article un internaute résume en commentaire le dilemme du nouveau secteur internet né après 2005 : “Avoir des Milliards d’utilisateurs bien décidés à ne jamais rien payer, qui génèrent des billions de clicks à traiter, cela coute des millions, et cela ne rapporte rien !“.

Rien de bien nouveau cela dit, si ce n’est d’expliciter les équations de ce nouvel excès : “le réseau professionnel LinkedIn valait début août presque 10 milliards de dollars, soit l’équivalent des célèbres hôtels Marriott“.

Angry Birds : modèle de bulle 2011 ?

En même temps, toute cette connaissance n’empêche pas… les nouvelles petites bulles de se former ! Séquence perso : je revois mes deux garçons, le week-end dernier, bloquer tous deux dans un magasin Fnac sur les écrans tactiles des nouvelles tablettes sorties et mises en démonstration. Et tous deux plus particulièrement sur le jeu… Angry Birds. En quelques secondes, ils ont compris le principe archi simple de ces oiseaux pas malins, transformés en projectiles. Et si je ne les avais pas “décroché” de leurs écrans, ils y joueraient encore !

De l’autre côté, le site PC Impact nous apprend que Rovio, l’éditeur d’Angry Birds viserait une valorisation à 1,2 milliards de dollars. Il surfe sur un attrait plus que vif pour tous les acteurs des social games, jeux viraux et autres applications qui se sont développés… sur les réseaux sociaux en ligne notamment. La boucle est bouclée !

L’avis du site high tech est sans appel : “Quand on sait que Take-Two, l’éditeur des fameux GTA, a actuellement une valorisation boursière inférieure à 1 milliard de $, voir Rovio à un niveau supérieur laisse dubitatif. Pire encore, THQ, lui, ne vaut que 131 millions de $, alors qu’il réalise pourtant près d’un milliard de $ de chiffre d’affaires annuel, (…)“.

Pour ma part, je le vérifie à l’instant sur mon smartphone (Android)… Angy Birds m’y est proposé dans une dizaine de versions à télécharger. Et toujours au même prix : 0 euros.

Relativisons cela dit la portée de ces craintes. Une des premières interrogations véritables sur ce risque de bulle 2.0 remonte à… 2006, sur TechCrunch. De deux choses l’une : ou c’est une bulle extrêmement résistante qui gonfle, qui gonfle sans faire “paf”. Et en ce cas il faut déposer le brevet! Ou les acteurs de ce web ci naissent, se développent et disparaissent à une vitesse telle, que l’économie actuelle les digère vite.

Pour prolonger : revoir l’avis des experts Marc Fiorentino et Marc Renaud sur le risque de nouvelle bulle web; relire la note “Vers la nouvelle bulle web 2.0 ?“;

Financer ses études… une problématique, des outils

Lundi 5 septembre 2011

Les produits de placements sont nombreux à servir, un jour ou l’autre, à financer les études de ses enfants, voire de ses petits enfants.  Et au-delà de l’argent que l’on peut épargner à cette fin, il y a les prêts bancaires pour les compléter voire les suppléer. Le sujet est d’acuité vu que nous courons, une fois passée la rentrée scolaire de ce lundi 5 septembre, vers celle universitaire.

Financer ses études : un problème de société

Il ne vous a peut être pas échappé cet été que le débat a rebondi dans la sphère politique : avec la présidentielle 2012 en ligne de mire, et des projets évoqués fin août de relèvement des droits d’inscription universitaires. Important, quand l’on note qu’ils émanaient plutôt à la gauche de l’échiquier politique, en l’espèce du think tank Terra Nova. Et que de toute façon, cela se discute sur fond d’augmentation réelle de la rentrée étudiante : évaluée à 4,1% (cf : Figaro).

Que peut faire alors l’étudiant en 2011 ? Déjà bien se renseigner, se documenter. Une recherche Google sur les simples critères “financer études” montre que de nombreux acteurs prennent position sur ces questions. Outre la presse spécialisée sur le sujet, qui fourbit de dossiers spéciaux (comme l’Etudiant) ou les numéros dédiés des news magazines (l’Express par exemple), il existe un service en ligne de comparaison : FinancesTesEtudes.com. Nous vous l’avions pointé sur BforBank dès septembre 2010 via Les Echos.

Le site a été créé par Christian Kamayou, qui se présente ainsi : “HEC 2000, 10 ans d’expérience bancaire sur les services aux particuliers. Parfaite connaissance du marché des jeunes“. Un profil qui avait de quoi séduire… d’autres profils du web. Ceux entrés il y a peu dans les financeurs du projet, comme le spécifiait ITexpresso en mai dernier : rien moins que Xavier Niel et Jérémie Berrebi (Kima Ventures), Marc Simoncini (Meetic et Jaina Capital) et Jacques-Antoine Granjon (Vente-Privee.com). Ceux-là même qui lancent aussi ce mois l’Ecole des métiers du web. En quelque sorte, entre études et financement des études, on peut dire qu’ils sont… aux deux bouts de la chaîne !

Dispositif web 2.0

Evidemment, le dispositif web est très 2.0 et s’appuie sur les relais naturels que sont les réseaux sociaux en ligne par exemple. Normal : puisque l’on parle aux étudiants et aux jeunes, que d’être actif et prendre la parole sur les écrans qu’ils suivent quotidiennement. “Meet your audience“, disent les anglo saxons avec pragmatisme.

La partie “outils en ligne”, avec un simulateur et un calculateur, pourrait être elle peut-être un peu plus affinée, en tout cas rendue en un seul outil où rentrer ses données clés.

Pour compléter : lire aussi “Etudiants rémunérés : exonérations d’impôt jusqu’à 4.031 euros “;