Archive pour mai 2011

Facebook et Twitter, success stories interdites de com’ ?

Mardi 31 mai 2011

A chaque jour, son scoop sur la perception des réseaux sociaux dans l’économie réelle… Le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) vient d’en fournir un nouvel épisode, avec la décision d’interdire à l’antenne des chaînes de télévision de citer Facebook et Twitter. Des services de réseaux sociaux en ligne certes, mais aussi des marques commerciales

Dans la guerre économique que se livrent ces deux réseaux, avec les autres réseaux concurrents et aussi entre eux, le phénomène est révélateur : il souligne une sorte de distorsion entre cette économie virtuelle et l’économie réelle. Comme le rappelle Christine Kelly, conseillère au CSA, citée par l’AFP, il ne faudrait pas trop rapidement sanctionner cette décision de rétrograde, de old school. Bien au contraire, elle est pesée, argumentée : “Pourquoi faire de la promotion régulière pour un réseau qui lève des milliards de dollars comme Facebook et pas pour un autre qui a du mal à se faire connaître?”, a insisté l’ancienne journaliste de LCI. “Il y a Myspace, Skyblog, Bebo… des réseaux sociaux spécialisés. En privilégier un plutôt qu’un autre, c’est de la distorsion de concurrence“.

Tel Clubic.com, certains sites et experts rappellent que, dans l’autre sens, les médias classiques sont bien contents de l’existence de Twitter et Facebook, qui leur fournit de la matière première, un peu comme une AFP gratuite et permanente…

Les marchés citent, eux

La distorsion se joue aussi face à l’extrême engouement des marchés, pour ces deux réseaux, pour ces deux success stories. Notamment au regard de leur prochaine entrée en bourse, dont nous parlions dès décembre 2010. Et lors de la dernière conférence-live organisée par BforBank le 24 mai dernier, Marc Fiorentino soulignait que tout ce brouhaha actuel allait notamment profiter à l’entrée en bourse de Facebook.

Et d’une certaine manière, interdire de citer quelque chose dont tout le monde parle, où tout le monde veut investir, où tout le monde rêveraient de travailler… c’est encore plus accréditer son succès.

La bulle web, LinkedIn déconseillé, Facebook gagnant

Jeudi 26 mai 2011

"Marc Fiorentino"Durant la conférence-live tenue mardi sur le thème “Investir dans un monde incertain“, les trois experts invités sur le plateau sont revenus à plusieurs reprises -motivés par les questions des internautes- sur le sujet des nouvelles technologies et de la possible nouvelle bulle web en cours de constitution sur les marchés boursiers. Une bulle notamment à base d’engouement pour les réseaux sociaux comme LinkedIn et Facebook.

En voici les passages clés en images :

Parmi les phrases saillantes sur cette nouvelle bulle web, celles de Marc Fiorentino :

  • La bulle ? A la fin il n’y aura probablement qu’un seul gagnant, c’est Facebook“;
  • L’eG8 ? Il ne faut pas que ça se transforme en Festival de Cannes numérique, où chacun va vouloir être pris en photo sur le tapis rouge avec Mark Zuckerberg“.

Phrases fortes aussi de François de Curel, concernant LinkedIn, récemment introduit en bourse :

  • Je ne conseille pas d’acheter du LinkedIn
  • En bourse, il vaut mieux investir dans des sociétés dont les résultats vont augmenter et qui ne sont pas valorisées trop cher. Le contre-exemple de LinkedIn aujourd’hui

Un oubli, Twitter ?

Une seule remarque : Twitter, pourtant âgé de 5 ans et très ciblé par les investisseurs ces derniers mois qui attendent comme pour Facebook son introduction boursière, n’a pas été cité une seule fois par les trois experts. Le réseau social de micro-bloguing est pourtant souvent envisagé pour prédire la bourse… un comble !

Double comble, pour ainsi dire, d’autant que Twitter était mercredi soir “LE” sujet de discussion du talk-show “Ce soir ou Jamais“, animé par Frédéric Taddéï sur la chaîne France 3. Même si l’angle d’accroche partait de l’affaire DSK et de son fort écho sur Twitter, certains experts des technologies savent que lorsqu’un sujet arrive ainsi dans un espace grand public, il en est parvenu à sa maturité business… A vérifier sous peu.

Conférence web : un e-G8 Forum… à tester ?

Lundi 23 mai 2011

C’est un des sujets qui anime la communauté web et geek en ce moment : pour ou contre l’e-G8 Forum ? Evènement voulu par le président Sarkozy et orchestré par Publicis, il est une mise en bouche du G8 (le vrai, en dur) qu’il préside quelques jours plus tard.

Sur le fond, qu’en est-il ? A quoi va servir ce nouveau “bidule” ? Le Figaro en livre un résumé tendu mais juste, sous l’expression de “Gotha du web” : “De Google à Facebook, 1000 décideurs se réunissent dès mardi pour définir ensemble les enjeux du secteur.” Approche VIP donc, que confirme Les Echos, évoquant lui “les stars du web“.

A visiter le site internet créé pour l’occasion, sans être méchant, on voit pour l’heure qu’on ne dispose que d’une coquille assez vide. Elle ne demande certes qu’à être remplie, et l’on suivra donc avec intérêt l’impressionnante liste d’intervenants de premier plan annoncée au menu. Rien moins que : Eric Schmidt (Google), John Donahoe (e-bay), Andrew Mason (Groupon), Jimmy Wales (Wikipedia) et surtout Mark Zuckerberg (Facebook) pour le rayon international et “branché”. Ce dernier fait jaser la planète depuis le film qui lui a été consacré “The Social Network“, et l’introduction en bourse de Facebook, que tout le monde attend…

L’évènement compte aussi des pointures plus “classiques” comme Rupert Murdoch (New Corporation) ou encore Klaus Schwab (WEF); puis Antoine Gallimard (éditions éponymes), Jean-Bernard Lévy (Vivendi), Xavier Niel (Iliad) au rayon français, sans compter des politiques au premier rang desquels Christine Lagarde.

Pour ce qui est du fond, certains ont la dent dure, dès l’amont, sur l’intention cachée derrière cet e-G8. Marianne y voit “La diplomatie Internet: la volte-face de Nicolas Sarkozy“, quand d’autres y repèrent un simple “écran de fumée” (La Quadrature du Net) ou au mieux un “ni oui ni non” comme Claude Soula, sur son blog (Multi)médias… Ce que Le Point résume parfaitement, disant que “Le forum e-G8 suscite doutes et attentes“.

Deux rendez-vous l’an

Au fond, plus prosaïquement, la France n’est-elle pas en train de s’offrir… deux grands évènements web et nouvelles technologies l’an ? L’un au printemps, cet e-G8, et l’un en hiver, LeWeb de Loïc Le Meur. Ce dernier réunit déjà depuis plusieurs années sommités du web et stars montantes de la net-industrie. Nicolas Sarkozy (candidat) s’y était d’ailleurs rendu en 2006, déjà pour donner gage de son intérêt sur les nouvelles technologies.

Et c’est sans compter sur d’autres évènements hexagonaux qui montent : Lift France (en juillet à Marseille), et aussi TedX Paris. On a jamais autant disposé de raouts, scènes et tribunes de premier plan pour une économie… qui ne demande qu’à se consolider en France et pour mieux rayonner dans le monde ! Pour le dire simplement :  moins de blabla, plus d’actions.

C’est aussi ce gage qui permettra à plus d’investisseurs -particuliers comme business angels- de miser sur ces start-ups de demain que tout le monde appellent de ses voeux. Les politiques comme les citoyens qui ont besoin de travail…

Impôts en ligne, une perf’ bien à la française

Lundi 16 mai 2011

En un jour où l’on parle beaucoup d’image de la France à l’étranger, dans le flot d’une certaine affaire DSK, il est d’autres sujets liés à la finance et l’économie qui donnent de quoi regonfler le moral du coq hexagonal. Les impôts en ligne par exemple. Voilà un vrai marronnier que j’ai pas mal connu et mouliné quand je travaillais en presse technologique…

Aujourd’hui, on en est où ? Rien moins qu’à hauteur de 10 millions de contribuables télé-déclarants (cf : chiffres 2010, Les Echos). Ils étaient 9,7 millions deux ans plus tôt (cf : ZDNet.fr), soit une progression de +3%, signifiante à la dimension d’une nation. Ce cap des 10 millions avait été d’ailleurs ciblé 5 ans plus tôt, quand le système avait connu quelques ratés… n’étant pas encore tout à fait installé dans les moeurs -non des déclarants- mais sans doute de l’informatique fiscale française. Une grosse mécanique faite d’ajouts et empilements, comme dans tous les systèmes d’information ayant quelques années d’activité au compteur.

En 2002, les “participants” au jeu “je paye mon impôt en ligne” se comptaient à moins de 150.000 personnes… c’est dire si du chemin a été parcouru. La route vers de nouvelles évolutions est-elle fermée ? Car on peut se demander légitimement pourquoi on ne parle toujours pas d’”appli fiscale” au rayon des interfaces mobiles, si dynamique. Certes, il n’y a pas là de jackpot pour un éditeur gourmand qui pourrait inventer une cash machine. Il n’y a rien à gagner si ce n’est développer le confort d’utilisation des appareils actuels, pour les besoins de gestion de ses finances personnelles.

Une appli mobile en test ?

Test sur mon HTC équipe d’un système Android : une requête “impôts” tapée dans l’Android Market ne me livre guère de choses intéressante, en tout cas juste une liste de 9 applications. Dans cette liste, la seule application qui parle de “déclaration” a un drôle d’affichage : un petit logo avec une balance (de la Justice), un auteur au nom bizarre (tetsuo974), des visuels rappelant le site officiel des impôts en ligne et un prix d’1,29 euros…  Une recherche complémentaire sur Google, permet de voir que Tetsuo974 est bel et bien un développeur Android, mais pas référencé pour ce travail ci…

Pour trancher, j’ai contacté dans la foulée les services de Bercy et vais voir ce qu’ils en disent. Je questionne aussi en parallèle la communauté des internautes sur notre compte Twitter. Il paraît impossible que des développements, notamment pour iPhone, ne soient pas à l’ordre du jour.

Et sur ce terrain, la France pourrait prendre des leçons chez ses voisins… de plus modeste taille. Le seul canton de Berne lui tient la dragée haute avec l’application TaxeMe pour iPhone. A défaut d’innovation publique, les applis mobiles hexagonales demeureront des actes d’éditeurs en ligne ou de spécialistes, essentiellement pour de la simulation et du calcul, comme avec i-Impôt. BforBank y va d’ailleurs aussi des ses outils, avec un calculateur d’impôt, un calculateur ISF et un simulateur de défiscalisation ISF.

Pour prolonger :

Que pourrait-on faire du duo Microsoft-Skype ?

Mercredi 11 mai 2011

C’est une leçon pour les observateurs et experts. Alors que toutes les jumelles, lunettes, loupes et autres matériels de visée convergent sur les acteurs du web 2.0 et des réseaux sociaux, c’est sur deux autres acteurs un peu plus anciens que se positionne le curseur de l’actualité.

Microsoft et Skype ont été respectivement créé en 1975 et 2003, et pourtant elles viennent de monter un deal à 8,5 milliards de dollars, soit 5,92 milliards d’euros ! Le duo semble improbable et certains se disent déjà que Google, ou Facebook, ont raté quelque chose… Ce n’est pas tout à fait exact, dans la mesure ou Google possède déjà une messagerie (GTalk) intégrant la téléphonie web, et même en mode visio. Et pour Facebook, il faut juste se souvenir que Microsoft est l’un de ses actionnaires principaux

Communication de partout

Revenons au usages. A quoi pourrait servir un tel ensemble logiciel dans le futur, plus ou moins immédiat ? Tout simplement à améliorer nos capacités de communication dans le monde du travail et dans le business. Et c’est justement lié à notre perception de ce “web 2.0″ qui excite tant de monde, mais que l’on vit tout autrement dans les entreprises de France et de Navarre. Clairement, on se comporte beaucoup moins “web 2″ qu’on ne le dit.

Vous parlez de services en ligne, plateformes collaboratives, réseaux sociaux, realtime web et autres innovations… ? Ok, mais dans les entreprises que je connais et que vous pratiquez sans doute aussi -grands comptes comme PME- la réalité dépasse rarement celle de la suite bureautique Office et des tableaux Excel pour tout gérer… On peut le regretter, mais c’est un fait. Il faudra encore du temps pour changer cette situation, si elle devait l’être.

Alors, des fonctionnalités de communication situées à même les logiciels, qui sait… ? Dans le temps, Microsoft a déjà procédé ainsi, pour des fonctionnalités plus complexes d’informatique de gestion : je pense par exemple au deal mené avec l’allemand SAP (spécialiste des ERP), matérialisé dans le projet Duet. Un mix justement relancé au début 2011, comme le notait Le Monde Informatique.

Evoluer sans heurt

Au fond, la vraie information n’est pas tant capitalistique que sociétale : oui, nos outils de production et de travail, nos interfaces business ont radicalement changé. Elles doivent intégrer, en natif, des fonctionnalités de communication de réseau en ligne que nous utilisons sans mal dans le domaine public et la vie de tous les jours.

Microsoft ne fait que se mettre à la page pour cela mais va peut être permettre à nombre d’entreprises qui n’ont pas pris ce train, d’y passer plus doucement. En tout cas en conformité avec leur “micrososftisation” demeurant importante, ce même si les tentations “d’aller voir ailleurs” existent… (cf : étude Forrester relatée par l’Express).

Pour prolonger : lire l’analyse poussée, et multi secteurs, proposée par ZDNet.fr dans l’article “Que va faire Microsoft avec Skype, racheté 8,5 mds de dollars ?“.

Papier versus numérique : pas si simple !

Jeudi 5 mai 2011

L’AFP et l’institut GfK ont récemment publié les résultats d’une enquête* sur la consommation des contenus numériques. Ceux-ci révèlent que les Français adhèrent de plus en plus à ce mode de lecture même s’il s’agit pour l’instant d’une croissance modérée. Cette tendance est cependant loin de signifier la mort du papier mais fait plutôt émerger une complémentarité.

Tout d’abord, cette étude permet de faire émerger un modèle de consommation. 22% des internautes de l’Hexagone passent entre 1 et 3 heures par semaine à lire des contenus numériques.

Les livres

Pour satisfaire leurs lectures, les personnes interrogées recourent pour :

  • 39% aux librairies en ligne
  • 34% à des applications dédiées
  • 29% au téléchargement illégal.

Une fois en possession de leur ouvrage, les internautes utilisent alors l’ordinateur (79%), le Smartphone (48%), la tablette (31%). 68% profitent du contenu numérique pour consulter des ouvrages de littérature – surtout des publications récentes – et 34% pour des lectures pratiques. S’ils y trouvent un intérêt dans la consultation d’ouvrages numérisés, ils ne sont cependant que 7% à se passer complètement des ouvrages papier.

Comme souvent sur le Web, les données récoltées font émerger une forte culture du gratuit : 34% consomment exclusivement des contenus non-payants. Les consommateurs qui paient dépensent quant à eux en moyenne 12 euros sur trois mois, ce qui est faible. A terme, cette tendance lourde pourrait être un frein au développement de ce marché.

La presse

53% des personnes interrogées téléchargent et/ou consultent la presse en ligne : les formats papier et web sont donc moins en compétition qu’ils ne se complètent. Seul, 11% de ces lecteurs « consacrent leur temps de lecture exclusivement aux contenus presse numériques ».

Les contenus de presse les plus consultés restent les contenus d’actualité : 79% des personnes interrogés. Leur succès s’explique sans aucun doute par leur réactivité à l’information.

Poursuivez cette lecture avec :

*Enquête menée auprès de 1000 internautes français âgés de 15 à 65 ans
Crédit photo :
zigazou76

Twitter pour prédire la bourse : ça se précise

Lundi 2 mai 2011

Je vous en parle régulièrement sur ce blog : les réseaux sociaux bouleversent notre façon de travailler et d’envisager l’économie… Outre la seule entrée en bourse de Twitter, s’impose depuis fin 2010 l’idée d’utiliser cet outil pour prédire l’avenir des marchés. La “capacité prédictive” comme on la nomme, souvent vue d’ailleurs en science-fiction…

Mais sur le terrain bien réel, dans la vraie vie, le sujet a particulièrement rebondi ces dernières semaines. Tout d’abord sur le projet d’un sujet de sa gracieuse majesté, rapporte La Tribune. Paul Hawtin, 28 ans, a rien moins que lancé un « hedge fund », Derwent Capital Markets, sur ce seul concept. Sur le New York Times, qui a suivi l’affaire un peu plus tôt en avril, on en apprend davantage sur cette aventure :

  • que le projet partait au départ avec 40 millions de dollars en actifs, mais que vu l’intérêt déclenché dans le monde entier, le total nécessaire serait plus proche des 100 millions de dollars;
  • que la société attendait l’approbation de l’Autorité britannique des services financiers pour changer de structure et l’adapter à cette nouvelle configuration;

Universitaires et projets

Autre écho, par plusieurs études et projets d’universitaires cautionnant la logique de ces outils et la mettant en forme. Dans l’une des études citées par Venture Beat, on tente de mesurer l’effet qualitatif et quantitatif de ces outils où : “un certain sous-ensemble dans le groupe d’utilisateurs à haute fréquence fait des prédictions exactes  dans  plus  du trois quart des messages“. Comprendre : c’est dans le coeur de tendre du bifteck que cela se passe.

A noter, outre le simple aspect business que ces utilisateurs ont été récompensés en récoltant plus de “followers” (les personnes qui vous suivent) et de nombre de “RT” (re-tweet, une re-publication d’un de vos messages par une tierce personne).  Les études se transforment parfois en test web live, grandeur réelle, comme sur Tweet Trader qui a tout du réseau social en ligne spécialisé.

Des doutes cependant

Ce bel enthousiasme n’est cependant pas total. Quelques voix s’élèvent et doutent du “bidule” : comme sur Working Capital, le blog d’Halah Touryalai sur Forbes.com qui questionne “Comment pouvez-vous être sûr que le tweet foireux d’un de vos amis vous fasse gagner de l’argent ?“. Sur FastCompany, on y voit même le nouveau jouet des futurs apprentis Bernard Madoff… Des joujoux dangereux en somme.

Il y a au moins une chose qu’on peut donc prédire assurément : lancer un bon buzz sur les capacités prédictives de Twitter, érigées en business, ça fait monter les enchères !