Un vagabondage nocturne (assumé) sur un certain nombre de mots clés m’a fait rencontrer hier un sujet étonnant, dans l’univers des technologies. Sur le site de l’Académie des Technologies (vous saviez que ça existait ce bidule ?), on lit pas mal d’articles très intelligents. Et en tête de ceux-ci, cette enquête sur le désamour… pour les ingénieurs.
C’est vrai ça. Au royaume des métiers technologiques, bien d’autres missions et appellations leur ont volé la vedette depuis. On a beaucoup parlé dans le domaine informatique des “DSI” (directeurs des systèmes d’information), des “directeurs e-business”, des “consultants web”, des “administrateurs réseaux”… mais plus trop des “ingénieurs”. Plus globalement, on a généralisé l’appellation fourre-tout de “chef de projet”. Le nom fait penser, à tort, au seul monde industriel, au monde “ancien”. On lui associe spontanément la blouse blanche et le stylo Bic rangé dans la poche, avec des lunettes à verres épais.
Notez, je ne voudrais pas paraître méchant, mais quand on arrive sur la page d’accueil du CNISF par exemple, on comprend que la filière pourrait plus verser dans la modernité en phase avec son époque…
Ingénieur, ça ne fait clairement pas assez rêver, ça n’entraîne pas l’adhésion.
Pourtant, la définition donnée par Wikipédia est on ne peut plus ouverte, qui y voit “un professionnel exerçant des activités de conception et de direction de projets, de réalisation et de mise en œuvre de produits, de systèmes ou de services impliquant des problèmes techniques complexes“. Dis ainsi, beaucoup de métiers rentrerait dans ce scope…
Et pourtant l’ingénierie peut s’appliquer à biens des domaines : comme en effet au commercial, à la finance, etc. Alors, question : quand avez-vous pour la dernière fois employé le mot d’ingénieur ? Voire employé un ingénieur tout court ? Un vrai test introspectif sur la modernité furieuse de nos organisations.
Le poids des requêtes Google
Pour finir, je me suis livré à un petit test sur les terres sémantiques de nos sujets, et plus spécifiquement des miens sur ce blog : une requête “ingénieur + finance” fait par exemple ressortir sur Google 5,57 millions de résultats, quand une requête “chef de projet + finance” en draine 8,3 millions. Convaincu ? Non, pas encore ? J’ouvre un peu plus le champs alors : une requête “ingénieur + internet” attire 15 millions de pages, quand “responsable + internet” en récolte 53 millions…
Gardons plutôt en tête cette formule lue sur un site traitant de la question : “Il n’existe pas un métier d’ingénieur mais 1000 métiers d’ingénieur”…
Pour prolonger : télécharger le livre blanc de l’ISAE.



[...] Où ils sont passés, les ingénieurs ? Notre rédacteur en chef enquête sur le désamour que semble subir la profession d’ingénieur, alors, mythe ou réalité ? [...]