Archive pour le mot-clef ‘start-up’

Start-up innovantes : entre beau temps et mortalité

Lundi 9 janvier 2012

Bonne nouvelle ! Les start-up innovantes qui passent le cap des cinq ans d’existence se portent bien dans l’hexagone.
En effet, près de 9 entreprises innovantes sur 10 en France sont pérennes à 5 ans, selon la dernière étude publiée le 5 janvier par l’organisme public Oséo (*). Alors que selon l’Insee, 1 entreprise qui se crée sur 2 (dans son ensemble) est pérenne.
Il faut rappeler que l’innovation représente en Europe un gisement de croissance et d’emplois.

Les raisons du succès des jeunes pousses innovantes

Ces entrepreneurs innovants ont en moyenne la quarantaine, sont majoritairement des hommes, diplômés (ingénieur ou docteur en sciences) et expérimentés. « Les fondateurs sont des professionnels expérimentés qui créent leur entreprise en équipe. Le porteur de projet n’est jamais seul » explique Laure Reinhart, directrice générale déléguée d’Oséo.
Ces fondateurs arrivent également à continuer leur activité de Recherche & Développement (R&D).

Leur capital de départ s’élève en moyenne à 92 000 euros. Ils se font aider à hauteur d’un tiers par des fonds d’amorçage, la famille et les amis (ce que l’on nomme aussi le “love money”) ou aussi des aides publiques. Voilà des indicateurs intéressants alors qu’il n’existe pas en France de base nationale d’entreprises innovantes.

Le réseau, un atout essentiel

Autre raison importante de leur réussite : la force de leur réseau. « Les cercles d’entrepreneurs n’ont pas laissé tomber les entreprises innovantes, des partenariats se développent et il existe un panel d’aides publiques et d’outils d’aides à la création d’entreprise en France » ajoute Laure Reinhart.

Oséo a fait ainsi le portrait-robot de la CEI (Création d’entreprise Innovante). Pour la banque des PME, la moitié des projets sont élaborés par des fondateurs aux compétences en logiciel et multimédia et en électronique et traitement du signal. Ces jeunes pousses visent les marchés des technologies de l’information et de la communication (TIC) et les sciences de la vie.

Où crée-t-on en France ?

Les créations d’entreprise innovantes (CEI) se font essentiellement en Ile de France et dans les régions Rhône et Bouches du Rhône, mais aussi (en plus petit nombre) dans l’Ouest et le Nord de la France. A noter que l’incitation publique nationale ou régionale est essentielle.

Peut-on parler de succès de nos start-up innovantes ou faut-il nuancer ces données ? « Il s’agit d’un taux de pérennité fort, mais qui dit pérennité ne dit pas forcément croissance » tempère Laure Reinhart. Car il existe de fortes zones de turbulences dans les premières années, notamment entre trois et cinq ans ans. C’est là où le taux de mortalité des entreprises est important. Sans compter les phénomènes de bulles, comme on a pu le sentir dernièrement sur les projets du web 2.0 et des réseaux sociaux.

Ces entreprises rencontrent des difficultés de financement de lancement industriel et commercial de l’innovation, se trouvent confrontées au manque de motivation des investisseurs dans l’hexagone, au problème de l’accès aux compétences et de la fidélisation des talents. Sur la période étudiée par Oséo (entre 1998 et 2007) une petite dizaine d’entreprises ont dépassé le stade de PME pour devenir une ETI (Entreprise à taille intermédiaire) et/ou être rachetées par un industriel. (3900 ETI en France en 2009).

Est-ce que la CEI va prospérer en France dans les prochaines années, compte tenu du contexte économique et politique ? N’hésitez pas à nous faire part de votre expérience dans ce domaine ou à nous éclairer sur l’entreprise innovante, sur ses atouts ou ses difficultés peut-être méconnues.

(*) résultats qui découlent d’une étude réalisée auprès d’un échantillon de 5500 entreprises et des données d’Oséo et du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Pour prolonger : vous pourrez lire sur le blog Epargne 2.0 les notes consacrées aux start-ups innovantes.

Le marché boursier des PME va t-il attirer plus d’entreprises

Vendredi 18 novembre 2011

marche-boursier-petite-moyenne-entreprise

L’introduction en Bourse devient-elle LA solution privilégiée des petites et moyennes entreprises pour augmenter leur capital et/ou pour financer leur développement ? Alors que les marchés sont très perturbés, que les banques ne font plus facilement crédit et que certaines entreprises n’ont pas un accès privilégié aux FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation) qui financent notamment les start-up innovantes.

La Bourse des PME séduit

Si l’on regarde le nombre d’introductions en bourse réalisées cette année, on en recense 14 sur le marché Nyse Euronext Paris (France) dont neuf opérations sur Alternext – le marché boursier pour les PME où les règles sont moins contraignantes et moins coûteuses – contre 11 l’an dernier. Quelques-unes sont au marché réglementé et d’autres au marché libre de Nyse Euronext Paris comme la société de conseil en stratégie et en financement Eurinnov (basée à Paris) qui compte bien aller rapidement sur Alternext.

Pour accéder à ce marché régulé d’Alternext (et non réglementé), il faut avoir des comptes certifiés (par CAC) sur un historique de deux ans et un flottant d’un minimum de 2,5 millions d’euros.

Parmi les introductions en bourse les plus réussies, on note celle de Mauna Kea Technologies, le spécialiste français d’équipements d’endomicroscopie au marché réglementé de Nyse Euronext à Paris. Cette société (CA 2010 : 5 millions d’euros ; capitalisation : 167,97 millions d’euros) a réussi à lever 56,5 millions d’euros en juillet dernier.

Autre exemple significatif, la société alsacienne Biosynex, spécialisée dans les tests de diagnostic (anti-tétanos, mononucléose, paludisme…) compte bien prendre ainsi son envol sur le marché mondial. Prévoyant un chiffre d’affaires 2011 de 2,3 millions d’euros, elle a levé 3 millions d’euros et s’est introduite au mois de mars sur Alternext.

Faire appel au marché pour décoller ?

Ces PME choisissent la Bourse pour se développer à l’international, pour acheter une usine ou encore pour acquérir des technologies innovantes, pour aussi avoir une meilleure visibilité auprès des grands acteurs de leur marché.

Plus récemment, et dans un tout autre secteur d’activité, l’entreprise française Cogra (CA 2011 : 10,3 millions d’euros) basée à Mende en Lozère, productrice de granulés de bois de chauffage, est en cours d’introduction sur le marché Alternext. Cet expert en énergie bois veut lever au moins 3,3 millions d’euros et construire une nouvelle usine de bois. De quoi être optimiste pour nos entrepreneurs de l’hexagone ?