Archive pour le mot-clef ‘crise’

Le va-et-vient des faillites

Jeudi 19 janvier 2012

sante_petite_moyenne_entrepriseL’horizon pourrait s’assombrir en 2012 pour certains entrepreneurs… En recul depuis deux ans, les défaillances d’entreprises devraient augmenter de 3% en 2012, à l’échelle mondiale, selon l’assureur-crédit Euler Hermes. Cette hausse devrait être de cet ordre en France. Pourtant les entrepreneurs avaient profité d’une accalmie… puisque l’an dernier la tendance était baissière dans plusieurs secteurs d’activité : les sinistres d’entreprise avaient reculé en 2011 (-3%) et en 2010 (-5%), après les années noires de 2008 et 2009 ayant frappé de nombreux acteurs économiques.

En France, on notait depuis deux ans une légère amélioration : les défaillances ont baissé en 2010 (-4,7%) et en 2011 (-0,8%). Alors que les mauvaises années 2008 et 2009 affichaient respectivement des hausses de 12,7% et de 9,7% en termes de sinistres d’entreprise.

C’est au quatrième trimestre 2011 qu’un retour aux défaillances d’entreprises est annoncé (+1,1% en France). Les entreprises les plus touchées sont sans grande surprise, les TPE (en plus grand nombre) mais aussi les PME de plus de 50 salariés fragilisées par la crise. Quant aux grandes entreprises de plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, certaines n’ont pas non plus été épargnées. Les secteurs des services aux particuliers et du commerce sont particulièrement affectés.

La loi du plus fort ?

Il y a plusieurs raisons à cela : le ralentissement économique dans la zone euro et l’affaiblissement des pays endettés. Il faut aussi ajouter que les entreprises défaillantes en France ont du mal à faire face aux retards de paiement et que leur trésorerie fait le plus souvent défaut.

Difficile alors de garder une bonne santé économique quand on est de petite taille ?

Selon la société d’étude Altares, qui corrobore celle d’Euler Hermes, la majorité des entreprises défaillantes (93%) sont des micro-entreprises sans effectif et des TPE de moins de dix salariés. Dans les faits, la liquidation judiciaire est prononcée majoritairement pour les TPE, alors que les PME ayant une expertise reconnue sont placées en redressement judiciaire. Ce qui peut aboutir à un plan de poursuite d’activité, malgré le défaut de trésorerie.

Soutenir les PME

Toujours selon Altares, le nombre de PME de plus de 50 salariés en difficulté augmente : 10% de plus qu’en 2010 ont déposé le bilan. Des sinistres qui n’épargnent pas les entreprises avec un chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’euros - ce sont des manufacturiers et des grossistes alimentaires entre autres – qui n’ont pas le cash suffisant pour résister. Retards de paiement imposés à leurs fournisseurs, pertes antérieures non résolues et non publication de leur bilan sont visiblement les signes avant-coureur de la faillite ou du redressement judiciaire.

Face à ce fléau, ne faudrait-il pas en France soutenir ces PME et TPE dont le savoir-faire est reconnu ? Les aider à se développer à l’international et promouvoir le capital-investissement, l’une des clés de leur réussite.

Sans oublier de rappeler que les délais de paiement “à rallonge” de certains grands acteurs économiques participent grandement à ces défaillances….

L’affacturage, une source de financement de plus en plus prisée

Mercredi 30 novembre 2011

Dans un contexte de crise où les entrepreneurs investiront moins si les banques prêtent moins et/ou à des taux plus élevés, où les retards de paiement peuvent augmenter, il existe des solutions pour optimiser sa trésorerie et sa gestion du poste clients.

L’affacturage (ou factoring en anglais) est devenu une solution très convoitée par les PME pour faire face aux besoins de trésorerie et aux risques clients. Et dans les meilleurs des cas, pour financer leur croissance.

Le dispositif séduit

Par exemple, une entreprise qui a un client qui paie à 60 jours mais qui a besoin de l’argent immédiatement, vend sa créance client à une société d’affacturage (établissement de crédit ou factor en anglais) qui l’achète et paie la facture immédiatement moyennant des coûts de prise en charge et d’intérêts débiteurs (soit une commission de service et une commission de financement comprises entre 0,50 % et 2,5 % de la créance). Le factor va donc pallier le risque d’insolvabilité ou au retard de paiement du client. Il avance en général 90 % du montant de la créance.

Faire face aux risques clients

« La demande des investissements des entreprises devrait baisser dans le contexte économique actuel, mais certains auront besoin de combler un déficit de trésorerie. L’affacturage et le financement par le crédit-bail sont de bonnes solutions alternatives pour les PME et TPE, même pour de petits montants » explique Pascal Beuvelet, fondateur et président de la société de courtage de crédit In&Fi Crédits Pro. Lancé en septembre 2010, ce récent réseau In & Fi Crédits Pro qui fonctionne avec un contrat de licence de marque, apporte des solutions de crédits à des entrepreneurs.

« Le dispositif d’affacturage est éligible pour les TPE dont le chiffre d’affaires est compris entre 100 000 euros et 2 millions d’euros. Ce qui n’était pas le cas avant ». Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à y recourir « mais toutes les PME et TPE ne connaissent pas forcément ces outils de financement. Nous travaillons avec les experts-comptables pour accompagner les entreprises et pour monter des dossiers auprès des banques » détaille Pascal Beuvelet, qui précise qu’il ne sera rémunéré que s’il obtient un crédit pour l’entreprise. Tout compte fait, le dispositif d’affacturage permet de partager les risques entre la banque et la société de factoring.

L’entrepreneuriat, un remède à la crise économique mondiale ?

Mardi 25 octobre 2011

Dans les années à venir, l’écosystème entrepreneurial devrait peser lourd dans l’économie mondiale, actuellement en pleine mutation. Mais tout dépend du contexte entrepreneurial dans lequel évoluent les entrepreneurs. Trois facteurs sont alors déterminants :

  1. la qualité de l’écosystème entrepreneurial
  2. le niveau de financement adapté aux entreprises en croissance
  3. le développement de la culture entrepreneuriale, notamment auprès des jeunes.

C’est ce que révèle le dernier rapport du cabinet d’étude MCKinsey qui a décrypté le tissu entrepreneurial des pays membres du G20. Ainsi, l’étude classe les pays du G20 en quatre grands groupes où se distinguent les économies matures et les économies émergentes.

Le premier groupe rassemble les Etats-Unis, le Canada et l’Australie, où l’entrepreneuriat est un important moteur de l’économie. Ces pays affichent un PIB par habitant supérieur à 30 000 dollars. Dans cette catégorie, on peut noter la croissance rapide des start-up aux Etats-Unis et le niveau d’innovation des entreprises industrielles. Les jeunes entreprises américaines de moins de cinq ans ont ainsi représenté 100% des créations nettes d’emploi dans leur pays, pendant 25 ans (entre 1980 et 2005).

Le deuxième groupe qui inclut une partie de l’Europe (France, Allemagne, Royaume Uni, Italie) et le Japon, affiche un tissu entrepreneurial à forte valeur ajoutée, mais moins dynamique que le premier groupe. Les jeunes entreprises contribuent à la valeur ajoutée et à la hausse de l’emploi. La France dispose notamment d’entreprises de moins de cinq ans créatrices d’emploi (+ 13% à + 16% pour la période comprise entre 2006 et 2010). Et plus une économie est mature, plus le tissu entrepreneurial devra être stimulé.

Quant au troisième groupe de pays (Chine, Brésil Argentine…), il bénéficie du taux d’entrepreneuriat le plus élevé (+14,7% entre 2006 et 2010) mais ce sont les TPE à faible croissance qui dominent encore le paysage. Le quatrième groupe (Turquie, Mexique, Afrique du Sud, Corée, Inde, Russie) évoluent dans un « contexte entrepreneurial » moins solide.

Comment améliorer tous ces leviers de croissance et continuer à soutenir la création ou relancer l’activité ? Des questions que se poseront les acteurs économiques lors du rendez-vous international des entrepreneurs le G20 YES (Young Entrepreneurs Summit). Il se tiendra à Nice à la fin du mois, juste avant le sommet des chefs d’Etat du G20.

Pour prolonger : parcourir l’étude complète (en anglais).