L’horizon pourrait s’assombrir en 2012 pour certains entrepreneurs… En recul depuis deux ans, les défaillances d’entreprises devraient augmenter de 3% en 2012, à l’échelle mondiale, selon l’assureur-crédit Euler Hermes. Cette hausse devrait être de cet ordre en France. Pourtant les entrepreneurs avaient profité d’une accalmie… puisque l’an dernier la tendance était baissière dans plusieurs secteurs d’activité : les sinistres d’entreprise avaient reculé en 2011 (-3%) et en 2010 (-5%), après les années noires de 2008 et 2009 ayant frappé de nombreux acteurs économiques.
En France, on notait depuis deux ans une légère amélioration : les défaillances ont baissé en 2010 (-4,7%) et en 2011 (-0,8%). Alors que les mauvaises années 2008 et 2009 affichaient respectivement des hausses de 12,7% et de 9,7% en termes de sinistres d’entreprise.
C’est au quatrième trimestre 2011 qu’un retour aux défaillances d’entreprises est annoncé (+1,1% en France). Les entreprises les plus touchées sont sans grande surprise, les TPE (en plus grand nombre) mais aussi les PME de plus de 50 salariés fragilisées par la crise. Quant aux grandes entreprises de plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, certaines n’ont pas non plus été épargnées. Les secteurs des services aux particuliers et du commerce sont particulièrement affectés.
La loi du plus fort ?
Il y a plusieurs raisons à cela : le ralentissement économique dans la zone euro et l’affaiblissement des pays endettés. Il faut aussi ajouter que les entreprises défaillantes en France ont du mal à faire face aux retards de paiement et que leur trésorerie fait le plus souvent défaut.
Difficile alors de garder une bonne santé économique quand on est de petite taille ?
Selon la société d’étude Altares, qui corrobore celle d’Euler Hermes, la majorité des entreprises défaillantes (93%) sont des micro-entreprises sans effectif et des TPE de moins de dix salariés. Dans les faits, la liquidation judiciaire est prononcée majoritairement pour les TPE, alors que les PME ayant une expertise reconnue sont placées en redressement judiciaire. Ce qui peut aboutir à un plan de poursuite d’activité, malgré le défaut de trésorerie.
Soutenir les PME
Toujours selon Altares, le nombre de PME de plus de 50 salariés en difficulté augmente : 10% de plus qu’en 2010 ont déposé le bilan. Des sinistres qui n’épargnent pas les entreprises avec un chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’euros - ce sont des manufacturiers et des grossistes alimentaires entre autres – qui n’ont pas le cash suffisant pour résister. Retards de paiement imposés à leurs fournisseurs, pertes antérieures non résolues et non publication de leur bilan sont visiblement les signes avant-coureur de la faillite ou du redressement judiciaire.
Face à ce fléau, ne faudrait-il pas en France soutenir ces PME et TPE dont le savoir-faire est reconnu ? Les aider à se développer à l’international et promouvoir le capital-investissement, l’une des clés de leur réussite.
Sans oublier de rappeler que les délais de paiement “à rallonge” de certains grands acteurs économiques participent grandement à ces défaillances….






