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PME et TPE très convoitées pour la présidentielle

Mardi 7 février 2012

Décidément, l’entrepreneuriat fait l’objet de la plus grande attention des politiques ces jours-ci. Les candidats à la présidentielle (François Bayrou, Dominique de Villepin…) ont tenu à se montrer au Salon des Entrepreneurs, qui a eu lieu cette semaine à Paris.

L’occasion de présenter leur programme en faveur des PME et des TPE. Même le président de la République — pas encore candidat - est venu faire un tour entre les stands du Salon des Entrepreneurs et inaugurer pour la première fois cette 19e édition. D’ailleurs aucun président n’y est venu auparavant.

Financement des TPE et PME

Le ton est donné devant les patrons de petites et moyennes entreprises venus nombreux (60 000 attendus au Salon sur les deux journées) :

Nous avons les banques les plus importantes d’Europe, mais quand il faut prêter de l’argent aux PME, c’est l’Etat qui doit créer Oséo. On se demande à qui les banques prêtent de l’argent” a dit Nicolas Sarkozy dans le Grand Amphithéâtre du Palais des Congrès plein à craquer.

Une réplique à François Hollande qui a qualifié il y a quelques semaines, la finance comme son adversaire.

Pourtant, en France il existe une kyrielle d’aides publiques et privées allant du prêt d’honneur au Crédit Impôt Recherche en passant par la garantie bancaire aux investissements des Business Angels ou autre love money (argent issu des proches ou de la famille). D’ailleurs, nombre d’entrepreneurs en bénéficient.

Selon le président, “le principal obstacle à la création d’entreprise, c’est l’absence de financements“. Et de rappeler qu’il a mis en place pendant son quinquennat, l’ISF-PME pour que l’impôt aille “plutôt chez l’entrepreneur que chez le percepteur. L’auditoire des entrepreneurs a applaudi.

Enfin, Nicolas Sarkozy a rappelé qu’Oséo la banque publique des PME a vu “ses moyens démultipliés” et qu’une “banque de l’Industrie” dotée d’1 milliard de fonds propres, serait créée ce mois de février pour financer les PME.

Des efforts à faire à l’international

Si le président est allé dans le sens de son auditoire en parlant des banques frileuses, du coût du travail en France ainsi que des charges trop élevées, il a terminé son discours sur l’importance de l’innovation et de la créativité que la France sait encourager“.

Une chose est sûre, sans innovation un pays tel que la France ne peut pas rester ou être compétitif sur son marché domestique pas plus qu’en Europe, ni à l’international.

Ajoutons à l’innovation et à la créativité que la qualité de l’offre est essentielle pour attirer beaucoup plus de clients. S’il s’agissait d’une appréciation scolaire, on mettrait volontiers : La France doit poursuivre ses efforts… dans certains secteurs d’activités.

Quand certains ont une idée précise de la réussite, d’autres misent sur les plus jeunes entrepreneurs.

Selon Louis Schweitzer, Président de France Initiative et ex-patron de Renault, présent aux conférences du Salon des Entrepreneurs : ceux qui réussissent sont “ceux qui ont un savoir-faire métier et une envie d’entreprendre”.

Le réseau France Initiative créé en 1985, a déjà financé près de 17 000 entreprises. Mais il regrette que le parrainage en France demeure insuffisant (4 500 nouveaux parrainages par an) pour accompagner les entrepreneurs en devenir et pour “leur donner une vision de l’entreprise“.

Enfin, pour Gonzague de Blignières — président de Réseau Entreprendre Paris :

les jeunes entrepreneurs qui parlent parfaitement anglais, qui voyagent plus et qui naviguent aisément sur Internet, réussiront mieux que nous les anciens.

De quoi méditer…

Copyrights : Driss Hadria sur Flickr

L’entrepreneur innovateur sera-t-il entendu ?

Lundi 12 décembre 2011

entrepreneur innovation PME (par avramc sur Flickr)C’est clair, les PME innovantes sont devenues LA préoccupation, si ce n’est la priorité de certains acteurs politiques. Car il y a urgence, si l’on se réfère au dernier sondage réalisé par le Comité Richelieu auprès de 395 PME : durcissement des banques vis-à-vis des PME, rythmes de décision des banques plus lents, relations médiocres ou neutres entre les PME et les grands comptes, évolution restrictive de la commande publique. Enfin, les perspectives pour 2012 sont  perçues comme moins bonnes par ces PME interrogées par l’association, début décembre.

Du coup, à l’approche des élections présidentielles, le Comité Richelieu présente son livre blanc 2012 avec une dizaine de propositions pour défendre les intérêts des PME innovantes et des ETI (entreprise de taille intermédiaire). Les recommandations de l’association ont pour but de relancer la croissance de ces entreprises malmenées ainsi que l’emploi. Parmi les dix propositions, on note la création d’un nouveau statut pour les PME, des solutions pour leur financement et leur accès à la commande publique et privée.

Un nouveau statut… de plus ?

Le statut qui “doit être simple et pérenne” selon le Comité Richelieu a été baptisé l’EIC (Entreprise d’Innovation et de Croissance). Il remplacerait les JEI (jeune entreprise innovante) et les Gazelles. Toujours selon le Comité Richelieu, il faudrait renforcer le capital-risque qui permettrait à ces PME ou ETI de disposer de fonds propres et d’une défiscalisation des résultats qui seraient réinvestis dans l’entreprise.

Enfin de nouveaux dispositifs d’épargne sont envisagés soit une épargne entrepreneuriale directe identifiée sous le nom de PEEI (Plan d’Épargne pour l’Entrepreneuriat et l’Innovation) et un nouveau crédit impôt recherche CIRIP (crédit d’impôt recherche Innovation et Partenariat).

Enfin le livre blanc incite les acteurs économiques à redynamiser le Pacte PME et à privilégier l’accès pour les PME innovantes à la commande publique et privée. Pourvu que ces propositions soient entendues par les acteurs politiques et économiques, notamment les grandes entreprises…

4 règles à respecter pour obtenir des financements publics

Lundi 28 novembre 2011

obtenir_financement_public_entrepriseComment un entrepreneur innovant peut-il optimiser sa recherche en financement, qu’il soit en phase d’amorçage ou en phase de développement ? Il existe en France divers modes de financements, publics et privés. Encore faut-il les connaître et les mobiliser au bon moment.

« La PME innovante doit structurer sa stratégie marketing et adapter son financement aux différentes phases de développement. Elle doit savoir mobiliser les instruments publics et privés ni trop tôt, ni trop tard » explique Bernard Degorre, fondateur de Tykya, société de conseil stratégique en finance et marketing.

Pour ce spécialiste, il existe diverses combinaisons de financement pour les PME innovantes (Oséo, CIR, JEI…). Les entreprises peuvent ainsi s’appuyer sur de la Love Money (argent provenant des proches et/ou de particuliers), des prêts d’honneur chez Oséo associés au Crédit d’Impôt Recherche (CIR) pour faire baisser le coût des opérations de R&D et au statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) qui confère des exonérations d’impôts et un allègement des charges sociales patronales.

A condition de respecter quatre règles :

1 – Le critère de solvabilité

Il s’agit du fameux ratio 1 pour 1. Autrement dit, ne pas déroger à la règle d’ un euro de fonds propre pour un euro de dette. Les financements sont généralement accordés aux entreprises dites « saines » financièrement. Il vaut mieux lever des subventions quand on a des fonds propres pas encore entamés. Toutefois, il faut tenir compte de la variation des fonds propres et établir un plan de financement phasé.

2 – La non redondance :

Ne pas oublier qu’une aide remboursable n’est pas une subvention. Il faut connaître les divers dispositifs de financement et ce que cela implique. Par exemple, le statut de JEI implique une baisse de la base du crédit CIR.

3 – La cohérence économique :

L’entreprise qui veut financer ses projets doit démontrer une cohérence entre ses comptes de résultat et son plan de financement, elle doit aussi disposer d’un plan marketing professionnel.

4 – La règle des aides « de minimis »

Il faut connaître le règlement des aides « de minimis ». Une aide publique (subventions, prêts ,avances remboursables, allègements fiscaux…) est accordée, dans le règlement des aides « de minimis » en fonction d’un plafond.

Le montant total des aides “de minimis” (c’est un avantage brut en impôt dont bénéficie une entreprise) pour une même entreprise ne doit pas excéder le plafond de 200 000 euros sur une période de trois ans (soit trois exercices fiscaux). Aussi, certains dispositifs (comme le CIR) ne sont pas inclus dans le calcul.

Les experts conseilleront de faire appel à un inspecteur fiscal ou un chargé d’affaires pour monter sa combinaison de financement et ce, pour ne pas avoir de mauvaise surprise.

Copyrights : Daniel*1977 sur Flickr