Cette année, on devrait dépasser le million d’autoentrepreneurs inscrits en France. On en comptait déjà plus de 900 000 fin 2011. Selon les projections de la Fedae, on atteindrait en octobre 2012 le million d’inscrits actifs. Plus de 738 000 comptes actifs d’auto-entrepreneurs étaient déjà recensés fin novembre 2011 à l’Acoss, la caisse nationale des Urssaf.
Le nombre est significatif. Pour autant, leur jeune statut – qui existe depuis trois ans – est-il toujours aussi intéressant… économiquement ? Pas facile de donner une seule réponse, car les situations des bénéficiaires de ce régime sont diverses.
« Je suis passée rapidement du statut d’autoentrepreneur à celui d’une SARL, c’est plus facile pour obtenir un prêt auprès des banques » expliquait en 2011 une jeune femme dans le secteur des prestations de service, et dont l’entreprise est basée dans un quartier sensible d’Île de France.
« Je vais bientôt dépasser le plafond autorisé, que faire ? » se demandait l’été dernier un jardinier proche de la retraite et autoentrepreneur. C’est son gendre qui a finalement repris son affaire. Certains cumulent un emploi salarié et une activité sous le régime de l’autoentrepreneur, d’autres moins chanceux sur le marché du travail choisissent ce statut par défaut.
De nouvelles mesures effectives en 2012 pour le statut d’autoentrepreneur
Difficile alors de se projeter dans l’avenir pour les autoentrepreneurs. Certes, ce régime est simple et rapide à mettre en place et peu risqué pour créer son entreprise. Mais il va évoluer.
Trois nouvelles mesures (pas forcément avantageuses selon certains) entrent en vigueur dès janvier 2012 :
- Les déclarations de revenus obligatoires sont accompagnées de pénalités si l’autoentrepreneur omet de déclarer son chiffre d’affaires ou le déclare en retard.
Le décret du 26 décembre 2011 prévoit une pénalité de 46 euros par déclaration manquante (1,5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale). - À partir de janvier 2012, un autoentrepreneur est informé par courrier s’il a dépassé le plafond de chiffre d’affaires autorisé et donc s’il perd le régime microsocial et il pourra contester le changement de statut.
- L’autoentrepreneur n’est plus dispensé de cotisation pour la formation professionnelle : cette nouvelle taxe sera calculée en fonction du chiffre d’affaires.
Aussi des propositions de loi pourraient en limiter les avantages notamment dans certains secteurs d’activité, comme le BTP.
Pour Alain Bosetti, président de Planète autoentrepreneur, « il est donc logique que ce jeune régime soit réajusté et ces principales mesures de 2012 évoluent dans un sens positif ». En revanche, « les évolutions législatives du régime de l’autoentrepreneur restent encore floues et le resteront jusqu’à l’élection présidentielle. Nous attendons une vraie prise de position des candidats sur l’autoentrepreneur, et ce, avant les élections présidentielles » explique le président dans son dernier communiqué. Un avis qui fait débat sur le Web auprès de lecteurs notamment de La Tribune. Certains auto-entrepreneurs se sentant incompris.
Le livre blanc de la FEDAE aura-t-il du poids auprès des décideurs ?
Face à ces changements actés, mais aussi face à un avenir flou, la Fédération des auto-entrepreneurs (FEDAE) - qui veut sensibiliser un large public à l’entrepreneuriat répond par un livre blanc qu’elle a présenté à l’Assemblée Nationale le 18 janvier dernier.
Ce livre a pour but d’interpeller les parlementaires ainsi que les candidats à la Présidentielle. Selon Grégoire Leclercq, président et fondateur de la fédération, cet ouvrage fait un bilan des trois premières années de ce régime. Il pointe aussi sur l’intérêt de ce nouveau modèle économique (voir le billet de Grégoire Leclercq dans le Cercle Les Echos) dans le paysage de l’entrepreneuriat français.
Que vont faire nos candidats à l’élection présidentielle ? Vont-ils améliorer ce régime qui mine de rien, a fait mouche en France ou bien vont-ils l’enterrer dans le pire des cas ?
N’hésitez pas à nous donner votre avis, à nous faire part de votre retour d’expérience si vous êtes ou si vous avez été autoentrepreneur. Contents ou déçus de l’auto-entrepreneuriat ?
Des débats et des rencontres lors du prochain Salon des Entrepreneurs les 1 et 2 février 2012 à Paris sur ce sujet.
Voir aussi : En 2012, l’appétit d’entreprendre va-t-il durer ?





