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Vers un renforcement du conseil à la création d’entreprise

Mardi 21 février 2012

Des incubateurs de grandes écoles à Oséo, en passant par les réseaux de Business Angels et d’experts-comptables, les créateurs d’entreprise ont l’embarras du choix en France pour se faire aider tout au long de leur projet. Ils sont orientés vers les uns ou les autres selon l’avancement de leur projet.

De l’accompagnement sur mesure

Les futurs entrepreneurs peuvent notamment profiter de compétences de partenaires mises en commun : montage de projet, soutien financier, accompagnement…

C’est par exemple ce que proposent l’association France Angels qui regroupe 62 investisseurs et professionnels et le réseau d’experts-comptables In Extenso - membre du groupe Deloitte –  qui ont accueilli les créateurs d’entreprise sur un stand commun au dernier Salon des Entrepreneurs à Paris.

Si son modèle économique est abouti, que son produit ou son service est  prêt à être commercialisé, le créateur peut rencontrer un Business Angels pour obtenir un accompagnement professionnel ou un financement, généralement entre 50 000 et 600 000 euros. Lorsque le projet n’est pas finalisé ou le budget prévisionnel non défini, le porteur de projet est orienté vers un expert-comptable pour affiner son dossier de création d’entreprise.

La nouvelle approche d’In Extenso

Face à une demande croissante en conseil, le réseau d’expertise comptable In Extenso qui accompagne en moyenne 6000 créateurs chaque année propose depuis peu un nouveau service.

« Nous ouvrons ce mois-ci une vingtaine de guichets uniques labellisés Points C (C comme conseil en création d’entreprise) où l’on accueillera les porteurs de projet sans rendez-vous et gratuitement. Nous prévoyons cette année de déployer une quarantaine de guichets en France » explique Martin Mathieu, directeur marketing associé chez In Extenso.

La mission de conseil sera facturée ou non selon la taille du projet, le type d’activité et la complexité du montage financier. Le réseau In Extenso pense ainsi augmenter de 50% le nombre de porteurs de projet à conseiller, d’ici à 2015. Cela concernera surtout de futurs entrepreneurs et non des auto-entrepreneurs. Il prévoit pour cela un investissement d’une dizaine de millions d’euros sur trois ans.

Plus de sociétés à conseiller

On peut se demander quel sera le retour sur investissement. « Le créateur est une entreprise ‘en devenir’ et donc un client potentiel qui restera avec nous s’il est satisfait, pour sa gestion et sa comptabilité. Notre retour sur investissement est là aussi » répond Martin Mathieu.

Une affaire à suivre. Car si les créations d’entreprise ont globalement régressé (-11,7%) l’an dernier dans l’hexagone – soit 549 155 créations d’entreprise en 2011 tous types d’activités et d’entreprises confondus contre 622 039 entreprises en 2010 – (selon l’APCE), les immatriculations sous forme sociétale ont augmenté de près de 2%. Quant aux sociétés dites unipersonnelles (SASU et EURL), elles ont fait un bond de 31% l’an dernier.

De plus en plus de femmes entrepreneurs en France

Mercredi 1 février 2012

C’est une réalité ! Les femmes sont de plus en plus attirées par l’entrepreneuriat. Une majorité de femmes (69 %) préfèrent la création d’entreprise, perçue comme plus épanouissante que le salariat.

Plus en détail, la moitié d’entre elles considèrent que la fonction de chef d’entreprise permet de mieux concilier la vie professionnelle et la vie privée (horaires, disponibilité pour la famille…). Si l’on en croit la dernière étude d’Opinionway* qui sera présentée à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui a lieu les 1er et 2 février au Palais des Congrès à Paris.

Le taux de ces chefs d’entreprise au féminin et de celles qui ont le souhait de créer ou de reprendre une entreprise est en hausse depuis quelques années.

L’étude va jusqu’à estimer (provisoirement) à près de 5 millions de femmes entrepreneurs potentielles dans la population française.

Le sondage montre aussi que ces femmes futures créatrices ou repreneuses d’entreprise sont plus diplômées, plus jeunes et mieux rémunérées que leurs homologues masculins (voir schéma ci-dessous).

Cette activité plus souvent masculine évolue.

Anne-Laure Constanza, jeune mère et jeune entrepreneur performante

Témoin parmi les sociétés créées ces cinq dernières années, la jeune entreprise parisienne Envie de Fraises, au nom original certes mais pas forcément très connu, fondée en 2006 par Anne-Laure Constanza. Cette jeune maman et jeune diplômée (école de commerce), a lancé son site marchand de vêtements exclusifs de maternité.

Lauréate de Réseau Entreprendre en 2008, Anne-Laure Constanza explique qu’elle a  créé sa société en neuf mois” et que son projet consiste à créer une marque sur Internet.

Depuis, la jeune entreprise porte ses efforts sur l’international, principalement en Europe du Sud et en Angleterre où la fécondité est importante. En 2010, son CA atteignait les 3 millions d’euros et l’équipe comprenait une douzaine de personnes. Et elle sera présente à l’édition 2012 du Salon des Entrepreneurs.

Et pour montrer qu’elle sait rester sur terre, la fondatrice d’Envie de Fraises précise que “l’entreprise n’est pas forcément un eldorado mais elle est en tout cas une aventure extraordinaire qui permet de participer à l’économie“. Depuis, elle a créé l’association Mompreneurs qui veut promouvoir l’entrepreneuriat de jeunes mères en France et cultiver l’entraide.

Entreprendre au féminin : une démarche pas si facile

Toutefois, l’étude d’Opinionway montre qu’un tiers des femmes sondées reste toutefois pessimiste ou dubitatif, signalant le fait qu’être une femme peut être un désavantage dans le milieu de la création d’entreprise, la femme étant souvent perçue comme moins crédible et moins persuasive notamment auprès des banquiers et/ou des investisseurs.

Toutefois, la donne change. En France, l’entrepreneuriat est en train d’évoluer. Les créations d’entreprises féminines en France sont en forte majorité des TPE (moins de 20 salariés) en France. Leurs réseaux professionnels se développent. Et selon une étude européenne d’Eurostat, la France est un pays qui comporte un nombre important de femmes à la tête d’une entreprise (TPE), avec 36 % des postes occupés par des femmes en 2010 (la moyenne européenne étant de 33 %).

Alors vivement que les mentalités changent…

Les divergences entre créateurs d’entreprise (source : APCE)

 

* Dans l’étude d’Opinionway réalisée fin 2011 pour l’APCE, le réseau Cerfrance et le Salon des Entrepreneurs, l’échantillon de personnes interrogées regroupe 1 019 femmes et 481 hommes de 18 ans et plus.

Les divergences entre créateurs d’entreprise (source : APCE)