Archive pour novembre 2011

L’affacturage, une source de financement de plus en plus prisée

Mercredi 30 novembre 2011

Dans un contexte de crise où les entrepreneurs investiront moins si les banques prêtent moins et/ou à des taux plus élevés, où les retards de paiement peuvent augmenter, il existe des solutions pour optimiser sa trésorerie et sa gestion du poste clients.

L’affacturage (ou factoring en anglais) est devenu une solution très convoitée par les PME pour faire face aux besoins de trésorerie et aux risques clients. Et dans les meilleurs des cas, pour financer leur croissance.

Le dispositif séduit

Par exemple, une entreprise qui a un client qui paie à 60 jours mais qui a besoin de l’argent immédiatement, vend sa créance client à une société d’affacturage (établissement de crédit ou factor en anglais) qui l’achète et paie la facture immédiatement moyennant des coûts de prise en charge et d’intérêts débiteurs (soit une commission de service et une commission de financement comprises entre 0,50 % et 2,5 % de la créance). Le factor va donc pallier le risque d’insolvabilité ou au retard de paiement du client. Il avance en général 90 % du montant de la créance.

Faire face aux risques clients

« La demande des investissements des entreprises devrait baisser dans le contexte économique actuel, mais certains auront besoin de combler un déficit de trésorerie. L’affacturage et le financement par le crédit-bail sont de bonnes solutions alternatives pour les PME et TPE, même pour de petits montants » explique Pascal Beuvelet, fondateur et président de la société de courtage de crédit In&Fi Crédits Pro. Lancé en septembre 2010, ce récent réseau In & Fi Crédits Pro qui fonctionne avec un contrat de licence de marque, apporte des solutions de crédits à des entrepreneurs.

« Le dispositif d’affacturage est éligible pour les TPE dont le chiffre d’affaires est compris entre 100 000 euros et 2 millions d’euros. Ce qui n’était pas le cas avant ». Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à y recourir « mais toutes les PME et TPE ne connaissent pas forcément ces outils de financement. Nous travaillons avec les experts-comptables pour accompagner les entreprises et pour monter des dossiers auprès des banques » détaille Pascal Beuvelet, qui précise qu’il ne sera rémunéré que s’il obtient un crédit pour l’entreprise. Tout compte fait, le dispositif d’affacturage permet de partager les risques entre la banque et la société de factoring.

4 règles à respecter pour obtenir des financements publics

Lundi 28 novembre 2011

obtenir_financement_public_entrepriseComment un entrepreneur innovant peut-il optimiser sa recherche en financement, qu’il soit en phase d’amorçage ou en phase de développement ? Il existe en France divers modes de financements, publics et privés. Encore faut-il les connaître et les mobiliser au bon moment.

« La PME innovante doit structurer sa stratégie marketing et adapter son financement aux différentes phases de développement. Elle doit savoir mobiliser les instruments publics et privés ni trop tôt, ni trop tard » explique Bernard Degorre, fondateur de Tykya, société de conseil stratégique en finance et marketing.

Pour ce spécialiste, il existe diverses combinaisons de financement pour les PME innovantes (Oséo, CIR, JEI…). Les entreprises peuvent ainsi s’appuyer sur de la Love Money (argent provenant des proches et/ou de particuliers), des prêts d’honneur chez Oséo associés au Crédit d’Impôt Recherche (CIR) pour faire baisser le coût des opérations de R&D et au statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) qui confère des exonérations d’impôts et un allègement des charges sociales patronales.

A condition de respecter quatre règles :

1 – Le critère de solvabilité

Il s’agit du fameux ratio 1 pour 1. Autrement dit, ne pas déroger à la règle d’ un euro de fonds propre pour un euro de dette. Les financements sont généralement accordés aux entreprises dites « saines » financièrement. Il vaut mieux lever des subventions quand on a des fonds propres pas encore entamés. Toutefois, il faut tenir compte de la variation des fonds propres et établir un plan de financement phasé.

2 – La non redondance :

Ne pas oublier qu’une aide remboursable n’est pas une subvention. Il faut connaître les divers dispositifs de financement et ce que cela implique. Par exemple, le statut de JEI implique une baisse de la base du crédit CIR.

3 – La cohérence économique :

L’entreprise qui veut financer ses projets doit démontrer une cohérence entre ses comptes de résultat et son plan de financement, elle doit aussi disposer d’un plan marketing professionnel.

4 – La règle des aides « de minimis »

Il faut connaître le règlement des aides « de minimis ». Une aide publique (subventions, prêts ,avances remboursables, allègements fiscaux…) est accordée, dans le règlement des aides « de minimis » en fonction d’un plafond.

Le montant total des aides “de minimis” (c’est un avantage brut en impôt dont bénéficie une entreprise) pour une même entreprise ne doit pas excéder le plafond de 200 000 euros sur une période de trois ans (soit trois exercices fiscaux). Aussi, certains dispositifs (comme le CIR) ne sont pas inclus dans le calcul.

Les experts conseilleront de faire appel à un inspecteur fiscal ou un chargé d’affaires pour monter sa combinaison de financement et ce, pour ne pas avoir de mauvaise surprise.

Copyrights : Daniel*1977 sur Flickr

Comment réussir en France dans la vente par Internet

Jeudi 24 novembre 2011

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Décryptage de la réussite d’un entrepreneur français sur le secteur très concurrentiel du déstockage de marques en ligne. Le site Vente-privée.com spécialisé dans la vente de sur-stocks de marque sur la Toile, n’a pas arrêté de faire grimper ses ventes depuis ces dix dernières années. Le site prévoit de dépasser le milliard d’euros en chiffre d’affaires pour l’année 2011 grâce à une progression de 14 % du volume d’affaires (CA 2010 : 969 millions d’euros).

En forte croissance depuis 2003

« Nous sommes profitables depuis 2004, nous n’avons pas levé de fonds et nous avons « zéro » dettes » a expliqué hier à Paris Jacques-Antoine Granjon PDG et cofondateur du site, à l’occasion des dix ans de sa société (création en 2001 en Seine Saint-Denis). Et il revendique sa rentabilité : « nous avons une marge nette de près de 7 % ». C’est en 2004 que le site accélère affichant sa plus forte croissance (+531 %) en termes de volume d’affaires (CA 2004 : 21,3 millions d’euros contre 3,37 millions d’euros en 2003). « Nous écoulons les invendus des marques de façon qualitative. Et cela passe par le contrôle de sa logistique » tient-il à préciser « Internet, c’est à la fois la gestion des détails et des volumes ».

Le site de vente en ligne est présent en Europe et depuis peu aux États-Unis. Il recense 15 millions de membres et devrait atteindre les 20 millions d’ici à deux ans. Il croit beaucoup au changement de comportement des clients et qui plus est des internautes. Ce PDG en jean et aux cheveux longs jusqu’aux épaules n’hésite pas à rappeler que cela fait 26 ans qu’il travaille à ce site de déstockage de marques.

Diversification oblige

Et comme la consommation devient plus atone en période de crise (et que les marques produisent moins de pièces), Vente-privée.com a prévu de se diversifier dans le voyage (avec Vente Privée Voyage) dans la vente de coupons (Rose-Deal), dans la billetterie de théâtre (VP Tickets).

« Nous avons lancé il y a quinze jours VP Tickets, nous revendiquons 2 millions de visiteurs uniques par jour sur notre kiosque Internet » ajoute Jacques-Antoine Granjon. Et à la question d’une introduction en Bourse, il répond d’emblée : « non, nous n’allons pas en Bourse, nous sommes pour l’assèchement de la concurrence avec notre qualité. À l’inverse, des sociétés comme Groupon (qui vient de s’introduire en Bourse) ne contrôlent pas leur qualité de service ».

Depuis une semaine, la société française a ouvert son site au marché américain. « Nous avons créé une joint-venture avec le groupe American Express » précise le PDG. Vente-privée.com va pouvoir ainsi accéder à l’importante base de membres de American Express (soit près de 40 millions de membres). De quoi booster ses ventes ? À suivre.

Le marché boursier des PME va t-il attirer plus d’entreprises

Vendredi 18 novembre 2011

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L’introduction en Bourse devient-elle LA solution privilégiée des petites et moyennes entreprises pour augmenter leur capital et/ou pour financer leur développement ? Alors que les marchés sont très perturbés, que les banques ne font plus facilement crédit et que certaines entreprises n’ont pas un accès privilégié aux FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation) qui financent notamment les start-up innovantes.

La Bourse des PME séduit

Si l’on regarde le nombre d’introductions en bourse réalisées cette année, on en recense 14 sur le marché Nyse Euronext Paris (France) dont neuf opérations sur Alternext – le marché boursier pour les PME où les règles sont moins contraignantes et moins coûteuses – contre 11 l’an dernier. Quelques-unes sont au marché réglementé et d’autres au marché libre de Nyse Euronext Paris comme la société de conseil en stratégie et en financement Eurinnov (basée à Paris) qui compte bien aller rapidement sur Alternext.

Pour accéder à ce marché régulé d’Alternext (et non réglementé), il faut avoir des comptes certifiés (par CAC) sur un historique de deux ans et un flottant d’un minimum de 2,5 millions d’euros.

Parmi les introductions en bourse les plus réussies, on note celle de Mauna Kea Technologies, le spécialiste français d’équipements d’endomicroscopie au marché réglementé de Nyse Euronext à Paris. Cette société (CA 2010 : 5 millions d’euros ; capitalisation : 167,97 millions d’euros) a réussi à lever 56,5 millions d’euros en juillet dernier.

Autre exemple significatif, la société alsacienne Biosynex, spécialisée dans les tests de diagnostic (anti-tétanos, mononucléose, paludisme…) compte bien prendre ainsi son envol sur le marché mondial. Prévoyant un chiffre d’affaires 2011 de 2,3 millions d’euros, elle a levé 3 millions d’euros et s’est introduite au mois de mars sur Alternext.

Faire appel au marché pour décoller ?

Ces PME choisissent la Bourse pour se développer à l’international, pour acheter une usine ou encore pour acquérir des technologies innovantes, pour aussi avoir une meilleure visibilité auprès des grands acteurs de leur marché.

Plus récemment, et dans un tout autre secteur d’activité, l’entreprise française Cogra (CA 2011 : 10,3 millions d’euros) basée à Mende en Lozère, productrice de granulés de bois de chauffage, est en cours d’introduction sur le marché Alternext. Cet expert en énergie bois veut lever au moins 3,3 millions d’euros et construire une nouvelle usine de bois. De quoi être optimiste pour nos entrepreneurs de l’hexagone ?

Un peu moins de faillites pour nos entreprises

Lundi 14 novembre 2011

Bonne nouvelle : les défaillances d’entreprise (grandes entreprises ou PME) en France sont en repli. Moins de faillites, moins d’encours fournisseurs et moins d’emplois menacés pour les entreprises de l’hexagone au troisième trimestre 2011. Ce sont les derniers chiffres de l’Observatoire des créations et défaillances de Coface, expert en assurance-crédit et en gestion de créances commerciales. Si certaines entreprises de l’hexagone souffrent de la crise, depuis 2010, les faillites sont en recul (7,7% au troisième trimestre 2011 contre 6, % en 2010) même si l’on note que cette baisse est lente.

Des délais de paiement plus courts

Pour la période comprise entre juillet et septembre 2011, le cabinet d’études Coface recense 11 800 entreprises placées en redressement judiciaire contre 12 785 l’an dernier à la même période. On explique  la baisse de l’endettement, notamment les encours fournisseurs, par la réduction des délais de paiement en France passant de 90 jours à un plafond de 60 jours (Loi de modernisation de l’économie – 2009), et par une meilleure gestion du poste client par les entrepreneurs.

On passe sous la barre des 60 000 faillites sur les douze derniers mois (soit 59 460 contre 61 941 fin septembre 2010). Mais certaines régions comme la Picardie, le Centre et la Franche-Comté sont fragilisées par la crise.
Toujours selon le bureau d’études, on remarque que les entreprises défaillantes sont celles dont le chiffre d’affaires est petit, compris entre 500 euros et 500 000 euros.

Emplois menacés par les faillites en baisse

Enfin, il vaut mieux travailler dans les télécoms, les services collectifs ou encore les produits minéraux et la chimie (-33,3%), là où les défaillances chutent. Alors que les marchés des moyens de transport (+6% de faillites), des services collectifs (+4%), de l’agroalimentaire (+2%), de la distribution et des services aux particuliers (+2% pour chacune de ces deux activités) cumulent les redressements ou les liquidations judiciaires.

La croissance dite « molle » est une des conséquences de cette situation. Mais globalement, les emplois menacés par les faillites au troisième trimestre 2011 (37 333 emplois contre 39032 en 2010) sont en baisse de 4,4%. Les grandes entreprises les plus touchées sont notamment dans l’agro-alimentaire et les biens d’équipements.
Moins bonne nouvelle : les créations d’entreprise ne décollent pas, même si les Français continuent à vouloir entreprendre. Les nouvelles entreprises commerciales (soit 94 917 recensées dans l’étude) sont en recul de 24% au troisième trimestre 2011 par rapport à la même période 2010. On ne retrouve pas le niveau de santé des entreprises d’avant 2008. De plus, le statut d’auto-entrepreneur ne séduit plus autant qu’à ses débuts et les nouveaux artisans ne se portent pas bien.

Tout le monde est-il entrepreneur… ou pas ?

Mardi 8 novembre 2011

Comment encourager l’entrepreneuriat dans l’hexagone, en période de crise économique et dans un climat plutôt anxiogène ? Comment envisage-t-on la nouvelle génération de chefs d’entreprise et comment rapprocher celle-ci… des entreprises tout court ?

Le Medef répond à ces questions et à d’autres, dans son dernier livre blanc intitulé Tous entrepreneurs.

Son Conseil exécutif vient en effet d’adopter les 42 propositions du livre blanc destinées à promouvoir l’entrepreneuriat en France. Ce document de 70 pages a été réalisé par la Commission Entrepreneuriat du patronat français présidée par Charles Beigbeder (fondateur de plusieurs sociétés dont Selftrade et Poweo). « Pas de croissance sans entreprises et pas de croissance sans nouvelles entreprises », affirme pour sa part Laurence Parisot dans l’édito du livre.

Un objectif, plusieurs combats

Présenté à l’université d’été 2011 de l’organisation patronale, ce document de travail propose  plusieurs évolutions, notamment :

  • l’inscription de la liberté d’entreprendre dans la Constitution
  • l’élaboration d’un baromètre par les chefs d’entreprise pour évaluer les services publics
  • la réforme de l’indicateur de la Banque de France pour donner une seconde chance à ceux qui ont échoué mais qui peuvent surmonter l’échec
  • enfin un système éducatif remanié.

Le patronat français veut en fait sensibiliser les jeunes à la création d’entreprise, et ce, dès le collège. Mais dans le monde de l’enseignement, on ne l’entend apparemment pas ainsi. Témoin, l’article d’Erwan Le Nader, vice-président de l’Apses (Association des professeurs de sciences économiques et sociales) paru en octobre dernier dans le journal Libération : « Le Medef n’a pas à se mêler de nos manuels ». Pas si simple, donc. A méditer.

J-M Barki : “Donner la parole aux chefs d’entreprise”

Jeudi 3 novembre 2011

« Il faut continuer à donner la parole aux chefs d’entreprise ». Tel est le credo du fondateur de la société Sealock, Jean-Marc Barki.

Sa PME basée à Sallaumines dans le Nord-Pas de Calais est spécialisée dans la fabrication de colles industrielles. Elle est aujourd’hui en croissance (+14% sur un an) avec un chiffre d’affaires de 4,7 millions d’euros en France (exercice clos au 30 septembre 2011). Son chef d’entreprise qui dirige 23 salariés prévoit de réaliser un volume d’affaires d’au moins 5 millions d’euros en 2012.

La PME présente en Europe (Benelux, Espagne, Royaume-Uni, Pologne, Italie, Portugal) évolue dans le marché fructueux des industries  de colles, mastics et adhésifs évalué à près de 15 milliards d’euros. « Nous nous concentrons d’abord sur l’Europe, puis sur les marchés de la Tunisie, de l’Egypte et de la Turquie » explique Jean-Marc Barki qui  ne délaisse pas pour autant ses plans d’innovation. « Nous lançons actuellement une opération en Inde avec le groupe Tata pour développer un produit high-tech » ajoute le PDG. Il souligne aussi l’importance de la création de valeur ajoutée dans le monde de l’entrepreneuriat et dans les régions  comme celle du Nord : « la valeur ajoutée de Sealock regroupe  les services aux clients et l’innovation ».

Une PME française au G20 YES

Présent au rendez-vous G20 YES (Young Entrepreneur Summit) qui a lieu cette semaine à Nice, Jean-Marc Barki membre de Croissance Plus est venu représenter fièrement les entreprises de sa région. Là où 400 entrepreneurs d’une vingtaine de délégations sont venus débattre de l’entrepreneuriat et proposer leurs meilleures pratiques.

Jean-Marc Barki a notamment participé au groupe de travail sur la transformation de l’écosystème entrepreneurial dirigé par le professeur de gestion Daniel Isenberg de l’université américaine Babson Global à Boston (et blogueur sur le site Huffington Post). “C’était une vraie leçon de management” analyse Jean-Marc Barki qui considère que les participants du G20YES ont tous la passion d’entreprendre et n’hésitent pas à “prendre des leçons de vie” des autres.

Parmi les grandes réflexions de ces groupes de travail, on note que pour encourager l’innovation et l’entrepreneuriat, il faut d’urgence mettre en œuvre des plans d’action pour développer  la culture entrepreneuriale en Europe, baisser les impôts des sociétés pour favoriser l’investissement, enfin harmoniser la fiscalité en Europe (une TVA unique) et réduire les délais de paiement (45 jours au maximum). “Il faut assainir les systèmes de dépenses et revoir tout ce qui est boiteux” conclut le dirigeant de Sealock, qui se nomme fièrement un “paysan de l’industrie”.

Bref, voici un dirigeant français qui revient du G20YES enthousiaste mais pied sur terre, et qui continue à agir sur tous les fronts !