Archive pour octobre 2011

Financer les entreprises en obligations pour assurer leur croissance

Vendredi 28 octobre 2011

La question du financement des entreprises préoccupe plus que jamais les acteurs économiques de l’hexagone. « Depuis trois ans, les marchés financiers ne représentent plus une porte de sortie pour bon nombre d’entrepreneurs. Les introductions en Bourse se raréfient et les marchés sont perçus par ces acteurs comme des éléments incontrôlables », analyse Fabrice Imbault, directeur associé d’A Plus Finance (photo ci-contre).

Chez cet investisseur basé à Paris (375 millions euros d’actifs gérés dont plus de 60 millions d’euros en fonds pour financer les PME en obligations convertibles), les demandes de financement obligataire sont en hausse depuis 2009. « En effet, le financement en obligations plaît de plus en plus aux entrepreneurs qui évoluent dans un marché anxiogène », ajoute l’associé.

Alors que conseiller ? Chacun y va de sa stratégie. Dans un contexte de crise économique (stagnation du PIB français avec une croissance nulle (0%) au deuxième trimestre 2011) et de risques de resserrement du crédit par les banques, les entreprises notamment les PME, se tournent en France vers le financement obligataire. Ce mode de financement qui est souvent utilisé par les gouvernements, les organismes publics et les collectivités locales, attire de plus en plus d’entreprises.

Financement original

L’idée est de financer leur croissance interne ou externe avec ce moyen original de financement, de répondre à leurs besoins en fonds de roulement ou de relancer leur activité par l’investissement. Pour l’investisseur parisien, l’objectif est de prêter de l’argent aux entreprises souvent à un stade de maturité avancé, sans prise de participation dans le capital. « Et le financement obligataire est flexible, il peut résoudre en partie le problème de la dilution du capital » ajoute ce directeur associé. Pour l’investisseur, les rémunérations de ces obligations (les coupons) sont attrayantes, de l’ordre de 5 à 6% par an (plus une prime de non conversion selon l’établissement).

Une solution pour faire face aux incertitudes actuelles ? Les marchés financiers qui pourraient faciliter la croissance des entreprises PME ou PMI n’inspirent plus confiance, tels qu’ils sont aujourd’hui. Et selon A Plus Finance, la raréfaction du crédit bancaire et les mesures réglementaires Bâle III V (renforcement des fonds propres, mise en place de ratios de liquidité) pourraient fragiliser le dynamisme du début d’année, voire aggraver les choses.

L’entrepreneuriat, un remède à la crise économique mondiale ?

Mardi 25 octobre 2011

Dans les années à venir, l’écosystème entrepreneurial devrait peser lourd dans l’économie mondiale, actuellement en pleine mutation. Mais tout dépend du contexte entrepreneurial dans lequel évoluent les entrepreneurs. Trois facteurs sont alors déterminants :

  1. la qualité de l’écosystème entrepreneurial
  2. le niveau de financement adapté aux entreprises en croissance
  3. le développement de la culture entrepreneuriale, notamment auprès des jeunes.

C’est ce que révèle le dernier rapport du cabinet d’étude MCKinsey qui a décrypté le tissu entrepreneurial des pays membres du G20. Ainsi, l’étude classe les pays du G20 en quatre grands groupes où se distinguent les économies matures et les économies émergentes.

Le premier groupe rassemble les Etats-Unis, le Canada et l’Australie, où l’entrepreneuriat est un important moteur de l’économie. Ces pays affichent un PIB par habitant supérieur à 30 000 dollars. Dans cette catégorie, on peut noter la croissance rapide des start-up aux Etats-Unis et le niveau d’innovation des entreprises industrielles. Les jeunes entreprises américaines de moins de cinq ans ont ainsi représenté 100% des créations nettes d’emploi dans leur pays, pendant 25 ans (entre 1980 et 2005).

Le deuxième groupe qui inclut une partie de l’Europe (France, Allemagne, Royaume Uni, Italie) et le Japon, affiche un tissu entrepreneurial à forte valeur ajoutée, mais moins dynamique que le premier groupe. Les jeunes entreprises contribuent à la valeur ajoutée et à la hausse de l’emploi. La France dispose notamment d’entreprises de moins de cinq ans créatrices d’emploi (+ 13% à + 16% pour la période comprise entre 2006 et 2010). Et plus une économie est mature, plus le tissu entrepreneurial devra être stimulé.

Quant au troisième groupe de pays (Chine, Brésil Argentine…), il bénéficie du taux d’entrepreneuriat le plus élevé (+14,7% entre 2006 et 2010) mais ce sont les TPE à faible croissance qui dominent encore le paysage. Le quatrième groupe (Turquie, Mexique, Afrique du Sud, Corée, Inde, Russie) évoluent dans un « contexte entrepreneurial » moins solide.

Comment améliorer tous ces leviers de croissance et continuer à soutenir la création ou relancer l’activité ? Des questions que se poseront les acteurs économiques lors du rendez-vous international des entrepreneurs le G20 YES (Young Entrepreneurs Summit). Il se tiendra à Nice à la fin du mois, juste avant le sommet des chefs d’Etat du G20.

Pour prolonger : parcourir l’étude complète (en anglais).