La question du financement des entreprises préoccupe plus que jamais les acteurs économiques de l’hexagone. « Depuis trois ans, les marchés financiers ne représentent plus une porte de sortie pour bon nombre d’entrepreneurs. Les introductions en Bourse se raréfient et les marchés sont perçus par ces acteurs comme des éléments incontrôlables », analyse Fabrice Imbault, directeur associé d’A Plus Finance (photo ci-contre).
Chez cet investisseur basé à Paris (375 millions euros d’actifs gérés dont plus de 60 millions d’euros en fonds pour financer les PME en obligations convertibles), les demandes de financement obligataire sont en hausse depuis 2009. « En effet, le financement en obligations plaît de plus en plus aux entrepreneurs qui évoluent dans un marché anxiogène », ajoute l’associé.
Alors que conseiller ? Chacun y va de sa stratégie. Dans un contexte de crise économique (stagnation du PIB français avec une croissance nulle (0%) au deuxième trimestre 2011) et de risques de resserrement du crédit par les banques, les entreprises notamment les PME, se tournent en France vers le financement obligataire. Ce mode de financement qui est souvent utilisé par les gouvernements, les organismes publics et les collectivités locales, attire de plus en plus d’entreprises.
Financement original
L’idée est de financer leur croissance interne ou externe avec ce moyen original de financement, de répondre à leurs besoins en fonds de roulement ou de relancer leur activité par l’investissement. Pour l’investisseur parisien, l’objectif est de prêter de l’argent aux entreprises souvent à un stade de maturité avancé, sans prise de participation dans le capital. « Et le financement obligataire est flexible, il peut résoudre en partie le problème de la dilution du capital » ajoute ce directeur associé. Pour l’investisseur, les rémunérations de ces obligations (les coupons) sont attrayantes, de l’ordre de 5 à 6% par an (plus une prime de non conversion selon l’établissement).
Une solution pour faire face aux incertitudes actuelles ? Les marchés financiers qui pourraient faciliter la croissance des entreprises PME ou PMI n’inspirent plus confiance, tels qu’ils sont aujourd’hui. Et selon A Plus Finance, la raréfaction du crédit bancaire et les mesures réglementaires Bâle III V (renforcement des fonds propres, mise en place de ratios de liquidité) pourraient fragiliser le dynamisme du début d’année, voire aggraver les choses.




