Archive pour le mot-clef ‘Thales’

Zodiac sur un nuage

Mardi 22 novembre 2011

bourse_zodiac_aerospaceLa météo boursière a jusqu’ici été plutôt clémente pour Zodiac Aerospace. Difficile de dire si elle le restera avec un cours de Bourse proche de ses plus hauts historiques.

L’équipementier aéronautique qui fournit aux constructeurs aéronautiques des produits aussi divers que des sièges, masques à oxygène ou systèmes de distribution électrique a offert quelques jolies surprises aux investisseurs lors de l’annonce ce matin de ses résultats pour l’exercice clos au 31 août 2011.

La principale a été l’envolée de la marge d’exploitation, passée en un an de 11,2 % à 14 % (13,8 % à périmètre et taux de change constant), soit des niveaux plus vus depuis 1999-2000. Le groupe avait “guidé” le marché sur un objectif de 12-13 %. Ce bond s’explique avant tout par la très forte croissance des résultats du pôle Cabin Interiors (hausse de 330 points de base des marges), premier contributeur en termes de chiffre d’affaires du groupe (1,6 milliard d’euros sur un total de 2,75 milliards).

Parler de crise aux dirigeants de Zodiac constitue encore à ce jour un hors sujet. Sur l’année, l’équipementier affiche une croissance organique de 17 % (+20 % anticipés sur le premier trimestre 2011-2012), qui s’explique par les carnets de commande pleins et les montées en cadence des chaînes de production des grands constructeurs aéronautiques.

Au cours de la conférence avec les investisseurs, le patron de Zodiac, Olivier Zarrouati, s’est même laissé aller à quelques commentaires le cours de Bourse de sa firme. Il concernait l’acquisition récemment annoncée de l’américain Goodrich par son compatriote United Technologies (UTX). L’opération s’est faite sur des multiples que le patron de Zodiac Aerospace a jugés raisonnables si on les appliquait à son groupe.

Faisons le calcul : la transaction UTX/Goodrich s’est faite sur un multiple d’EBITDA 2011e de 11,7x. Si l’on applique ce multiple à l’EBITDA de Zodiac pour l’exercice clos (447 millions d’euros), on trouve une valeur d’entreprise de 5 230 millions d’euros. Déduction faite de la dette (585 millions d’euros), la valeur des fonds propres de Zodiac ressort à 4 645 millions d’euros, soit 83 euros par action.

zodiac_aerospace_cours_bourseCela fait certes un potentiel mais l’optimisme des investisseurs devrait être tempéré en la matière. Tout d’abord, Zodiac n’est pas à vendre – son nom a souvent été évoqué comme une cible d’acquisition pour Thales, EADS et surtout Safran, mais le capital de l’entreprise est verrouillé et ce verrou ne semble pas près de sauter aux dernières nouvelles.

En outre, il est difficile de justifier un tel cours sur la seule base des fondamentaux de l’entreprise. Certes, ceux-ci sont de qualité, et la prudence impose, dans un contexte de moindre croissance économique, de faire preuve de retenue dans l’exercice de prévision des exercices futurs.

Si l’on valorise Zodiac sur sa capacité bénéficiaire passée, un prix d’équilibre plus raisonnable se situe autour de 38 euros par action. Considérons cela comme une borne basse. D’autres modèles de valorisation (DCF, résultat résiduel) permettent de trouver une valeur intrinsèque de l’action entre 56 et 74 euros. Mais cela suppose que le groupe soit en mesure d’afficher une croissance bénéficiaire soutenue et créatrice de valeur. L’exercice écoulé a largement répondu à ces critères. Pour la suite, la prudence recommande d’attendre que Zodiac retrouve un cours de Bourse plus raisonnable pour offrir une marge de sûreté suffisante aux investisseurs qui seraient tentés par cette valeur de qualité.

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Ingenico: transaction refusée – (2/2)

Mercredi 22 décembre 2010

Or Ingenico est dans le même temps engagé dans un plan de transformation qui voit son périmètre d’activité évoluer des terminaux à la gestion de bout en bout des transactions financières pour le compte de ses clients (banques, grande distribution notamment). En 2013, le groupe vise un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros, et une remontée sensible de sa marge opérationnelle. Un acquéreur potentiel pourrait retirer en plus d’importantes synergies de coûts, surtout s’il est déjà présent dans le secteur d’activité.

Laisser partir une entreprise et ses savoir-faire, c’est donc pour le gouvernement se couper de relais de croissance vers de nouveaux marchés (émergents) et du maintien de pôle d’excellence en France, notamment en R&D (Ingenico sous-traite l’intégralité de sa production à la différence de son concurrent américain).

La cacophonie qui règne sur le dossier, telle qu’évoquée par la presse ce matin, provoque un regain de volatilité du cours de Bourse du français. Comme l’explique la Société Générale dans une note aux investisseurs, le cours de 28 euros évoqué est peu généreux, surtout si l’on applique les mêmes ratios de valorisation que ceux du principal concurrent d’Ingenico, l’américain VeriFone. A 24 fois le résultat prévu pour 2011, Ingenico vaudrait un peu plus de 36 euros. Mais SG indique que sur la seule base de ses fondamentaux (sa valeur intrinsèque), le titre ne vaut que 21 euros. Cette ample fourchette de valorisation explique la grande volatilité du titre (en baisse de 6% hier, en hausse de près de 5% aujourd’hui).

Ce dont Ingenico a besoin avant tout, c’est une clarification sur les positions du gouvernement, qui a laissé d’autres acteurs de l’industrie avec lesquels il est lié (Thalès et Gemalto) céder des activités similaires à des concurrents américains. Deux possibilités émergent : soit le gouvernment joue le jeu du marché et laisse une OPA se déposer en bonne et due forme, soit il organise une montée au capital d’Ingenico (via le FSI). Ce que demandent les actionnaires minoritaires, c’est que la ligne soit rapidement rétablie et qu’ils sachent à quoi s’en tenir.

A consulter : la partie 1

Ingenico : transaction refusée – (1/2)

Mardi 21 décembre 2010

Pendant les fêtes de fin d’année, c’est bien connu, les cartes bancaires « chauffent » en raison de la furie de consommation qui règne durant cette période. Mais il arrive parfois que certaines transactions ne passent pas, en raison de comptes mal provisionnés ou d’encombrements des lignes de communication.

C’est un peu ce qui est arrivé à Ingenico, l’un des principaux fabricants mondiaux de terminaux de paiement, visé par une offre d’achat à 28 euros par action de la part du conglomérat américain Danaher. A peine dévoilée, la transaction a été rejetée par le gouvernement français et par Safran, premier actionnaire d’Ingenico avec 22,49% du capital (lui-même dépendant du bon vouloir de l’Etat qui détient 30% de son capital), et par les dirigeants de la société (qui ont une position peu claire dans cette affaire).

Ce projet soulève en arrière-plan la question de la politique industrielle et technologique de la France, et des transformations subies par l’industrie des terminaux de paiement, des cartes à puce et des transactions financières (trois domaines d’activité très liés entre eux et sont l’un des rares domaines technologiques où les Français parviennent encore à briller). Le rachat éventuel d’Ingenico intervient alors qu’il y a quelques mois, les deux gros acteurs américains de l’industrie annonçaient leur rapprochement pour créer le leader mondial du secteur et reléguer Ingenico au rang de numéro deux. VeriFone rachetait alors pour 406 millions de dollars son concurrent Hypercom (que le français chercha à acquérir début 2008).

Un marché duopolistique

Aujourd’hui, deux acteurs, Ingenico et VeriFone, contrôlent les trois quarts du marché, créant ainsi une situation de quasi duopole. On comprend mieux l’inquiétude des autorités françaises face à ce risque de voir s’échapper non seulement des savoir-faire importants dans les transactions financières et la sécurité, mais également de laisser à un acteur américain le contrôle des trois quarts d’un marché mondial en forte croissance (en supposant que les autorités de la concurrence laissent faire).

Pour prolonger : lire la partie 2

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Zodiac a oublié ses minoritaires

Mercredi 24 novembre 2010

Les dirigeants de Zodiac Aerospace ont-ils oublié qu’ils avaient des actionnaires minoritaires ? C’est l’impression laissée à la lecture du communiqué de presse annonçant de bons résultats au cours de l’exercice 2009-2010.

Zodiac y indique que l’exercice écoulé “marque le début de la reprise”. A voir les performances financières récentes du groupe, la crise du secteur aéronautique a été relativement bien gérée, puisque le groupe a fait mieux que prévu avec un repli organique de 1% de ses ventes. Sa marge opérationnelle n’a diminué que de 10 points de base, malgré un effet devise très défavorable.

Zodiac: croissance des ventes en 2010

Ses perspectives pour 2010-2011 montrent que Zodiac est reparti de plus belle, avec une croissance de 15% des ventes et un rebond de la marge, qui se situerait entre 12% et 13%, contre 11,2% au cours du dernier exercice. La dette nette du groupe a reculé fortement, représentant environ 33% des fonds propres.

Olivier Zarrouati, président du directoire de Zodiac

Olivier Zarrouati, président du directoire de Zodiac

Zodiac propose pourtant un dividende de 1 euro par action, le même depuis quatre ans. Ne pas l’augmenter signifie-t-il que le groupe n’est pas sûr de ses prévisions, notamment à cause de l’évolution volatile des devises à laquelle il est sensible ? Si Olivier Zarrouati, président du directoire, est confiant dans sa stratégie et dans la vision qu’il a de son groupe à moyen terme (en excluant par exemple tout mariage avec Safran tout en acceptant l’idée de coopérations dans l’avion électrique par exemple), pourquoi ne propose-t-il pas d’associer les minoritaires en augmentant plus sensiblement les dividendes ?

Zodiac a largement les moyens de faire mieux en matière de politique de distribution.

Faisons l’hypothèse que le groupe augmentera son chiffre d’affaires de 6,7% par an d’ici 2015 tout en améliorant sa marge opérationnelle de 11,2% à 12,7% en 5 ans. Ces hypothèses sont plus prudentes que celles de la société dans ses projections de moyen terme. En maintenant un taux d’investissement de 4,5% par an, et en affectant 50 millions d’euros par an aux acquisitions, Zodiac est en mesure de dégager un free cash-flow moyen de 140 millions d’euros chaque année. Compte tenu d’une génération de cash soutenue et régulière, le groupe peut facilement accroître de 10% par an son dividende, sans menacer ses équilibres financiers.

Hausse en Bourse pour Zodiac

Certes, avec un bond de 64% depuis le 1er janvier, le cours de Bourse du groupe aéronautique offre déjà une très belle compensation à l’ensemble des actionnaires. Sur ce plan, Zodiac fait mieux que Thales (-28%) ou qu’EADS (+18%), mais moins bien que Safran (+73%). Or, une grande part de la hausse en Bourse de Zodiac est liée au caractère spéculatif du dossier, alimentée par la communication maladroite des dirigeants de Safran. Sommé la semaine dernière par l’AMF d’officialiser ses intentions, le motoriste a préféré renoncer.

C’est cette dimension spéculative qui a porté le cours de Bourse de Zodiac vers les 45-50 euros. Un niveau où le titre n’offre plus de marge de sûreté (en l’absence de dimension spéculative). Le groupe a beau se présenter comme celui qui “maîtrise les éléments” (son slogan), au cours actuel, le marché anticipe que Zodiac sera en mesure de maintenir sa marge opérationnelle à un niveau proche de 13% au cours des 10 prochaines années, ignorant des facto l’effet des cycles propres à l’industrie aéronautique.

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