Le fabricant de câbles a été lourdement sanctionné après avoir lancé lundi un nouvel avertissement sur l’évolution de ses marges cette année. Ce qui n’a fait que renforcer la décote par rapport à sa valeur intrinsèque. Lire le reste de cet article »
Archive pour le mot-clef ‘profit warning’
Nexans : une crédibilité à reconstruire
Jeudi 25 octobre 2012Nexans, risqué mais pas cher
Lundi 25 juin 2012
Monsieur le Marché brade Nexans.
Et cela commence à se voir, puisque depuis plusieurs semaines maintenant, de nombreux brokers ont adopté une opinion positive sur la valeur. Dernier en date : Société Générale fixe un objectif de cours de 44 euros.
Tentons d’abord de comprendre les raisons du désintérêt de Monsieur le Marché pour Nexans, lequel explique la baisse de près de 24% du titre depuis le début de l’année. Le premier élément c’est l’environnement économique général, qui n’est encourageant nul part, en commençant par l’Europe. Nexans y réalise un part significative de ses ventes, ce qui peut être perçu (à tort selon SG) comme un problème.
Ensuite, le profit warning du groupe lors de l’annonce des ventes du premier trimestre, a illustré un ensemble de difficultés opérationnelles (décalages de facturations). Ceci a amené Nexans à prévoir un taux de marge opérationnelle de 3,5% au cours du premier semestre (contre 5,1% un an plus tôt). Comment le groupe pourra-t-il rapidement redresser la barre si la conjoncture ne s’améliore pas ? Entre 2008 et 2009, cet indicateur de performance était passé de 8,9% à 4,8%, soit une contraction très significative. Doit-on envisager une évolution similaire dans les prochaines années?
Résultat de ces déconvenues : Nexans cote autour des 30 euros. Et à ce niveau, le titre se traite sur des ratios de valorisation historiquement bas : 0,4 l’actif net prévu en 2013 d’après IBES. Le consensus prévoit une marge opérationnelle de 4,7%, soit une contraction de 90 points de base en 2012. A ce niveau, Nexans vaudrait 7,7 fois son résultat d’exploitation – ratio qui tomberait à 5,7 fois en 2013, sous réserve que les marges se redressent.
Quelles perspectives ?
C’est peut-être ce qui manque aujourd’hui au producteur de câbles : la capacité de donner des perspectives sur l’évolution de ses marges au-delà de quelques mois. Ce qui suppose d’être en mesure de “stresser” ses comptes et de voir à quels résultats on aboutit. Si Nexans n’a pas communiqué sur ce sujet, on voit bien que le marché a pris les devants.
Maintenant, a-t-il pour autant totalement raison? On peut se poser la question, surtout après avoir tenté d’estimer combien vaut Nexans. En prenant des hypothèses inférieures à celles du consensus, mais en faisant aussi le pari d’un redressement des marges dès 2013, mes différents modèles d’évaluation pointent vers une valeur intrinsèque de Nexans de 50 euros. A 30-31 euros, Nexans présente à n’en pas douter une belle marge de sûreté pour un investisseur prudent.
Carrefour: un redressement plus long qu’anticipé
Jeudi 13 octobre 2011Pour une fois, les investisseurs n’auront été que partiellement surpris par le nouvel avertissement de Carrefour sur ses résultats 2011.Le groupe de distribution est pénalisé par une conjoncture défavorable et des consommateurs qui désertent ses magasins, principalement en Europe de l’Ouest (baisse de 5,6% du trafic dans les hypermarchés français par exemple). La croissance plus soutenue des marchés émergents est même insuffisante pour contrebalancer la perte de vitesse de Carrefour dans ses marchés “développés”.
Face à cette dynamique peu favorable des ventes, et avec une valse des dirigeants depuis deux ans, difficile d’imaginer que le redressement sera rapide. C’est plutôt le contraire qui se produit, avec l’anticipation d’une baisse de 15% à 20% du résultat d’exploitation du groupe cette année. Mais l’exposition de Carrefour aux pays du G4 qui sont en fait tous menacés par des plans de rigueur budgétaire, un recul de la consommation et une hausse du chômage constitue un problème pour le moins épineux à résoudre.
“Heureusement”, les investisseurs ont pour une fois ajusté le tir en avance. Le consensus IBES montre qu’ils attendent une baisse de 22% environ du profit d’exploitation du groupe en 2011, à 2,3 milliards d’euros contre près de 3 milliards un an plus tôt. En juin de cette année, les investisseurs tablaient encore sur une quasi stabilité du profit de Carrefour (2,95 milliards d’euros).
La baisse de près de 6% du titre ce jeudi montre qu’il y a encore quelques retardataires. La question est de savoir si à conjoncture inchangée (croissance molle dans les pays développés; poursuite du développement dans les émergents), Carrefour a enfin les moyens d’un redressement de ses résultats. La stratégie de Lars Olofsson va-t-elle enfin payer ? Pour le PDG comme pour les actionnaires et salariés de Carrefour, il serait temps que le positif soit de retour.
Et c’est peut-être ce qu’anticipe le marché. Le titre a atteint un plus bas historique pendant l’été. Certains administrateurs, comme René Brillet ou Mathilde Lemoine ont investi parfois des sommes importantes durant la première quinzaine de septembre (estimant qu’on était peut-être à un plus bas ?). Autre élément intriguant, l’action Carrefour a bondi de 10% au cours de la dernière semaine de septembre, ce qui n’était pas arrivé depuis mars 2009. Et l’on sait que c’est lorsqu’une entreprise est “au fond du trou” et que son cours “intègre” les pires mauvaises nouvelles qu’il faut commencer à s’y intéresser.
Défis gigantesques
Les défis que doit affronter Carrefour restent gigantesques:
- il faut avant tout redresser une image-prix désastreuse (cf graphique suivant issu d’une étude Bank of America-Merrill Lynch) par rapport à ses grands concurrents nationaux – Leclerc, Auchan ou Intermarché.
- Carrefour doit également faire un effort en matière d’innovation dans les services proposé (en dehors de la réorganisation des rayons des Carrefour Planet) et investir dans la polyvalence de ses salariés, qui sont au coeur du redressement du groupe (mais la direction en est-elle consciente et fait-elle les efforts nécessaires en ce sens ?).
- Enfin, le groupe semble incapable de capitaliser sur sa puissance d’achat pour proposer mieux que les distributeurs spécialisés dans le non-alimentaire (là encore par manque de créativité et de volonté de se démarquer de la concurrence).
Relever de tels défis prendra un certain temps. C’est peut-être la raison pour laquelle, alors que le consensus des analystes table cette année sur une chute de 25% du bénéfice par action ajusté à 1,52 euro, le cours de Bourse de Carrefour enregistre une baisse de 45% depuis le 1er janvier et affiche un retard de plus en plus conséquent sur son concurrent coté, Casino. Sur la base du dernier cours de clôture, l’action Carrefour vaut 10 fois le bénéfice par action attendu pour 2012 (donnée IBES), et environ 9 fois son résultat d’exploitation, contre des multiples historiques moyens de 20x et 12x respectivement. Les analystes font donc encore preuve de scepticisme quant au redressement du groupe, mais les investisseurs ont peut-être déjà intégré le pire, à voir l’évolution récente du titre en Bourse.
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