Archive pour le mot-clef ‘pétrole’

Vallourec : quand tout va mal

Mardi 15 mai 2012

Rien ne va plus chez Vallourec. Le spécialiste des tubes sans soudure, qui réalise la majeure partie de son activité dans le pétrole et le gaz accumule les déboires .

La conjoncture…

Ceux-ci ne sont en fait pas liés aux prix du pétrole toujours élevés, ou aux perspectives des compagnies pétrolières, lesquelles multiplient les projets de recherche de nouveaux gisements.

Les problèmes de Vallourec sont liés à ses autres marchés de prédilection, en particulier ceux de l’énergie électrique (11,5 % des ventes). Dans ce domaine, le numéro deux mondial des tubes sans soudure après < strong > Tenaris est pénalisé par des pressions sur les prix et des reports de certains projets de construction de centrales électriques dans des pays en développement. La pression sur les prix touche d’autres débouchés importants (automobile, mécanique, chimie), lesquels représentent environ un quart des facturations du groupe.

… et les problèmes internes

Mais ce n’est pas tout. Ce qui a provoqué l’effondrement du titre vendredi dernier tient à des problèmes d’organisation interne. La montée en charge de nouvelles unités de production (VSB au Brésil, tuberie de Youngstown dans l’Ohio américain), censées apporter un relais de croissance pour le long terme, est plus longue que prévu.

Ces nouveaux sites, en particulier celui du Brésil qui avait l’avantage d’être totalement intégré à l’extraction de minerai de fer et offrait sur le papier un avantage-coût significatif, commencent à souffrir de l’envolée du réal brésilien face au dollar et de la chute du cours du minerai de fer. Autant d’éléments qui, s’ils sont durables, ne feront que reporter le taux de rentabilité interne de ce projet.

Depuis plusieurs mois maintenant, Vallourec aligne les avertissements sur résultat de manière répétée. De quoi entamer durablement le sentiment des investisseurs si le cours des événements n’est pas favorable. De quoi aussi coûter son poste à Philippe Crouzet, l’actuel Président du directoire et aux autres membres du directoire (Jean-Pierre Michel et Olivier Mallet).

Vallourec présente toujours une situation financière raisonnable, mais il ne faut pas que les perspectives de génération de cash soient durablement affectées (le retour à un free-cash flow positif n’est pas attendu par certains analystes avant l’an prochain).

Regard contrariant

Sur la base du cours de clôture de vendredi (34,30 euros), Vallourec affiche des ratios de valorisation pour le moins déprimés : P/B de 0,8x, P/E 2013e de 8,5x, EV/EBITDA de 6,2x et un rendement bénéficiaire de 11,7 %. Ces ratios expriment surtout l’’inquiétude des investisseurs et leur manque de visibilité sur le profil bénéficiaire du groupe à moyen terme.

Toutefois, pour un investisseur prudent, de tels ratios méritent de s’arrêter sur le cas Vallourec. Les problèmes du groupe sont-ils si graves que cela ? Peut-être pas autant que ne le laisserait croire la seule lecture du cours de Bourse.

Le marché attend avant tout que Vallourec présente un plan de sortie de crise et qu’il s’y tienne. L’assemblée générale, prévue le 31 mai, sera sans doute l’occasion d’une explication claire et franche.

Jocelyn Jovène, weeko.fr

La longue déprime des Utilities (2/3)

Lundi 2 avril 2012

Les récessions et la crise de la dette publique en zone euro expliquent en partie la chute de valorisation du secteur. La crise a également focalisé l’attention des investisseurs sur un ensemble de défis de moyen et long terme, qui pourraient peser durablement sur la performance boursière des utiltities. Lire le reste de cet article »

Après la Grèce, le pétrole (3/3)

Mercredi 21 mars 2012

Alors que le particulier, angoissé, s’approche désormais des pompes à essence en craignant le 2 euros le litre généralisé… le baril de brut peut-il atteindre 200 dollars ? Est-ce un scénario auquel le marché prête crédit ? Ou est-ce complètement farfelu ? Voici quelques éléments de réponse…

Tout d’abord un rappel. En Bourse, tout est possible, même le moins probable. Il suffit que Monsieur le Marché se mette à croire à un scénario extrême (comme l’éclatement de la zone euro par exemple) pour que la peur-panique pilote les prix et pas les fondamentaux.

Qu’en est-il du baril de brut ? Les analystes de la banque américaine JPMorgan estiment dans une note que l’hypothèse d’un Brent à 200 dollars d’ici la fin de l’année est très improbable. En tout cas, le marché prête à cette hypothèse une probabilité infime (0,2%), tel qu’illustré par ce graphe sur les options saisies entre mai et décembre 2012 :

Source: JPMorgan, “Oil Market Monthly”, 9 mars 2012

En revanche, l’hypothèse d’un baril à 160 dollars a elle une probabilité supérieure : comprise entre 5% et 7%. Cela reste faible, mais c’est bien moins négligeable et l’on sait qu’à un tel niveau, l’impact sur l’économie et les Bourses mondiales est néfaste.

Revenons à notre hypothèse de 200 dollars. Quel est l’argument de JPMorgan dans le détail ?

“Les primes sur options suggèrent que le risque d’une perturbation du marché du pétrole est bien moindre que ne le pense le commun des mortels. Le pricing d’options, par exemple, suggère qu’il y a 71% de chances que le prix du Brent soit inférieur à 130 dollars le baril en moyenne au cours du mois de mai. Et il y a une probabilité de seulement 0,2% que le prix soit supérieur à 200 dollars.

(…)

Pour conclure, l’évaluation par le marché du risque d’avoir un prix du pétrole très supérieur au niveau actuel est bien moindre que ce que suggère les flux de nouvelles. Cela doit rappeler que les résultats possibles de la situation politique actuelle sont multiples et qu’ils pourraient être une source de risque tant pour les producteurs que pour les consommateurs.”

Jocelyn Jovène, weeko.fr

Pour prolonger : à noter qu’en mai 2011 Slate.fr titrait sous la plume de Gérard Horny “Le baril de pétrole à 200 dollars? Pas tout de suite“, alors que Le Monde parle tout dernièrement d’un “enjeu politique“.

Après la Grèce, le pétrole (2/3)

Mercredi 14 mars 2012

A partir de quand le pétrole pénalise-t-il la croissance mondiale ? Quelle stratégie adopter pour un investisseur ? Voilà des questions qui deviennent particulièrement aigües lorsque le baril de pétrole frôle des records historiques. Lire le reste de cet article »

Après la Grèce, le pétrole (1/3)

Mercredi 14 mars 2012

Au revoir la Grèce, bonjour le pétrole. Depuis trois semaines, le pétrole est revenu sur les écrans radar des investisseurs à la vitesse V, propulsé en particulier par les tensions entre l’Occident et l’Iran. Son cours exprimé en euros ou en livres sterling atteint même des records historiques. Le facteur géopolitique joue beaucoup en ce début d’année, comme l’avait fait la Libye un an plus tôt. Mais ce n’est pas le seul élément qui inquiète les investisseurs. Lire le reste de cet article »

L’offensive Total

Mercredi 29 juin 2011

Face à un parcours boursier décevant, Total a peut-être compris qu’il était grand temps d’investir plus, de prendre plus de risques et de faire évoluer son portefeuille d’activités.

Le groupe pétrolier va-t-il enfin déjouer le mauvais sort ? Depuis plusieurs années, son parcours boursier décevant s’explique entre autres par une présence insuffisante en Amérique du Nord, mais surtout par une incapacité à tenir ses objectifs de croissance de production d’hydrocarbures.

En 2003, Christophe de Margerie (alors patron de “l’amont”) s’engage sur une croissance de la production de 4% par jusqu’en 2008… Le groupe produit alors 2,539 millions de barils équivalent pétrole par jour. En 2008, sa production tombe à 2,341 millions de barils/jour et ira même jusqu’à 2,281 millions en 2009 avant de commencer à remonter à partir de 2010. Son incapacité à tenir ses engagements a lourdement pesé sur son cours de Bourse, entraînant une lassitude chez les investisseurs voire un réel désintérêt y compris, en 2008, lorsque le cours du baril de brut atteignait des sommets.

Reste à savoir si le sort est désormais conjuré. Total a accru très sensiblement ses investissements en exploration (près de 1,5 milliard d’euros en 2010 contre 600 millions d’euros en 2002). Cette hausse s’explique certes par l’envolée des coûts d’exploration et la complexité technique des projets. Mais il y a peut-être aussi la volonté d’avoir une meilleure maîtrise de son portefeuille d’actifs, surtout lorsqu’on opère dans des pays risqués sur le plan politique (cas de l’Afrique ou du Venezuela où Total avait réalisé de lourds investissements). L’augmentation des investissements dans le gaz et le GNL en particulier a certainement évité au groupe un recul plus marqué de sa production.

De nouvelles acquisitions notamment dans les énergies renouvelables

Depuis quelques années, Total a réalisé d’importantes acquisitions au Canada, et a commencé (un peu tardivement) à investir dans les énergies renouvelables, notamment le solaire (bizarrement, le groupe semble ignorer le développement de la géothermie). Avec Tenesol et SunPower, Total n’a investi à ce jour que quelques centaines de millions d’euros, ce qui ne devrait pas révolutionner son modèle économique.

Mais la concrétisation de ces projets, les arbitrages de portefeuille en faveur de l’amont et la perspective d’une hausse de la production, tranchent avec un titre faiblement valorisé par le marché. L’action se traite sur un multiple de 6 fois le résultat prévu en 2011 (mes estimations), et affiche un rendement des flux de trésorerie disponible de près de 9% en 2011 et 2012.

Avec la cession des 48% dans CEPSA et l’investissement de 4 milliards de dollars dans le russe Novatek, Total dispose peut-être de quelques catalyseurs pour une revalorisation boursière, en attendant de meilleures nouvelles sur le front de la production.

Novatek coûte assez cher (les 12% rachetés ont été valorisés 4 milliards de dollars), mais cet investissement est financé par les réorganisations du portefeuille d’activités et par la rentabilité encore élevée du pôle amont. Au total, ces évolutions devraient permettre au groupe d’afficher une croissance bénéficiaire un peu plus rapide (certains analystes estiment à 200 points de base l’impact de Novatek sur la croissance du bénéfice par action d’ici 2013) tout en assurant le versement d’un dividende confortable.

weeko.fr


AVERTISSEMENT

L’auteur du post informe le lecteur qu’il détient des titres Total en portefeuille.

Le pétrole d’une crise à l’autre

Jeudi 24 février 2011

Les pics de volatilité du baril de brut, dus aux tensions politiques successives au Moyen-Orient, ne sont que le sommet de l’iceberg. Selon les analystes de Barclays Capital, la croissance de la production est insuffisante pour suivre l’augmentation de la demande (+2% tirée par la croissance des pays émergents). Les rendements des puits existants reculent et l’accès à de nouvelles ressources s’avère de plus en plus difficile, que ce soit pour des raisons techniques ou pour des raisons géopolitiques.

Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle est exacerbée à chaque période de forte hausse de l’or noir. En outre, elle est durablement inscrite dans le marché du pétrole pour les années à venir, ce qui explique que certains analystes voient un baril de pétrole au-dessus de 100 dollars à partir de l’an prochain.

Depuis leur pic atteint en 2009, les capacités additionnelles de production diminuent. D’un peu de moins de 5 millions de baril/jour (mbj) l’an dernier, elles devraient se situer à un peu de moins de 4 mbj d’ici la fin de 2011 (en 2008, on se situait autour de 2 mbj). Compte tenu de ces capacités limitées et déclinantes sur le moyen-long terme, et de stocks qui sont à un niveau modéré, toute tension géopolitique provoque un pic de volatilité sur les prix du pétrole.

Montagnes de cash

Dans ce contexte de hausse des prix et de moindres opportunités pour investir, de nombreuses compagnies pétrolières se retrouvent assises sur des montagnes de cash. Les opérations de croissance externe se multiplient, soit à travers des arbitrages de portefeuilles, soit à travers l’acquisition de ressources non conventionnelles dans des pays ouverts (gaz de schiste en Amérique du Nord par exemple).

Les compagnies revoient également à la hausse leurs budgets d’investissement en exploration-production. Cela crée un environnement de marché favorable aux sociétés parapétrolières, et explique la surperformance boursière de ce segment de l’industrie pétrolière mondiale. Au sein des valeurs pétrolières, les analystes de Barclays Capital estiment que la surperformance en Bourse a davantage été le fait des entreprises capables d’afficher une croissance de leur production d’hydrocarbures (comme BG Group) plutôt que celle annonçant une augmentation de leur dividende.

Un autre facteur haussier joue sur le pétrole : il s’agit des flux financiers qui cherchent via la hausse de l’or noir une forme de protection contre l’inflation. Ce thème, dominant sur les marchés émergents depuis l’an dernier, est aujourd’hui également présent sur les marchés développés.

La hausse du cours du baril de brut semble donc inexorable, et volatile. Sera-t-elle pour autant violente ou brutale ? Ce n’est pas certain. Une hausse trop rapide risquerait d’amener le prix du baril de brut à un niveau insoutenable pour l’économie et pourrait menacer la croissance économique mondiale. Déjà à 100 dollars, les Américains (et les Européens lorsque l’euro baisse) ressentent les effets de la hausse. Au-delà de 115 dollars, les analystes de Bank of America-Merrill Lynch estiment en effet que l’économie mondiale rentre dans une zone de danger. Un élément qui pourrait à terme provoquer une volatilité bien plus importante que les soubresauts au Moyen-Orient.

weeko.fr

Pour prolonger : revoir la vidéo experte du fonds Amundi Actions Minergior, qui a abordé la situation internationale sur ces questions.