Or Ingenico est dans le même temps engagé dans un plan de transformation qui voit son périmètre d’activité évoluer des terminaux à la gestion de bout en bout des transactions financières pour le compte de ses clients (banques, grande distribution notamment). En 2013, le groupe vise un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros, et une remontée sensible de sa marge opérationnelle. Un acquéreur potentiel pourrait retirer en plus d’importantes synergies de coûts, surtout s’il est déjà présent dans le secteur d’activité.
Laisser partir une entreprise et ses savoir-faire, c’est donc pour le gouvernement se couper de relais de croissance vers de nouveaux marchés (émergents) et du maintien de pôle d’excellence en France, notamment en R&D (Ingenico sous-traite l’intégralité de sa production à la différence de son concurrent américain).
La cacophonie qui règne sur le dossier, telle qu’évoquée par la presse ce matin, provoque un regain de volatilité du cours de Bourse du français. Comme l’explique la Société Générale dans une note aux investisseurs, le cours de 28 euros évoqué est peu généreux, surtout si l’on applique les mêmes ratios de valorisation que ceux du principal concurrent d’Ingenico, l’américain VeriFone. A 24 fois le résultat prévu pour 2011, Ingenico vaudrait un peu plus de 36 euros. Mais SG indique que sur la seule base de ses fondamentaux (sa valeur intrinsèque), le titre ne vaut que 21 euros. Cette ample fourchette de valorisation explique la grande volatilité du titre (en baisse de 6% hier, en hausse de près de 5% aujourd’hui).
Ce dont Ingenico a besoin avant tout, c’est une clarification sur les positions du gouvernement, qui a laissé d’autres acteurs de l’industrie avec lesquels il est lié (Thalès et Gemalto) céder des activités similaires à des concurrents américains. Deux possibilités émergent : soit le gouvernment joue le jeu du marché et laisse une OPA se déposer en bonne et due forme, soit il organise une montée au capital d’Ingenico (via le FSI). Ce que demandent les actionnaires minoritaires, c’est que la ligne soit rapidement rétablie et qu’ils sachent à quoi s’en tenir.
A consulter : la partie 1





