Archive pour le mot-clef ‘OPA’

Ingenico: transaction refusée – (2/2)

Mercredi 22 décembre 2010

Or Ingenico est dans le même temps engagé dans un plan de transformation qui voit son périmètre d’activité évoluer des terminaux à la gestion de bout en bout des transactions financières pour le compte de ses clients (banques, grande distribution notamment). En 2013, le groupe vise un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros, et une remontée sensible de sa marge opérationnelle. Un acquéreur potentiel pourrait retirer en plus d’importantes synergies de coûts, surtout s’il est déjà présent dans le secteur d’activité.

Laisser partir une entreprise et ses savoir-faire, c’est donc pour le gouvernement se couper de relais de croissance vers de nouveaux marchés (émergents) et du maintien de pôle d’excellence en France, notamment en R&D (Ingenico sous-traite l’intégralité de sa production à la différence de son concurrent américain).

La cacophonie qui règne sur le dossier, telle qu’évoquée par la presse ce matin, provoque un regain de volatilité du cours de Bourse du français. Comme l’explique la Société Générale dans une note aux investisseurs, le cours de 28 euros évoqué est peu généreux, surtout si l’on applique les mêmes ratios de valorisation que ceux du principal concurrent d’Ingenico, l’américain VeriFone. A 24 fois le résultat prévu pour 2011, Ingenico vaudrait un peu plus de 36 euros. Mais SG indique que sur la seule base de ses fondamentaux (sa valeur intrinsèque), le titre ne vaut que 21 euros. Cette ample fourchette de valorisation explique la grande volatilité du titre (en baisse de 6% hier, en hausse de près de 5% aujourd’hui).

Ce dont Ingenico a besoin avant tout, c’est une clarification sur les positions du gouvernement, qui a laissé d’autres acteurs de l’industrie avec lesquels il est lié (Thalès et Gemalto) céder des activités similaires à des concurrents américains. Deux possibilités émergent : soit le gouvernment joue le jeu du marché et laisse une OPA se déposer en bonne et due forme, soit il organise une montée au capital d’Ingenico (via le FSI). Ce que demandent les actionnaires minoritaires, c’est que la ligne soit rapidement rétablie et qu’ils sachent à quoi s’en tenir.

A consulter : la partie 1

Ingenico : transaction refusée – (1/2)

Mardi 21 décembre 2010

Pendant les fêtes de fin d’année, c’est bien connu, les cartes bancaires « chauffent » en raison de la furie de consommation qui règne durant cette période. Mais il arrive parfois que certaines transactions ne passent pas, en raison de comptes mal provisionnés ou d’encombrements des lignes de communication.

C’est un peu ce qui est arrivé à Ingenico, l’un des principaux fabricants mondiaux de terminaux de paiement, visé par une offre d’achat à 28 euros par action de la part du conglomérat américain Danaher. A peine dévoilée, la transaction a été rejetée par le gouvernement français et par Safran, premier actionnaire d’Ingenico avec 22,49% du capital (lui-même dépendant du bon vouloir de l’Etat qui détient 30% de son capital), et par les dirigeants de la société (qui ont une position peu claire dans cette affaire).

Ce projet soulève en arrière-plan la question de la politique industrielle et technologique de la France, et des transformations subies par l’industrie des terminaux de paiement, des cartes à puce et des transactions financières (trois domaines d’activité très liés entre eux et sont l’un des rares domaines technologiques où les Français parviennent encore à briller). Le rachat éventuel d’Ingenico intervient alors qu’il y a quelques mois, les deux gros acteurs américains de l’industrie annonçaient leur rapprochement pour créer le leader mondial du secteur et reléguer Ingenico au rang de numéro deux. VeriFone rachetait alors pour 406 millions de dollars son concurrent Hypercom (que le français chercha à acquérir début 2008).

Un marché duopolistique

Aujourd’hui, deux acteurs, Ingenico et VeriFone, contrôlent les trois quarts du marché, créant ainsi une situation de quasi duopole. On comprend mieux l’inquiétude des autorités françaises face à ce risque de voir s’échapper non seulement des savoir-faire importants dans les transactions financières et la sécurité, mais également de laisser à un acteur américain le contrôle des trois quarts d’un marché mondial en forte croissance (en supposant que les autorités de la concurrence laissent faire).

Pour prolonger : lire la partie 2

weeko.fr

OPA : le grand retour…

Jeudi 7 octobre 2010

Dans un contexte de marchés financiers atones et alors que l’état de l’économie américaine laisse penser que la reprise n’est pas acquise, les derniers mois ont vraiment marqué le grand retour des fusions et acquisitions. C’est même une véritable vague déferlante qui a touché les marchés.

Qu’il s’agisse de l’énergie, de l’informatique, de la finance, la plupart des secteurs ont connu diverses annonces d’opérations d’envergure aux quatre coins du monde. On citera à titre d’exemple :

La France n’est pas en reste

Si de nombreuses autres opérations ont animé les marchés toutes ces dernières semaines, la France n’a pas été en reste. Il y a d’abord eu les différents épisodes d’un feuilleton « Safran-Zodiac », avec les tentatives de Safran (hautes technologies) de convaincre, sans succès jusqu’à présent, les actionnaires de l’équipementier aéronautique Zodiac de l’intérêt d’un rapprochement.

Puis nous avons assisté à l’acquisition par GDF Suez du britannique International Power par échanges d’actifs. Enfin tout récemment est intervenue la proposition de Sanofi-Aventis pour un montant de 18,5 milliards de dollars aux actionnaires de la société de biotechnologie Genzyme, malgré le refus actuel de la direction.

Mode passagère?

Si les marchés renouent avec ces opérations de fusions et acquisitions, on peut expliquer ce mouvement, entre autres, par les réductions de coût qui ont permis d’assainir les finances des entreprises, des liquidités abondantes et un coût de crédit plus facile. Les entreprises peuvent ainsi consolider leurs positions sectorielles ou opérer des diversifications dans le cas de marges de croissance limitées dans leur secteur.

S’agit-il d’une mode passagère ou d’un mouvement de fond ? Si l’avenir donnera la réponse, on peut constater que ce mouvement  qui s’est  fortement développé en août , a continué depuis sa montée en puissance avec une actualité encore chargée en annonces d’offres. On citera en France GDF et EDF, candidats  pour la reprise du polonais Enea.

Pour prolonger : consulter également la rubrique bourse de BforBank.