Les récessions et la crise de la dette publique en zone euro expliquent en partie la chute de valorisation du secteur. La crise a également focalisé l’attention des investisseurs sur un ensemble de défis de moyen et long terme, qui pourraient peser durablement sur la performance boursière des utiltities.
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Archive pour le mot-clef ‘nucléaire’
La longue déprime des Utilities (2/3)
Lundi 2 avril 2012L’hiver nucléaire d’Areva
Mercredi 14 décembre 2011
Areva doit se réinventer et démontrer qu’il peut créer de la valeur. Et ses actionnaires devront se montrer patients, l’État français au premier titre.
Après des années de gestion et de communication maladroites, le groupe nucléaire doit dépoussiérer son modèle “intégré” : de la mine d’uranium au recyclage du combustible et au démantèlement de centrales. C’est en tout cas la feuille de route qu’a fixée Luc Oursel, nouveau patron désigné d’Areva (bientôt 5 ans d’ancienneté dans la maison), lors de la présentation de son plan stratégique à l’horizon 2016 (les principaux points du plan sont ici; le compte-rendu de la réunion est ici).
Le redressement du groupe nucléaire sera particulièrement long et laborieux : deux années dans le rouge pour remettre de l’ordre dans la maison et notamment dans les activités créatrices de valeur (amont et aval), étoffer l’offre produits, réussir le développement dans les énergies renouvelables, et donner les moyens de remporter des contrats commerciaux (10 EPR sur 5 ans).
Le redressement passe également par le nettoyage du bilan notamment la dépréciation d’UraMin, acquis en 2007 pour 1,6 milliard d’euros dans des conditions qui font aujourd’hui débat… Même si l’on peut contester cette pratique courante de “charger” la précédente équipe de direction pour faire peu neuve. On peut aussi se demander si derrière la gabegie de l’ère Lauvergeon (2001-2011), le conseil d’administration et les représentants de l’État ont bien rempli leur mission de préserver l’intérêt national.
Mais le marché a du mal à “acheter” cette histoire de redressement. Peut-être parce que l’ampleur du chantier auquel s’attaque le groupe est considérable : 1 milliard d’euros, soit 10 % de la base de coûts, à économiser d’ici 2015. Peut-être aussi parce que les moteurs du redressement ne donneront de résultats au mieux qu’en 2013. Ce n’est qu’à partir de cette date qu’Areva sera pleinement en mesure d’autofinancer son développement et donc dégager suffisamment de ressources pour trouver une structure bilancielle plus saine.
Même si Luc Oursel, Pierre Aubouin (directeur financier) et Benjamin Fremaux (stratégie) ont fait preuve d’une communication plus transparente et moins arrogante que la précédente équipe de direction, il reste un certain nombre d’inconnues dans le redressement du groupe. J’en pointe plusieurs importantes pour moi :
- Areva sera-t-il capable d’atteindre ses objectifs commerciaux ?
- Pourra-t-il élargir son marché au-delà de l’EPR ?
- Le prix de l’uranium va-t-il durablement remonter participant au retour dans le vert de la division Amont ?
Au terme de la réunion, dessiner le profil financier du groupe reste une opération délicate. Sur la base des éléments communiqués, la valeur intrinsèque d’Areva se situe plus selon moi autour de 13 euros. À Areva de démontrer que ses activités valent plus et qu’elles sont capables d’opérer durablement de manière rentable.
En Bourse, la sortie du nucléaire a déjà lieu
Mercredi 15 juin 2011
En Bourse, la sortie du nucléaire a déjà lieu. Plutôt que de chercher quel mix énergétique sera le bon pour sélectionner des titres, les investisseurs ont joué une autre thématique, celle des économies d’énergie. C’est l’un des meilleurs paris qu’il était possible de faire en Bourse face à la question du réchauffement climatique. Selon l’AIE, les économies d’énergie (ou l’efficacité énergétique des bâtiments, des transports) et une diversification plus grande du mix énergétique constituent les deux vecteurs de réduction des émissions de CO².
Les producteurs d’énergie face à un hiver nucléaire
Pour EDF et Areva, “l’hiver nucléaire” a déjà lieu dans les portefeuilles des investisseurs. EDF cote 20% en dessous de son cours d’introduction en Bourse fin 2005. Sa capitalisation boursière a fondu de 13% depuis le début de l’année et de 56% sur trois ans, preuve que les problèmes de l’électricien dépassent très largement la question de la sûreté de l’énergie atomique.
On peut certes mettre cette dégringolade boursière sur le dos de la crise financière. Mais il faut surtout regarder du côté des opérations dispendieuses en matière de croissance externe, menées au pire moment par la précédente équipe de direction. L’ambition 2020 du groupe va se traduire par d’importants investissements industriels (15-18 milliards d’euros par an selon les analystes de Citi), quand la moitié du profit brut opérationnel d’EDF (14 milliards par an) dépend des décisions du gouvernement sur les tarifs de l’électricité.
Areva, dont la patronne est en tournée pour son maintien à la tête du groupe nucléaire, voit son cours de Bourse plonger de 17% depuis la conversion de ses certificats d’investissement en actions.
Mais les problèmes du groupe datent de bien plus loin. L’incapacité du groupe à tenir ses objectifs financiers, des pertes récurrentes et une gestion peu efficace ont miné l’espoir des investisseurs de tenir un titre pour le long terme. Le marché a du mal à croire Mme Lauvergeon lorsqu’elle promet de belles surprises pour la fin du mois de juin (date de présentation de « nouvelles perspectives 2011-2012 »).
Belle envolée de Schneider Electric, Saint-Gobain ou Imerys
Exit EDF et Areva, donc. Bienvenue à Schneider Electric, Saint-Gobain ou Imerys. Sur un an, ces sociétés ont vu leur cours de Bourse progresser de respectivement 24% pour les deux premiers et de 14% pour le troisième. Chacune à sa manière a fait le choix des économies d’énergie ou de la sécurité d’approvisionnement : dans les usines, les réseaux d’énergie et de données pour Schneider ; dans l’habitat pour Saint-Gobain ; dans la construction pour Imerys.
Les bâtiments représentent 38% de l’énergie consommée aujourd’hui dans le monde (source : HSBC). En proposant des solutions soit pour mieux utiliser l’énergie, mieux la gérer, ces groupes sont positionnés sur l’un des segments les plus porteurs de leur industrie, qui touche à la fois les pays développés et les marchés émergents.
Si l’on ajoute le caractère cyclique de ces entreprises et des positions concurrentielles souvent très bien établies, on se retrouve avec des sociétés offrant une assez bonne visibilité sur leurs cash-flows futurs, ce qui leur permet d’investir en croissance organique et en acquisitions, tout en traitant de manière correcte leurs actionnaires.
Ces qualités intrinsèques se retrouvent dans des cours de Bourse bien orientés, et des ratios de valorisation parfois exigeants (Schneider affiche un PER de 15x pour une croissance bénéficiaire de l’ordre de 9-10% et un rendement du dividende de 3-3,5%), mais justifiés.
Crédits photos : Vincent Desjardins sur Flickr


