Les pics de volatilité du baril de brut, dus aux tensions politiques successives au Moyen-Orient, ne sont que le sommet de l’iceberg.
Selon les analystes de Barclays Capital, la croissance de la production est insuffisante pour suivre l’augmentation de la demande (+2% tirée par la croissance des pays émergents). Les rendements des puits existants reculent et l’accès à de nouvelles ressources s’avère de plus en plus difficile, que ce soit pour des raisons techniques ou pour des raisons géopolitiques.
Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle est exacerbée à chaque période de forte hausse de l’or noir. En outre, elle est durablement inscrite dans le marché du pétrole pour les années à venir, ce qui explique que certains analystes voient un baril de pétrole au-dessus de 100 dollars à partir de l’an prochain.
Depuis leur pic atteint en 2009, les capacités additionnelles de production diminuent. D’un peu de moins de 5 millions de baril/jour (mbj) l’an dernier, elles devraient se situer à un peu de moins de 4 mbj d’ici la fin de 2011 (en 2008, on se situait autour de 2 mbj). Compte tenu de ces capacités limitées et déclinantes sur le moyen-long terme, et de stocks qui sont à un niveau modéré, toute tension géopolitique provoque un pic de volatilité sur les prix du pétrole.
Montagnes de cash
Dans ce contexte de hausse des prix et de moindres opportunités pour investir, de nombreuses compagnies pétrolières se retrouvent assises sur des montagnes de cash. Les opérations de croissance externe se multiplient, soit à travers des arbitrages de portefeuilles, soit à travers l’acquisition de ressources non conventionnelles dans des pays ouverts (gaz de schiste en Amérique du Nord par exemple).
Les compagnies revoient également à la hausse leurs budgets d’investissement en exploration-production. Cela crée un environnement de marché favorable aux sociétés parapétrolières, et explique la surperformance boursière de ce segment de l’industrie pétrolière mondiale. Au sein des valeurs pétrolières, les analystes de Barclays Capital estiment que la surperformance en Bourse a davantage été le fait des entreprises capables d’afficher une croissance de leur production d’hydrocarbures (comme BG Group) plutôt que celle annonçant une augmentation de leur dividende.

Un autre facteur haussier joue sur le pétrole : il s’agit des flux financiers qui cherchent via la hausse de l’or noir une forme de protection contre l’inflation. Ce thème, dominant sur les marchés émergents depuis l’an dernier, est aujourd’hui également présent sur les marchés développés.
La hausse du cours du baril de brut semble donc inexorable, et volatile. Sera-t-elle pour autant violente ou brutale ? Ce n’est pas certain. Une hausse trop rapide risquerait d’amener le prix du baril de brut à un niveau insoutenable pour l’économie et pourrait menacer la croissance économique mondiale. Déjà à 100 dollars, les Américains (et les Européens lorsque l’euro baisse) ressentent les effets de la hausse. Au-delà de 115 dollars, les analystes de Bank of America-Merrill Lynch estiment en effet que l’économie mondiale rentre dans une zone de danger. Un élément qui pourrait à terme provoquer une volatilité bien plus importante que les soubresauts au Moyen-Orient.
weeko.fr
Pour prolonger : revoir la vidéo experte du fonds Amundi Actions Minergior, qui a abordé la situation internationale sur ces questions.