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LinkedIn : le retour des grosses valorisations high tech

Vendredi 20 mai 2011

Inutile de préciser que c’est “LE” sujet qui fait jaser dans les arcanes et alcôves de la web industrie… Le réseau social américain LinkedIn vient de boucler son entrée en bourse à  Wall-Street, dont on parlait depuis un moment. Et il l’a fait avec la manière comme on dit, sur une valorisation à près de 9 milliards de dollars !

Ce chiffre fou acte ce que les experts du secteur ont déjà noté depuis quelques mois : à savoir un retour en grâce des valeurs high tech sur les marchés boursiers. Voire un retour possible… d’une bulle ? Il s’agirait alors d’une bulle 2.0. Par là on entend les entrées en bourse concernant les acteurs du web 2.0 et plus spécifiquement des réseaux sociaux en ligne, autrement nommés social media. Une vraie excitation des investisseurs qui a concerné d’abord des sociétés comme Facebook et Twitter.

Qu’en disent les spécialistes du secteur, habitués à ce type d’informations et qui ne s’en laissent pas compter ? ZDNet.fr par exemple parle de “la plus grosse introduction en Bourse depuis celles de Google en 2004 et du moteur de recherche chinois Baidu en 2005“. Quant à 01Net il soulignait lui la forte capacité de recrutement du réseau, à près d’”un million de nouveaux membres chaque semaine“… Ceci expliquant cela. LeJournalduNet confirme bien la possibilité d’une bulle et précise que le fondateur de ce site “Reid Hoffman a récolté près de 5,2 millions de dollars en vendant moins de 1% de ses titres“.

Le poids des communautés

En gros, tout ce qui a 2.0 au bout de son nom, fait du volume et parle de “communautés en ligne”, aurait actuellement les grâces des investisseurs combinées à l’attention du grand public : une sorte de parenthèse fabuleuse, dont vont profiter plein d’autres acteurs et toute une filière.

Et donc ce second cercle des réseaux sociaux spécialisés, comme LinkedIn et sans oublier le français qui n’est pas loin, Viadeo. Ces deux acteurs se sont en effet spécialisés dans les réseaux sociaux dits professionnels : sorte de bibliothèque à CV en ligne mutualisés, partagés, commentés et avec outils de place de marché business.

Une petite question en passant ? Vous avez un profil sur LinkedIn ou Viadeo ?

Des actions Facebook, vous achèteriez?

Mardi 7 décembre 2010

Décidément, l’américain Facebook ne cesse de faire parler de lui, et a un peu remplacé à ce petit jeu son compatriote Google… Après le biopic sur la firme “The Social Network“, voici venu le temps du questionnement sur une possible entrée en bourse. Autant dire que le jour où l’opération capitalistique se passera, il faut prévoir quelque chose de similaire à un tsunami boursier. Du genre queue d’attente devant les banques, soirées spéciales avant première dans les salles de marché, couverture télé en temps réel sur CNN… J’exagère volontairement le trait, mais la compagnie de Mark Zuckerberg attise tellement les passions et les folies, qu’il faut se préparer à ce genre de débords.

Dans l’immédiat? Il faut surtout se calmer et reprendre ses esprits. Car comme le rappelle l’AFP hier, “Le fondateur de Facebook [est] peu pressé d’aller en Bourse“. L’article indique cependant que “les analystes la situent aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliards de dollars” de valorisation. De quoi faire tourner les billets de profit devant les yeux des boursicoteurs…

Quelle stratégie?

Mais, au fond, est-on assuré que Facebook soit demain matin l’encore leader du monde high tech qu’il est aujourd’hui? L’histoire récente de l’informatique et d’internet tendrait plutôt à prouver le contraire, ou au moins à inviter à la prudence. Pour se poser les vraies bonnes questions au-delà de l’attrait pour une entreprise à la mode : quels sont ses fondamentaux? son business model est-il stable? quel est le paysage de la concurrence?

Stratégie de communication et d’excitation par l’ellipse? On peut se le demander, car dans le même temps Facebook a annoncé ces jours-ci de “nouveaux profils” (cf : 01Net). Qualifiés par le journal en ligne de “plus riches visuellement et invitant à indiquer davantage d’informations personnelles“. Le site upgrade en fait son interface pour mieux coller aux nouvelles tendances et coutumes en ligne… qui changent tous les quatre matins dans ce domaine!

Je terminerai donc par un sondage, auprès des investisseurs français habitués de la high tech et du web. Je l’étape en deux questions :

  • si des actions Facebook étaient effectivement proposées dans le circuit, vous en achèteriez?
  • Et si oui, jusqu’à quel prix seriez-vous prêt à aller pour son coût unitaire?

Pour prolonger : lire la note sur LeWeb’10 et Loïc Le Meur; relire aussi l’article pédagogique de BforBank sur l’augmentation de capital.

General Motors: un retour en fanfare?

Mardi 16 novembre 2010

Le 1er juin 2009, le fleuron mondial du secteur automobile, General Motors, devenu moribond, était sauvé de justesse par l’intervention du Trésor américain qui mettait 50 milliards de dollars sur la table. Plus d’un an après être sorti du régime des faillites , il s’apprête à procéder à une introduction en Bourse estimée à plus de 15 milliards de dollars, qui devrait être couronnée de succès.

Le Trésor américain avait donc littéralement privatisé GM. La participation de l’Etat s’élève ainsi actuellement à 61 %, l’Etat canadien détient lui 11,7% du capital, le syndicat automobile américain UAW 17,5% et divers créanciers détiennent les 10% restants. Une profonde restructuration, a permis au groupe de renouer avec les bénéfices au premier trimestre 2010. L’introduction en bourse donnera lieu à une levée de capitaux entre 15 et 20 milliards de dollars, qui devrait permettre à Washington de récupérer une partie des fonds publics investis pour sauver l’entreprise.

Préparée depuis quelques mois, cette opération, constituera l’une des plus importantes jamais réalisées aux Etats-Unis, après celle de Visa en 2008 (19,7 milliards de dollars). L’introduction en bourse devrait se faire le 18 novembre, après publication du prix définitif la veille. Initialement, les actionnaires actuels, principalement le Trésor Américain, devaient ainsi mettre en vente 365 millions d’actions ordinaires, dans une fourchette de prix entre 26 et 29 dollars. Une fois l’opération réalisée, la part du gouvernement américain serait ainsi ramenée de 61 à 43% environ.

Devant le succès rencontré, le Trésor US et le constructeur n’excluent pas une option d’émission de titres supplémentaires portant sur 54,8 millions de pièces, qui porterait la mise sur le marché à 28% du capital du Groupe. Par ailleurs, selon Bloomberg, la demande des investisseurs est telle que l’IPO ( Initial Public Offering) devrait se faire au-dessus de la fourchette de prix annoncée. Après l’opération, la part du Département US au Trésor devrait passer de 61% à 35% du capital.

D’après la presse économique, le constructeur chinois SAIC profiterait du retour en Bourse du groupe américain, pour prendre 1% du capital. SAIC détient deux joint ventures avec GM en Chine. General Motors a d’ailleurs précisé que l’essentiel de sa croissance à venir se situait hors des États-Unis, notamment en Chine et en Inde.

Finalement rien de si exceptionnel pour une entreprise américaine pilier de la nation, née en 1908 et embarquant quelques 205.000 salariés dans le monde. Rendez vous jeudi pour le résultat des courses….