Archive pour le mot-clef ‘crise’

Trouver des repères quand tout va mal

Jeudi 8 décembre 2011

crise_bourse_actionnaire_agirLa plus grande difficulté pour savoir si c’est le bon moment d’acheter c’est que l’on n’est jamais sûr d’acheter au plus bas. Au travers de différentes lectures glanées chez un certain nombre de grands gérants, je pense qu’il faut regarder l’investissement dans un titre financier de manière relativement simple

De ce point de vue, ce récent éclairage offert par les gérants de la société Tweedy Browne m’a marqué. Dans la dernière lettre à leurs clients, William Browne, Thomas Shrager, John Spears et Robert Wyckoff évoquent les grands sujets du moment : crise de la dette, crainte de ralentissement économique… Expliquant leur approche de l’investissement, ils observent :

« Nous ne sommes pas des optimistes béats, mais nous ne voyons pas non plus le monde dans un déclin éternel. De surcroît, nous investissons dans des entreprises ; celles-ci sont des organisations réactives, qui mobilisent d’importantes ressources humaines et financières qui leur permettent de s’adapter constamment aux évolutions des marchés. Tout ceci nous amène à nous concentrer sur l’évolution des entreprises que nous détenons tout en regardant en permanence s’il n’y a pas de meilleures opportunités d’investissement. »

En général, la position de nombreuses grandes sociétés de gestion value (comme Fairholme Funds, Baupost…) est de ne pas écouter le marché. Seth Klarman affirmait dans une interview récente qu’il n’a pas de terminal Bloomberg dans son bureau (pour suivre les cotations en direct sur les marchés) et que cela lui importait peu.

Mais qu’est-ce que signifie suivre ses investissements. Tweedy Browne donne cet exemple. Cela peut se traduire par quelques données relativement simples comme le cas de la firme Johnson & Johnson.

Les gérants se posent alors la question suivante : qu’adviendra-t-il de JNJ dans les 3-5 prochaines années ?

« Difficile de le savoir. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le titre se traite à 13x ses résultats, ce qui représente un rendement bénéficiaire [inverse du P/E, NDLR] de 7,7% et que cela se compare favorable aux alternatives dans l’environnement obligataire.  (…) Certes, vous ne pouvait pas empocher ce rendement bénéficiaire chaque année, mais il offre un avantage fondamental non négligeable par rapport au rendement des obligations « sans risque ». (…) Si l’actuel ratio de valorisation (P/E) se maintient dans l’avenir, le retour aux actionnaires sera la croissance bénéficiaire et son rendement du dividende. Ceci pourrait représenter un rendement de 13%-14% sur  5 ans si l’entreprise est capable de faire progresser ses résultats à au moins 10% par an et à maintenir son rendement du dividende à 3,5%. »

Mais l’investisseur prudent prendra sans doute des hypothèses plus prudentes : une croissance bénéficiaire de 5% seulement ; un P/E qui continue de reculer (vers 10x par exemple). Si le rendement du dividende est protégé, le retour à l’actionnaire reste raisonnable et plus attrayant que le rendement obligataire. C’est ce qui peut être considéré comme la marge de sûreté de l’investisseur pour les années à venir.

Il faut rappeler que pour ces gérants value, l’une des choses les plus importantes est d’acheter le moins cher possible. Ce n’est pas nécessairement au plus bas, mais avec une décote suffisante par rapport à la valeur intrinsèque d’un titre (établie à partir d’une capacité bénéficiaire normée par exemple). La sécurité offerte par la détention d’actifs de qualité et la solidité financière des entreprises sont d’autres critères à prendre en compte.

Seth Klarman explique qu’il est prêt à acheter un titre qu’il juge bon marché, quitte à ce que la Bourse ne lui donne pas raison immédiatement – il indique qu’il fait toujours ses achats en plusieurs étapes et reconnaît indirectement moyenner à la baisse dans la phase d’achat. Mais Klarman expliquent qu’il faut d’autres qualités pour tenir dans des marchés aussi volatils : être patient et rester discipliné sont deux de ces qualités.

Copyrights : epicharmus sur Flickr

Cac 40 : des 4000 aux 3000 points, en un mois

Mardi 23 août 2011

Dans l’historique de courbe du Cac 40 (cf : visible via le tableau marché boursier en ligne sur BforBank.com), pour rappel, il est à noter que l’on est passé en un mois (juillet à août) des 4000 points aux 3000. Le fameux “seuil psychologique” que rappelle Le Figaro. Très exactement, nous nous trouvons ce jour 14h58 à 3090 points. C’est une chute de près de 1000 points.

Après cette baisse vertigineuse enregistrée sur un mois, “Le marché parisien cherche à rebondir“, commentent les analystes de Natixis (source AFP). Et l’on souffle quand même, après le nouveau coup de chaud de la semaine dernière : “A la bourse de Paris lundi soir, on retrouve le sourire. Un soulagement timide et prudent mais qui fait du bien. Après une semaine noire, lâchant plus de 6%, le CAC 40 retrouve des couleurs” (France Soir).

Pour mémoire, relire nos dernières actualités bourse (avec Investir) : les cours de bourse du 19 août, et du 18 août. Chaque journée marque un épisode de ce véritable feuilleton estival.

Crise irlandaise en Europe : verbatim et inconnues

Mardi 30 novembre 2010

Le retour du spectre de la crise systémique en Europe, suite aux déboires de l’Irlande, fait délier les langues des responsables européens et mondiaux. Voici un verbatim sélectif de responsables de premier plan. Il donne une idée de la température du moment :

  • François Baroin, ministre du budget : rassurant les observateurs sur la situation de la France, il précise (cf : Boursier.com) que “Nous avons une économie qui est diversifiée, nous avons une main d’oeuvre diversifiée. Nous avons un système bancaire parmi les plus solides”.
  • Sigbjoern Johnsen, ministre des finances norvégien : sur l’idée de prêter des fonds à l’Irlande, il indique que “S’il y avait une demande de la part du gouvernement irlandais, nous y réfléchirions très sérieusement” (source Reuters).
  • Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France : repris par Bloomberg, c’est pour lui un non-sens que l’Europe toute entière souffre des problèmes irlandais.
  • Nouriel Roubini, économiste : repris par l’agence Reuters, il indique que le Portugal puis l’Espagne seront les prochains pays à flancher… C’est aussi lui qui annonce un risque de “double dip” pour les Etats-Unis;
  • Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires : “Notre point de vue est très clair: la dette senior – sans parler de la dette souveraine – ne doit pas être, et ne sera pas, restructurée” (via Dowjones repris sur EasyBourse.com).

Pour les autres observateurs, notamment les sites de presse, on se contente de conjectures : comme ce titre vu sur LePost.fr (“Et maintenant à qui le tour?“), listant la France parmi les quatre pays concernés. Ou bien l’on prend le ton déclaratif et assuré : “La France n’est pas menacée et l’euro sera sauvé, dit Baroin” (LePoint.fr).

Pour rappel, selon les informations livrées par le site encyclopédique Wikipedia, l’Irlande, du point de vue économique, a été qualifiée de “tigre celtique” sur les chiffres suivants : “De 1995 à 2007, l’économie irlandaise croît en moyenne de 6 % par an“. Le début des années 2000 est même une période idyllique : “L’État se désendette grâce aux rentrées fiscales. Il n’y a plus de déficits. Le taux de chômage est très faible (4 %), l’économie manque de main d’œuvre“.

Pour prolonger : relire sur le site BforBank, la note “Travailler à l’étranger et fiscalité des revenus“; ainsi que “Domicile fiscal à l’étranger“; quelques généralités sur l’Irlande (discoverireland.com).