Les bonnes performances de Danone dans la nutrition infantile font oublier temporairement la situation plus fragile dans les produits laitiers frais, principale activité du groupe agroalimentaire.
Les investisseurs ont salué le 16 avril la publication des ventes du premier trimestre de Danone. Celles-ci sont ressorties au-dessus des attentes du consensus, grâce essentiellement à la nutrition infantile (+17,1 % à périmètre et taux de change constants).
Mais aussi dynamique soit elle, cette activité ne représente qu’un chiffre d’affaires trimestriel de 1,18 milliard d’euros sur un total de 5,34 milliards. En outre, environ 3 points de croissance sont dus au nouvel an chinois : la Chine ayant largement contribué aux bons résultats de la division.
Analystes et investisseurs ont également beaucoup regardé et commenté quel était le sort réservé aux produits laitiers frais (PLF), division qui représente 55 % des ventes de Danone, et 48 % du résultat opérationnel courant du groupe (sur la base des résultats 2012).
Car depuis de longs trimestres, les ventes de PLF ont du mal à décoller, en Europe du sud en particulier. Quelques signes encourageants sont apparus au cours du trimestre écoulé, avec apparemment une amélioration de l’effet prix-mix aux États-Unis et en Russie. Mais la moitié des ventes de la division provient de l’Europe, qui connaîtra en 2013 une nouvelle année de récession.
Comme l’expliquent les analystes de Morgan Stanley dans une note datée du 16 avril, les produits laitiers frais restent le principal moteur de revalorisation de la société en Bourse. D’autres brokers se demandent même si la légère amélioration constatée au cours du premier trimestre n’a pas eu un coût excessif en termes d’effort marketing et commerciaux.
Même si la nutrition infantile reste dynamique et qu’elle affiche les niveaux de marge opérationnelle les plus élevés chez Danone, le marché attend avant tout des signes plus encourageants des produits laitiers frais. Compte tenu des efforts de réduction des coûts engagés, on comprend mieux pourquoi le groupe n’a que confirmé ses objectifs financiers pour 2013 – qui restera une année de transition pour Danone, comme cela été apparu lors de l’annonce des résultats annuels.
Le groupe dirigé par Frank Riboud se traite aujourd’hui sur des multiples de valorisation généreux au regard des défis à relever. La confiance du marché pourrait revenir dans les trimestres à venir si les performances des PLF ne se détériorent pas plus voire s’ils se devaient se redresser.
Les attentes du consensus pour 2013 (BPA) semblent se stabiliser. Mais après l’envolée des ratios boursiers de Danone, et le rebond du titre le 16 avril, les investisseurs risquent de prendre une posture d’attente pour voir si le retour d’une croissance organique plus soutenue sera confirmé au cours des prochains trimestres.












