Archive pour le mot-clef ‘bourse’

Danone : merci les enfants!

Jeudi 18 avril 2013

analyse du cours bourse de DanoneLes bonnes performances de Danone dans la nutrition infantile font oublier temporairement la situation plus fragile dans les produits laitiers frais, principale activité du groupe agroalimentaire.

Les investisseurs ont salué le 16 avril la publication des ventes du premier trimestre de Danone. Celles-ci sont ressorties au-dessus des attentes du consensus, grâce essentiellement à la nutrition infantile (+17,1 % à périmètre et taux de change constants).

Mais aussi dynamique soit elle, cette activité ne représente qu’un chiffre d’affaires trimestriel de 1,18 milliard d’euros sur un total de 5,34 milliards. En outre, environ 3 points de croissance sont dus au nouvel an chinois : la Chine ayant largement contribué aux bons résultats de la division.

Analystes et investisseurs ont également beaucoup regardé et commenté quel était le sort réservé aux produits laitiers frais (PLF), division qui représente 55 % des ventes de Danone, et 48 % du résultat opérationnel courant du groupe (sur la base des résultats 2012).

Car depuis de longs trimestres, les ventes de PLF ont du mal à décoller, en Europe du sud en particulier. Quelques signes encourageants sont apparus au cours du trimestre écoulé, avec apparemment une amélioration de l’effet prix-mix aux États-Unis et en Russie. Mais la moitié des ventes de la division provient de l’Europe, qui connaîtra en 2013 une nouvelle année de récession.

Comme l’expliquent les analystes de Morgan Stanley dans une note datée du 16 avril, les produits laitiers frais restent le principal moteur de revalorisation de la société en Bourse. D’autres brokers se demandent même si la légère amélioration constatée au cours du premier trimestre n’a pas eu un coût excessif en termes d’effort marketing et commerciaux.

Même si la nutrition infantile reste dynamique et qu’elle affiche les niveaux de marge opérationnelle les plus élevés chez Danone, le marché attend avant tout des signes plus encourageants des produits laitiers frais. Compte tenu des efforts de réduction des coûts engagés, on comprend mieux pourquoi le groupe n’a que confirmé ses objectifs financiers pour 2013 – qui restera une année de transition pour Danone, comme cela été apparu lors de l’annonce des résultats annuels.

Le groupe dirigé par Frank Riboud se traite aujourd’hui sur des multiples de valorisation généreux au regard des défis à relever. La confiance du marché pourrait revenir dans les trimestres à venir si les performances des PLF ne se détériorent pas plus voire s’ils se devaient se redresser.

Les attentes du consensus pour 2013 (BPA) semblent se stabiliser. Mais après l’envolée des ratios boursiers de Danone, et le rebond du titre le 16 avril, les investisseurs risquent de prendre une posture d’attente pour voir si le retour d’une croissance organique plus soutenue sera confirmé au cours des prochains trimestres.

Quelques prévisions sur la rentabilité à attendre des actions (p2)

Vendredi 1 février 2013

Suite de notre compte rendu des analyses de PIMCO, cette fois portant sur les prévisions. Car l’un dans l’autre, ces éléments conduisent le gestionnaire d’actifs à prévoir un rendement nominal compris entre 4,1% et 5% par an.

Cette prévision prend en compte les éléments suivants :

  • une croissance nominale du PIB de 4%-5% par an (contre 6,4% en moyenne historique);
  • un rendement du dividende ajusté du taux de distribution de 3,7% par an;
  • une contraction de la part des profits dans le PIB de 0,25% à 0,50% par an;
  • un retour du P/E vers sa moyenne historique de 17x (contre 21x actuellement);
  • une remontée des taux d’intérêt graduelle.

Si l’on reprendre ce cadre d’analyse, le cas de l’Europe n’est pas tout à fait similaire : la croissance sur longue période est beaucoup plus faible; le rendement du dividende est comparable; le niveau de valorisation est très inférieur à la moyenne historique (11x contre 22x); la part des profits dans le PIB devrait se contracter (pour les mêmes raisons qu’aux Etats-Unis); les taux d’intérêt obligataires sont dans l’ensemble très dispersés, mais ils tendent récemment à converger (remontée du Bund et baisse des rendements de la périphérie de la zone euro). tout ceci plaide plutôt en faveur d’une performance raisonnable des actions européennes sur longue période.

Facteurs structurels

PIMCO rappelle que cet exercice de prévision sera modulé en fonction de certains facteurs plus structurels : démographie, évolution du régime des retraites (de nombreux fonds de pension étant structurellement déficitaires), gains de productivité liés au progrès technique (énergies nouvelles, santé), facteurs géopolitiques.

Cette analyse conclut que les actions restent une classe d’actifs fondamentale dans la gestion d’un patrimoine sur longue période. Tout investisseur doit se doter à la fois des outils techniques (analyse macro, analyse fondamentale, voire analyse technique) et psychologiques (patience, discipline) pour aborder la gestion de son portefeuille.

Cet été, les marchés actions ont décidé d’être contrariants

Mercredi 8 août 2012

bourse cours bforbankCeux qui faisaient le pari d’un été 2012 aussi volatil que l’an dernier en sont en partie pour leurs frais. Depuis le point bas de début juin, le CAC 40 a bondi de 18%. Alors que les fondamentaux suggèrent toujours une grande prudence. Lire le reste de cet article »

Ipsen à un plus bas historique : à regarder

Mardi 10 juillet 2012

C’est clairement un nouveau revers. Il se produit pour le laboratoire Ipsen (“groupe mondial biotechnologique de spécialité”, comme il se définit) avec l’annonce de la suspension d’un programme de recherches cliniques sur un possible relais de croissance. Mais son cours boursier vient d’atteindre un plus bas historique. Ce n’est peut-être pas le dernier… L’occasion d’essayer de comprendre les raisons de cette chute. Lire le reste de cet article »

Désaffection pour la bourse : quand l’histoire se répète

Vendredi 8 juin 2012

Signaux contraires, signal contrariant ? En une ce matin 8 juin sur son site web, le journal Les Echos titrait : « Bourse : l’exode des investisseurs individuels », avec le chapeau suivant : « 23% des actionnaires à peine pensent qu’il s’agit d’un bon moment pour investir. Du jamais vu… ». Un message repris dans l’ensemble des médias, avec le même ton de surprise. Lire le reste de cet article »

La nouvelle offre Bourse de BforBank (audio)

Mercredi 11 avril 2012

la bourse est au coeur de toutes les préoccupations depuis près d’un an, sur les fronts des marchés secoués et d’un retour tant attendu à la normale.

De crises en rebonds et sur fond d’une prudence exacerbée, comment l’investisseur peut-il quand même continuer de placer en bourse ? Et comment peut-il déjà simplement organiser ses placements existants et les optimiser ?

Le responsable bourse de BforBank, Bertrand Miserey (photo ci-contre), nous a consacré quelques minutes pour expliquer les points clés de la nouvelle offre Bourse lancée par BforBank, pour tenir compte de ce contexte particulier et proposer un mode d’action concret.

Ecouter l’interview en audio :

L.D

 

Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012

Mercredi 4 avril 2012

L’année 2011 a été ponctuée de crises et de soubresauts sur les places boursières. Aujourd’hui, qu’a-t-on appris ? Quelles sont les questions que doit se poser l’investisseur pour placer sans trop de risque son argent en bourse ? Quels sont les pièges à éviter ?

C’est parce que nous avons bien conscience des nombreuses questions que peuvent se poser les investisseurs que nous vous proposons :

jeudi 5 avril à 11 heures une conférence-live
sur le thème :
Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012

Sur ce plateau, nous recevons Jean-Marc Sylvestre le présentateur de Les Clés de l’Éco, un magazine sur l’économie qu’il réalise en partenariat avec Les Échos sur Itélé. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages dont le plus récent – Nouvelles petites leçons d’économies pour ceux qui doutent des promesses qu’on leur fait (Flammarion, 2011) – aborde les changements de conjoncture auxquels les Français sont confrontés.

Pour lui donner la réplique : Véronique Guisquet-Cordoliani – secrétaire générale adjointe dela Fédération Françaisedes Clubs d’Investissements (FFCI) – et Bertrand Miserey, chef de produit bourse chez BforBank.

En présence de Thomas Blard,  journaliste économique,  ces trois experts aborderont l’ambiance sur les marchés, les différentes stratégies de placement à adopter mais aussi toutes les questions ayant trait à la fiscalité des actions.

Vous pouvez d’ores et déjà poser vos questions dans les commentaires ou encore sur notre page Facebook.

Comment trouver le bon CAPE ?

Lundi 12 mars 2012

Personnellement, j’ai du mal à considérer qu’à 3 400 points, l’indice CAC 40 offre actuellement un point d’entrée intéressant.

On le sait, la hausse actuelle de l’indice est portée d’une part par l’injection massive de liquidités dans le système bancaire par la BCE depuis décembre dernier et d’autre part par la publication de statistiques macroéconomiques plutôt encourageantes aux États-Unis. Depuis le 1er janvier, l’indice parisien gagne un peu plus de 10 %, ce qui est pour le moins remarquable en moins de 3 mois, et même si l’indice n’a pas récupéré les pertes de l’an dernier (-17 % pour mémoire).

À la découverte du CAPE

Comment savoir si au cours actuel, les actions présentent un niveau de valorisation intéressant pour s’exposer davantage aux actifs à risque. Il existe au moins un indicateur qui permet de répondre à cette question : il s’agit du CAPE, pour “Cyclically Adjusted PE” ou “PE ajusté du cycle”.

Cette mesure s’inspire des travaux de Benjamin Graham et de David Dodd. Elle vise à estimer la cherté relative des actions non en fonction des bénéfices instantanés ou prospectifs mais par rapport à la moyenne des profits des entreprises au cours des 10 dernières années. Cette approche, reprise et actualisée régulièrement par l’économiste américain Robert Shiller, donne une idée de la valorisation des actions en lissant l’impact du cycle sur l’évolution des bénéfices.

Les enseignements de l’histoire

“La valorisation par le CAPE a le bénéfice d’être contra cyclique. Au pic du cycle économique, la mesure ramène le bénéfice par action vers sa moyenne de long terme, et indique que les actions sont chères. Au creux du cycle, elle relève le bénéfice par action vers sa moyenne de long terme et indique que les actions sont attrayantes. À l’inverse, un PE plus ‘actuel’tend à être pro-cyclique. Il donne l’impression que le marché est peu cher au sommet du cycle et qu’il est cher au plus bas ”, observent les stratégistes de Citi.

Ainsi, au pic de l’indice MSCI World, en octobre 2007, les actions se traitaient sur la base d’un CAPE de 29x contre un P/E instantané de 17x. À ce moment-là, le CAPE se traitait avec une prime de 16 % sur sa moyenne historique de longue période, alors que le P/E instantané se révélait 16 % moins cher.

Prédire le rendement des actions

Citi a testé le CAPE sur de longues périodes pour estimer le pouvoir prédictif de l’indicateur sur la performance future des actions. Leurs travaux montrent que le CAPE est surtout utile à un horizon très supérieur à 12 mois.

“Depuis 1980, un investisseur a toujours gagné de l’argent sur 12 mois en achetant lorsque le CAPE était inférieur à 14x et a toujours perdu en achetant à plus de 43x les résultats du CAPE. […] Les investisseurs qui veulent gagner de l’argent sur 12 mois ne devraient pas se fonder sur le CAPE uniquement à notre avis. ”

Les deux graphiques suivent illustrent cette relation…

 

Source: Citi, "Global Equity Strategist", 29 février 2012

Un message de prudence à court terme… de confiance au-delà

A court terme, qu’est-ce qui peut pousser l’indice plus haut ? La Grèce diront certains (après le « succès » du PSI, qui ne fait qu’entériner des pertes massives pour les acheteurs de dette souveraine grecque). La poursuite de la croissance des emplois américains diront d’autres, estimant que cette statistique et une Bourse américaine en hausse continueront d’alimenter un regain de confiance du consommateur américain.

Rentrer dans le jeu des devinettes pour savoir où sera le marché dans 3 mois est à la fois une perte de temps et peut coûter cher à l’investisseur. Ce que dit le CAPE est qu’il vaut peut-être mieux attendre une phase de correction pour s’intéresser de nouveau aux actions. Mais cela ne doit pas se priver de continuer à chercher des idées d’investissement en réalisant régulièrement des screenings des marchés et en analysant les entreprises de qualité. Les meilleures opportunités viennent toujours aux investisseurs les plus patients.

Jocelyn Jovène, weeko.fr

Quand la BCE contrarie les pronostics des experts boursiers

Mardi 24 janvier 2012

BCE_bourse_eisenrahDécidément, la Banque centrale européenne n’en fait qu’à sa tête et contrarie les pronostics de bien des experts. L’an dernier, l’institution monétaire décevait les espoirs des investisseurs en refusant de racheter massivement la dette des États de la zone euro. Elle déprimait ainsi des marchés déjà assommés par des perspectives de croissance bien moroses.

Une telle situation d’incertitude avait d’ailleurs poussé les courtiers de plusieurs banques d’affaires (comme Goldman Sachs) à anticiper une poursuite du plongeon des Bourses européennes en ce début d’année (prévisions alors confortées par des investisseurs encore très prudents jusqu’à la mi-décembre).

Or rien de tel ne s’est produit. Depuis le début de l’année, les Bourses sont à la fête : les grands indices boursiers (S & P 500, Stoxx 600, MSCI Asia Pacific) ont gagné entre 7 % et 10 % depuis le 16 décembre, l’eurodollar a cédé 0,6 %, les matières premières ont progressé de 5 % – tout comme l’or ce qui est un peu plus surprenant. Les rendements obligataires remontent légèrement.

Les investisseurs sont repassés en mode “risk on” : ils accroissent l’exposition de leurs portefeuilles aux actifs risqués – actions, matières premières – et sont moins en quête des valeurs refuge – dollar, yen, franc suisse en dehors de l’or. Difficile toutefois de parler de mouvements massifs. Comme l’avenir est imprévisible, l’augmentation du risque se fait par l’intermédiaire de produits structurés (ETF, options ou futures) — des instruments financiers très liquides qui permettent de sortir des marchés en quatrième vitesse au moindre coup dur  - défaut désordonné d’un Etat, faillite d’une banque, rechute brutale de l’activité économique.

Qu’est-ce qui provoque ce vent d’optimisme ?

Pas les perspectives de croissance : elles sont molles aux Etats-Unis (2-2,5 % de progression du PIB en 2012), déprimées en Europe (récession modérée) et moins dynamiques dans les émergents (par émergents, il faut en fait comprendre la Chine où la transformation du modèle de croissance centré sur la consommation intérieure se traduit par un PIB en progression de 8 % contre 10 % auparavant).

L’explication centrale serait… la BCE  (eh oui !), notamment l’annonce début décembre 2011 d’opérations de financement du système bancaire à 3 ans (une éternité pour un investisseur moyen). Le mouvement de hausse des marchés actions a démarré peu de temps après l’annonce dela BCE, profitant surtout aux valeurs financières (banque, assurance), ainsi qu’à certains secteurs cycliques (automobile, technologie, biens d’équipement).

Quel est l’objectif de la BCE ?

L’intervention de la BCE a un objectif. Elle veut assurer la liquidité du système bancaire. Depuis la crise de l’été dernier, les banques refusent de se prêter entre elles compte tenu de l’incertitude qui pèse sur l’économie et sur leur exposition au risque souverain. En mettant en place un guichet ouvert, la BCE empêche une crise systémique comme ce qui avait pu se produire au lendemain de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. Au passage elle permet (volontairement ?) aux banques de réaliser un carry-trade massif (se financer à un taux très faible auprès dela BCE et d’investir cet argent sur des titres obligataires) et reconstituer ainsi leurs marges (les comptes de fin 2011 et du début 2012 seront peut-être instructifs sur ce plan).

Cette action a un autre effet inattendu et c’est peut-être là l’intention masquée de la BCE : inciter les banques à acheter des titres de dette souveraine, faire rebaisser les taux (“déstresser” les marchés en quelque sorte), voire redonner confiance dans le système bancaire et créer les conditions d’une reprise économique à moyen terme.

Car c’est bien le problème. Les marges de manœuvre des États sont limitées. Si l’on considère que l’on est dans une récession par le bilan (le désendettement des agents économiques pèse sur la demande intérieure rendant inefficace toute baisse des taux), c’est bien d’un retour de la confiance dont on a besoin aujourd’hui. Tant que les agents économiques n’auront pas le sentiment que la crise est sur le point d’être résolue, ils épargneront au lieu de consommer ou d’investir, et le cercle vicieux de la récession fera son œuvre.

La BCE a peut-être fait sa part du travail pour sortir de l’ornière. Aux États européens de montrer qu’ils ont pris la mesure de la crise actuelle et qu’ils sont capables de coordonner leurs politiques fiscales et relancer la croissance économique (et pas uniquement de réaliser des économies budgétaires). Alors le mouvement de hausse des Bourses ne sera peut-être pas un phénomène éphémère, comme il donne l’impression de l’être actuellement.

Jocelyn Jovène

(weeko.fr)

Ne pas écouter Monsieur Le Marché

Vendredi 16 décembre 2011

ecouter_marche_bourse_Manu_HLa Bourse a peur. Encore. Les marchés doutentcherchent une visibilité qu’ils ne trouvent pas. Et pourtant, pour certains investisseurs, cela n’a aucune importance. Lire le reste de cet article »