Les mérites de la gestion value ont eu tendance à s’étioler ces dernières années. Un travail académique montre qu’en combinant la recherche de titres décotés à des signaux de qualité des entreprises, un portefeuille boursier affiche des rendements particulièrement intéressants sur longue période.
Une redécouverte des travaux de Graham en quelque sorte.
Définition de la gestion value
Les gérants value cherchent des entreprises dont la valeur boursière est fortement décotée par rapport à leur valeur intrinsèque. La manière la plus simple de chercher de tels titres est de regarder les titres ayant un ratio cours sur actif net (« price to book value » ou PBV) inférieur à 1 ou inférieur à la moyenne du marché (actuellement, cette moyenne est de 1,63x selon Factset).
De nombreux travaux académiques (ceux de Fama et French notamment) ont montré que cette approche peut offrir des rendements intéressants sur longue période – ces travaux comparent la performance de portefeuilles composés de titres ayant le ratio cours sur actif net le plus faible par rapport à ceux ayant le PBV le plus élevé.
Une approche nouvelle
À la suite de Benjamin Graham, certains praticiens ont néanmoins enrichi cette approche en prenant en compte des facteurs plus qualitatifs :
- la solidité du bilan,
- l’historique de résultat et de dividendes.
Dans un travail académique (« The Quality Dimension of Value Investing », décembre 2012), Robert Novy-Marx de l’Université de Rochester (New York) a montré que combiner des critères value et de qualité améliore sensiblement la performance d’un portefeuille boursier.
L’approche est paradoxale, car les titres value sont souvent ceux d’entreprises dont les fondamentaux se sont détériorés. Il est néanmoins possible de combiner les deux approches, dans l’univers des 500 premières capitalisations boursières de la Bourse américaine. Avec les résultats tels qu’illustré comme suit :
D’autres approches existent, comme celle développée par Joel Greenblatt : elle combine un critère de valorisation – le rendement bénéficiaire – et un critère de qualité – la rentabilité du capital investi. Et elles génèrent des rendements tout aussi attrayants.
L’intérêt de combiner 2 approches
Les conclusions de Novy-Marx sont les suivantes : il est important pour tout investisseur de combiner à la fois qualité et faible valorisation.
« Les signaux de qualité aident les gérants value à faire la différence entre les bonnes affaires et les ‘value traps’, ces titres qui sont bon marché pour une bonne raison. Les signaux de prix [de valorisation] aident les gérants à la recherche de titres de qualité à éviter les titres de qualité qui sont déjà très correctement valorisés par le marché. La combinaison des deux signaux permet à la fois d’améliorer le rendement d’un portefeuille et de réduire la volatilité et les pertes maximales [drawdowns] », explique l’universitaire.
Dès les années 1930, Benjamin Graham écrivait noir sur blanc des enseignements similaires. Et depuis, bien peu de gérants ont su à la fois combiner les deux approches et afficher des performances décentes sur une longue période.



Ils ont notamment isolé deux facteurs principaux : sans surprise, il y a tout d’abord le talent de Warren Buffett en matière de stock picking ; mais il y a aussi l’utilisation de l’effet de levier (le recours à l’endettement)…
Nombreux sont ceux qui recherchent LA meilleure stratégie d’investissement sur une longue période. La recherche de valeurs décotées -connue sous le nom de “

Pour les spécialistes de Barclays, il est de surcroît possible d’amplifier cette surperformance. Comment procéder ? En intégrant des éléments de “
Cette “irrationalité” a été longtemps mise à jour et à profit, par de grands noms de la gestion d’actifs (en commençant par le financier international 












