Ceux qui faisaient le pari d’un été 2012 aussi volatil que l’an dernier en sont en partie pour leurs frais. Depuis le point bas de début juin, le CAC 40 a bondi de 18%. Alors que les fondamentaux suggèrent toujours une grande prudence.
Espoirs, rendement et rachats de shorts
La hausse pourrait s’expliquer de différentes manières selon plusieurs observateurs. Pour Adam Parker, stratégiste chez Morgan Stanley :
« La raison du rally est que les investisseurs rêvent d’une action plus efficace de la politique macro aux Etats-Unis et en Europe cette fois-ci que cela n’a été le cas l’an dernier. »
Chez JPMorgan, on continue de croire que les investisseurs, confrontés à des rendements nuls voire négatifs sur les actifs sans risque, cherchent du rendement en privilégiant les obligations émergentes en dollars (entreprises et gouvernements) et les actions défensives (en particulier les très grosses capi).
Le rebond pourrait aussi s’expliquer par des rachats de shorts de nombreux hedge funds, très pessimistes au début de l’été. Leurs positions étant particulièrement négatives sur l’Europe, leur changement de position expliquerait le fait que l’Eurostoxx 50 a surperformé le S&P 500 en juin et en juillet.
La “micro” n’aide pas
Pourtant, les publications de résultats ont été mitigées. Sans surprise, elles ont été marquées par la crise de la dette en zone euro et par les incertitudes sur la croissance économique aux Etats-Unis (1,5% en rythme annuel) et en Chine (+7,6%). Aux Etats-Unis, 36% des sociétés ont battu les attentes (contre une moyenne historique de 41%) et 12% ont déçu. En Europe 51% des entreprises ont battu le consensus.
Mais comme le montre le graphique suivant, la tendance d’évolution des résultats est négative : -1,6% aux Etats-Unis. En Europe, le consensus prévoit pour cette année une contraction de 3,5% des résultats par action au sein de l’EuroStoxx 50.
Ceci expliquerait aussi pourquoi l’on a assisté à des mouvements parfois violents sur les marchés ces dernières semaines. On a pu observer au moins trois phases de forte volatilité (25 juin-3 juillet, 20-26 juillet, 2-3 août). En cause, à chaque fois ou presque : la macro et les réactions des politiques. L’Espagne a été et reste le principal moteur des inquiétudes des investisseurs (compte tenu de son poids dans la zone euro).
Les commentaires parfois surprenants de certains responsables européens n’ont, une fois encore, rien arrangé. Mario Draghi en a été un bien bel exemple, capable de dire que la BCE fera tout pour sauver l’euro, mais incapable de joindre la parole aux actes.
Rester prudent
Certains observateurs pensent que malgré cela, la prime de risque sur les marchés actions devrait baisser, alors qu’elle n’a cessé de progresser pour atteindre actuellement un record vers 8-9% (calculs Goldman Sachs pour l’Europe). Ce serait sans doute une bonne nouvelle.
Mais elle dépendra surtout de la capacité des dirigeants politiques à montrer que leur feuille de route est la bonne. Jusqu’ici leur discours a surtout été couvert par le brouhaha des débats sur l’éclatement ou pas de la zone euro, la sortie de la Grèce de la zone euro à une échéance plus ou moins courte…
En attendant d’y voir plus clair, on peut surtout s’attendre à une poursuite de la volatilité. Mais après un rebond de 18%, le marché actions parisien s’expose à nouveau à un risque de déception (politique ou macro surtout) qui pourrait pénaliser les investisseurs qui auront remis du risque dans leurs portefeuilles.
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Mots-clefs : actions, allocation d'actifs, bourse, gestion de portefeuille, Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley, prime de risque, stratégie d'investissement, UBS




Il convient d’être prudent et sélectif car la trésorerie des PME n’est pas bonne et les défaillances d’entreprises restent nombreuses.