Archive pour octobre 2011

Investir dans un marché sans tendance

Jeudi 27 octobre 2011

Vous connaissez sans doute la différence entre un marché haussier (« bullish ») et baissier (« bearish »). Dans un cas comme dans l’autre, la position à prendre pour un investisseur est relativement claire (long ou short). Mais que faire lorsque l’on est en présence d’un marché sans tendance (« range-bound market ») ? Les marchés « range-bound » sont caractérisés par une phase de contraction des ratios de valorisation, et se distinguent des marchés baissiers où l’on observe à la fois une baisse des profits et des ratios de valorisation. Aux Etats-Unis, entre 1900 et 2000, les marchés ont connu une telle configuration la moitié du temps (1906-1924, 1937-1950, 1966-1982), selon Vilatliy Katsenelson, gérant de portefeuilles et auteur de l’excellent ouvrage Active Value Investing (Wiley, 2007).

Savoir si l’on est dans un marché durablement baissier, ou s’il s’agit d’un marché sans tendance alimentera sans doute un débat sans fin entre analystes techniques. Certains faits plaident à mon humble avis pour la deuxième option, car les marchés baissiers surviennent après des phases de surévaluation et lorsque l’économie entre dans une phase de contraction significative – c’était bien le cas en 2008-2009, ça l’est moins aujourd’hui, me semble-t-il.

L’histoire est une source d’enseignement utile, comme le rappelle Katsenelson :

« il faut un certain temps pour que l’excitation des investisseurs atteigne son maximum, et il faut en conséquence un temps tout aussi long pour que ce cycle s’inverse et que les valorisations soient emmenées d’une extrêmité à l’autre. C’est la raison pour laquelle au cours du 20è siècle, chaque longue phase haussière du marché (qui a duré plus ou moins 17 ans en moyenne) a été suivie par une phase tout aussi longue marquée par un marché sans tendance. Pour qu’une nouvelle phase haussière démarre, il faut une forte remontée des P/E, ce qui oblige les investisseurs à repenser la situation où les P/E sont sous leur moyenne historique. » (ma traduction)

A peu de choses près, c’est la situation que nous connaissons actuellement. Au niveau mondial, le ratio cours sur bénéfice (P/E) des actions est actuellement de 9,9x (soit proche du plus bas atteint en mars 2009) contre une moyenne historique de 16,1x, pour une croissance mondiale des bénéfices attendues à 12,7% cette année et 13,9% l’an prochain. Certes, les investisseurs réajustent plutôt à la baisse leurs anticipations. Les entreprises multiplient les messages de prudence, mais leur situation financière est globalement bonne.

L’incertitude vient avant tout de la macro-économie et c’est bien cette dernière qui pilote l’humeur du marché (avec l’aide de nombreux intervenants dont l’horizon d’investissement va de la milliseconde à quelques heures). Par rapport au pic de 2000, il faudrait donc attendre encore quelques années avant d’envisager une remontée durable des marchés. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’ici là moyen de trouver quelques opportunités d’investissement.

Profiter des phases de volatilité

Benjamin Graham, « père fondateur » de l’analyse fondamentale et de la gestion value, expliquait que le meilleur moyen de protéger son capital consistait à profiter des phases de volatilité des Bourses, car c’est dans ces moments que Mr le Marché est prêt à vendre n’importe quel titre à n’importe quel prix – ce qui s’est produit cet été par exemple. Tout la difficulté pour l’investisseur est, dans de telles circonstances, de se concentrer sur la recherche de sociétés de qualité soudainement bradées, et surtout, de ne pas écouter le marché. Il lui faut disposer de la bonne boîte à outils et surtout disposer du bon état d’esprit.

Danone : clarification demandée

Lundi 24 octobre 2011

danone_cours_bourseLes sources de Danone produisent une eau limpide. On ne peut pas en dire autant de la stratégie du groupe agroalimentaire.

Depuis plusieurs mois, le marché spécule sur les intentions stratégiques du groupe dirigé par Frank Riboud : va-t-il vendre ses eaux minérales (Évian, Badoit ou Volvic) ? Va-t-il partir à la conquête de la nutrition infantile que son propriétaire le groupe pharmaceutique américain Pfizer serait prêt à vendre pour environ 10,5 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) ?

Lors de la conférence téléphonique destinée à expliquer la semaine dernière la décélération des ventes du troisième trimestre, Pierre-André Térisse, directeur financier de Danone, a réaffirmé la place stratégique des eaux minérales dans le périmètre d’activité de Danone et n’a pas faire de commentaire sur un projet de cession de cette activité au japonais Suntory.

Il faut dire que les soucis de Danone sont ailleurs : au cours du troisième trimestre, le groupe a subi un tassement de l’activité dans les produits laitiers frais aux Etats-Unis et une contraction en Russie. Danone doit à tout prix réussir l’intégration du russe Unimilk, acquis en juin 2010 pour 1,3 milliard d’euros. Enfin, le Français souffre d’une décote de valorisation par rapport au reste du secteur de la consommation en Europe, malgré une belle résistance boursière (graphique).

Danone graphique bourse

Alors que le chantier Unimilk est encore loin d’être clos, on peut comprendre la prudence des investisseurs si d’aventure, Danone se lançait dans une nouvelle opération de croissance externe, d’une taille non négligeable cette fois-ci, puisqu’elle représenterait le quart de la capitalisation boursière du groupe et obligerait vraisemblablement Danone à réaliser une augmentation de capital significative.

Certes, la dernière opération de ce type, de 3 miliards d’euros en mai 2009, est intervenue à l’aube d’un long rallye boursier. Les dirigeants de Danone peuvent donc se targuer d’avoir agi dans l’intérêt de leurs actionnaires et de leur avoir fait réaliser une belle opération.

Aujourd’hui, les conditions du marché sont tout autres et il n’est pas certain que Danone soit en mesure de payer un prix raisonnable pour une activité dont on ne sait encore quel retour sur investissement espérer. Ajouter à cela les grandes incertitudes sur l’évolution de l’économie (tassement de la croissance en Europe et aux  États-Unis, lutte contre l’inflation et ralentissement dans les pays émergents) rend plus que nécessaire une clarification de la stratégie de Danone.

Copyrights : Etiart, etiquetas tejidas sur Flickr

A la recherche du rendement perdu

Mercredi 19 octobre 2011

L’environnement actuel, marqué par une incertitude sur l’évolution de l’économie (crise de la dette, croissance molle ou récession, inflation forte ou déflation…), s’est traduit par une hausse importante de la volatilité sur les marchés financiers. A un point tel qu’aujourd’hui, de nombreux investisseurs de long terme préfèrent trouver des solutions pour éviter toute perte en capital plutôt que tenter de capter un rendement qu’ils jugent incertain.

L’histoire récente des marchés financiers leur donne raison. En 20 ans, le rendement d’un portefeuille équilibré a chuté de 6% en moyenne à 3%.

Actions et obligations offrent aujourd’hui un rendement dérisoire par rapport à ce que l’on a pu observer dans le passé et rendent d’autant plus compliquée la tâche de trouver les bons supports d’investissement pour réaliser une performance ajustée du risque raisonnable.

Pourtant, c’est sur ces rendements historiques élevés que de nombreux fonds de pension se sont appuyés pour prévoir les retraites qu’ils seront en mesure de verser dans les prochaines années. Des rendements des actions et obligations inférieurs aux prévisions risquent d’être sources d’incompréhension et de fâcheuses déconvenues.

Comment éviter un tel écueil ? Les analystes quantitatifs de la Société Générale ont récemment publié une étude assez fouillée sur le sujet. Leur recommandation, qui se focalise surtout sur la poche actions, est de privilégier les titres de qualité assurant un rendement pérenne du dividende. Historiquement, les dividendes ont représenté la principale contribution au rendement total des actions (ce qui est observé quel que soit le pays retenu).

Leurs techniques de sélection de titres (« screening ») combinent à la fois des données quantitatives et des informations plus qualitatives (score de Piotroski par exemple). Une approche par le dividende offrirait en outre de meilleurs résultats qu’une sélection de titres fondée sur des critères de valorisation comme le ratio cours sur bénéfice (P/E) ou cours sur actif net (P/B).

Il est possible d’aller plus loin encore. Redécouvrir une gestion prudente d’un portefeuille de titres tel que le préconisait Graham (et que Buffett et d’autres gérants de portefeuille mettent en œuvre au quotidien) peut être une solution pour trouver du rendement avec un risque maîtrisé. Cela requiert à la fois patience et une bonne capacité d’analyse fondamentale, pour trouver des titres de qualité offrant une marge de sûreté suffisante.

La patience devrait être la vertu première que l’on demande au gestionnaire d’un fonds de pension ou au trésorier d’une entreprise, car elle permet de profiter du comportement erratique des marchés financiers et de trouver une multitude de bonnes affaires lorsque ces derniers sont en mode « panique ». C’était le cas cet été. Cela est toujours le cas en ce moment.

Les analystes de la SG avancent un autre argument : être capable de distribuer des dividendes conséquents est un moyen d’attirer les investisseurs. C’est également la sanction positive d’une stratégie adéquate (une stratégie réussie se traduit généralement par une amélioration de la situation financière d’une entreprise, donc par une plus grande capacité bénéficiaire, un bilan plus sain et une plus grande facilité à rendre du cash aux actionnaires). Comme l’écrivait Graham il y a près de 80 ans, si en prime de telles sociétés peuvent être achetés à un cours de Bourse bon marché, elles représentent un risque maîtrisé, qui est également source de surperformance.

Une turbulence de plus pour Air France-KLM

Lundi 17 octobre 2011

turbulence_groupe_air_france_klmLes conditions rocambolesques du retour de Jean-Cyril Spinetta à la tête d’Air France-KLM ne sont pas de nature à faire revenir les investisseurs. Seules l’amélioration de la communication financière et une valorisation au plancher pourraient les inciter à regarder de nouveau le dossier. 

Alors que le départ de Pierre-Henri Gourgeon n’est pas encore officialisé (il doit intervenir en fin de journée), son remplacement par le duo Spinetta-Alexandre de Juniac constitue une surprise pour certains observateurs. Cette nouvelle, si elle se confirme, soulève quelques questions en matière de gouvernance.

Le changement de pilote dans une conjoncture difficile et au moment où Air France-KLM doit regagner la confiance du marché rend la tâche compliquée. En outre, comme l’indique cet article du Figaro, les investisseurs pourraient peu goûter le fait que le board soit pieds et poings liés aux volontés de Jean-Cyril Spinetta, tout comme le fait que le patron du conseil d’administration ne s’entendrait pas très bien avec le futur nouveau patron d’Air France, appelé à prendre la direction du groupe dans quelques années.

Face à de telles problématiques, la composition du conseil d’administration de la compagnie aérienne est également étonnante. Elle comprend un dirigeant de la SNCF (concurrent frontal d’Air France sur le territoire national), la directrice générale de TV5 Monde, la dirigeante d’une société foncière (Affine) ou l’ancien secrétaire général de l’OTAN… Quelles compétences ces personnalités apportent-elles pour défendre les intérêts des actionnaires minoritaires, au moment où le titre atteint des plus bas historiques ?

Une valorisation au plancher, c’est peut-être ce qui pourrait sauver Air France-KLM. Parler de sous-évaluation est un euphémisme. A un peu moins de 6 euros l’action, Air France-KLM capitalise 1,7 milliard d’euros en Bourse. C’est moins que la trésorerie du groupe (3,2 milliards au 30 juin 2011), moins que le BFR hors dettes liées aux titres émis et bien sûr cela représente un montant dérisoire par rapport à la valeur de la flotte de la compagnie (après prise en compte des dettes financières et du cash).

Les investisseurs devraient cependant attendre avant de se précipiter sur le titre. Si l’on peut créditer Jean-Cyril Spinetta de quelques succès à la tête de la compagnie aérienne, il faudra que le groupe réalise un sans faute en matière de communication financière pour ramener à lui des investisseurs hésitants de manière générale à l’égard des actions, qui plus est à l’égard de titres à fort béta comme Air France-KLM. Le respect des objectifs financiers pour 2011-2012 (résultat opérationnel positif) serait un début. A plus long terme, Alexandre de Juniac devra lui aussi réaliser un sans faute en matière d’intégration et de bonne entente avec Spinetta, qui apparemment a la haute main sur la destinée de la compagnie aérienne, ce malgré une présence significative de l’Etat au capital.

Copyrights : Patcard sur Flickr

Carrefour: un redressement plus long qu’anticipé

Jeudi 13 octobre 2011

Pour une fois, les investisseurs n’auront été que partiellement surpris par le nouvel avertissement de Carrefour sur ses résultats 2011.Le groupe de distribution est pénalisé par une conjoncture défavorable et des consommateurs qui désertent ses magasins, principalement en Europe de l’Ouest (baisse de 5,6% du trafic dans les hypermarchés français par exemple). La croissance plus soutenue des marchés émergents est même insuffisante pour contrebalancer la perte de vitesse de Carrefour dans ses marchés “développés”.

Face à cette dynamique peu favorable des ventes, et avec une valse des dirigeants depuis deux ans, difficile d’imaginer que le redressement sera rapide. C’est plutôt le contraire qui se produit, avec l’anticipation d’une baisse de 15% à 20% du résultat d’exploitation du groupe cette année. Mais l’exposition de Carrefour aux pays du G4 qui sont en fait tous menacés par des plans de rigueur budgétaire, un recul de la consommation et une hausse du chômage constitue un problème pour le moins épineux à résoudre.

“Heureusement”, les investisseurs ont pour une fois ajusté le tir en avance. Le consensus IBES montre qu’ils attendent une baisse de 22% environ du profit d’exploitation du groupe en 2011, à 2,3 milliards d’euros contre près de 3 milliards un an plus tôt. En juin de cette année, les investisseurs tablaient encore sur une quasi stabilité du profit de Carrefour (2,95 milliards d’euros).

La baisse de près de 6% du titre ce jeudi montre qu’il y a encore quelques retardataires. La question est de savoir si à conjoncture inchangée (croissance molle dans les pays développés; poursuite du développement dans les émergents), Carrefour a enfin les moyens d’un redressement de ses résultats. La stratégie de Lars Olofsson va-t-elle enfin payer ? Pour le PDG comme pour les actionnaires et salariés de Carrefour, il serait temps que le positif soit de retour.

Et c’est peut-être ce qu’anticipe le marché. Le titre a atteint un plus bas historique pendant l’été. Certains administrateurs, comme René Brillet ou Mathilde Lemoine ont investi parfois des sommes importantes durant la première quinzaine de septembre (estimant qu’on était peut-être à un plus bas ?). Autre élément intriguant, l’action Carrefour a bondi de 10% au cours de la dernière semaine de septembre, ce qui n’était pas arrivé depuis mars 2009. Et l’on sait que c’est lorsqu’une entreprise est “au fond du trou” et que son cours “intègre” les pires mauvaises nouvelles qu’il faut commencer à s’y intéresser.

Défis gigantesques

Les défis que doit affronter Carrefour restent gigantesques:

  • il faut avant tout redresser une image-prix désastreuse (cf graphique suivant issu d’une étude Bank of America-Merrill Lynch) par rapport à ses grands concurrents nationaux – Leclerc, Auchan ou Intermarché.
  • Carrefour doit également faire un effort en matière d’innovation dans les services proposé (en dehors de la réorganisation des rayons des Carrefour Planet) et investir dans la polyvalence de ses salariés, qui sont au coeur du redressement du groupe (mais la direction en est-elle consciente et fait-elle les efforts nécessaires en ce sens ?).
  • Enfin, le groupe semble incapable de capitaliser sur sa puissance d’achat pour proposer mieux que les distributeurs spécialisés dans le non-alimentaire (là encore par manque de créativité et de volonté de se démarquer de la concurrence).

Relever de tels défis prendra un certain temps. C’est peut-être la raison pour laquelle, alors que le consensus des analystes table cette année sur une chute de 25% du bénéfice par action ajusté à 1,52 euro, le cours de Bourse de Carrefour enregistre une baisse de 45% depuis le 1er janvier et affiche un retard de plus en plus conséquent sur son concurrent coté, Casino. Sur la base du dernier cours de clôture, l’action Carrefour vaut 10 fois le bénéfice par action attendu pour 2012 (donnée IBES), et environ 9 fois son résultat d’exploitation, contre des multiples historiques moyens de 20x et 12x respectivement. Les analystes font donc encore preuve de scepticisme quant au redressement du groupe, mais les investisseurs ont peut-être déjà intégré le pire, à voir l’évolution récente du titre en Bourse.

Lire aussi sur ce blog : Carrefour, la pression est de retour

Les perspectives 2012 d’après IDMidCaps

Mercredi 5 octobre 2011

marches-bourse-perspectives-2012

Alors que la majorité des valeurs moyennes ont publié leurs résultats pour le 1er semestre, le sentiment que nous avons chez IDMidCaps est celui d’un « déjà-vu ». Il y a à peine 3 ans en pleine débâcle boursière, les managements des sociétés nous tenaient à peu près le même discours : nous ne percevons pas pour le moment de ralentissement dans l’économie, nos carnets de commandes sont bons et la crise reste pour le moment financière. Mais face à l’incertitude grandissante, les dirigeants veulent anticiper ou en tout cas ne pas se laisser surprendre comme ils l’ont été en 2008.

Les marchés semblent anticiper une récession comparable à 2009

Conséquence, les programmes d’investissement commencent à être remis en cause (notamment en matière d’acquisitions) alors que ceux de réductions de coûts recommencent à fleurir rendant la perspective d’une récession en Europe quasi inéluctable de notre point de vue en 2012. Car la croissance anémique que nos vieilles économies ont connue ces deux dernières années était surtout liée à la reprise des investissements des entreprises, la consommation des ménages restant en berne. Autant dire que si le seul moteur encore allumé de la fusée devait se couper on voit mal comment elle pourrait ne pas piquer du nez…

Cette perspective commence d’ailleurs à se traduire dans les prévisions du consensus des analystes pour 2012. Selon les données Datastream, filiale de Thomson Reuters, les estimations de croissance des BPA en France ont été ramenées en moyenne de 11,1 % en début d’année à 7,5 % aujourd’hui pour les valeurs du CAC 40 en 2011 et de 12 % à 9,9 % pour 2012. Tel est actuellement le tableau hors crise systémique évidemment car dans ce cas, les multiples de valorisation aussi faibles sont-ils en apparence ne prémunissent évidemment pas contre ce risque. Pour mémoire, au pire de la crise de 2009, certaines sociétés que nous suivons (rentables !) étaient valorisées sous leurs niveaux de trésorerie nette Parrot, Lacie ou encore Modelabs pour ne citer qu’elles…

Donc hors risque systémique, la question que nous nous sommes posé chez IDMidCaps est de savoir ce que les marchés anticipent après cet été meurtrier. C’est assez simple : une récession comparable à celle de 2009 qui s’était traduite par une baisse de l’activité sur le Cac Mid & Small (hors financière) avec une marge opérationnelle en baisse de 2 points et une chute des cash-flows de 20 %.

Autrement dit, si le pire n’est pas certain (mais compte tenu de l’histoire récente adopter un biais optimiste ne semble pas trop de mise…) et que la récession anticipée par les marchés est moins forte que celle actuellement dans les cours, il existe un potentiel d’appréciation réel à terme sur les marchés actions. Mais il faudra probablement attendre la fin de cette nouvelle année terrible pour les marchés pour s’en convaincre.

Sébastien Faijean - Directeur Associé IDMidCaps


USA : Le marché… ne sait pas où il va, mais inspire

Mercredi 5 octobre 2011

Combien d’experts et spécialistes ne croisez vous, ou ne lisez vous pas en ce moment concernant la crise… La vérité : personne n’est vraiment capable de prédire quoique ce soit, d’arriver à lire l’avenir à l’aune des faits récents.

Exemple de commentaire sur du vide, trop pris à chaud pour être sensé ? Celui de l’Américain Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital, cité dans une dépêche AFP ce jour. Selon lui, le marché a signé “un rebond rageur” : sorte de personnification du marché boursier. Avant, on avait eu la “main invisible” du marché; désormais on a sa rage écumante… Une sacrée visualisation proposée là, et une sacrée évolution sémantique.

Quant à l’explication de fond, elle ne manque pas de sel : “Je pense que la baisse s’était épuisée“, manière de dire qu’on est arrivé au bout… parce que c’est le bout. On le voit bien, on l’imagine facilement, le marché : sorte de coureur de fond exsangue, allé au-delà de ses limites, s’époumonant à force d’exagération…

D’ailleurs Cardillo ajoute t-il à la suite que “c’est un bon signe. Cela pourrait vouloir dire que le marché a touché le fond, de manière temporaire“. Donc, en résumé : le marché remonte car il en a marre de baisser; c’est chouette, mais c’est un rebond mécanique. Côté recherche de l’enthousiasme, on a déjà fait mieux…