Antoine Frérot, patron de Veolia Environnement (depuis plus d’un an) va peut-être devoir prendre des cours de communication. Comment peut-on dire que l’on a fini l’audit de son groupe, que l’on a arrêté des choix stratégiques, et se contenter de donner le minimum d’informations sur le nouveau périmètre (10% de chiffre d’affaires en moins que le périmètre actuel ?) ou sur la politique de dividende à venir ? Comment rassurer les investisseurs – en pleine bourrasque boursière – sans leur donner les moyens de mesurer quelle sera la capacité bénéficiaire du groupe dans son nouveau périmètre d’activité ?
“plus petit mais plus rentable”
Veolia sera « plus petit mais plus rentable », a affirmé aujourd’hui son PDG. Le marché a surtout compris que la maison Veolia était dans un beau désordre et que le passif laissé par Henri Proglio devait encore être purgé (même si la crise a aussi sa part de responsabilité). Il faudra tout de même attendre 2013 pour y voir plus clair ! Mais avec un cours de Bourse qui affiche la plus forte baisse du CAC depuis le 1er janvier (avec -47%, Veolia vient juste de détrôner Carrefour à ce titre peu honorifique), le marché intègre déjà un scénario pessimiste pour le groupe de services collectifs.
Rare bonne nouvelle, l’eau retrouve une croissance organique positive (+2,5%), mais ses marges sont en baisse. Le nettoyage du portefeuille oblige le groupe à passer d’importantes provisions. Les collectivités locales, dont certaines connaissent des difficultés financières à cause de la crise, imposent des baisses tarifaires, tout comme les clients industriels dans les métiers hors de l’eau.
Au total, la croissance du chiffre d’affaires est plus rapide que celle du résultat opérationnel (retraité des provisions et éléments non récurrents). Le cash généré par l’activité couvre à peine les dépenses d’investissement. Selon les calculs de Bank of America-Merrill Lynch, en tenant compte d’un résultat net récurrent de 410-450 millions d’euros cette année. Le consensus attendait 642 millions de profit net cette année, y compris le non récurrent, mais ce chiffre va être fortement revu à la baisse. A 13,5 fois le bénéfice récurrent prévu en 2011, Veolia est abordable, mais ce n’est pas une affaire non plus.
Quels dividendes ?
En outre, si l’on prend en compte un taux de distribution de 100%, le dividende par action ne serait plus que de 75 centimes d’euro (calcul Merrill Lynch) contre 1,12 euro l’an dernier (soit une baisse d’un tiers). Mais le dividende servira difficilement de parachute pour limiter la chute du titre, tant que le groupe ne sera pas capable d’expliquer où il compte emmener ses actionnaires. Même la promesse d’accélérer le plan de restructuration, les cessions d’actifs ou d’accroître les économies de coûts n’ont suffi jeudi à calmer les investisseurs. Logiquement, nombreux sont ceux qui ont quitté le navire.
weeko.fr
AVERTISSEMENT
L’auteur de ce post détient des titres Veolia Environnement en portefeuille.
Mots-clefs : Antoine Frérot, CAC40, chiffre d’affaires, consensus, Henri Proglio, investisseur, Veolia Environnement



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