Archive pour août 2011

Les bourses reprennent des couleurs

Lundi 29 août 2011

Avec sur le marché boursier un Cac 40 grimpant au-dessus des 2,5% et Wall-Street au-dessus des +1,80% peu avant les 16h, c’est certain, on serait tenté de dire “ouf” ! Et le rapport de l’un à l’autre est même posé par les observateurs, comme le note l’AFP. Même la bourse grecque, dont on ne parlait guère ces derniers temps, “s’envole de 15%” (Boursier.com).

Immédiatement, on peut dire que le discours de Ben Bernanke pointé vendredi comme déterminant, a eu un effet positif confirmé. Pour “Votre Argent”, pourtant, les bourses veulent y voir du positif. Méthode Coué pour en sortir ?

La pause pourrait n’être ainsi que de courte durée ? L’économie française pour sa part semble quand même entrer en phase d’attentisme, comme en témoigne les derniers chiffres connus de créations/faillites d’entreprises (in Challenges.fr). L’économie américaine quant à elle, pourrait manquer de souffle avec les nouveaux déboires qu’elle a devant elle : Irene et les chiffres du chômage, rappelle L’Express. D’autant que le chiffrage du coût de la tempête commence à se préciser : 5 à 7 milliards de dollars (Le Point).

Fiorentino optimiste

Après, les fortes baissent peuvent entraîner de forts rebonds. Pas seulement mécaniques. Ainsi Marc Fiorentino, qui était plutôt pessimiste ces derniers temps, s’est laissé aller à un peu plus de positif. Léger cela dit, cite Sébastien Couasnon (de BFM) sur Twitter ce matin : “On est ds un marché baissier lourd. Mais il existe des conditions de rebond puissant, comme aujourd’hui. Potentiel : +15% ou 3500 pts.

Pour compléter : lire notre article “Crise des marchés financiers, un guide pour comprendre“;

Cac 40 : des 4000 aux 3000 points, en un mois

Mardi 23 août 2011

Dans l’historique de courbe du Cac 40 (cf : visible via le tableau marché boursier en ligne sur BforBank.com), pour rappel, il est à noter que l’on est passé en un mois (juillet à août) des 4000 points aux 3000. Le fameux “seuil psychologique” que rappelle Le Figaro. Très exactement, nous nous trouvons ce jour 14h58 à 3090 points. C’est une chute de près de 1000 points.

Après cette baisse vertigineuse enregistrée sur un mois, “Le marché parisien cherche à rebondir“, commentent les analystes de Natixis (source AFP). Et l’on souffle quand même, après le nouveau coup de chaud de la semaine dernière : “A la bourse de Paris lundi soir, on retrouve le sourire. Un soulagement timide et prudent mais qui fait du bien. Après une semaine noire, lâchant plus de 6%, le CAC 40 retrouve des couleurs” (France Soir).

Pour mémoire, relire nos dernières actualités bourse (avec Investir) : les cours de bourse du 19 août, et du 18 août. Chaque journée marque un épisode de ce véritable feuilleton estival.

La maison Veolia en désordre

Vendredi 5 août 2011

Antoine Frérot, patron de Veolia Environnement (depuis plus d’un an) va peut-être devoir prendre des cours de communication. Comment peut-on dire que l’on a fini l’audit de son groupe, que l’on a arrêté des choix stratégiques, et se contenter de donner le minimum d’informations sur le nouveau périmètre (10% de chiffre d’affaires en moins que le périmètre actuel ?) ou sur la politique de dividende à venir ? Comment rassurer les investisseurs – en pleine bourrasque boursière – sans leur donner les moyens de mesurer quelle sera la capacité bénéficiaire du groupe dans son nouveau périmètre d’activité ?

“plus petit mais plus rentable”

Veolia sera « plus petit mais plus rentable », a affirmé aujourd’hui son PDG. Le marché a surtout compris que la maison Veolia était dans un beau désordre et que le passif laissé par Henri Proglio devait encore être purgé (même si la crise a aussi sa part de responsabilité). Il faudra tout de même attendre 2013 pour y voir plus clair ! Mais avec un cours de Bourse qui affiche la plus forte baisse du CAC depuis le 1er janvier (avec -47%, Veolia vient juste de détrôner Carrefour à ce titre peu honorifique), le marché intègre déjà un scénario pessimiste pour le groupe de services collectifs.

Rare bonne nouvelle, l’eau retrouve une croissance organique positive (+2,5%), mais ses marges sont en baisse. Le nettoyage du portefeuille oblige le groupe à passer d’importantes provisions. Les collectivités locales, dont certaines connaissent des difficultés financières à cause de la crise, imposent des baisses tarifaires, tout comme les clients industriels dans les métiers hors de l’eau.

Au total, la croissance du chiffre d’affaires est plus rapide que celle du résultat opérationnel (retraité des provisions et éléments non récurrents). Le cash généré par l’activité couvre à peine les dépenses d’investissement. Selon les calculs de Bank of America-Merrill Lynch, en tenant compte d’un résultat net récurrent de 410-450 millions d’euros cette année. Le consensus attendait 642 millions de profit net cette année, y compris le non récurrent, mais ce chiffre va être fortement revu à la baisse. A 13,5 fois le bénéfice récurrent prévu en 2011, Veolia est abordable, mais ce n’est pas une affaire non plus.

Quels dividendes ?

En outre, si l’on prend en compte un taux de distribution de 100%, le dividende par action ne serait plus que de 75 centimes d’euro (calcul Merrill Lynch) contre 1,12 euro l’an dernier (soit une baisse d’un tiers). Mais le dividende servira difficilement de parachute pour limiter la chute du titre, tant que le groupe ne sera pas capable d’expliquer où il compte emmener ses actionnaires. Même la promesse d’accélérer le plan de restructuration, les cessions d’actifs ou d’accroître les économies de coûts n’ont suffi jeudi à calmer les investisseurs. Logiquement, nombreux sont ceux qui ont quitté le navire.

weeko.fr

AVERTISSEMENT

L’auteur de ce post détient des titres Veolia Environnement en portefeuille.

Air Liquide fait de la résistance

Lundi 1 août 2011

Air Liquide donne une bouffée d’oxygène à tous les investisseurs étouffés par les mauvaises nouvelles. La publication des résultats du premier semestre a permis au titre de résister (-0,3%), alors que le marché plongeait de 2% lundi, après la publication aux Etats-Unis d’un indicateur avancé confirmant un tassement de la croissance économique outre-Atlantique.

Le cas d’Air Liquide est intéressant, tout comme celui de nombreuses valeurs dites de croissance, qui affichent cette année encore des performances boursières pour le moins remarquables. Il montre que le marché semble de plus en plus discriminer les sociétés capables d’offrir de la visibilité sur l’évolution de leurs bénéfices, grâce à des positions concurrentiels fortes et à leur pouvoir de négociation de leur prix de vente.

Sur 5 ans, un investisseur aura valorisé son action de 42%

Autant d’éléments qui, dans le cas d’Air Liquide, se traduisent non seulement par une croissance organique robuste (8,3% sur le premier semestre) mais également par l’amélioration régulière de ses marges (16,7%) et une rentabilité du capital raisonnable. Depuis le début de l’année, l’action Air Liquide n’a progressé que de 1%, ce qui reste modeste. Mais sur 5 ans, un investisseur aura gagné 42% en détenant cette action.

Si l’on prend les données des 12 dernières années, Air Liquide s’est traité en moyenne sur la base de 21,8 fois le bénéfice par action, pour une marge opérationnelle moyenne de 15% et une rentabilité des capitaux employés de 9,5% (données publiées par le groupe pour les marges ; mes calculs pour la rentabilité du capital et le PER historique). Si l’on considère que le groupe est en mesure de maintenir sa marge opérationnelle autour de 16,5% sur longue période, voire de l’améliorer à l’avenir au regard des programmes de productivité et des projets de croissance (photovoltaïque), il est tout à fait envisageable de considérer que le titre retrouve un multiple de valorisation proche de sa moyenne historique (je retiens 21x).

Appliqué à la prévision de BPA pour 2011 du marché (5,51 euros par action selon IBES), la valeur intrinsèque de l’action Air Liquide se situe autour de 115 euros. L’investisseur prudent devrait logiquement tenir compte d’une marge de sûreté d’au moins 20% pour éviter toute mauvaise surprise, ce qui amènerait à considérer le titre autour de 92-93 euros. Avec un peu de chance, le manque de discernement dont témoigne le marché pourrait constituer une opportunité d’acheter à bon compte un titre comme Air Liquide…

weeko.fr