L’offensive Total

Face à un parcours boursier décevant, Total a peut-être compris qu’il était grand temps d’investir plus, de prendre plus de risques et de faire évoluer son portefeuille d’activités.

Le groupe pétrolier va-t-il enfin déjouer le mauvais sort ? Depuis plusieurs années, son parcours boursier décevant s’explique entre autres par une présence insuffisante en Amérique du Nord, mais surtout par une incapacité à tenir ses objectifs de croissance de production d’hydrocarbures.

En 2003, Christophe de Margerie (alors patron de “l’amont”) s’engage sur une croissance de la production de 4% par jusqu’en 2008… Le groupe produit alors 2,539 millions de barils équivalent pétrole par jour. En 2008, sa production tombe à 2,341 millions de barils/jour et ira même jusqu’à 2,281 millions en 2009 avant de commencer à remonter à partir de 2010. Son incapacité à tenir ses engagements a lourdement pesé sur son cours de Bourse, entraînant une lassitude chez les investisseurs voire un réel désintérêt y compris, en 2008, lorsque le cours du baril de brut atteignait des sommets.

Reste à savoir si le sort est désormais conjuré. Total a accru très sensiblement ses investissements en exploration (près de 1,5 milliard d’euros en 2010 contre 600 millions d’euros en 2002). Cette hausse s’explique certes par l’envolée des coûts d’exploration et la complexité technique des projets. Mais il y a peut-être aussi la volonté d’avoir une meilleure maîtrise de son portefeuille d’actifs, surtout lorsqu’on opère dans des pays risqués sur le plan politique (cas de l’Afrique ou du Venezuela où Total avait réalisé de lourds investissements). L’augmentation des investissements dans le gaz et le GNL en particulier a certainement évité au groupe un recul plus marqué de sa production.

De nouvelles acquisitions notamment dans les énergies renouvelables

Depuis quelques années, Total a réalisé d’importantes acquisitions au Canada, et a commencé (un peu tardivement) à investir dans les énergies renouvelables, notamment le solaire (bizarrement, le groupe semble ignorer le développement de la géothermie). Avec Tenesol et SunPower, Total n’a investi à ce jour que quelques centaines de millions d’euros, ce qui ne devrait pas révolutionner son modèle économique.

Mais la concrétisation de ces projets, les arbitrages de portefeuille en faveur de l’amont et la perspective d’une hausse de la production, tranchent avec un titre faiblement valorisé par le marché. L’action se traite sur un multiple de 6 fois le résultat prévu en 2011 (mes estimations), et affiche un rendement des flux de trésorerie disponible de près de 9% en 2011 et 2012.

Avec la cession des 48% dans CEPSA et l’investissement de 4 milliards de dollars dans le russe Novatek, Total dispose peut-être de quelques catalyseurs pour une revalorisation boursière, en attendant de meilleures nouvelles sur le front de la production.

Novatek coûte assez cher (les 12% rachetés ont été valorisés 4 milliards de dollars), mais cet investissement est financé par les réorganisations du portefeuille d’activités et par la rentabilité encore élevée du pôle amont. Au total, ces évolutions devraient permettre au groupe d’afficher une croissance bénéficiaire un peu plus rapide (certains analystes estiment à 200 points de base l’impact de Novatek sur la croissance du bénéfice par action d’ici 2013) tout en assurant le versement d’un dividende confortable.

weeko.fr


AVERTISSEMENT

L’auteur du post informe le lecteur qu’il détient des titres Total en portefeuille.

Share |

Mots-clefs : , , , , , , , , ,


Un commentaire, blog bourse sur “L’offensive Total”

  1. [...] L’offensive Total : Face à un parcours boursier décevant, Total a peut-être compris qu’il était grand temps d’investir plus, de prendre plus de risques et de faire évoluer son portefeuille d’activités. Le point sur ce qui peut faire évoluer le cours de l’action. [...]

Laisser une réponse


− un = 4

Les 5 derniers articles du blog:


  • Vallourec : quand tout va mal
  • La gestion value conserve tous ses mérites
  • Investir en bourse en 2012 : l’avis des experts en vidéo
  • L’automobile en plein paradoxe boursier
  • La nouvelle offre Bourse de BforBank (audio)