Enfin sorti des turbulences causées par des problèmes internes puis par la crise financière de 2008-2009, EADS affiche depuis un an un parcours boursier plus qu’honorable (+21%). Le titre du groupe d’aéronautique et de défense fait même bien mieux que le marché actions (+5% pour l’indice Stoxx 600) et que son principal concurrent dans l’aviation civile, Boeing (+10%). Mais après une belle performance, EADS semble manquer du kérosène nécessaire à la poursuite de son ascension boursière, même si en apparence le titre est relativement bon marché.
Au cours actuel, le marché anticipe déjà un redressement très significatif des marges, et à un niveau jamais constaté par le passé. Historiquement, la marge d’exploitation hors éléments exceptionnels d’EADS a été de 4,4% en moyenne, entre 1999 et 2010. Sur la base d’un modèle d’actualisation des flux de trésorerie (DCF), la Bourse fait implicitement l’hypothèse qu’EADS va être en mesure d’atteindre une marge de l’ordre de 6% au cours des prochaines années.
Un tel redressement dépendra de plusieurs paramètres : la poursuite de la montée en gamme (hausses de prix pour la nouvelle génération d’A320 Neo), la réussite des plans d’économies, le redressement des activités en difficulté et l’atteinte du point d’équilibre pour le programme stratégique de l’A380 (dont le point mort semble bien lointain).
En utilisant d’autres méthodes de valorisation (somme des parties, création de valeur ou EPV), on peut estimer la valeur intrinsèque d’EADS à environ 21 euros par action. En tenant compte d’une marge de sûreté de 20%, qui reflète la cyclicité de l’industrie aéronautique et les ratés possibles de tout programme aéronautique, EADS retrouverait un cours attrayant plutôt vers 17 euros…
Or les années à venir vont aussi se traduire par une intensification des investissements pour assurer le bon déroulement du programme A350, dont il faut rappeler qu’il constitue une étape majeure dans le développement d’Airbus, mais sur un segment de marché où Boeing, avec son B787 Dreamliner, dispose, malgré d’importants retards à l’allumage, d’une longueur d’avance. L’autre défi stratégique d’EADS est de réduire sa dépendance à l’égard d’Airbus, qui représente 69% de la valeur du groupe et reste le principal levier de sa croissance bénéficiaire.
Le Salon du Bourget qui se déroule actuellement sera l’occasion pour EADS de signifier sa domination du marché de l’aéronautique civile. Mais celle-ci semble largement intégrée dans son cours de Bourse.
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