Archive pour juin 2011

Les chimères de Soitec coûtent cher

Jeudi 30 juin 2011

Soitec a pris la mauvaise habitude de faire régulièrement appel au marché, sans qu’un retour sur investissement décent ne soit au rendez-vous.

Depuis 1998, le spécialiste du silicium sur isolant a levé 531 millions d’euros, y compris l’opération de 150 millions d’euros annoncée le 28 juin (opération qui se traduit par une dilution de 27% du bénéfice par action). Pour faire avaler la pilule à ses actionnaires (dont l’Etat à travers le FSI et la CDC), l’attribution de droit préférentiel de souscription est une solution incontournable. Mais le plus important est de savoir où l’on va et combien les projets annoncés par le groupe rapporteront sur le moyen-long terme.

Sur ce point, c’est le flou artistique. Or l’expérience passée en la matière est loin d’être probante. Malgré une croissance des ventes rapides (35% par an depuis 1998), la société a toujours eu tendance à aller plus vite que la musique, investissant à contre temps et augmentant ses capacités de production sans que le surcroît de ventes ne permette d’absorber dans de bonnes conditions le surcroît de coûts.

Nouveaux projets ambitieux

Incapable de faire la preuve sur le plan financier de la pertinence de sa stratégie dans le SOI, la société s’est récemment engouffrée dans de nouveaux projets, très ambitieux – photovoltaïque, LED – avec également des acquisitions de technologies (Picogiga) qui n’ont visiblement rien rapporté ou si peu. On attend toujours de voir où sont les synergies entre le savoir-faire d’origine et les nouveaux débouchés.

A chaque fois, l’action Soitec s’envole en Bourse sur l’annonce d’un contrat mirifique avec un client majeur – AMD pour le SOI (59% des ventes du groupe l’an dernier), Tenaska Solar Ventures dans le solaire. Il se trouve qu’en 2012, le premier brevet qui protège la technologie « Smart Cut », permettant la fabrication des tranches de SOI, tombera dans le domaine public. Dans son rapport annuel, Soitec affirme que sa politique de dépôt de brevets « prolonge d’autant sa protection vis-à-vis des tiers dans ce domaine ». N’y a-t-il toutefois pas le risque de voir d’autres concurrents faire leur apparition sur cette niche du marché mondial du silicium ? Soitec donne malheureusement peu d’informations sur de tels risques.

Il en va de même sur la technologie photovoltaïque à concentration qui « pourrait ne pas tenir sur la durée l’ensemble de ses promesses, notamment en termes de rendement et de stabilité dans la production d’énergie ». Bref, Soitec invite les actionnaires qui participeront à l’augmentation de capital à faire un pari sur l’avenir.

La veille de l’opération, Natixis Securities pointait dans une étude deux risques majeurs : une augmentation de capital ( !) et la perte d’AMD, principal client de Soitec. Les actionnaires qui participeront à l’augmentation de capital de Soitec seront peut-être inquiets du manque de visibilité quant au retour sur des investissements nombreux et divers. Et ils auront raison.

Pour prolonger : lire par exemple les articles…

L’offensive Total

Mercredi 29 juin 2011

Face à un parcours boursier décevant, Total a peut-être compris qu’il était grand temps d’investir plus, de prendre plus de risques et de faire évoluer son portefeuille d’activités.

Le groupe pétrolier va-t-il enfin déjouer le mauvais sort ? Depuis plusieurs années, son parcours boursier décevant s’explique entre autres par une présence insuffisante en Amérique du Nord, mais surtout par une incapacité à tenir ses objectifs de croissance de production d’hydrocarbures.

En 2003, Christophe de Margerie (alors patron de “l’amont”) s’engage sur une croissance de la production de 4% par jusqu’en 2008… Le groupe produit alors 2,539 millions de barils équivalent pétrole par jour. En 2008, sa production tombe à 2,341 millions de barils/jour et ira même jusqu’à 2,281 millions en 2009 avant de commencer à remonter à partir de 2010. Son incapacité à tenir ses engagements a lourdement pesé sur son cours de Bourse, entraînant une lassitude chez les investisseurs voire un réel désintérêt y compris, en 2008, lorsque le cours du baril de brut atteignait des sommets.

Reste à savoir si le sort est désormais conjuré. Total a accru très sensiblement ses investissements en exploration (près de 1,5 milliard d’euros en 2010 contre 600 millions d’euros en 2002). Cette hausse s’explique certes par l’envolée des coûts d’exploration et la complexité technique des projets. Mais il y a peut-être aussi la volonté d’avoir une meilleure maîtrise de son portefeuille d’actifs, surtout lorsqu’on opère dans des pays risqués sur le plan politique (cas de l’Afrique ou du Venezuela où Total avait réalisé de lourds investissements). L’augmentation des investissements dans le gaz et le GNL en particulier a certainement évité au groupe un recul plus marqué de sa production.

De nouvelles acquisitions notamment dans les énergies renouvelables

Depuis quelques années, Total a réalisé d’importantes acquisitions au Canada, et a commencé (un peu tardivement) à investir dans les énergies renouvelables, notamment le solaire (bizarrement, le groupe semble ignorer le développement de la géothermie). Avec Tenesol et SunPower, Total n’a investi à ce jour que quelques centaines de millions d’euros, ce qui ne devrait pas révolutionner son modèle économique.

Mais la concrétisation de ces projets, les arbitrages de portefeuille en faveur de l’amont et la perspective d’une hausse de la production, tranchent avec un titre faiblement valorisé par le marché. L’action se traite sur un multiple de 6 fois le résultat prévu en 2011 (mes estimations), et affiche un rendement des flux de trésorerie disponible de près de 9% en 2011 et 2012.

Avec la cession des 48% dans CEPSA et l’investissement de 4 milliards de dollars dans le russe Novatek, Total dispose peut-être de quelques catalyseurs pour une revalorisation boursière, en attendant de meilleures nouvelles sur le front de la production.

Novatek coûte assez cher (les 12% rachetés ont été valorisés 4 milliards de dollars), mais cet investissement est financé par les réorganisations du portefeuille d’activités et par la rentabilité encore élevée du pôle amont. Au total, ces évolutions devraient permettre au groupe d’afficher une croissance bénéficiaire un peu plus rapide (certains analystes estiment à 200 points de base l’impact de Novatek sur la croissance du bénéfice par action d’ici 2013) tout en assurant le versement d’un dividende confortable.

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AVERTISSEMENT

L’auteur du post informe le lecteur qu’il détient des titres Total en portefeuille.

EADS en bout de piste

Vendredi 24 juin 2011

Enfin sorti des turbulences causées par des problèmes internes puis par la crise financière de 2008-2009, EADS affiche depuis un an un parcours boursier plus qu’honorable (+21%). Le titre du groupe d’aéronautique et de défense fait même bien mieux que le marché actions (+5% pour l’indice Stoxx 600) et que son principal concurrent dans l’aviation civile, Boeing (+10%). Mais après une belle performance, EADS semble manquer du kérosène nécessaire à la poursuite de son ascension boursière, même si en apparence le titre est relativement bon marché.

Au cours actuel, le marché anticipe déjà un redressement très significatif des marges, et à un niveau jamais constaté par le passé. Historiquement, la marge d’exploitation hors éléments exceptionnels d’EADS a été de 4,4% en moyenne, entre 1999 et 2010. Sur la base d’un modèle d’actualisation des flux de trésorerie (DCF), la Bourse fait implicitement l’hypothèse qu’EADS va être en mesure d’atteindre une marge de l’ordre de 6% au cours des prochaines années.

Un tel redressement dépendra de plusieurs paramètres : la poursuite de la montée en gamme (hausses de prix pour la nouvelle génération d’A320 Neo), la réussite des plans d’économies, le redressement des activités en difficulté et l’atteinte du point d’équilibre pour le programme stratégique de l’A380 (dont le point mort semble bien lointain).

En utilisant d’autres méthodes de valorisation (somme des parties, création de valeur ou EPV), on peut estimer la valeur intrinsèque d’EADS à environ 21 euros par action. En tenant compte d’une marge de sûreté de 20%, qui reflète la cyclicité de l’industrie aéronautique et les ratés possibles de tout programme aéronautique, EADS retrouverait un cours attrayant plutôt vers 17 euros…

Or les années à venir vont aussi se traduire par une intensification des investissements pour assurer le bon déroulement du programme A350, dont il faut rappeler qu’il constitue une étape majeure dans le développement d’Airbus, mais sur un segment de marché où Boeing, avec son B787 Dreamliner, dispose, malgré d’importants retards à l’allumage, d’une longueur d’avance. L’autre défi stratégique d’EADS est de réduire sa dépendance à l’égard d’Airbus, qui représente 69% de la valeur du groupe et reste le principal levier de sa croissance bénéficiaire.

Le Salon du Bourget qui se déroule actuellement sera l’occasion pour EADS de signifier sa domination du marché de l’aéronautique civile. Mais celle-ci semble largement intégrée dans son cours de Bourse.

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Carrefour : la pression est de retour

Mardi 21 juin 2011

Lars Olofsson va lui aussi avoir droit à un vote de confiance de la part des actionnaires de Carrefour, lors de leur réunion en assemblée générale mardi. Le deuxième distributeur au monde est en proie au doute, alors que le redressement tant attendu des comptes en France semble reporté sine die, après l’annonce d’une baisse estimée à 35% du résultat opérationnel au premier semestre dans ce qui reste son premier débouché (43% du résultat consolidé en 2010), mais également l’un des marchés les plus concurrentiels au monde. En dehors d’un changement de son exécutif en France (annoncé jeudi dernier), on peut légitimement se demander si Carrefour dispose d’un quelconque ressort pour inverser la tendance à la baisse des marges au cours du second semestre et pour les années à venir.

Le paradoxe Carrefour

Carrefour se retrouve dans une situation paradoxale. D’un strict point de vue boursier, l’action affiche des niveaux de valorisation attrayants. Le titre capitalise à peine plus de 10x le bénéfice par action prévu en 2012, mais cette faible valorisation a une raison fondamentale : les analystes semblent avoir tardé à revoir en baisse leurs estimations de résultat. Et le problème structurel de Carrefour (une détérioration régulière des profits en France sous les coups de boutoir de ses concurrents, un apparent manque d’innovation commerciale et un sous-investissement manifeste dans ses effectifs pour les rendre plus polyvalents) apparaît loin d’être réglé. En refusant de mieux valoriser son titre, les investisseurs ne semblent même pas espérer un sursaut des comptes.

Le plan de transformation des hypermarchés en Carrefour Planet semble avoir un certain nombre de difficultés à attirer des clients. Et ce ne sont pas les projets d’externalisation d’actifs – distribution de Dia aux actionnaires ou projet de cotation (pour l’heure suspendu) des actifs immobiliers – qui suffiront à rassurer actionnaires et investisseurs, qui plus est en période de forte volatilité sur les marchés financiers.

Quelles perspectives pour le cours de l’action ?

Tout n’est pas noir pour autant. En tablant sur une chute de 60 points de base de la marge opérationnelle du groupe en 2011, suivie d’une lente remontée pour revenir à 3,5% en 2014, en tablant sur une croissance modérée des ventes et sur un effort d’investissement plus conséquent, bref, même si l’on considère que Carrefour ne sera pas en mesure de retrouver les niveaux de marge passés (3,8% de marge opérationnelle en moyenne entre 1999 et 2010), la valeur intrinsèque du titre ressort entre 24,5 euros (somme des parties) et 34,4 euros (méthode de création de valeur). En moyenne, l’utilisation de 4 méthodes se traduit par un objectif de cours moyen de 30 euros. Si l’on prend en compte une marge de sûreté de 20% (liée à l’incertitude du redressement des comptes en France), on se rend compte que le marché n’a peut-être pas fini de signifier à la direction de Carrefour que la confiance n’est pas encore rétablie.

PS : suite au profit warning de Carrefour, de nombreux analystes ont revu en baisse leurs estimations de résultat opérationnel (“EBIT”) pour 2011. Sur la base des estimations de 9 brokers, le résultat opérationnel de Carrefour est désormais attendu à 2,87 milliards d’euros cette année, soit une marge de 3,1%.

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DISCLAIMER

L’auteur du post informe le lecteur qu’il détient des titres Carrefour en portefeuille.

Verallia : à qui profite l’introduction en Bourse ?

Lundi 20 juin 2011

L’introduction en Bourse de Verallia avait tout de l’opération parfaite, si elle avait été réalisée dans l’intérêt des futurs actionnaires de cette société. Saint-Gobain, en alourdissant de manière excessive l’endettement financier de sa filiale de conditionnement (dont il cède 40% du capital sur le marché), risque de faire une nouvelle fois des déçus de la Bourse, en particulier parmi les nombreux petits porteurs qui souscriront à l’opération.

Cette dernière, au vu du nombre de banques impliquées dans cette introduction en Bourse (12 pour moins d’1 milliard d’euros de titres à céder !), a toute les chances de réussir, sous réserve que les conditions de marché le permettent. Mais les investisseurs qui participeront à l’offre risquent de demander une forte décote au regard des transformations de dernière minute faites au bilan de la société.

Verallia, qui n’avait fin 2010 qu’une dette très limitée (327 millions d’euros), se retrouve au 30 avril 2011 avec 1,9 milliard de dette nette au bilan et des fonds propres négatifs à hauteur de 115 millions d’euros (la société disposait de 1,3 milliard de fonds propres fin 2010). Cette transformation est due à une série d’opérations de restructuration financière opérées sous l’égide de Saint-Gobain. Certes, la société peut supporter cette dette, car le coût financier est pour l’heure modique (taux d’intérêt de 4%).

Mais Verallia profite d’une dette bien notée en grande partie parce que la société reste sous le contrôle de Saint-Gobain, qui détiendra jusqu’à 60% du capital au terme de l’introduction en Bourse. Si, dans un an, Saint-Gobain se désengage et passe sous la barre des 50%, la note de crédit actuelle de Verallia risque d’être mise en cause.

Verallia : la fin d’une Success story

Verallia avait pourtant tous les traits d’une “success story” : deuxième acteur mondial de l’emballage en verre, une présence mondiale, des marges généreuse et un plan de développement qui pourrait en faire un placement de bon père de famille, d’autant que le prix proposé est, en apparence, attrayant : l’action, proposée entre 29,5 et 36 euros, est moins bien valorisée que celle du principal concurrent coté, l’américain Owens-Illinois. Sauf que cette décote de valorisation n’est qu’apparente. Si l’on prend en compte les hypothèses de développement de la société et qu’on cherche à déterminer sa valeur intrinsèque (par le biais d’un DCF), on trouve une valorisation de l’action autour de 30 euros. En prenant en compte une marge de sûreté pour tenir compte du bilan déséquilibré de l’entreprise, on se rend compte que le prix proposé est en fait excessif.

L’avenir boursier de Verallia semble donc tout tracé : le groupe passera le plus clair de son temps à rembourser ses dettes et pourrait bien ne pas avoir suffisamment de marges de manoeuvre pour saisir des opportunités de croissance externe si elles se présentent.

Ce type de montage rappelle la manière dont KKR avait fait s’endetter PagesJaunes peu après en avoir pris le contrôle, pour faire remonter de manière instantanée un important dividende et rentabiliser ainsi plus rapidement son placement. Après cette opération, le titre PagesJaunes a connu un parcours boursier pour le moins moribond. Cette fois-ci, Saint-Gobain (avec l’assentiment de son actionnaire principal, le fonds d’investissement Wendel) endette sa filiale juste avant sa mise en Bourse.

On comprend bien dès lors pourquoi cette introduction se fait avec une décote de valorisation, et pourquoi le syndicat bancaire en charge du placement est si important. On comprend aussi pourquoi les dirigeants de Verallia n’ont pas été en mesure de faire une prévision de bénéfice net pour 2011, sachant que les frais financiers vont exploser du fait de l’endettement massif pris par le groupe.

De nombreux particuliers qui souscriront à l’opération pourraient avoir de mauvaises surprises (une augmentation de capital dans les mois qui viennent ?). J’espère sincèrement me tromper, mais si l’opération tourne court (à cause de mauvaises nouvelles sur les résultats ou d’une conjoncture qui est soudainement moins favorable), cela risque de casser une dynamique de reprise boursière tant attendue et d’entériner le divorce des particuliers pour la Bourse de Paris, comme l’a récemment montré un sondage.

Certains patrons du CAC 40 sont parfois les plus virulents contre les dangers du capitalisme financier et le court-termisme des marchés. Il sera intéressant de voir s’ils seront nombreux à s’étonner des modalités d’introduction en Bourse de Verallia.

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En Bourse, la sortie du nucléaire a déjà lieu

Mercredi 15 juin 2011

En Bourse, la sortie du nucléaire a déjà lieu. Plutôt que de chercher quel mix énergétique sera le bon pour sélectionner des titres, les investisseurs ont joué une autre thématique, celle des économies d’énergie. C’est l’un des meilleurs paris qu’il était possible de faire en Bourse face à la question du réchauffement climatique. Selon l’AIE, les économies d’énergie (ou l’efficacité énergétique des bâtiments, des transports) et une diversification plus grande du mix énergétique constituent les deux vecteurs de réduction des émissions de CO².

Les producteurs d’énergie face à un hiver nucléaire

Pour EDF et Areva, “l’hiver nucléaire” a déjà lieu dans les portefeuilles des investisseurs. EDF cote 20% en dessous de son cours d’introduction en Bourse fin 2005. Sa capitalisation boursière a fondu de 13% depuis le début de l’année et de 56% sur trois ans, preuve que les problèmes de l’électricien dépassent très largement la question de la sûreté de l’énergie atomique.

On peut certes mettre cette dégringolade boursière sur le dos de la crise financière. Mais il faut surtout regarder du côté des opérations dispendieuses en matière de croissance externe, menées au pire moment par la précédente équipe de direction. L’ambition 2020 du groupe va se traduire par d’importants investissements industriels (15-18 milliards d’euros par an selon les analystes de Citi), quand la moitié du profit brut opérationnel d’EDF (14 milliards par an) dépend des décisions du gouvernement sur les tarifs de l’électricité.

Areva, dont la patronne est en tournée pour son maintien à la tête du groupe nucléaire, voit son cours de Bourse plonger de 17% depuis la conversion de ses certificats d’investissement en actions.

Mais les problèmes du groupe datent de bien plus loin. L’incapacité du groupe à tenir ses objectifs financiers, des pertes récurrentes et une gestion peu efficace ont miné l’espoir des investisseurs de tenir un titre pour le long terme. Le marché a du mal à croire Mme Lauvergeon lorsqu’elle promet de belles surprises pour la fin du mois de juin (date de présentation de « nouvelles perspectives 2011-2012 »).

Belle envolée de Schneider Electric, Saint-Gobain ou Imerys

Exit EDF et Areva, donc. Bienvenue à Schneider Electric, Saint-Gobain ou Imerys. Sur un an, ces sociétés ont vu leur cours de Bourse progresser de respectivement 24% pour les deux premiers et de 14% pour le troisième. Chacune à sa manière a fait le choix des économies d’énergie ou de la sécurité d’approvisionnement : dans les usines, les réseaux d’énergie et de données pour Schneider ; dans l’habitat pour Saint-Gobain ; dans la construction pour Imerys.

Les bâtiments représentent 38% de l’énergie consommée aujourd’hui dans le monde (source : HSBC). En proposant des solutions soit pour mieux utiliser l’énergie, mieux la gérer, ces groupes sont positionnés sur l’un des segments les plus porteurs de leur industrie, qui touche à la fois les pays développés et les marchés émergents.

Si l’on ajoute le caractère cyclique de ces entreprises et des positions concurrentielles souvent très bien établies, on se retrouve avec des sociétés offrant une assez bonne visibilité sur leurs cash-flows futurs, ce qui leur permet d’investir en croissance organique et en acquisitions, tout en traitant de manière correcte leurs actionnaires.

Ces qualités intrinsèques se retrouvent dans des cours de Bourse bien orientés, et des ratios de valorisation parfois exigeants (Schneider affiche un PER de 15x pour une croissance bénéficiaire de l’ordre de 9-10% et un rendement du dividende de 3-3,5%), mais justifiés.

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Crédits photos : Vincent Desjardins sur Flickr