Archive pour mai 2011

Hermès-LVMH : un rapport pas si carré que ça

Mardi 31 mai 2011

Le carré HermèsJocelyn Jovene nous en avait parlé en décembre dernier, et annonçait déjà le rude tempo actuel, dans sa note “Hermès en vase clos“. La première assemblée générale de Hermès tenue depuis que LVMH est entré à son capital, a été chahutée pour le groupe du businessman Bernard Arnault. Plusieurs journaux en font état ce mardi, dont La Tribune sous le titre explicite “Les actionnaires de Hermès huent la direction de LVMH“. On ne peut faire plus clair…

Et en effet durant cette “AG”, l’on s’est renvoyé entre messieurs du beau monde des accusations de “déstabilisation”, d’”initiatives hostiles” voire de “prendre des vessies pour des lanternes“. Le secteur du luxe n’en aime pas moins le sport, même ne serait-ce que verbal.

Les chiffres ne justifient pas

Cet affrontement est anachronique, comme le rappelle Challenges, “D’autant que ses résultats sont excellents, même si la guerre de tranchées que se livrent Hermès et LVMH en ferait presque oublier les chiffres“. Quelles chiffres ? Rien moins que “la meilleure performance de son histoire” réalisée en 2010, via  “une progression spectaculaire” du triptyque ventes-résultat opérationnel-bénéfice.

LinkedIn : le retour des grosses valorisations high tech

Vendredi 20 mai 2011

Inutile de préciser que c’est “LE” sujet qui fait jaser dans les arcanes et alcôves de la web industrie… Le réseau social américain LinkedIn vient de boucler son entrée en bourse à  Wall-Street, dont on parlait depuis un moment. Et il l’a fait avec la manière comme on dit, sur une valorisation à près de 9 milliards de dollars !

Ce chiffre fou acte ce que les experts du secteur ont déjà noté depuis quelques mois : à savoir un retour en grâce des valeurs high tech sur les marchés boursiers. Voire un retour possible… d’une bulle ? Il s’agirait alors d’une bulle 2.0. Par là on entend les entrées en bourse concernant les acteurs du web 2.0 et plus spécifiquement des réseaux sociaux en ligne, autrement nommés social media. Une vraie excitation des investisseurs qui a concerné d’abord des sociétés comme Facebook et Twitter.

Qu’en disent les spécialistes du secteur, habitués à ce type d’informations et qui ne s’en laissent pas compter ? ZDNet.fr par exemple parle de “la plus grosse introduction en Bourse depuis celles de Google en 2004 et du moteur de recherche chinois Baidu en 2005“. Quant à 01Net il soulignait lui la forte capacité de recrutement du réseau, à près d’”un million de nouveaux membres chaque semaine“… Ceci expliquant cela. LeJournalduNet confirme bien la possibilité d’une bulle et précise que le fondateur de ce site “Reid Hoffman a récolté près de 5,2 millions de dollars en vendant moins de 1% de ses titres“.

Le poids des communautés

En gros, tout ce qui a 2.0 au bout de son nom, fait du volume et parle de “communautés en ligne”, aurait actuellement les grâces des investisseurs combinées à l’attention du grand public : une sorte de parenthèse fabuleuse, dont vont profiter plein d’autres acteurs et toute une filière.

Et donc ce second cercle des réseaux sociaux spécialisés, comme LinkedIn et sans oublier le français qui n’est pas loin, Viadeo. Ces deux acteurs se sont en effet spécialisés dans les réseaux sociaux dits professionnels : sorte de bibliothèque à CV en ligne mutualisés, partagés, commentés et avec outils de place de marché business.

Une petite question en passant ? Vous avez un profil sur LinkedIn ou Viadeo ?

Dividende, mode d’emploi : le paiement du dividende en actions (2/2)

Lundi 9 mai 2011

Quartier de la DéfenseLes sociétés peuvent proposer aux actionnaires le paiement de leurs dividendes en actions : au lieu de verser le dividende en espèces, la société va proposer la souscription de nouvelles actions.

Dividende en numéraire ou en titres

  • le paiement en numéraire : le jour du versement ou paiement du dividende, le compte de l’actionnaire est crédité.

Dans le cas où les titres ont été acquis au SRD (service de règlement différé), l’acheteur ne touche pas le dividende mais reçoit une «indemnité compensatrice» du même montant alors que le vendeur au SRD doit cette indemnité.

  • Le paiement en actions : souvent, les actionnaires  se voit offrir un choix en matière de versement du dividende. Ils peuvent opter pour un règlement en espèces ou bien choisir de réinvestir leurs dividendes en actions nouvelles de la société ou « paiement du dividendes en actions ». Le principe en est simple : l’actionnaire se voit proposer (et non imposer) de toucher son dividende sous forme d’actions, moyennant une décote du cours de 10 % au maximum, par rapport au cours des vingt dernières séances de Bourse. L’actionnaire doit choisir cette option avant une date fixée, sans quoi il sera payé en numéraire.

Le montant des dividendes auquel a droit l’actionnaire correspond rarement à un nombre entier d’actions, il pourra donc alors souscrire soit le nombre d’actions immédiatement supérieur (si la société a prévu cette possibilité) en versant la différence en numéraire, soit le nombre d’actions immédiatement inférieur en recevant une soulte en numéraire.

Opter pour le paiement en actions : avantages

Les avantages de cette option existent aussi bien pour l’actionnaire que pour l’entreprise. Les entreprises recommandent d’opter pour le paiement en actions : elles n’ont pas à décaisser d’argent, et augmentent donc mécaniquement leur capital.

Les actionnaires ont intérêt à accepter le paiement en actions tant que le cours de Bourse est supérieur au prix de l’action proposée en dividende, même si l’actionnaire doit tenir compte du fait que le cours peut bien évidemment évoluer pendant le délai existant entre le jour de sa décision et le jour de réception des actions. Ce choix du dividende en actions leur permet de contribuer au renforcement des fonds propres du groupe et donc de sa solidité.

Opter pour le paiement en actions : inconvénients

Si l’intérêt pour l’actionnaire est de profiter d’une décote sur une action, cette augmentation mécanique du nombre d’actions en circulation fait que le Bénéfice Net Par Action peut diminuer ou moins progresser. L’actionnaire oublie souvent, en effet, que cette méthode a un effet dilutif et est donc contraire à la notion de création de valeur pour l’actionnaire.


Un autre inconvénient existe pour les investisseurs qui ne répondent pas favorablement à cette option : la possibilité de ce choix reporte d’un mois environ le paiement effectif du dividende, un laps de temps étant nécessaire pour connaître les intentions de tous les actionnaires.

Quel que soit le choix de l’actionnaire, paiement en numéraire ou en actions, le régime fiscal qui s’appliquera sera identique. Pour prolonger voir notre blog fiscalité : le régime fiscal des dividendes.

Pour prolonger votre lecture :

Crédits photos :  Luciano Guelfi

Dividende, mode d’emploi : toucher le dividende (1/2)

Vendredi 6 mai 2011

Le dividende est la partie du bénéfice de la société qui est redistribuée aux actionnaires après son vote en assemblée générale. Chaque année, c’est en mai que la période des détachements de dividendes commence à battre son plein et ce, jusqu’en juillet.  A l’approche de cette période, il est utile de rappeler à l’actionnaire quelques notions indispensables pour pouvoir profiter du dividende en toute connaissance de cause.

Comment toucher le dividende ?

Entre les notions de date de détachement et de date de paiement, il n’est pas toujours aisé pour l’actionnaire de s’y retrouver. D’où l’importance de bien vérifier le calendrier de la société concernée et de connaître et distinguer ces deux dates :

  • La date du détachement, pour avoir droit au dividende il faut détenir l’action à la clôture, la veille du détachement.
  • La date du paiement intervient 3 jours ouvrés après la date du détachement. C’est le jour où le montant du dividende est crédité sur le compte titres ou le PEA (visible sur les comptes en général le lendemain en raison des traitements informatiques).

Pour être assuré de percevoir le dividende d’un titre, il faut détenir celui-ci en portefeuille au plus tard la veille au soir de son détachement. Il est possible de le vendre dès le jour du détachement, le dividende étant désormais acquis.

Les acomptes sur dividende

Certaines sociétés  choisissent de verser  un acompte sur dividende. Cette méthode permet de distribuer aux actionnaires une partie des bénéfices sans avoir à attendre l’approbation des comptes après la clôture de l’exercice. Total fait partie des sociétés qui versent un acompte sur dividende qui sera ensuite complété par le versement du solde. Pour obtenir le dividende global, il est donc nécessaire de détenir les titres la veille de ces 2 détachements.

Impact du détachement sur le cours de bourse d’un titre

Procéder au paiement du dividende constitue une sortie d’argent pour l’entreprise et ce versement est donc immédiatement répercuté sur le cours de l’action. L’ajustement du cours du titre se fait le jour même du détachement : un montant équivalent au montant du dividende est retranché du cours de bourse à l’ouverture du marché le jour du détachement.

Exemple : soit une action cotant 100 euros le 15 mai devant distribuer le lendemain 16 mai un dividende de 3 euros. Le 16 mai, le cours sera donc réajusté dès l’ouverture  – avant le démarrage des cotations – automatiquement, en tenant compte du montant du coupon et sera égal à 100-3 euros soit 97 euros.

Influence sur les ordres passés avant le détachement

Les ordres de bourse passés sur une valeur et toujours valides (en cours) dans le carnet d’ordres au jour du détachement du dividende, tiendront compte du réajustement de l’action. L’investisseur n’aura rien à effectuer : son intermédiaire financier se chargeant automatiquement de cette opération d’ajustement. Ainsi en reprenant l’exemple précédent, pour un ordre d’achat à 100 euros la veille du détachement du dividende, à l’ouverture du jour suivant, l’ordre se serait transformé en ordre d’achat à 97 euros.

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Crédits photos : Mark_siem