Archive pour le mot-clef ‘france’

Affaire Depardieu : un week-end très fiscal

Lundi 17 décembre 2012

Le mot qui a résumé le mieux le week-end passé a été prononcé sur les ondes de Radio France ce matin. Le journaliste qui traitait l’info dans le journal du matin, évoquait en effet un “film de politique fiscal” concernant l’affaire Depardieu. Comprendre : au sens de politique fiction, et de scénario à rebondissements. Pas un JT ou magazine d’information qui n’ait abordé le sujet à la suite, et créé un feuilleton hors norme, au diapason d’un des plus grands acteurs français (1).

Tout a visiblement débuté sur les réseaux sociaux, où un teasing rabattait le chaland sur la publication à venir, dimanche dans le JDD, d’une lettre de Gérard Depardieu répondant au Premier ministre J-M Ayrault. La seule séquence réseaux sociaux et circulation de la lettre sur le web, a suscité la polémique. Sur le fond, cette lettre, en effet publiée dans l’édition n°3440 du journal, en page 24 (au sein d’un article plein page) n’est pas le pamphlet qu’on pouvait attendre ou crainde (selon). Elle a été écrite certes avec passion et en abordant plusieurs dimensions (personnelle et générale) mais sa prose est aussi retenue. L’acteur la termine d’ailleurs d’un elliptique “je suis un être libre (…) et je vais rester poli”.

Pour le reste, elle justifie en fait le départ de l’acteur célèbre de France pour la Belgique, plus exactement le village de Néchin. Un départ qui équivaudra pour lui à rendre “mon passeport et ma sécurité sociale”.

La lettre chiffre notamment, du point de vue du contribuable, son bilan fiscal personnel au fil des ans : “je pars, après avoir payé, en 2012, 85% d’impôt sur mes revenus” (…)  “j’ai payé 145 millions d’euros d’impôts en quarante-cinq ans”. Si l’on calcule, cela représente 3,2 millions d’impôts par an, en moyenne. Un montant impressionnant, mais invérifiable commente Le Figaro. Il souligne aussi qu’il a fait “travailler 80 personnes dans des entreprises qui ont été créées pour eux et qui sont gérées par eux”.

Les réactions des membres du gouvernement (comme Michel Sapin ou Aurélie Filippetti) n’ont pas tardé à suivre, et le moins qu’on puisse dire est qu’elles n’ont pas éteint le feu. Elles ouvraient plus à des réponses de type “montée du ton” et “tac ou tac”.

Match nul

Toujours sur France Info ce matin, le consultant média et politique Thierry Saussez résumait parfaitement le dossier et l’affaire : pour lui ce feuilleton ne profite ni au partant, ni au gouvernement. Il y a en effet pour lui risque de stigmatiser l’un comme l’autre, voire de réduire une politique fiscale au cas de quelques contribuables VIP hors normes. Pour rappel, le dossier de ces contribuables et des exilés fiscaux émaillent la politique française depuis les dernières élections présidentielles.

L.D

(1) sa seule filmographie liste par exemple 20 films à plus de 3 millions d’entrées.

 

Livret A : collecte historique en octobre 2012

Mercredi 21 novembre 2012

Les chiffres de la collecte nette du mois d’octobre du Livret A et du LDD (livret de développement durable) ont été dévoilés et ils sont historiques. Livret A et LDD ont attiré 21,29 milliards d’euros d’épargne ce mois ci, suite à la décision de relèvement de leurs plafonds le 1er octobre. Pour le Livret A cela n’est que le 1er relèvement d’une série qui doit conduire à un plafond de 30 600 euros dans les prochaines années.

Un 1er relèvement de plafond

L’une des promesses électorales de François Hollande était le doublement du Livret A. Il a été décidé d’étaler dans le temps ce relèvement et c’est le 1er octobre que le gouvernement a relevé le plafond du Livret A de 25%, de 15.300 à 19.125 euros et doublé directement celui du LDD de 6000 à 12000 euros. Un prochain relèvement du Livret A devrait intervenir à la fin de l’année.

 

Une collecte historique

Après un mois de septembre marqué par la moins bonne collecte mensuelle de l’année 2012 avec 550 millions d’euros, les effets du relèvement ne se sont pas fait attendre. Ce sont 7,35 milliards d’euros qui ont été collectés en octobre et pour le LDD, la collecte a été de 13,94 milliards d’euros de plus.

Il s’agit bien évidemment de chiffres historiques puisque c’est le deuxième meilleur mois de collecte nette de toute l’histoire du Livret A (créé en 1818).Pour mémoire, le meilleur mois de ses 194 ans d’histoire avait été celui de janvier 2009, avec 18,31 milliards de collecte.

 

Octobre : un chiffre traditionnellement faible

Ces chiffres sont d’autant plus remarquables que le mois d’octobre est traditionnellement un mois peu propice pour l’épargne.

L’an dernier la collecte nette n’avait été en octobre que de 390 millions d’euros sur le Livret A et le LDD était en décollecte.


Faire fructifier des liquidités « en toute simplicité.

Si l’effet du 1er relèvement a été très visible, c’est qu’il est intervenu dans un contexte particulier. Un contexte bien évidemment de crise où l’aversion au risque se fait toujours ressentir. Mais cette collecte est surtout intervenue dans un contexte d’incertitude fiscale ou plutôt désormais de certitude d’un durcissement fiscal qui touchera de nombreux épargnants pas toujours avertis de ces changements. C’est donc tout naturellement que le facteur « simplicité « d’un produit défiscalisé a bien évidemment joué.

Un deuxième relèvement de 25% du plafond du Livret A est prévu d’ici la fin de l’année, alors que le rapport Duquesne publié fin septembre, préconisait deux nouveaux relèvements de 25%, l’un début 2015 et l’autre début 2016. Le plafond du Livret A serait alors fixé à 30.600 euros. Mais il préconisait également d’évaluer les effets des premiers relèvements avant de continuer le processus.

Belgique : un exode fiscal qui se concrétise ?

Mardi 25 septembre 2012

Les riches étaient jusqu’à il y a peu, selon le quotidien Libération, des “cons” en regard d’un jeu de mot osé qui a fait beaucoup gloser. Il faisait le buzz à partir du cas de Bernard Arnault et de sa demande de nationalité belge. Plus correct, il y a aussi le jeu de mot belge qui résume bien la situation, portant sur l’acronyme “SDF”, qui désignerait désormais et à leur endroit ”sans Difficulté financière”.

Outre l’angle humoristique et sarcastique, depuis, le débat a pris une autre dimension. Et l’on commence en France à envisager les conséquences de cet état d’esprit et concrètement de la politique fiscale engagée par le gouvernement Ayrault. Ce matin sur Europe 1, Bernard Tapie y allait de son commentaire franc et direct, comme à son habitude, au micro de Bruce Toussaint : sur l’air connu de si tu leur tapes dessus, ils vont finir par tous partir… Et l’on n’aura plus rien à taxer.

L’immobilier belge en vue

Le fameux risque de l’exode que ses détracteurs diminuent, mais qui semble tout de même exister et même se concrétiser. Prenons pour mesure les colonnes web de La Libre Belgique, qui actent un exode de riches Français vers Bruxelles. Plus en détails, le journal rapporte une prise de température réalisée par des professionnels du secteur immobilier : “l’agence immobilière Engel & Völkers, vend désormais une maison chaque jour à un Français fortuné”. Grosso modo, au doigt mouillé, on estime que les “Français achèteraient actuellement 5 à 6 maisons à Bruxelles chaque jour”.

Le risque avait été repéré dès l’après victoire de François Hollande, avec le retour de cette tentation d’exode… Déjà à l’époque, la Belgique voisinne se frottait les mains et sortait la calculette à récupération d’exilés, en posant que “Dans les années à venir, nous estimons qu’il y [aura] 1 000 à 1 500 qui viendront rejoindre les déjà 4000 millionaires français installés en Belgique”. Une sorte de concurrence et de marché donc, à un moment où la Suisse se pose des questions sur son régime d’imposition… et durcit son forfait fiscal.

Réalisme et prise de conscience

En fait, le débat dépasse largement le clivage gauche/droite en France, puisque même le candidat Nicolas Sarkozy l’envisageait dans son programme électoral. Peut être faut-il à nouveau écouter la sagesse rude d’un Bernard Tapie, qui détaillait ce matin sur les ondes radio sa vision réaliste et pragmatique : “Il faut que quand tu nais, si t’es pas très riche, tu aies envie de le devenir, plutôt que quand t’es pauvre, t’aies envie que les riches deviennent pauvres”. Une manière de dire que ce sont les excés qui doivent être corrigés, pour ne pas créer de catégorie de Français stigmatisés et ostracisés par défaut. Ce qu’un article de Paris Match résume pour sa part en un titre : “Maudits riches de France !”…

La vraie question ne serait-elle pas : peut-on arriver à parler de ce sujet de façon dépassionnée et sincère ? C’est d’autant plus sensible à gérer que des signaux sont envoyés depuis un moment, concernant l’acceptation d’un effort fiscal supérieur. Ce à l’instar des patrons français par exemple, ou encore dernièrement de quelques personnalités et VIP qui ont pris position. Par exemple l’acteur José Garcia, ou encore un peu plus tôt le chanteur Yannick Noah.

L.D

Assurance-vie : décollecte et conséquences

Mardi 28 février 2012

Cela n’est plus une nouvelle : la fin de l’année 2011 a été difficile pour l’assurance-vie, avec 5 mois d’affilée, d’août à décembre, de décollecte.

Janvier 2012 est un mois de plus où les versements sur les contrats n’ont pas permis de compenser les retraits. Dans un univers fiscal en mouvement, le placement assurance-vie conserve pourtant de nombreux atouts.

Janvier : le 6ème mois consécutif de décollecte

Janvier 2012 est ainsi le 6ème mois d’affilée où les montants des rachats ont été supérieurs à ceux des versements. A environ 1 milliard d’euros, le montant de la décollecte nette est toutefois très inférieur à celui de décembre, de novembre ou même d’octobre marqués par des décollectes respectives de 3,8 Mds, 2,6 Mds et 2 Mds d’euros. Présentant le 26 janvier les chiffres annuels de l’assurance-vie, le président de la FFSA Bernard Spitz annonçait déjà: « une inflexion est en train de se produire. Nous nous attendons à ce que cette inflexion soit positive et nette ».

Une inflexion positive

Janvier est traditionnellement marqué par la publication des taux de rendements des contrats Euros qui influencent le comportement des épargnants, ainsi rassurés après des mois précédents de fort attentisme, par suite des craintes liées à la restructuration des dettes souveraines. A  11,9 Mds d’euros, les versements sont à « un niveau supérieur aux neuf derniers mois de l’année 2011 et qui retrouve ses meilleurs niveaux », souligne l’AFA, dans un commentaire repris par les Echos. Les prestations versées sont restées à un niveau élevé à 13 milliards d’euros (contre 13,5 Mds en décembre 2011).

Désaffection conjoncturelle ou structurelle

Sont régulièrement évoquées pour expliquer ce phénomène :

  • les craintes liées à la crise des dettes souveraines,  poussant les épargnants à se tourner vers les livrets et les comptes à terme mis en avant par les banques, et toujours vers l’immobilier ;
  • la baisse des taux de rendement amène les épargnants à puiser davantage dans leurs contrats (besoins de consommation, remboursements d’emprunts, recherche de compléments de retraite).

Nombreux atouts conservés

Marquée par une relative désaffection (passagère ?),  l’assurance-vie reste pourtant le moyen privilégié de se constituer une épargne longue. Ce grâce à une fiscalité avantageuse, permettant d’optimiser la transmission du patrimoine.  Loi de Finances 2012 et  lois de finances rectificatives 2011 ont touché la fiscalité immobilière, celle des valeurs mobilières (durcissement du régime des plus values et hausse des taux de PFL) et celle des différents placements à taux fixe ( PFL à 24% sur livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme…). Parallèlement, les différents taux de PFL auxquels sont soumis les intérêts en cas de rachats sur un contrat d’assurance-vie n’ont subi aucune hausse.

En revanche, à court terme, comme tous les autres produits d’épargne fiscalisés, l’assurance-vie sera bien sûr impactée par la hausse de 2 points des prélèvements sociaux annoncée le 29 janvier dernier par Nicolas Sarkozy.

“Par rapport aux autres supports d’épargne, l’assurance-vie offre une combinaison exceptionnelle entre diversification des placements, liquidité, rémunération et sécurité. Les comptes à vue ne sont pas rémunérés ou très faiblement. Les livrets réglementés sont liquides, mais leur plafond est rapidement atteint et leur rendement modeste. (…). Les investissements en direct en valeurs mobilières sont de gestion plus complexe pour le particulier. Les PEA sont attractifs mais les dépôts sont plafonnés et les possibilités de sortie ne sont pas aussi souples”. C’est ainsi que la Cour des Comptes situait l’assurance dans le paysage français des produits d’épargne dans son rapport thématique de janvier 2012 intitulé « la politique en faveur de l’assurance-vie ».

C d F.

La perte du triple A : et si c’était une bonne chose ?

Mercredi 25 janvier 2012

La perte du triple A de la France décidée par l’une des trois grandes agences de notations  (Standard and Poor’s) mais maintenue par les deux autres montre bien à quel point la science économique est une science humaine et non une science exacte. Et c’est tant mieux

Les critères d’abord. Il y a certes l’estimation d’éléments objectifs (endettement, politique économique, risque de solvabilité). Mais aussi subjectifs (estimation de la croissance à plus d’un an, incertitudes politiques). Chaque agence prend en compte ces critères mais c’est le dosage à l’origine de l’appréciation finale qui est différent.

Les marchés financiers ensuite. La France n’a eu aucun mal à emprunter,  de surcroit à des taux attractifs après sa dégradation. Normalement après la baisse de sa notation, un pays emprunte plus cher. Cela n’a pas été le cas, comme ce ne le fut pas non plus quand les Etats-Unis ont perdu leur triple A.

(ce passage du JT de BFM TV pour illustrer le propros, ndlr)

La contradiction enfin. Les agences exigent plus de maîtrise des comptes publics et une diminution souvent drastique de la dette ce qui passe par plus d’impôts, moins d’investissements et des coupes claires dans les politiques sociales.  Et dans le même temps, elles demandent aux  Etats de favoriser la croissance.

Risque et politique économique

Le fait que de nombreux pays voient leur note abaisser montre que les marchés prennent seulement en compte le risque de solvabilité. Ils n’ont donc aucun doute : les Etats-Unis et la France paieront leurs dettes.

Se libérer du triple A et surtout ne pas essayer -en cassant la croissance, en augmentant le chômage- de le récupérer rapidement permet de pratiquer une politique économique plus supportable. Etaler les dettes dans le temps, construire une politique européenne cohérente sont plus raisonnable que de couper la main qui travaille en lui demandant… de produire plus !

Patrick Lelong

Sur le même sujet : relire la note “La semaine des A“; et revoir l’infographie ci-dessous, sur les agences de notation financières, sur lesquelles un doute a pesé dès septembre dernier

La semaine des A

Lundi 16 janvier 2012

Si l’on prend un peu de hauteur sur les actualités économiques et financières des derniers jours, un des points convergents de la semaine écoulée se fixe… sur une lettre, et la première même. Le A. On n’en sortait pas, dans le flux des infos délivrées et le buzz généré sur les réseaux sociaux.

Tout d’abord, c’est le livret A qui faisait l’actualité en étant annoncé vendredi comme inchangé au 1er février 2012. Une première, de mauvaise augure me direz-vous, pour les épargnants. Surtout quand l’on se souvient (juin 2011) que le livret A comptait dernièrement “10 milliards d’euros de collecte, 205 milliards d’encours“. Mais il faut aussi relativiser cette “danse du A”, avec un peu d’historique sur l‘évolution du livret A sur 10 ans : il a connu son plus haut en août 2008, à 4%; et son plus bas un an plus tard, à 1,25%.

Le “A” s’est conjugué autrement. Sur un tout autre plan en effet, les rumeurs de plus en plus persistantes se confirmaient en effet durant le week-end : la France perd son triple A. Si les premières heures de réaction ont été concentrées sur le champs politique avec la présidentielle en ligne de mire, les experts mettent un peu plus de temps à envisager les conséquences purement économiques et financières. Voire, on essaye de se rassurer, ce qui est de bonne guerre, en multipliant les déclarations positives : “La France est une valeur sûre” (V. Pécresse, in Le Point); “Il ne faut pas s’attendre à un krach” (Les Echos); etc.

Je ne suis pas devin, mais comme Pierre nous en parlait sur son blog dans “La note ne fait pas tout“, il y a peu à parier qu’un certain contexte ait joué. Et que si votre enfant ne vous ramenait pas ce A tant souhaité sur un devoir -et j’ajoute- si la machine à laver dont vous rêviez n’est pas en catégorie A, si le RER A n’en finit pas de vous énerver, si ce menu A n’était pas si bon que cela, si, si… Nous ne serions pas loin de la fixation, voire de l’obsession collective et individuelle.

La France qui gAgne

Sortons un peu du champs économique (encore que) pour savoir repérer aussi “la France qui gagne” comme l’ont dit souvent dans les cercles et causeries. Une France elle aussi conjuguée (décidément) à la lettre “A”, celle de “The Artist“. Le film français avec Jean Dujardin à l’affiche vient en effet de décrocher 3 prix au Golden Globes, à Hollywood. Une piste aux étoiles pour les Oscars dit-on, qui sera aussi un tremplin pour la promotion et l’efficacité de l‘industrie cinématographique hexagonale.

Et, même si un secteur ne fait pas tout, quand l’on se souvient des très bons chiffres de 2011 pour le cinéma français, voici des atouts pour un rebond en 2012 et une image à reconquérir à l’international.

L.D

Pour prolonger : relire le dossier “Les agences de notation en question“; et l’article encyclopédique “Réduction d’impôt : investir dans le cinéma“.

2009-2011 : 7 repères sur l’argent des Français

Vendredi 16 décembre 2011

Si l’on remonte le cour de l’Histoire hexagonale récente, on peut noter des phénomènes intéressants alors qu’on parle au moins depuis 2008 d’un contexte de crise économique et financière. Voici quelques étapes clés dans la métrique du patrimoine et de l’argent des Français. Elles permettent d’en mesurer le dynamisme potentiel ou en tout cas sa capacité de résistance.

Pour compléter :

A quand le vrai plan de rigueur ?

Mardi 25 octobre 2011

Je ne fais pas de provocation. Je tire seulement la sonnette d’alarme avant l’accident. Notre pays est endetté à hauteur de 87% de notre PIB (richesse nationale). Certes, il y a pire mais ce n’est qu’une maigre consolation (le Japon détient le record avec un endettement de 200% mais sa dette est détenue par les citoyens japonais).

Les perspectives de croissances sur lesquelles s’appuie notre budget (loi de finances) seront revues très prochainement  à la baisse (autour de 1% au lieu de 1 ,75%; cf actualité du jour). Il y a aura donc moins de recettes, donc forcément à terme plus d’impôt. Et pour tenir nos engagements de désendettement, il faudra trouver 10 milliards d’euros supplémentaires.

Budget de rigueur… dépensier

Il est vrai que pour la première fois les charges de personnel de l’Etat sont en baisse de 100 millions d’euros mais au total, le budget de 2012 sera de 362,5 milliards d’euros contre 357 milliards en 2011. Nous dépenserons donc 5,3 milliards d’euros de plus que l’année précédente. Une curiosité pour un budget dit de rigueur.

La faute à qui ? En particulier au 3,4 milliards d’euros de l’augmentation de la charge de la dette. Une charge qui deviendrait beaucoup plus importante si la France devait perdre son triple A.

Patrick Lelong

Réforme fiscale et ISF : le verbatim

Mercredi 13 avril 2011

La mort annoncée du bouclier fiscale et l’aménagement de l’ISF ont, dès ce matin 13 avril provoqué de nombreuses réactions que ce soit dans la classe politique ou du côté des économistes… Retour sur cette journée et ses “petites phrases“, selon l’expression consacrée.

“Une mesure de classe”

Cette mesure qui va toucher 300.000 contribuables va apparaître naturellement à l’opinion publique comme une mesure de classe” déplore le député UMP villepiniste Jean-Pierre Grand.

Source :  L’Express.fr

Le communiste Jean-Claude Sandrier, membre de la commission des Finances de l’Assemblée dénonce : “Ils ont réussi à faire un nouveau cadeau fiscal aux plus riches, ce qui est totalement invraisemblable“.

Source : L”Express.fr

“Un aveu d’échec

Michel Sapin, secrétaire national à l’économie au PS :  ” La mesure phare du paquet Tepa (travail, emploi, pouvoir d’achat, NDLR), le bouclier fiscal, est aujourd’hui enfin annulée. Il y a en contrepartie une volonté affichée de remonter l’impôt sur les successions qui avait été diminué dans le même paquet. Bref, il ne reste plus aujourd’hui de cette loi voulue par Nicolas Sarkozy“.

Source : Le Point.fr

Le gouvernement “bricole”

Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, groupe PS  dénonce un gouvernement qui “bricole”. “L’ISF ne sera pas supprimé et là encore le président de la République recule, certains prétendront même peut-être qu’il mange son chapeau, dans la mesure où il avait toujours conditionné la suppression du bouclier fiscal à la suppression de l’ISF“.

Source  : Boursier.com

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, a dénoncé «un bricolage fiscal permanent qui fait de l’impôt quelque chose d’incompréhensible et d’injuste». Il a par ailler estimé que la suppression du bouclier fiscal est «une bonne chose», il juge que «la question qui se pose c’est de savoir combien il reste à la charge de l’Etat, car la stratégie constante c’est d’appauvrir l’Etat».

Source : Liberation.fr

Un “aménagement” vers un “impôt un peu bizarre”

La montagne a accouché d’une souris“, résume Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes. Pour lui, le scénario annoncé ne mérite pas le nom de “réforme fiscale” :  “c’est un simple aménagement, comme il peut y en avoir souvent

Source : Le Point.fr

Michel Taly, avocat fiscaliste: “c’est toujours mieux d’avoir un impôt avec des taux réduits, qui permet de se passer de bouclier ou de plafonnement”. “Le futur ISF sera amélioré mais il restera un impôt un peu bizarre, avec le maintien de tout un tas d’exonérations”.

Source : Le Point.fr

Pour “une justice fiscale”

Pour le député UMP Pierre Méhaignerie, “On simplifie, on n’augmente pas les déficits, on ne fait pas payer les classes moyennes, on va dans le sens de la justice fiscale et on évite des prélèvements qui accélèrent les exils fiscaux“.

Source : Le Point.fr

Jérôme Chartier, porte-parole du groupe UMP pour le débat budgétaire : “Cette réforme, c’est loin d’être un cadeau aux riches (…) Il fallait nécessairement réformer l’ISF et en faire un impôt de solidarité juste mais qui ne soit pas confiscatoire”.

Source L’Express.fr

Elie Cohen : “le G20 est utile quand il envoie des signaux”

Mercredi 24 novembre 2010

L’économiste Elie Cohen a la grande qualité de proposer un discours analytique simple et pédagogique. Nous l’avions d’ailleurs interviewé l’été dernier dans le cadre de “BforBank, le Magazine“. Il intervenait début novembre sur le Talk Le Figaro, et a fourni en substance la “big picture” de la situation économique actuelle.

Elle est pertinente à entendre dans la mesure où cette “picture” est actuellement bien centrée sur les questions monétaires, financières  qui vont déterminer demain et après-demain les “conditions de jeu” pour les investisseurs et les épargnants. Avec cette question aussi directe que lancinante : la France reste t-elle oui ou non un pays où il faut placer et investir?

Voici quelques-une des idées clés que l’économiste aborde au fil de cette interview :

  • l’Europe n’a pas décidé qui doit gérer la politique de change : il n’y a pas de gouvernement économique en Europe; cette politique est de fait gérée par la BCE
  • il y a une percée conceptuelle au G20 : il faut travailler sur les déséquilibres globaux mondiaux; et arrêter la guerre des changes, voir ce qui provoque cela, c’est à dire les déséquilibres commerciaux
  • sur le nouvel ordre mondial monétaire : la politique française de vouloir des changes fixes, des contrôles des mouvements spéculatifs… c’est trop ambitieux. Une percée cependant : réfléchir par “zones cibles”, et par exemple faire évoluer trois monnaies majeures dans un “serpent” (cf : référence au célèbre “serpent monétaire” des années 70).
  • le G20 est utile quand il envoie des signaux : par exemple, lors de la crise financiaro-économique. Mais quand l’attente est celle de mesures précises…? Ce n’est pas son rôle.