Le mot qui a résumé le mieux le week-end passé a été prononcé sur les ondes de Radio France ce matin. Le journaliste qui traitait l’info dans le journal du matin, évoquait en effet un “film de politique fiscal” concernant l’affaire Depardieu. Comprendre : au sens de politique fiction, et de scénario à rebondissements. Pas un JT ou magazine d’information qui n’ait abordé le sujet à la suite, et créé un feuilleton hors norme, au diapason d’un des plus grands acteurs français (1).
Tout a visiblement débuté sur les réseaux sociaux, où un teasing rabattait le chaland sur la publication à venir, dimanche dans le JDD, d’une lettre de Gérard Depardieu répondant au Premier ministre J-M Ayrault. La seule séquence réseaux sociaux et circulation de la lettre sur le web, a suscité la polémique. Sur le fond, cette lettre, en effet publiée dans l’édition n°3440 du journal, en page 24 (au sein d’un article plein page) n’est pas le pamphlet qu’on pouvait attendre ou crainde (selon). Elle a été écrite certes avec passion et en abordant plusieurs dimensions (personnelle et générale) mais sa prose est aussi retenue. L’acteur la termine d’ailleurs d’un elliptique “je suis un être libre (…) et je vais rester poli”.
Pour le reste, elle justifie en fait le départ de l’acteur célèbre de France pour la Belgique, plus exactement le village de Néchin. Un départ qui équivaudra pour lui à rendre “mon passeport et ma sécurité sociale”.
La lettre chiffre notamment, du point de vue du contribuable, son bilan fiscal personnel au fil des ans : “je pars, après avoir payé, en 2012, 85% d’impôt sur mes revenus” (…) “j’ai payé 145 millions d’euros d’impôts en quarante-cinq ans”. Si l’on calcule, cela représente 3,2 millions d’impôts par an, en moyenne. Un montant impressionnant, mais invérifiable commente Le Figaro. Il souligne aussi qu’il a fait “travailler 80 personnes dans des entreprises qui ont été créées pour eux et qui sont gérées par eux”.
Les réactions des membres du gouvernement (comme Michel Sapin ou Aurélie Filippetti) n’ont pas tardé à suivre, et le moins qu’on puisse dire est qu’elles n’ont pas éteint le feu. Elles ouvraient plus à des réponses de type “montée du ton” et “tac ou tac”.
Match nul
Toujours sur France Info ce matin, le consultant média et politique Thierry Saussez résumait parfaitement le dossier et l’affaire : pour lui ce feuilleton ne profite ni au partant, ni au gouvernement. Il y a en effet pour lui risque de stigmatiser l’un comme l’autre, voire de réduire une politique fiscale au cas de quelques contribuables VIP hors normes. Pour rappel, le dossier de ces contribuables et des exilés fiscaux émaillent la politique française depuis les dernières élections présidentielles.
L.D
(1) sa seule filmographie liste par exemple 20 films à plus de 3 millions d’entrées.

















