L’économiste Elie Cohen a la grande qualité de proposer un discours analytique simple et pédagogique. Nous l’avions d’ailleurs interviewé l’été dernier dans le cadre de “BforBank, le Magazine“. Il intervenait début novembre sur le Talk Le Figaro, et a fourni en substance la “big picture” de la situation économique actuelle.
Elle est pertinente à entendre dans la mesure où cette “picture” est actuellement bien centrée sur les questions monétaires, financières qui vont déterminer demain et après-demain les “conditions de jeu” pour les investisseurs et les épargnants. Avec cette question aussi directe que lancinante : la France reste t-elle oui ou non un pays où il faut placer et investir?
Voici quelques-une des idées clés que l’économiste aborde au fil de cette interview :
- l’Europe n’a pas décidé qui doit gérer la politique de change : il n’y a pas de gouvernement économique en Europe; cette politique est de fait gérée par la BCE
- il y a une percée conceptuelle au G20 : il faut travailler sur les déséquilibres globaux mondiaux; et arrêter la guerre des changes, voir ce qui provoque cela, c’est à dire les déséquilibres commerciaux
- sur le nouvel ordre mondial monétaire : la politique française de vouloir des changes fixes, des contrôles des mouvements spéculatifs… c’est trop ambitieux. Une percée cependant : réfléchir par “zones cibles”, et par exemple faire évoluer trois monnaies majeures dans un “serpent” (cf : référence au célèbre “serpent monétaire” des années 70).
- le G20 est utile quand il envoie des signaux : par exemple, lors de la crise financiaro-économique. Mais quand l’attente est celle de mesures précises…? Ce n’est pas son rôle.


