Jusque-là, les dossiers technologiques et du web ont assez peu émaillé la campagne présidentielle 2012. Par comparaison, en 2007, je me souviens que le candidat Sarkozy avait par exemple tôt croisé le chemin du blogueur influent, tout comme la candidate Ségolène Royal avait misé sur un projet participatif audacieux.
Et puis mercredi, accélération, là où on ne l’attendait pas. Les utilisateurs de Twitter notaient qu’un certain Jack Dorsey (@jack sur le réseau social, pour les intimes, photo ci-contre) était de passage à Paris. Il est rien moins qu’un des fondateurs de Twitter et Square, et racontait à travers plusieurs tweets qu’il est sur Paris et rencontre nos hommes politiques. En fait, les principaux candidats déclarés à la Présidentielle, dans l’ordre : François Bayrou, François Hollande et Nicolas Sarkozy. Lequel dernier était gratifié -à la sauce web 2.0- d’un tweet de bonjour dès le 13 mars : “Thank you for the welcome President Sarkozy. I’m looking forward to meeting you tomorrow.”
Objectif de ce meet-up day, ou de cette tournée des popotes dans la langue de Molière ? Pas très clair à dire vrai, si ce n’est de servir des intérêts divers : ceux de s’installer en France pour Twitter, dit-on ; ceux de se faire mousser pour nos candidats. Bien sûr, Dorsey n’a pas vu que des politiques : sur ses tweets, il évoque notamment Xavier Niel (Free) et Dominique Leca (Sparrow).
Les vrais enjeux
L’enjeu véritable est plus vaste : aborder la question de la net-économie, de son développement et de ses financements. L’homme politique en campagne, peut être demain “patron” de la grown-up France, pourrait être celui qui actionne tel ou tel projet critique… ou qui en bloque d’autres. On se souvient par exemple en mai 2011 de la polémique sur la citation des marques Facebook et Twitter. Ou plus récemment (rappelle Le Figaro) que le candidat Sarkozy envisage “de taxer les acteurs américains d’Internet pour leurs activités en France, à travers une taxe sur la publicité en ligne ou l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés“.
On peut donc en l’état juste remarquer les changements de paradigmes et les bizarreries. Avant, c’eut été une rencontre avec le patron de Microsoft ou de Google… aujourd’hui le réseau social confirme sa prise de pouvoir. Autrement, ç’aurait pu être aussi une rencontre avec un patron de réseau social français… Il n’en existe pas dites-vous ? Fatale erreur. Viadeo est un réseau social professionnel français. Et même Copains d’avant est aussi à sa manière un réseau social, tout comme un Meetic sur un tout autre terrain.
La question de la net-économie et des réseaux sociaux “à la française” peut-elle être réglée en une rencontre lobbyiste expédiée, avec un Américain de passage à Paris ? Certainement pas. Le dossier aurait mérité un vrai traitement, qui rejoint aussi les intérêts des investisseurs individuels : comment arriver à orienter une partie de l’épargne hexagonale sur le développement des entreprises innovantes ? comment créer les conditions financières de ce fameux “Google français” que les politiques espérent souvent dans leurs discours ?
Tiens, je vais tweeter cette note, voir si vous avez des idées





















