Archive pour la catégorie ‘twitter’

Twitter, la net-économie, la Présidentielle

Vendredi 16 mars 2012

Jusque-là, les dossiers technologiques et du web ont assez peu émaillé la campagne présidentielle 2012. Par comparaison, en 2007, je me souviens que le candidat Sarkozy avait par exemple tôt croisé le chemin du blogueur influent, tout comme la candidate Ségolène Royal avait misé sur un projet participatif audacieux.

Et puis mercredi, accélération, là où on ne l’attendait pas. Les utilisateurs de Twitter notaient qu’un certain Jack Dorsey (@jack sur le réseau social, pour les intimes, photo ci-contre) était de passage à Paris. Il est rien moins qu’un des fondateurs de Twitter et Square, et racontait à travers plusieurs tweets qu’il est sur Paris et rencontre nos hommes politiques. En fait, les principaux candidats déclarés à la Présidentielle, dans l’ordre : François Bayrou, François Hollande et Nicolas Sarkozy. Lequel dernier était gratifié -à la sauce web 2.0- d’un tweet de bonjour dès le 13 mars : “Thank you for the welcome President Sarkozy. I’m looking forward to meeting you tomorrow.

Objectif de ce meet-up day, ou de cette tournée des popotes dans la langue de Molière ? Pas très clair à dire vrai, si ce n’est de servir des intérêts divers : ceux de s’installer en France pour Twitter, dit-on ; ceux de se faire mousser pour nos candidats. Bien sûr, Dorsey n’a pas vu que des politiques : sur ses tweets, il évoque notamment  Xavier Niel (Free) et Dominique Leca (Sparrow).

Les vrais enjeux

L’enjeu véritable est plus vaste : aborder la question de la net-économie, de son développement et de ses financements. L’homme politique en campagne, peut être demain “patron” de la grown-up France, pourrait être celui qui actionne tel ou tel projet critique… ou qui en bloque d’autres. On se souvient par exemple en mai 2011 de la polémique sur la citation des marques Facebook et Twitter. Ou plus récemment (rappelle Le Figaro) que le candidat Sarkozy envisage “de taxer les acteurs américains d’Internet pour leurs activités en France, à travers une taxe sur la publicité en ligne ou l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés“.

On peut donc en l’état juste remarquer les changements de paradigmes et les bizarreries. Avant, c’eut été une rencontre avec le patron de Microsoft ou de Google… aujourd’hui le réseau social confirme sa prise de pouvoir. Autrement, ç’aurait pu être aussi une rencontre avec un patron de réseau social français… Il n’en existe pas dites-vous ? Fatale erreur. Viadeo est un réseau social professionnel français. Et même Copains d’avant est aussi à sa manière un réseau social, tout comme un Meetic sur un tout autre terrain.

La question de la net-économie et des réseaux sociaux “à la française” peut-elle être réglée en une rencontre lobbyiste expédiée, avec un Américain de passage à Paris ? Certainement pas. Le dossier aurait mérité un vrai traitement, qui rejoint aussi les intérêts des investisseurs individuels : comment arriver à orienter une partie de l’épargne hexagonale sur le développement des entreprises innovantes ? comment créer les conditions financières de ce fameux “Google français” que les politiques espérent souvent dans leurs discours ?

Tiens, je vais tweeter cette note, voir si vous avez des idées ;-)

Demain, la génération YM

Lundi 13 février 2012

business_generation_y_Peter Van Lancker_flickrOn dit et on mesure souvent ce que les nouvelles technologies ont bouleversé dans nos modes de vie et nos façons de faire du business. Mais parfois, il faut vraiment considérer les proportions pour comprendre ce qui change. Par exemple dans l’univers mobile, quand on se demande où se trouveront les clients business demain et comment on les croisera…

Ainsi selon Kantar Media, repris par LeJournalDuNet, ce sont 92% des jeunes Français de 15 ans qui sont aujourd’hui équipés d’un mobile, téléphone ou smartphone (32% dans ce dernier cas). Si cette statistique se concentre surtout sur les besoins de cette jeunesse auprès des fournisseurs d’accès, il est d’autres dimensions complémentaires.

A 15 ans, l’âge adulte arrive vite demain… Dans 3 à 5 ans, ces ados deviendront citoyens, consommateurs et surtout “consommacteurs”, c’est à dire prescripteurs des services les plus adaptés à leurs attentes. Et ne songez pas à les décevoir ou à les forvoyer ! Cette génération ci sera la suivante de la Génération Y (1) actuelle, déjà souvent décrite comme zappeuse, si elle n’est pas satisfaite.

Génération YM : connectée et véloce

Il y a ce que dit cette enquête et il y a donc le reste. La vélocité qui ira avec la génération Y. Utile, par exemple de savoir qu’il s’agit donc d’utilisateurs pour qui la manipulation tactile et les applis n’ont plus de secret. Des utilisateurs qui, arrivés à âge adulte, auront donc envie de croiser leurs marques favorites, leurs fournisseurs, leurs clients, leurs partenaires… sur ces interfaces. D’y gérer leurs comptes, y faire leurs courses, y accomplir leurs démarches, y travailler même.

Vous n’y croyez pas ? Vous pensez que, rôôô, allez quoi, rien ne va changer ? Je vous laisse apprécier ce scénario plausible, avec Hugo, dans 5 ans à peine, un exemple potentiel de ce que j’appellerai la génération YM :

Je me réveille avec les vibrations de l’horloge de mon smartphone… hop, coup d’oeil au Twitter de mon boulanger pour voir à quelle heure précise sortent ses croissants tout chauds du four. En me rasant, je lui en pré-commande 5 pour les copains, réserve en ligne un resto pour mon déj’ d’affaire. Dans le bus, je lis les dernières propales de mon assureur sur sa page Facebook, et y discute en chat avec un commercial, car je vais acheter une maison. Sur le chat, je préviens aussi mon chef : j’aurai 5 minutes de retard, mais je lui envoyé notre prez de ce matin via PDF mobile. Je saisis une ristourne flash proposé par l’agent promo virtuel de mon voyagiste, qui m’a pingé tout pendant. Arrivé au boulot -”send”- je termine une demande de devis en ligne sur le site d’un concurrent, de l’assureur et checke le profil LinkedIn du vendeur immobilier que je dois voir au soir… Quant à mon boulanger, je le direct message sur Twitter pour la commande de demain : ce sera 10 croissantes“, etc, etc.

Sûr, à cette vitesse là et multiplié par des milliers de consommacteurs connectés, ça va dépoter !

(1) sur ce sujet, lire par exemple le récent ouvrage “La Génération Y par elle-même

Les réseaux sociaux, nouveau pouvoir en 2011 ?

Lundi 28 novembre 2011

C’est vrai, on ne peut le nier. S’il y a bien une année où l’on a entendu parler de partout, en toute occasion, sous toutes les latitudes, des réseaux sociaux… 2011 est cette année du social media. Qu’il s’agisse de médias, d’e-commerce, d’entreprises, de mouvements sociétaux ou nationaux, les réseaux sociaux ont toujours été en premières lignes. Dépassant tout le monde, submergeant les penseurs, secouant les codes, modifiant les us et coutumes. Il y a clairement un avant et un après.

C’est d’abord un phénomène quantitatif de plus en plus net, très lié à l’usage des nouvelles technologies et de l’informatique en général, au sein de la population comme dans les entreprises. De nombreuses infographies circulent pour montrer visuellement cette révolution. Melty.fr s’essaye à un nouveau comptage des forces en présence, au sein d’une infographie animée particulièrement sautillante. Mais après tout, pourquoi pas…

Les réseaux sociaux ont pris le pouvoir en 2011: vidéo Facebook sélectionnée dans LOL

Outre la pléthore de chiffres, je retiens pour ma part une info clé presque clivante : les femmes sont plus actives que les hommes sur les réseaux sociaux ! 55% pour elles, 45% pour eux. De quoi largement inspirer les business, projets commerciaux, discours et propos sur ces espaces en ligne.

Pour autant sur un autre plan, il faut un peu remettre les choses en place, mobiliser notre mémoire. Si beaucoup semblent tomber du lit à l’orée de 2012 et découvrir les réseaux sociaux (“ah ce Nouveau Monde“…), il faut rappeler quelques éléments de “timeline”, de temporalité et presque déjà d’histoire. Ce pour aider justement à apprécier les difficultés et obstacles. La révolution n’a pas été aussi nette que cela, elle résulte déjà d’un long processus, d’une mutation en profondeur.

Gardons notamment en tête que :

  • les blogs existent en France, sous forme de plateformes de contenu et outil de publication… depuis au moins 2003
  • les réseaux sociaux majeurs (Facebook et Twitter) se sont développés… dès 2007
  • que le magazine “Time” consacrait sa couverture de personne de l’année à “You” (soit nous, l’utilisateur et contributeur du wen)… en 2006 !

Relativisons ce social media power

Cela ne signifie pas qu’en 2011 il faille frustrer ou se dire qu’on est en retard. Mais juste être plus exigeant, plus concentré dans le choix de ce que l’on fait sur les médias sociaux et sur son enthousiasme (ou pas) à y aller. Le pire étant alors de… ne rien faire, de considérer comme futile, un phénomène de jeunes et/ou de geeks. Et pour se détendre un peu plus encore, il faut se souvenir que le sujet est déjà hollywoodisé depuis plus d’un an, grâce au film “The social network“, narrant l’histoire de Facebook et de son fondateur. Et quand un sujet de société a son film américain grand public, on peut être sûr que, ça y est, c’est devenu incontournable, massif.

Alors à la question qu’on m’a souvent posé de savoir “à quoi ça sert ?“, “qu’est-ce qu’il faut faire ?“, “quel réseau est incontournable ?“… je répondrai : posez-vous vous même la question. De quoi avez-vous besoin, quels sont vos objectifs ? Et même si l’on parle plus de dimension communautaire, participative : qu’avez-vous à apporter aux réseaux sociaux existant ? Car ceux ci ne sont qu’un outil, et pas une fin en soi.

Et puisque cet outil est désormais validé, utilisons le dans toutes les dimensions d’une vie sociale, business, travailleuse, productive, etc. Ne donnons pas aux réseaux sociaux le pouvoir de “baguette magique” qu’ils n’ont pas, pour transformer ce que nous n’avons pas su faire plus tôt, avec d’autres technologies et “boutons”. C’est trop attendre d’eux, c’est mal les comprendre.

Pour prolonger :

Google+ entre en business land

Mardi 8 novembre 2011

Si vous êtes présent sur les réseaux sociaux comme Twitter, vous devez voir depuis hier fleurir des tweets (messages) comme “Désormais, vous pouvez aussi nous suivre sur Google+“, accolés à des noms de marques ou d’entreprises.

Que se passe t-il au juste ? Simple : la plateforme de l’américain Google vient de s’ouvrir aux marques et aux entreprises, après son lancement survenu l’été dernier. Depuis, le service a essayé aussi de s’appuyer sur quelques VIP, au-delà des early adopters issus du milieu du web 2.0, comme par exemple le net-entrepreneur Loïc Le Meur.

Sans doute faudra t-il une bonne phase d’observation, avant de justifier de la création de pages G+ pour les entreprises, associations, projets, causes, business, etc. de façon systématique. Quand j’avais testé Google+ en juin dernier, j’étais resté un peu sur ma faim, je dois bien l’admettre. Ce même en étant depuis plusieurs années un “google user” satisfait. Et depuis lors, je demeure sur cette impression.

Comme pour un particulier, les entreprises doivent tenir compte de plusieurs aspects, et répondre à plusieurs questions avant de se lancer :

  • s’ajouter (ou pas) la gestion supplémentaire de cet espace communautaire
  • déterminer (ou pas) quel besoin spécifique couvrirait Google+, en sus des réseaux existants
  • mesurer l’impact (SEO, le référencement notamment) d’une page Google+ dans un dispositif web élargi

L’univers googlien

Google+ nouvelle marque social media de Google.

Le pire serait en effet de simplement décliner les mêmes messages déjà multi diffusés sur le web, même si la mécanique de référencement mise en avant est certainement séduisante. Plus que jamais, il s’agit d’une entrée en Google-land, qui est aussi une manière de créer son “business land web”. Plus clairement, un écosystème web complet s’étoffe pour les entreprises, sur le web, avec Google.

Le point fort de cet univers ci est sa cohérence, sa complétude. Même si les habitudes prises pour l’heure sur les réseaux et le web 2.0 sont à l’éparpillement et aux multi écrans, ainsi qu’à un certain “enfermement” en ses murs, comme le coincoit par exemple Facebook. “Meet your audience” disent nos cousins anglo-saxons. On peut aussi simplement se dire que l’offre s’étoffe, que le concurrence s’avive, ce qui devrait logiquement, même en économie 2.0, profiter au consommateur.

Pour compléter : hors Google+ voici une vidéo présentant les Google Apps pour entreprises

Et le grand vainqueur de la primaire PS est… la retraite à 60 ans !

Lundi 17 octobre 2011

vainqueur-primaire-parti-socialiste-ps-retraite-60-ansire PS est… la retraite à 60 ans !François Hollande et Martine Aubry se sont en apparence accordés sur le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, lors du débat télévisé de l’entre deux tours de la primaire socialiste sur France 2. Non sans équivoque.

A priori, les 2 prétendants à la Présidence de la République affichent la même position, qui est celle du PS : retour aux 60 ans pour l’âge du droit à la retraite, mais avec maintien d’une durée de cotisation de 41,5 ans pour bénéficier d’une pension à taux plein.


Martine Aubry sur les retraites par martineaubry

Jusqu’ici, pourtant, tous les candidats à la primaire socialiste ont toujours entretenu le flou sur la question des retraites comme nous l’évoquions sur ce blog dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée »

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir, avant le 1er tour, d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS sur le site web de Rue 89.

Mercredi soir, c’est François Hollande qui s’est retrouvé gêné aux entournures.

Un débat lourd de sous-entendus

En citant un propos de Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, fin connaisseur du sujet (il est membre du Conseil d’Orientation des Retraites) et surtout conseiller retraites de l’élu corrézien, qui aurait parlé d’une retraite à 65 ans, Martine Aubry a jeté le trouble et mis en doute la volonté de Hollande de rétablir réellement l’âge légal de la retraite à 60 ans.

Alors que Hollande a affirmé son engagement de revenir à l’âge légal, Aubry lâche:

- «Cela veut dire que tu n’es pas d’accord avec Pascal Terrasse… qui te conseille sur ces questions, et qui vient de nous expliquer qu’il faut passer de 60 à 65 ans»…

- «Pascal Terrasse, précise David Pujadas, qui est un des proches de François Hollande..

- Aubry continue: «Il conseille François Hollande sur ces questions. Il y a une dépêche qui dit, j’ai pas bien compris, qu’il fallait porter l’âge légal de 60 à 65 ans. Je n’imagine pas que tu puisses être d’accord là-dessus…»

- Hollande: «Peut-être que tu as mal compris».

- Aubry: «Malheureusement, j’ai bien compris

Le débat s’arrêtera là, lourd de sous-entendus, souligne Libération.

«Il y a ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes »

Malgré le démenti agacé de l’intéressé sur son blog, le quotidien enfonce le clou en publiant sur son site web un enregistrement audio de l’intervention du conseiller de Hollande.

Interrogé par un participant sur le projet de revenir à la retraite à 60 ans, Terrasse fait d’abord rire l’auditoire en lâchant: «Il y a ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes.» Et sur la question de l’âge légal porté à 62 ans par la réforme de novembre 2010, il affirme ainsi: « Compte tenu de la situation de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieilless), et de ses déficits, je ne pense pas honnêtement qu’on reviendra sur la borne d’âge», avant d’évoquer un passage à 65 ans, résume Libération.

La guerre entre les 2 camps se poursuit désormais sur les réseaux sociaux entre militants par comptes Twitter interposés. Un nouveau vent de polémique qui nous laisse, hélas, face à nos retraites, comme des girouettes  : incapables de nous fixer avant de rouiller.

AB

Copyrights : Laura Mary sur Flickr

La pollinisation techno-économique, comme les abeilles

Lundi 12 septembre 2011

La pollinisation techno-économique Dans une interview au magazine Télérama, l’économiste Yann Moulier Boutang développe une intéressante analyse du développement des économies modernes. Plus précisément sur le rôle et l’impact des nouvelles technologies, de l’internet et des réseaux sociaux : des “outils”, des secteurs dont on a eu un peu de mal, ces dernières années, à les rattacher justement à une vision positive de la croissance. La crise des “dotcoms” est passée par là, et de toute façon l’absence de modèle économique durable perdure… Au point qu’on parle régulièrement de “bulle 2.0“, comme d’un risque imminent.

Pour Moulier Boutang, il s’agit en fait de “pollinisation”, se déroulant comme chez les abeilles :

“L’interdépendance mondiale est comparable à l’opération qu’effectuent les abeilles, qui ne se contentent pas de produire du miel et de la cire, mais fécondent la nature en transportant le pollen de fleur en fleur. Or, [...] la pollinisation des abeilles représentait entre 790 fois et 1 000 fois la valeur de leur production en miel et cire”.

Et d’enfoncer le clou pour définir l’économie virtuelle et contemporaine au mieux : “Ce qui a de la valeur désormais, ce sont les opérations d’interaction complexe entre les gens. L’économie d’innovation repose sur cette ‘pollinisation’ humaine.“, qui passe par internet et les réseaux sociaux.

Son exemple le plus représentatif  ? Il est puisé naturellement, sans doute pour un “macophile”… C’est en effet l’américain Apple qui incarnerait pour l’économiste, cette pollinisation techno-économique, au passage des formidables valorisations boursières de la high tech :

“Il s’est passé le mois dernier un événement qui restera dans les livres d’histoire : une entreprise d’informatique, Apple, avec 330 milliards de dollars, a dépassé la capitalisation boursière d’Exxon, première compagnie pétrolière mondiale. Apple l’a fait avec des ordinateurs, mais aussi avec le développement d’« éco-systèmes ». [avec] des développeurs, des valeurs d’entreprise, de la marque, de l’organisation sociale [...]“.

Certes Apple est un univers en soi, et c’est même un objectif mercantile chez lui. On pourrait objecter à l’économiste que cette pollinisation joue sans doute encore plus dans l’ADN de l’informatique open source par exemple, ou dans le concept de cloud computing qui l’a suivi. Réseaux, inter-connexions, rapidité de travail, etc.

De l’abeille à l’homme ?

A noter que cette approche théorique n’est pas toute neuve, chez l’économiste. Qui lui a consacré un essai sur la question, au printemps 2010 : “L’abeille et l’économiste“. Et si l’on prolonge la métaphore animalière, il serait intéressant de poser quelques questions complémentaires :

  • qui jouent le rôle des frelons, des guêpes ? ;-) Le monde des abeilles n’est pas tout de miel et de douceur. Il suffit de revoir les actualités estivales sur le frelon asiatique, pour le mesurer…
  • comment appréhender les questions d’obsolescence voire de rupture technologique ? voire à considérer que des écosystèmes entiers peuvent devenir caduques, y compris en informatique et sur le web;
  • la pollinisation peut-elle durablement être une économie, de création de valeurs marchandes et d’emploi ?

L’économie du “qui vous suit” sur Twitter et les réseaux

Mardi 23 août 2011

Qui ne vous suit pas sur Twitter“. Ces quelques mots génère 52 millions de pages sur Google, en français. Et même 306 millions de pages, dans la version anglaise de la question : “Who doesn’t follow me on Twitter” ! Quelques requêtes que l’on lance avec les mots clés, on tombe sur des résultats à plusieurs dizaines de millions de pages…

Qui suit sur Twitter, une économieCes chiffres révèlent à eux seuls le poids que prend dans la pratique du web et des réseaux sociaux, la connexion inter-personnelle et surtout le poids des réseaux. En effet, le taux d’influence ne se résume pas seulement au nombre de personnes qui s’abonnent à votre compte, mais aussi à un ratio entre abonnés/abonnements, complété par l’analyse des interactions (en volume et récurrence).

T’as pas encore ton Klout ?

Ainsi, depuis cet été, on parle beaucoup sur Twitter et consorts de Klout. Non, ce n’est pas une nouvelle marque de bricolage au nom rigolo… Mais bien une nouvelle application de monitoring web et social media qui égrène, au fil de tweets et messages divers les chiffres de l’influence de tel ou tel compte. Par exemple, pour jouer le jeu, je peux vous indiquer que j’apparais (sur mon compte personnel @ldupin) ce jour sur Klout avec un score de 56. Le compte @BforBank, plus récent, s’y affiche un score de 42.

Klout après d’autres services qui ont fait parler d’eux, soulignent cette économie de l’influence et du réseau qui s’installe peu à peu. A tort ou à raison. Qu’on le veuille ou non, le poids d’un réseau de 10.000 “followers” est plus parlant qu’un “petit” réseau de 100… On commence notamment à la ressentir dans certains métiers du web, où les recruteurs recherchent les profils dotés des plus gros réseaux personnels. Pour pouvoir, très pragmatiquement, s’en servir dans leur propre marketing et leur stratégie.

Un marché à venir ?

Je pars un instant sur le terrain du blog Bourse, par ailleurs sur cette plateforme. A l’heure où l’on se cherche des “bassins de données”, des terrains innovants à monétiser ou titriser, verra t-on un jour un “marché” de l’influence, avec défilement de ses cotations phares, de ses stars et gadins ? Ou mieux (pire), les sociétés vont-elles être influencées dans leur cotation boursière par… l”influence qu’elles génèrent justement ? Certains traders en parlaient en fin 2010, j’avais pu le constater par exemple sur le Salon du Trading. On a envisagé aussi de prédire la bourse grâce à Twitter. Mais tout ceci ‘était avant la crise financière de 2011… Peut être qu’un peu de “back to basics” va se jouer sur ce terrain, dans les prochains mois.

Mais soyons sûr qu’avant d’être un marché côté, l’économie du “qui vous suit sur Twitter” et ailleurs, est déjà un business. Pour les web agencies et éditeurs de logiciels en ligne occupant ce terrain.

Facebook et Twitter, success stories interdites de com’ ?

Mardi 31 mai 2011

A chaque jour, son scoop sur la perception des réseaux sociaux dans l’économie réelle… Le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) vient d’en fournir un nouvel épisode, avec la décision d’interdire à l’antenne des chaînes de télévision de citer Facebook et Twitter. Des services de réseaux sociaux en ligne certes, mais aussi des marques commerciales

Dans la guerre économique que se livrent ces deux réseaux, avec les autres réseaux concurrents et aussi entre eux, le phénomène est révélateur : il souligne une sorte de distorsion entre cette économie virtuelle et l’économie réelle. Comme le rappelle Christine Kelly, conseillère au CSA, citée par l’AFP, il ne faudrait pas trop rapidement sanctionner cette décision de rétrograde, de old school. Bien au contraire, elle est pesée, argumentée : “Pourquoi faire de la promotion régulière pour un réseau qui lève des milliards de dollars comme Facebook et pas pour un autre qui a du mal à se faire connaître?”, a insisté l’ancienne journaliste de LCI. “Il y a Myspace, Skyblog, Bebo… des réseaux sociaux spécialisés. En privilégier un plutôt qu’un autre, c’est de la distorsion de concurrence“.

Tel Clubic.com, certains sites et experts rappellent que, dans l’autre sens, les médias classiques sont bien contents de l’existence de Twitter et Facebook, qui leur fournit de la matière première, un peu comme une AFP gratuite et permanente…

Les marchés citent, eux

La distorsion se joue aussi face à l’extrême engouement des marchés, pour ces deux réseaux, pour ces deux success stories. Notamment au regard de leur prochaine entrée en bourse, dont nous parlions dès décembre 2010. Et lors de la dernière conférence-live organisée par BforBank le 24 mai dernier, Marc Fiorentino soulignait que tout ce brouhaha actuel allait notamment profiter à l’entrée en bourse de Facebook.

Et d’une certaine manière, interdire de citer quelque chose dont tout le monde parle, où tout le monde veut investir, où tout le monde rêveraient de travailler… c’est encore plus accréditer son succès.

La bulle web, LinkedIn déconseillé, Facebook gagnant

Jeudi 26 mai 2011

"Marc Fiorentino"Durant la conférence-live tenue mardi sur le thème “Investir dans un monde incertain“, les trois experts invités sur le plateau sont revenus à plusieurs reprises -motivés par les questions des internautes- sur le sujet des nouvelles technologies et de la possible nouvelle bulle web en cours de constitution sur les marchés boursiers. Une bulle notamment à base d’engouement pour les réseaux sociaux comme LinkedIn et Facebook.

En voici les passages clés en images :

Parmi les phrases saillantes sur cette nouvelle bulle web, celles de Marc Fiorentino :

  • La bulle ? A la fin il n’y aura probablement qu’un seul gagnant, c’est Facebook“;
  • L’eG8 ? Il ne faut pas que ça se transforme en Festival de Cannes numérique, où chacun va vouloir être pris en photo sur le tapis rouge avec Mark Zuckerberg“.

Phrases fortes aussi de François de Curel, concernant LinkedIn, récemment introduit en bourse :

  • Je ne conseille pas d’acheter du LinkedIn
  • En bourse, il vaut mieux investir dans des sociétés dont les résultats vont augmenter et qui ne sont pas valorisées trop cher. Le contre-exemple de LinkedIn aujourd’hui

Un oubli, Twitter ?

Une seule remarque : Twitter, pourtant âgé de 5 ans et très ciblé par les investisseurs ces derniers mois qui attendent comme pour Facebook son introduction boursière, n’a pas été cité une seule fois par les trois experts. Le réseau social de micro-bloguing est pourtant souvent envisagé pour prédire la bourse… un comble !

Double comble, pour ainsi dire, d’autant que Twitter était mercredi soir “LE” sujet de discussion du talk-show “Ce soir ou Jamais“, animé par Frédéric Taddéï sur la chaîne France 3. Même si l’angle d’accroche partait de l’affaire DSK et de son fort écho sur Twitter, certains experts des technologies savent que lorsqu’un sujet arrive ainsi dans un espace grand public, il en est parvenu à sa maturité business… A vérifier sous peu.

Twitter pour prédire la bourse : ça se précise

Lundi 2 mai 2011

Je vous en parle régulièrement sur ce blog : les réseaux sociaux bouleversent notre façon de travailler et d’envisager l’économie… Outre la seule entrée en bourse de Twitter, s’impose depuis fin 2010 l’idée d’utiliser cet outil pour prédire l’avenir des marchés. La “capacité prédictive” comme on la nomme, souvent vue d’ailleurs en science-fiction…

Mais sur le terrain bien réel, dans la vraie vie, le sujet a particulièrement rebondi ces dernières semaines. Tout d’abord sur le projet d’un sujet de sa gracieuse majesté, rapporte La Tribune. Paul Hawtin, 28 ans, a rien moins que lancé un « hedge fund », Derwent Capital Markets, sur ce seul concept. Sur le New York Times, qui a suivi l’affaire un peu plus tôt en avril, on en apprend davantage sur cette aventure :

  • que le projet partait au départ avec 40 millions de dollars en actifs, mais que vu l’intérêt déclenché dans le monde entier, le total nécessaire serait plus proche des 100 millions de dollars;
  • que la société attendait l’approbation de l’Autorité britannique des services financiers pour changer de structure et l’adapter à cette nouvelle configuration;

Universitaires et projets

Autre écho, par plusieurs études et projets d’universitaires cautionnant la logique de ces outils et la mettant en forme. Dans l’une des études citées par Venture Beat, on tente de mesurer l’effet qualitatif et quantitatif de ces outils où : “un certain sous-ensemble dans le groupe d’utilisateurs à haute fréquence fait des prédictions exactes  dans  plus  du trois quart des messages“. Comprendre : c’est dans le coeur de tendre du bifteck que cela se passe.

A noter, outre le simple aspect business que ces utilisateurs ont été récompensés en récoltant plus de “followers” (les personnes qui vous suivent) et de nombre de “RT” (re-tweet, une re-publication d’un de vos messages par une tierce personne).  Les études se transforment parfois en test web live, grandeur réelle, comme sur Tweet Trader qui a tout du réseau social en ligne spécialisé.

Des doutes cependant

Ce bel enthousiasme n’est cependant pas total. Quelques voix s’élèvent et doutent du “bidule” : comme sur Working Capital, le blog d’Halah Touryalai sur Forbes.com qui questionne “Comment pouvez-vous être sûr que le tweet foireux d’un de vos amis vous fasse gagner de l’argent ?“. Sur FastCompany, on y voit même le nouveau jouet des futurs apprentis Bernard Madoff… Des joujoux dangereux en somme.

Il y a au moins une chose qu’on peut donc prédire assurément : lancer un bon buzz sur les capacités prédictives de Twitter, érigées en business, ça fait monter les enchères !