Archive pour la catégorie ‘social’

Carenity : le 1er réseau social pour les patients et leurs proches

Jeudi 25 avril 2013

Michael Chekroun Entretien avec Michael Chekroun

Pouvez-vous nous présenter  votre activité ? Combien d’emplois avez-vous créé ?

Carenity est le premier réseau social pour les patients et leurs proches. Nous nous adressons à des personnes concernées par des maladies chroniques et nous leur proposons un site communautaire pour partager leur expérience, trouver de l’entraide et suivre l’évolution de leur santé avec des applications Web.

J’ai fondé ma société début 2011 et j’ai créé six emplois. Trois autres recrutements sont en cours.

Pourquoi avoir créé ce business en particulier ?

Ce projet découle d’un besoin personnel. J’ai dans ma famille une personne concernée par une maladie chronique. J’ai voulu l’aider en cherchant des informations sur Internet mais j’ai constaté qu’il n’existait pas de réseau social pour entrer en relation avec des personnes concernées par les mêmes questions de santé. J’ai donc créé ce projet qui m’a semblé ambitieux, innovant et surtout utile.

Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir votre propre patron ?

La volonté de confronter une idée à une réalité économique et de sortir du confort du salariat pour créer un business à partir de mes idées et de ma propre stratégie.

Quel est le moment fort de cette année qui vient de s’écouler ?

Il y en a deux : le premier, j’ai bouclé une levée de fonds avec un business angel qui est entré au capital de ma société. Le deuxième c’est quand nous a franchi le cap des 10 000 membres inscrits sur Carenity, courant 2012. Aujourd’hui, nous avons 15 000 membres, 87 % sont des patients et 13 % des proches. Nous avons des membres francophones hors de France, en Belgique, Suisse, Canada, Maroc et Tunisie.


Carenity : le premier réseau social pour les… par BforBankTV

Vous pouvez soutenir ce projet jusqu’au 10 mai 2013 et l’aider a remporter le Prix BforBank de l’entrepreneur

Eric Mainville

Vigeo : de la notation ISR à l’audit-conseil en RSE

Mercredi 11 janvier 2012

epargner_responsable_vigeo_wolf 359_flickrLes investisseurs qui s’engagent dans l’ISR (Investissement Socialement Responsable) ont besoin d’informations financières mais également d’informations extra-financières.

Ces dernières concernent les domaines environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Elles permettent aux investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers, de sélectionner des titres socialement responsables.

Ces informations ESG ne peuvent être recueillies par les investisseurs eux-mêmes. C’est le rôle des agences de notation sociétales ou extra-financières. L’une d’elles, Vigeo, est une société française à dimension européenne. Elle s’est imposée comme un acteur incontournable.

Deux métiers : la notation et l’audit-conseil

Mais Vigeo n’est pas seulement une agence de notation extra-financière.

La société présidée par Nicole Notat se définit par ses deux métiers qui sont identifiés par deux marques distinctes : Vigeo rating et Vigeo enterprise.

Depuis sa création en 2002, Vigeo s’est imposé comme le premier expert européen de la notation et de l’audit-conseil des entreprises s’agissant de leurs démarches, pratiques et résultats liés aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance “ESG”. (rapport annuel 2010)

En résumé, Vigeo rating désigne l’activité de notation et de services ISR. Ils sont destinés aux investisseurs et aux gestionnaires d’actifs.

Vigeo entreprise est destinée aux entreprises et aux organisations qui veulent être accompagnées dans leur démarche RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise). Dans cet article, nous nous intéresserons principalement aux activités de Vigeo rating.

Vigeo gère également deux indices de développement durable : l’ASPI Eurozone et l’Ethibel Sustainability Index Europe. À l’instar des indices traditionnels (Dow Jones, Cac 40), ils suivent l’évolution d’un groupe de valeurs au cours du temps. (Lire notre article sur les indices Dow Jones Sustainability Index)

L’expertise ISR

La notation extra-financière consiste à collecter des informations selon des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Ces données proviennent des rapports d’activité publiés par les entreprises, mais aussi de celles fournies par les parties prenantes ou les médias.
Vigeo étudie plus de 2000 sociétés et organisations. Les analyses portent sur six domaines :

  • Environnement : protection de l’environnement dans la fabrication, la distribution, l’utilisation et l’élimination du produit.
  • Ressources humaines : dialogue social, conditions de travail, santé et sécurité, valorisation des emplois.
  • Droits humains : droits humains fondamentaux, libertés syndicales, négociation collective, non-discrimination, lutte contre le travail forcé et le travail des enfants.
  • Engagement sociétal : impacts sur les territoires d’implantation, contribution au développement économique et social, causes d’intérêt général.
  • Comportements sur les marchés : Relations avec les clients, les fournisseurs et les sous-traitants, respect des règles concurrentielles, prévention de la corruption.
  • Gouvernance d’entreprise : conseil d’administration, audits et mécanismes de contrôle, droits des actionnaires, rémunération des dirigeants.

Fonds verts et éthique : une étude européenne

Vigeo Italia publie tous les ans une étude sur les fonds communs de placement ISR en Europe.
Vigeo édite aussi des études thématiques. En 2010, elle a publié : RSE, de quoi les entreprises rendent-elles compte ? Et Que font les entreprises pour prévenir la corruption ?

En Europe et au-delà

Depuis sa création en 2002, Vigeo s’est développée en dehors de l’hexagone, au point de s’imposer comme un des leaders européens.

Les 89 personnes qui composent ses équipes sont installées à Bruxelles, Casablanca, Milan et Paris. La société est présente au Maroc depuis 2003. Elle accompagne des entreprises dans leur démarche RSE.

« Démonstration est faite quela RSE n’est pas seulement l’affaire d’entreprises des pays dits riches. Une quarantaine d’entreprises marocaines se sont engagées dans ce dispositif », explique Nicole Notat aux Échos.

Actionnariat et prévention des conflits d’intérêts

L’agence de notation doit apporter aux investisseurs des données fiables et se prévenir de tous risques de conflits d’intérêts. C’est pourquoi l’actionnariat est très dilué et divisé en trois collèges entre lesquels se répartissent les 13 millions d’euros de capital :

  • Les gestionnaires financiers et fonds de pensions : 46 %
  • Les organisations syndicales : 27 %
  • Les entreprises : 27 %

Nicole Notat s’est expliquée sur le risque potentiel de conflit d’intérêt dans son interview aux Échos (déjà citée) :

« Si risque potentiel de conflit d’intérêt il y a, l’enjeu consiste à le maîtriser. Un collège de 37 entreprises est au capital de Vigeo pour 0,73 % chacune, avec deux autres collèges, celui des investisseurs majoritaires et celui des syndicats/ONG. Aucun collège ne peut faire prévaloir ses intérêts au détriment des autres. C’est une sécurité en matière d’indépendance.
Depuis notre origine, 14 des entreprises actionnaires ont fait appel une fois à notre service Vigeo Entreprise. Et ces 37 entreprises actionnaires représentent moins de 1 % du nombre des entreprises notées par Vigeo Rating. »

Dates et chiffres clés

  • Chiffre d’affaires (2010) : 7,98 millions d’euros
  • 4 sites : Bruxelles, Casablanca, Milan, Paris
  • 13 nationalités
  • 36 ans de moyenne d’âge
  • 60 % de femmes
  • 89 personnes employées

2002 : création de Vigeo et acquisition d’Arese, première agence de notation ISR en France, fondée en 1997.

2003 : lancement de d’audit en responsabilité sociale.

2004 : création d’une succursale à Casablanca (Maroc).

2005-2006 : rapprochements avec le Belge Stock at Stake et l’italien Avanzi SRI Research, spécialistes de la notation ISR.

2007 : extension en Asie et partenariat avec OWW, agence de notation extra-financière basée à Kuala-Lumpur et Singapour.

2009 : partenariat avec l’espagnol Novaster pour développer des services ISR auprès des investisseurs institutionnels espagnols, portugais et andorans.

2010 : création des deux marques Vigeo rating et Vigeo Entreprise ; représentation de Vigeo au Japon

Les fonds 90/10 pour investir solidaire

Lundi 9 janvier 2012

fonds-investir-solidaire_shaggy359-FlickrLes fonds 90/10 sont ainsi dénommés parce qu’ils investissent dans des valeurs ISR (Investissement Socialement Responsable) pour 90 % et dans des entreprises solidaires pour 5 à 10 %.

Ces fonds 90/10 représentent les deux tiers de l’épargne solidaire dont l’encours s’élevait à 3,150 milliards d’euros fin 2010. Dans ce total, l’épargne salariale solidaire a un poids croissant (1,460 milliard d’euros)*.

Investir dans des entreprises solidaires

Les fonds 90/10 se définissent par l’obligation d’investir de 5 à 10 % dans des sociétés solidaires. Ces entreprises travaillent dans les secteurs de l’emploi, du social et du logement. L’épargne solidaire finance également la solidarité internationale et, dans une moindre mesure, l’environnement. Dans les faits, le pourcentage des fonds 90/10 investi dans le solidaire s’élève à 6,72 %.

Une entreprise solidaire au sens de l’article L 3332-17-1 du Code du travail est une entreprise :

Dont les titres de capital, lorsqu’ils existent, ne sont pas admis aux négociations sur un marché réglementé et qui :
- soit emploie des salariés dans le cadre de contrats aidés ou en situation d’insertion professionnelle ;
- soit, si elle est constituée sous forme d’associations, de coopératives, de mutuelles, d’institutions de prévoyance ou de sociétés dont les dirigeants sont élus par les salariés, les adhérents ou les sociétaires, remplit certaines règles en matière de rémunération de leurs dirigeants et salariés. Ces règles sont définies par décret.*

Label Finansol

La plupart de ces fonds sont reconnaissables par leur label Finansol, organisme qui labellise les produits d’épargne solidaire. Créé en 1997, il a accordé son label à 126 produits d’épargne solidaires.

Certains fonds ont aussi un mécanisme de partage : l’épargnant partage une partie des revenus avec une association de son choix.

Les secteurs de l’investissement solidaire

Les secteurs de l’emploi, du social et du logement représentent 82 % des investissements solidaires des fonds 90-10, et même 90 % pour l’épargne salariale solidaire.

“Des chiffres très élevés qui s’expliquent historiquement. En effet, trois structures détentrices de l’agrément solidaire ont été pionnières et ont reçu la quasi-totalité des investissements solidaires :la SIFA(France Active), l’ADIE et Habitat et Humanisme. Les deux premières interviennent sur la thématique de l’emploi tandis que la troisième œuvre dans le domaine du logement très social”.*

La solidarité internationale représente 25 % de l’épargne solidaire bancaire, mais seulement 6 % de l’épargne salariale solidaire. Le secteur de l’environnement représente 3 % de l’investissement solidaire.

La composition des fonds

La part investie dans les entreprises solidaires est de 6,72 %. on est donc plus proche du plancher de 5 % que du maximum autorisé de 10 %.

la part investie dans des entreprises cotées est de 48,85 % et la part d’obligations est de 38,12 %. Les actifs monétaires représentent 6,31 %.

Le comité du label Finansol veille à la composition de ces fonds. La partie 90 doit être investie en valeurs ISR. Les gérants ont pour obligation de présenter leur politique d’Investissement Socialement Responsable sur ces titres.

L’encours des cinq premiers fonds 90/10

    • FCP Insertion Emplois Dynamique – Natixis AM/Caisse d’épargne (254 millions d’euros)
    • FCPE Carrefour Équilibre Solidaire – Natixis AM/Natixis IE (217 millions d’euros)
    • FCPE Amundi Label Équilibre Solidaire – Amundi Group (100 millions d’euros)
    • FCPE Impact ISR Rendement Solidaire – Natixis AM/Natixis IE (97 millions d’euros)
    • FCP BNP Paribas Obli Etheis – BNP Paribas AM/BNP Paribas (91 millions d’euros)

L’épargne solidaire en chiffres

  • En 2010, 800 000 Français détenaient un produit d’épargne solidaire.
  • Un encours de 3,15 milliards d’euros en 2010.
  • 34 000 emplois créés en 2010 et 2 500 familles relogées

Pour aller plus loin :

* Baromètre professionnel de l’épargne solidaire, 2011 (La Finance pour tous)

Les indices Dow Jones Sustainability

Vendredi 2 décembre 2011

indice_Dow_Jones_SustainabilitySi vous suivez les informations financières, vous êtes familier des indices boursiers : CAC 40, Dow Jones, Nasdaq… Mais avez-vous entendu parler des indices Dow Jones Sustainability?

Cette série d’indices fournit des informations aux investisseurs engagés dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Autrement dit, il leur permet de suivre l’évolution des entreprises considérées comme les meilleures sur le plan des pratiques environnementales et sociales. Le DJSI, créé en 1999, est le plus ancien indice de ce type. Il est réalisé par les indices Dow Jones et la société de gestion suisse Sam.

Indice boursier et développement durable

« Les indices DJSI ont été créés pour suivre les performances des entreprises leaders dans leur domaine en matière de développement durable. Les premiers indices ont été publiés le 8 septembre 1999. Ces indices comportent des variantes excluant les entreprises tirant leurs revenus de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie ». (source: DJSI world guidebook)

Les indices Dow Jones Sustainability (DJSI) couvrent trois continents et une cinquantaine de secteurs économiques.

Une série de dix-neuf indices correspondent à des zones géographiques : cinq pour le monde, cinq pour l’Europe, quatre pour l’Amérique du Nord et les États-Unis et cinq pour l’Asie.

A partir de ces indices de base, il est possible de pratiquer l’exclusion de secteurs économiques sensibles. Certains indices excluent un ou plusieurs des secteurs de l’alcool, du tabac, du jeu, des armements, des armes à feu et de la pornographie. Par exemple, le DJSI World ex. Alcohol est l’indice suivant les entreprises du monde entier mais en excluant le secteur de l’alcool.

Critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance

Les indices DJSI procèdent à une sélection des meilleurs entreprises selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Les notes sont fournies par la société de gestion Sam.

Seules un peu plus de 10% des entreprises sont sélectionnées dans chaque secteur économique. Pour les indices Monde, environ 300 entreprises sont retenues sur 2500.

Les indices DJSI considèrent cinquante-huit secteurs économiques regroupés en dix-neuf supersecteurs tels que la chimie, l’automobile, les médias, les télécommunication, etc.

L’indice publie le nom des leaders de chaque supersecteurs, ainsi que les principales entrées ou sorties du classement annuel. En 2011, BMW est leader dans le secteur de l’automobile, Pepsico dans celui de la nourriture et de la boisson, Pearson dans celui des médias et Air France KLM dans le secteurs des voyages et loisirs, pour ne donner que quelques exemples.

Suivre la performance de l’ISR

Les indices permettent de suivre la performance des entreprises sélectionnées. Une comparaison avec les indices globaux montre que la performance de l’ISR est assez comparable à celle de la gestion classique. Le DJSI World a suivi une évolution très voisine de celle du MSCI World depuis sa création en 1999 (voir graphique 1).

indice_Dow_Jones_Sustainability

Quant au DJSI Europe, voici son tracé en comparaison de celui DJ Stoxx 600. Le DJSI Europe suit la performance du top 20% des 600 principales sociétés européennes.

indice_Dow_Jones_Sustainability

Le suivi de ces indices « responsables » nous renvoie au débat sur la performance de l’ISR, débat qui est loin d’être tranché.

Pour prolonger, sur le même sujet:

LeWeb’11 : SoLoMo en question, et thèmes business

Mercredi 16 novembre 2011

Cette année LeWeb, cuvée 2011 sera à nouveau le rendez-vous annuel incontournable de tous les acteurs, experts, financeurs de la net économie et du web 2.0. Le thème choisi est celui du SoLoMo. Il s’agit d’un concept business qui réunit les notions de “Social” et “Local”, puis enfin “Mobile”. Manière de résumer d’un trait où se trouve le terrain de jeu pour tous les acteurs du web et des médias sociaux.

Le moins que l’on puisse dire est que cette notion fait débat. Pour l’agence Vanksen, “SoLoMo” est simplement une “constatation importante“, pas une révolution technologique en soi. Pour le blogueur et expert en 2.0 Fred Cavazza (photo ci-contre), c’est même une “tarte à la crème“… Validée ou pas par la communauté des spécialistes de la spécialité, cette notion livre en tout cas un prisme pour apprécier les projets web et les manières de faire du business en ligne à l’orée de 2012.

Au sein du riche programme étendu sur 3 jours (1 de plus par rapport aux éditions précédentes), voici ce que j’ai repéré (choix non exhaustif) :

  • 7 décembre, 16h25 : Bill Gross, Founder & CEO, Idealab, évoquera le sujet “Apprendre d’un échec : 20 de cours d’entrepreneuriat en 20 minutes”. Ce qui ne manquera pas de parler au blog de Clarisse ;-)
  • 8 décembre, 9h10 : le “Money panel”, qui évoquera les problématiques de financement et de capital d’amorçage des start-ups. Avec notamment, parmi les intervenants, Jeff Clavier, Founder & Managing Partner, de SoftTech VC.
  • 8 décembre, 11h : l’auteur Carmine Gallo, viendra expliquer les “7 principes de l’innovation, d’après les secrets d’innovation de Steve Jobs”. De quoi dire, sur un domaine où feu le patron d’Apple fait des émules.
  • 9 décembre, 9h15 : un thème cher à Loïc Le Meur, sur le “Comment les gouvernements européens aident l’écosystème des start-ups”.
  • 9 décembre, 11h15 : rien moins que Sean Parker, General Partner & Founders Fund. Celui-là même qui a fondé Napster et co-développé Facebook !
  • 9 décembre, en session plénière à 9h35 : le thème très business du “Comment obtenir un effet de levier sur les conversations des clients”. Auquel on peut ajouter le débat de 10h25, très en phase, du “Building a Facebook page is not enough!”.

Pratique : à noter, pour celles et ceux ne pouvant assister à la conférence, que des vidéos live seront diffusées sur son site et que les réseaux sociaux (notamment Twitter) s’en feront largement l’écho.

Pour prolonger : consulter la rubrique “start-up competition” sur le site LeWeb; le trombinoscope des participants; relire la note “business et réseaux sociaux selon Loïc Le Meur

Rencontre avec Antoine Sorange, responsable de l’analyse extra-financière chez Amundi (2/2)

Mardi 18 octobre 2011

Un logiciel pour aider à la décision

Antoine Sorange nous fait une démonstration de l’utilisation du logiciel SRI. Il montre à l’écran un résumé de l’analyse extra financière d’une valeur, en l’occurrence Peugeot.

Ce résumé est matérialisé par un triple réseau de cercles visualisant les notes dans les domaines environnemental, social et de gouvernance (ESG). L’analyste peut modifier les notes d’une entreprise grâce au logiciel, à condition de le justifier au moyen d’une note de synthèse. La décision de l’analyste est souveraine, même si les analystes en débattent également entre eux.

Pour les analystes extra-financiers, le logiciel SRI est avant tout un lanceur d’alertes. Il détecte notes qui posent problème. « Par exemple, sur une valeur, deux agences de notations vont donner deux notes divergentes. L’outil va alors émettre une alerte. Pour nous, l’important sera de creuser ce critère en particulier, de rencontrer l’entreprise pour se faire une opinion. »

Ce travail d’enquête se poursuit afin de confirmer la notation de certaines entreprises. « Si, par exemple, une valeur est très bien notée, on va chercher à comprendre pourquoi et interroger l’entreprise. A contrario si une autre est très mal notée, par exemple avec la note E qui signifie exclusion des portefeuilles, et qu’elle représente 3% des indices, on va analyser en profondeur avant de demander au gérant d’exclure cette valeur. En effet, les fournisseurs de données ont des questionnaires très génériques, pas toujours adaptés aux entreprises. Parfois également les entreprises peuvent avoir une mauvaise note parce qu’elles n’ont pas pris le temps de publier certaines données ».

Des rencontres avec les entreprises

L’analyse extra-financière implique des rencontres avec les entreprises pour des compléments d’information. Ces rencontres ont pour but d’en savoir plus.

analyse extra-financière Amundi

« Les analystes rencontrent les entreprises sur des questions environnementales ou sociales. Cela aboutit parfois à la modification des « fiches valeurs » des entreprises.

L’équipe Corporate Governance d’Amundi rencontre également les entreprises, elle travaille en lien avec les analystes extra-financiers « L’équipe de corporate governance, qui est proche de la nôtre, a pour mission de définir et faire évoluer la politique de vote d’Amundi et de voter aux assemblées. Le premier axe d’engagement est le vote. Cette équipe pratique aussi le dialogue pré assemblée. Avant de voter contre une résolution, elle contacte l’entreprise et parfois on aboutit à une solution consensuelle avec l’entreprise, parfois non et dans ce cas on vote contre. »

Une politique d’engagement

Enfin, l’équipe d’analystes va continuer sa politique d’engagement et l’amplifier. Des rencontres avec les entreprises auront pour but de les sensibiliser à des questions environnementales ou sociales. « Le troisième axe qu’on va développer, ce sera de l’engagement au sens exact du terme. On va cibler un sujet, parce qu’on ne pourra pas traiter tous les sujets environnementaux et sociaux, et des entreprises et faire de l’engagement auprès de ces entreprises. »

Enfin, le regard des médias et du grand public sur son métier laisse Antoine Sorange frustré. « Le grand public a perdu confiance dans le monde financier. Pourtant, nous sommes convaincus que ce qu’il se passe dans la gestion d’actif reste très sain. Il y a des règles, mais également un contrôle de risque. Et puis l’ISR n’est-il pas un moyen de redonner confiance au grand public parce qu’il est connecté aux enjeux industriels, à l’emploi, au lien social et plus généralement à la notion de long terme ?».

Photo : L’équipe d’analyse extra-financière d’Amundi. Crédit photo :Bérangère Lomont.

* L’analyse ISR était regroupé sous le nom d’IDEAM, filiale d’Amundi. Depuis octobre 2011 cette équipe a été rebaptisée le département ISR d’Amundi. Précision: Amundi est une filiale du groupe Crédit Agricole, auquel appartient BforBank.

Investir Socialement Responsable avec BforBank

Jeudi 13 octobre 2011

Vous n’êtes pas sans savoir que se déroule la semaine de l’ISR jusqu’au 16 octobre.

Vous vous sentez concernés par le développement et voudriez investir sur un fonds ISR ? La Sélection de 50 fonds BforBank – construite en partenariat avec Amundi – comprend 5 fonds actions ISR. Ces fonds sont proposés à 0% de droits d’entrée.

  • Amundi Actions Euro ISR et Amundi Actions USA ISR investissent dans les entreprises respectivement de la zone Euro et US selon un processus de gestion responsable. Des critères environnementaux (E), sociaux (S), de gouvernance d’entreprise (G) et de déontologie sont pris dans la sélection des valeurs.
  • Euro Capital Durable investit sur les sociétés de la zone Euro en appliquant les critères ESG. Le fonds utilise une approche “Best in class”, ce qui signifie que seules les 40% meilleures valeurs de chaque secteur ne sont sélectionnées.
  • Sarasin Sustainable Equity Global est un fonds qui investit sur les entreprises internationales. Les valeurs sont sélectionnées selon le principe d’exclusion. Les entreprises liées à l’armement, au tabac, au nucléaire, à la pornographie, à la chimie du chlore et aux produits chimiques et OGM utilisés dans l’agriculture sont donc exclues de l’univers d’investissement.
  • Edmond de Rothschild Tricolore Rendement est un fonds d’actions françaises avec une gestion “value” qui intègre les critères extra-financiers ESGP (P pour Parties prenantes). Novethic vient de lui décerner le label ISR 2011 avec la mention Engagement pour son action auprès des entreprises sélectionnées.

Pour plus d’information et avant tout investissement, le souscripteur doit s’assurer que le fonds correspond bien à sa stratégie d’investissement et doit consulter le prospectus du fonds disponible sur le site de BforBank.

Rencontre avec Antoine Sorange, responsable de l’analyse extra-financière chez Amundi (1/2)

Jeudi 13 octobre 2011

antoine_sorange_responsable_analyse_extra-financiere_Amundi

Récemment, j’ai rencontré Antoine Sorange, qui dirige l’équipe d’analyse extra-financière dAmundi*. Au cours de cet entretien, j’ai voulu mieux cerner en quoi consiste ce métier qui est au cœur de l’Investissement Socialement Responsable (ISR).

L’entretien s’est déroulé le 30 septembre au 44e étage de la tour Montparnasse, dans les bureaux sobres de l’équipe d’analystes extra-financiers d’Amundi, un des dix plus gros asset manager au monde, gérant 700 milliards d’euros, dont 18 milliards en ISR.

Antoine Sorange, qui dirige l’équipe de huit analystes extra-financiers, a évoqué divers aspects de ce métier très technique et qui suppose une forte conviction en faveur du développement durable.

L’ISR, une question de caractère

Quand on demande à Antoine Sorange comment il est devenu analyste extra-financier, il l’explique par son caractère qui le pousse à vouloir découvrir de nouveaux horizons.

Ce diplômé en physique découvre la finance à la fin des années 1990. « J’ai étudié une année à Londres et des banques venaient dans les amphis chercher des physiciens. Il y a cette culture là-bas de faire travailler des physiciens ou des matheux dans la finance ».

Il travaille tout d’abord à la recherche quantitative, puis il devient gérant ISR. « J’ai géré des portefeuilles pendant quatre ans. À l’issue de ces quatre ans, j’ai décidé de m’intéresser encore plus à la partie extra-financière. C’est ce qui m’a intéressé le plus, parce que c’est ce qui donne une vision plus large du monde. On aborde des sujets techniques d’émission de CO2, de consommation d’eau ou de Droits de l’Homme, de gouvernance, etc. ».

Ce qui l’intéresse le plus dans son métier ? « C’est la diversité. On apprend tous les jours. Le développement durable fait appel à différentes disciplines. L’environnement, le social, la gouvernance sont des sujets extrêmement variés. Et le développement durable lui-même évolue. Ce n’est pas un métier où on fait tous les jours la même chose. Et il faut essayer de convaincre les entreprises, les gérants, les clients. »

L’analyste extra-financier et le développement durable

Pour définir la tâche de l’analyste extra-financier, il est important de tracer son périmètre d’action. L’ISR, on le sait, est la traduction financière du développement durable. Cette notion, qui évolue au cours du temps, doit être définie.

« Avant de faire une analyse, on définit ce qu’est le développement durable. On va lire des textes onusiens, de l’OCDE, des lois, des normes, etc. Une fois qu’on a défini le développement durable, on va voir comment ça s’applique dans chaque secteur d’activité. Par exemple, les enjeux de développement durable dans le pétrole ne sont pas les mêmes que dans la banque ou l’alimentation. Une fois qu’on a compris cela, on passe à l’étude des entreprises. Comment chaque entreprise se positionne face aux enjeux de développement durable de son secteur ».

Noter les entreprises sur des critères ESG

Concrètement, le travail des analystes consiste à noter les entreprises. L’équipe d’Amundi suit en permanence 2 600 valeurs.

Une note de A à G est transmise aux gérants ISR (les autres gérants ont aussi accès aux notes). Les meilleures (de A à C) sont sélectionnées et les plus mauvaises sont rejetées. Les gérants ISR d’Amundi rejettent systématiquement les sociétés notées E, F et G.

Les analystes confrontent plusieurs sources d’information. Ces données leur permettent de produire leur notation sur des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).

« On travaille sur des données publiques uniquement. On travaille avec les rapports de développement durable des entreprises, pour celles qui en publient (en France la loi les oblige à le faire, mais ce n’est pas le cas partout dans le monde). On rencontre les entreprises. On travaille aussi avec les agences de notation extra-financière qui nous aident à préparer le travail. On collabore avec les Organisations Non Gouvernementales. Cet ensemble de données publiques va nous permettre de faire une analyse. Par exemple, une entreprise certifiée ISO 14 001, c’est un gage de qualité ».

Toutes ces données sont compilées grâce à un logiciel. Antoine Sorange me rappelle qu’au début des années 2000, les analystes travaillaient avec des tableurs. Le travail était plus rudimentaire, d’autant plus que les entreprises fournissaient moins d’informations.

« On a développé un outil d’aide à la décision, nommé Sustainable Rating Integrator (SRI). Il va collecter toutes ces données, avec un traitement mathématique que nous avons mis en place avec l’équipe de recherche quantitative. Cet outil va croiser toutes les données et émettre des signaux quand des fournisseurs de données ne sont pas d’accord entre eux. Cela nous amène à creuser des questions. Il s’agit d’un outil d’analyse et de gestion. Dès qu’on a validé une note, elle est aussitôt disponible pour les gérants ISR. »

* L’analyse ISR était regroupée sous le nom d’IDEAM, filiale d’Amundi. Depuis octobre 2011 cette équipe a été rebaptisée le département ISR d’Amundi. Précision : Amundi est une filiale du groupe Crédit Agricole, auquel appartient BforBank.

Les Français et l’ISR: les épargnants en quête d’information

Jeudi 13 octobre 2011

semaine_investissement_socialement_responsableLes critères environnementaux et sociaux ont une place importante dans les décisions d’investir des Français, même s’ils sont peu à connaître précisément le concept d’ISR. C’est une des conclusions de l’étude sur la perception de l’ISR par les Français, réalisée par l’Ipsos pour Eiris* à l’occasion de la Semaine de l’ISR. L’enquête a été publiée dans Les Echos. Elle révèle un réel besoin d’information et de pédagogie.

L’ISR : un concept peu connu des Français

Quand on interroge les Français sur ce qu’est l’ISR, seuls 8% savent précisément de quoi il s’agit. L’an dernier la même enquête montrait que seuls 4% des Français étaient capables de nommer et décrire un produit ISR. Même si la question n’est pas exactement la même, on peut percevoir une prise de conscience. 28% ont déjà entendu parler de l’ISR mais ne sauraient le définir et 64% n’en ont jamais entendu parler.

Pour autant, les critères environnementaux et sociaux ont une importance dans les décisions de placement. Pour 60% des investisseurs ils occupent une place très importante (14%) ou importante (46%). De plus, 45% des sondés pensent accorder à l’avenir une place croissante aux critères environnementaux, sociaux et éthiques.

Des épargnants cohérents avec leurs choix de consommateurs

L’ISR est perçu comme un moyen d’être cohérent avec ses autres choix de consommateur et de citoyen (selon 55% des sondés). De plus, l’ISR permet de donner un sens à son épargne (46%). Il être un moyen d’utiliser l’épargne pour peser sur le comportement des entreprises (41%).

En revanche, les motivations financières n’apparaissent pas primordiales. Seuls 14% pensent que les placements ISR sont plus performants à long terme et 20% qu’ils limitent les risques.

Si l’on pose les mêmes questions à des épargnants prêt à investir en ISR, les arguments sont repris avec plus de force. Ainsi, 86% voient l’ISR comme un moyen d’être cohérent avec ses autres choix de consommateur, 84% comme un moyen de donner un sens à son épargne et 72% comme un moyen de peser sur les entreprises.

Une forte demande d’information

Pour 75% des sondés, il n’y a pas assez d’information sur l’ISR. 66% jugent qu’on a du mal à comprendre comment les placements ISR pèsent sur le comportement des entreprises. De plus, l’information transmise manque de transparence (57%). Les épargnants prêts à investir en ISR relèvent les mêmes manques d’information sur le sujet.

Les épargnants tentés par l’exclusion

Parmi les différentes approches (ou familles) de l’ISR, le best in class est majoritaire. Pourtant, ce n’est pas celle qui séduit le plus les personnes interrogées.

epargne_approche_investissement_socialement_responsable

L’exclusion tente « beaucoup » 36% des sondés. Elle devance l’approche thématique (26%), l’engagement (20%), le best in class (19%) et l’épargne solidaire (13%).

Mais si on considère les personnes qui sont « beaucoup » ou « assez » tentées, c’est l’approche thématique qui arrive en tête avec 68%. Elle devance le best in class (67%), l’exclusion (64%), l’engagement 58% et le solidaire (44%).

*Eiris se définit comme une agence de recherche internationale sur la performance sociale, environnementale, éthique et de gouvernance des entreprises.

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

Copyrights : milom sur Flickr