Archive pour la catégorie ‘jean-Marc Ayrault’

Bientôt la retraite à 65 ans ?

Mardi 26 février 2013

Bientôt la retraite à 65 ansEn attendant le coup d’envoi cette semaine de la réforme des retraites avec le lancement ce mercredi 27 février de la la Commission chargée d’élaborer des propositions par le gouvernement, certaines voix, tous bords politiques confondus, préconisent déjà un passage à 65 ans pour l’âge légal de la retraite.

Il y a un mois, Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, s’était prononcé dans les colonnes du JDD pour le report des départs en retraite :  

« Il faut dire la vérité aux Français, le vrai calcul se fonde sur la durée de cotisations, pas sur un droit lié à un âge borné et inutile. En conséquence, on peut aller jusqu’à 65 ans. C’est vivement souhaitable, à tous points de vue. Il y a une mortalité forte juste après 60 ans car le travail maintient en forme. Et travailler plus longtemps résoudrait le sous-emploi des seniors. Ce serait un apport considérable. »

Ce week-end, c’est au tour de Xavier Bertrand, ancien ministre UMP du Travail, d’avoir prôné au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI la retraite à 65 ans :

« Il va falloir aussi accepter de continuer à travailler plus longtemps et je pense que la prochaine étape pour les retraites, disons-le sans détour, c’est 65 ans (…) entre 2025 et 2030, certainement plus près de 2025. 65 ans à ce moment précis, c’est ce qui nous permettra de garder notre système de retraite. (…) Beaucoup de Français parmi les plus jeunes préfèrent savoir à quoi s’en tenir plutôt qu’on les mène bateau à chaque fois. »


Xavier Bertrand invité du Grand Jury du 24… par rtl-fr

Reforme de la retraite : 3 mois pour élaborer des pistes

Libre à la commission qui sera installée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, de retenir cette idée parmi les nombreuses pistes de la réforme qu’elle est censée élaborer.

Une dizaine d’experts vont composer cette commission qui aura 3 mois pour travailler et rendre ses conclusions pour la Conférence sociale, prévue au mois de juillet. Des mesures que le gouvernement espère appliquer au plus vite. Car le temps presse.

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné en fin d’année le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011. Pas mieux pour les régimes complémentaires, AGIRC-ARRCO qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

A compter de cette semaine, la retraite n’aura jamais été autant une histoire de trimestre !

AB

Copyrights : Luciano Guelfi sur Flickr

Retraites : « il faudra travailler plus pour payer notre système social »

Vendredi 15 février 2013

C’est un fait, les Américains travaillent de plus en plus tard.

« A New York, il n’est pas rare de voir une personne âgée pousser des caddies dans un supermarché ou balayer les couloirs d’une école. », rapporte LesEchos.fr.

USA : 62% des actifs de 45 à 60 ans veulent retarder leur départ en retraite

C’est 20% de plus qu’il y a 2 ans ! Près du quart des plus de 65 ans sont encore sur le marché du travail, selon les données du gouvernement américain dévoilées par le site économique. Ils sont encore 7% au-delà de 75 ans ! En comparaison, en France, à peine 1,6% des plus de 65 ans continuent à travailler.

La faute à la crise, encore une fois ? Pas du tout. Au contraire.

« Paradoxalement, c’est au moment où la crise semble s’éloigner que son impact sur les travailleurs âgés s’intensifie », explique l’un des auteurs de cette étude.

En effet, outre-atlantique, la bourse a repris des couleurs et retrouvé ses niveaux d’avant la crise, les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse et la courbe du chômage s’est inversée.

En revanche, les Américains sont de moins en moins nombreux à disposer d’un niveau de retraite garanti. Les règles du jeu ont changé : les entreprises ont choisi d’alimenter de façon mensuelle des fonds de pension privés au lieu de promettre une pension fixe à leurs employés. Sauf que ces fonds sont liés aux aléas des taux d’intérêt et de la bourse. Or la Banque centrale américaine maintenant les taux d’intérêt à un niveau proche de zéro : le rendement des fonds de pensions s’est réduit comme une peau de chagrin. Ainsi, ” deux tiers des Américains estiment ainsi avoir perdu 20 % de leur patrimoine financier depuis la crise “.

“Des réformes régulières tous les cinq ans” selon Jean-Pierre Raffarin

En France, pas mieux. Il faudrae slon toute vraisemblance aussi travailler plus s.

« Dans bien des cas, et notamment pour les retraités qui reçoivent une maigre pension, oui. Travailler deviendra sans aucun doute même une nécessité pour de plus en plus de “retraités” à l’avenir, en raison des “réformes” de ces dernières années visant à réduire le montant des pensions (oui, je sais, officiellement, il ne s’agit “que” d’allonger la durée de cotisation, mais qui peut avoir 42 ans de salaire à l’heure actuelle ?). », explique sur son blog, Gilles Raveaud, Maître de conférences en économie à l’Institut d’Études Européennes de l’université Paris 8 Saint-Denis.

« S’il n’y a pas de réformes, on ne peut pas payer. Il faudra des réformes régulières tous les cinq ans. Il faudra travailler plus pour payer notre système social. », a martelé Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP de la Vienne, au micro de Caroline Roux sur Europe 1 ce mercredi matin à propos des retraites.

Une nouvelle réforme des retraites sera d’ailleurs bien engagée cette année.

“Pas d’idée tabou” selon Jean-Marc Ayrault

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, invité de l’édition nationale du 19/20 sur France 3, l’a confirmé ce mercredi 13 février. Tout en reconnaissant que « nous ne pouvons plus vivre avec des déficits », il s’est néanmoins engagé à « garantir l’avenir de notre système de retraite », c’est à dire que les retraités continueront à percevoir leur retraite, mais sans pour autant donner le moindre détail sur les solutions envisagées.

« J’ai proposé une méthode qui va être présentée aux partenaires sociaux pour qu’ensemble, nous sauvions notre système de retraite. », a-t-il expliqué.

Les retraités, eux-mêmes, seront-ils alors mis à contribution ?

Il n’y a « pas d’idée tabou », a répondu le Premier ministre.

« Les retraités comme les autres, (…) nous avons fait une réforme fiscale, nous avons demandé aux plus riches un effort plus important que pour les autres, en préservant les classes moyennes et les classes populaires. Toutes nos réformes, ce sera la même approche. », a conclu Jean-Marc Ayrault.

Copyrights - par heroesbed sur Flickr

Retraites : la fin d’un monde

Jeudi 20 décembre 2012

Si la fin du monde, prévue par les indiens Mayas pour ce 21 décembre 2012, restera une sympathique plaisanterie et un sujet de détente en cette fin d’année, la fin de notre système de retraite, elle en revanche, est une proche et alarmante réalité. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné cette semaine le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011.

Malgré la réforme des retraites menée en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la barre, la perspective d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, ce sans une nouvelle réforme fondamentale ne serait que chimère, confirme par exemple Nicolas Doze de BFMTV (photo ci-contre).

Qu’est-ce qui attend les retraités et ceux qui espèrent encore l’être un jour ?

Plusieurs solutions sont avancées par le Cor :

  • une baisse de 5% du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen ;
  • une augmentation de 1,1% des prélèvements ;
  • un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.

Des pensions rabotées ? Sans aucun doute. Une mesure a déjà été prise dans ce sens par le gouvernement. La future « taxe dépendance » de 0,3% sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2, entrera en vigueur au 1er avril 2013. Par ailleurs, à la même date, la revalorisation annuelle des retraites complémentaires ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%.

Autrement dit, c’est une certitude désormais, le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Autre piste de réflexion pour la future réforme de la réforme des retraites : une nouvelle hausse des cotisations, comme le souhaite la CGT ? Mais alors, quid de la compétitivité qui fait tant défaut à nos entreprises Françaises ?

3ème solution envisagée : repousser à nouveau l’âge légal de la retraite, comme le suggère le MEDEF ?

« L’idéal serait que dans les 2 ans, nous puissions augmenter l’âge légal à 63 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, contre 41,5 actuellement, a proposé Laurence Parisot lors d’un point presse.

A se demander s’il était bien judicieux d’échafauder un bref retour de la retraite à 60 ans, pour une petite poignée de personnes seulement.

2040, retour naturel à l’équilibre

Sinon, attendre 2040, le rééquilibrage naturel progressif des comptes du fait de la démographie comme l’espèrent les syndicats. Date à laquelle les générations les plus nombreuses du baby-boom commenceront à disparaître.

Mais ce serait sans se soucier des générations d’actifs qui vont se sacrifier d’ici là pour supporter les régimes actuels.

Le système de retraite pourrait même revenir à l’équilibre dès 2040 si le taux de chômage descendait à 4,5% et si le taux de productivité progressait dans le même temps de 2% par an, selon les projections optimistes du Cor.

« Pour rassurantes qu’elles soient sur le très long terme, ces perspectives n’occultent pas un grave problème de financement au cours des années qui viennent, ce qui poussera le gouvernement à agir. », rappelle Les Echos.

En attendant, ces prévisions vont servir à présent de base pour la concertation sur une nouvelle réforme des régimes de retraites d’ici mi-2013. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault attend pour le 22 janvier 2013 un deuxième rapport du Cor, sur l’état des lieux des différents régimes de retraite. Une commission pour l’avenir des retraites sera ensuite formée pour proposer différentes pistes de réforme.

Puis une phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux aura lieu à partir du printemps 2013 avec, pourquoi pas, une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.

N’en déplaise aux Mayas, la fin du monde n’est pas pour demain, celle des retraites non plus. Juste un nouveau commencement…

AB

Retraites : une nouvelle réforme, vite !

Lundi 19 novembre 2012

Une majorité de Français (70%) estiment qu’il est nécessaire de faire une nouvelle réforme des retraites dans les deux ans qui viennent. Une personne sur 4 jugeant même cela tout à fait nécessaire. Tel est l’enseignement majeur du nouvel état des lieux de l’opinion des Français sur la retraite et sa préparation: en fait la dixième édition de l’Observatoire des retraites de l’Union Mutualiste Retraite (UMR) avec Liaisons sociales Magazine et Ipsos, rendu public à la fin octobre.

Revenons un peu sur ces chiffres. Le souhait est quasiment unanime car l’insatisfaction et l’inquiétude grandissantes quant à l’avenir des retraites sont partagées par toutes les catégories de population (72% des salariés du privé et 66% des salariés du public). On n’observe même pas de clivage politique sur cette question puisque sympathisants PS (69%) comme UMP (70%) jugent cela indispensable.

Une majorité de Français inquiets

Plus d’un Français sur 2 se disent inquiets en ce qui concerne leur santé ou leur accès aux soins (58% ; +20) ou leur capacité à vivre de façon indépendante (57% ; +20). Ils sont encore plus nombreux à se montrer préoccupés par leur niveau de vie (71% : +16) et plus précisément par le montant de leur retraite (76% ; +12).

Une inquiétude particulièrement élevée chez les femmes, les personnes âgées de 35 à 59 ans et les actifs occupés, par ailleurs très angoissés par le niveau des pensions. Ainsi, dans le détail, se disant inquiètes quant au montant de leur retraite :

  • 4 femmes sur 5 (81%);
  • 83% d’actifs;
  • 84% de personnes âgées de 35 à 59 ans.

Enfin, même si 86% approuvent le retour de la retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler avant 20 ans et qui ont suffisamment cotisé, les problèmes sont toutefois loin d’être résolus : une nouvelle réforme leur semble donc indispensable

Souhait d’une réforme en profondeur

Les Français, pourtant très remontés à l’époque de la réforme Fillon de novembre 2010, souhaitent aujourd’hui une nouvelle réforme selon ce nouvel Observatoire des Retraites. Pas une simple « réformette », qui plus est, mais une véritable mise à plat du système même s’ils restent fortement attachés au régime collectif en vigueur.

En effet, les interviewés se montrent très attachés à ce mode de fonctionnement : 69% estiment ainsi que le système de retraite doit rester collectif et solidaire, afin de limiter les inégalités entre les Français et garantir à chacun une retraite minimum. Les plus de 35 ans (72%), les salariés du secteur public (74%), les cadres (82%) et les sympathisants PS (81%) sont encore plus nombreux à le souhaiter.

Malgré tout, une large majorité des personnes interrogées souhaite voir conduire une réforme de grande ampleur, sans mettre de côté les sujets qui fâchent. Ainsi, 62% des Français pensent que si une réforme devait avoir lieu, il faudrait qu’elle modifie en profondeur le système de retraite en France, en mettant à plat tous les sujets, y compris les plus délicats (mode de calcul des pensions, harmonisation des régimes de retraite entre secteur public et privé, nouveaux prélèvements pour les retraités,…).

Autrement dit, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont un « boulevard » pour la concertation sur les retraites prévue à partir du printemps 2013. 

Enfin, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent d’ailleurs avoir épargné en vue de leur retraite.

Si vous en êtes, vous auss,i à l’heure de ces choix cruciaux, de quelle façon épargnez-vous pour préparer la vôtre de retraite ?

AB

Pour prolonger : vous pouvez consulter en ligne l’Observatoire Français des Retraites / UMR 10ème édition; les chiffres clés de l’UMR.

Vers une prochaine refonte des taux de TVA

Mardi 6 novembre 2012

jean marc ayraultLe rapport sur la compétitivité commandé par le 1er Ministre à peine remis par le commissaire à l’investissement Louis Gallois, le Président  François Hollande en voyage au Laos s’est empressé d’annoncer: « il y aura des décisions fortes qui seront prises ». A l’issue d’un séminaire, le gouvernement a  annoncé aujourd’hui les mesures qu’il compte prendre pour relancer la compétitivité des entreprises et « redonner des marges de manœuvres aux entreprises » selon les termes de Jean Marc Ayrault lors de la présentation  de ces mesures.

Un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros pour la compétitivité et l’emploi sera financé d’un côté par des réductions sur les dépenses publiques et de l’autre par une hausse de la TVA à partir du 1er janvier 2014.

Un allégement du coût du travail sur 3 ans

Si Louis Gallois préconisait un transfert des cotisations sociales vers la fiscalité, le Gouvernement privilégie un crédit d’impôt aux entreprises. Il s’agirait concrètement d’une baisse des cotisations sociales de 6% sur les salaires compris entre 1 et 2,5 fois le Smic. A donc été annoncé le CICE (Crédit d’impôt pour la Compétitivité et l’Emploi) de 20 milliards d’euros sur trois ans qui sera indexé sur la masse salariale que les entreprises déclarent en France. Cette mesure commencera à s’appliquer au titre de l’exercice 2013, donc en 2014. Étalée sur trois ans, cette aide serait de 10 milliards dès la première année.

Pour compenser ces baisses de recettes pour l’Etat, plusieurs pistes seront suivies :

  • réduction des dépenses publiques d’un côté »
  • hausse de la TVA et  nouvelle fiscalité écologique de l’autre.

Le recours à la hausse de la TVA

Le gouvernement a décidé une réduction supplémentaire des dépenses publiques en 2013 et 2014, d’un montant de 10 milliards d’euros. Par ailleurs le Gouvernement a tranché pour une hausse de la TVA tel que le préconisait le rapport Gallois: « on ne pourra pas faire l’économie de l’utilisation d’un impôt à assiette large »peut-on y lire.

Déjà dans un audit sur les finances publiques remis au début de l’été au 1er Ministre, la Cour des comptes estimait que pour respecter les engagements budgétaires internationaux de la France en 2013 une hausse au moins “temporaire” de la CSG ou de la TVA serait “difficilement évitable”.

Un taux normal à 20%

Souhaitant sans doute respecter ses engagements récents selon lesquels il n’y aurait pas d’augmentation de la TVA ou de la CSG en 2013, le chef du gouvernement a annoncé une modification de la TVA à partir du 1er janvier 2014. Le gouvernement a donc présenté une refonte de la TVA comprenant une hausse du taux principal et du taux intermédiaire de la TVA et une baisse du taux réduit. Le taux normal de TVA est actuellement de 19,6% en France et notre pays compte deux taux réduits de 5,5% et 7%.

Un taux intermédiaire relevé à 10%, un taux réduit abaissé à 5%

Le taux intermédiaire de 7% passerait à 10%. Ce taux concerne principalement deux grands secteurs : celui de la restauration et celui des travaux d’entretien et de rénovation des logements. Enfin la TVA sur les produits de première nécessité (alimentation et énergie) serait réduite de 0,5 point à 5% contre 5 ,5% actuellement.

Ainsi nous aurons désormais « un triptyque plus lisible: 5%, 10% et 20%», précisent les services du Premier ministre selon le Parisien.

Des réactions mitigées

Concernant la mesure prise en faveur des entreprises par le Gouvernement Louis Gallois l’a qualifié de « au moins aussi favorable, sinon plus, que celle que je proposais” avec un impact « peut-être plus important ».

Les syndicats FO et CFDT se sont dits plutôt satisfaits, tandis que l’opposition UMP  n’a pas tardé à critiquer vivement le projet gouvernemental. Pour  François Fillon le gouvernement “ne reprend qu’une partie” des propositions du rapport Gallois. Il n’y aura donc pas de choc de compétitivité ” ajoute t’il. Pour Jean-François Copé c’est un « plan hypercomplexe, bureaucratique, et par ailleurs, très insuffisant.

Bien évidemment, l’opposition a également rappelé l’engagement non tenu du Président de la République de ne pas augmenter la TVA

 

10 millions de retraités taxés ?

Vendredi 12 octobre 2012

A-C. Poujoulat afp.com

Les retraités taxés seront-ils plus nombreux que prévu au final ?

Jusqu’à présent, afin de contribuer à réduire le trou de la sécu, selon le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013 du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, on pensait que seuls les retraités s’acquittant de l’impôt sur le revenu allaient devoir mette la main à la poche. Soit la moitié d’entre eux.

Mais, selon Les Echos, ce nouveau prélèvement sur les pensions des retraités de 0,15 % en 2013, puis de 0,3% en 2014 va, en fait, toucher une population très large de seniors.

Cette Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) devrait rapporter 350 millions d’euros en 2013 et renflouer le Fonds de solidarité vieillesse (qui finance notamment les droits à retraite des chômeurs). En 2014, la CASA devrait rapporter le double, soit 700 millions d’euros. Mais cette somme servira alors à financer la réforme de la dépendance des personnes âgées.

2 retraités sur 3 concernés

Cette taxe, selon le projet de loi présenté ce matin en Conseil des ministres, devrait peser sur toutes les pensions qui sont soumises à la CSG :

  • au taux réduit de 3,8 % pour les retraités qui gagnent suffisamment pour être soumis à la taxe d’habitation ;
  • au taux supérieur de 6,6 % pour les retraités qui paient l’impôt sur le revenu.

Total : plus des deux tiers des pensionnés seront donc concernés (68 %, selon la Cour des comptes).

De quoi attiser la colère des retraités qui subissent de plein fouet, eux aussi, les effets de la crise. Leur pouvoir d’achat ne cesse de diminuer et cette nouvelle mesure ne va pas arranger les choses. Ni faire les affaires des élus soucieux de leur électorat.

15 millions de retraités en France, ça en fait des voix dans les urnes pour les prochaines échéances !

D’ailleurs certains parlementaires entendent atténuer la portée de la mesure, selon Les Echos. Le député socialiste de Toulouse, Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée veut ainsi limiter la taxe aux seuls retraités qui paient l’impôt sur le revenu, soit un peu plus de 7 millions d’entre eux. Pour compenser et trouver d’autres recettes, il souhaiterait ainsi faire payer des cotisations d’assurance-maladie aux résidents français travaillant en Suisse, qui peuvent en être exonérés actuellement. Une mesure qui rapporterait 450 millions d’euros. Sauf que cette idée a déjà été envisagée par le gouvernement mais finalement abandonnée en septembre dernier. Sera-t-elle exhumée ?

En attendant, à l’appel des syndicats, les retraités étaient invités hier à descendre dans les rues de plusieurs villes de France pour manifester leur mécontentement et réclamer :

- une hausse du pouvoir d’achat des retraités, en augmentant les retraites les plus basses, adoptant un minimum équivalent au smic et par conséquent une modification des modalités d’indexation des retraites ;

- la réouverture du dossier sur l’Aide à l’autonomie ;

- un accès aux soins plus facile pour les personnes âgées.

AB

Blondes, brunes,… retraités : tous taxés !

Jeudi 11 octobre 2012

Décidément, de nos jours on peut dire qu’il ne fait pas bon être fumeur, amateur de bière ni… retraité !

Profiter de sa retraite deviendrait-il… un vice ? Tabac, bières mais aussi pensions de retraite, entre autres, seront davantage taxés pour réduire le trou de la sécu, selon le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013  du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

En tout, une quinzaine d’impôts nouveaux sont au programme, censés rapportés 5 milliards d’euros.

Financer la dépendance des personnes âgées

Ainsi, les retraités imposables (la moitié d’entre eux) verront leurs pensions soumises à un prélèvement de 0,15% en 2013, puis de 0,3% en 2014, explique le site du Nouvel Obs.

Cette contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) devrait rapporter 350 millions d’euros en 2013 afin d’aider au redressement des comptes de la Sécurité sociale. Le produit de la contribution sur les retraités renflouera le Fonds de solidarité vieillesse (qui finance notamment les droits à retraite des chômeurs). En 2014, la CASA devrait rapporter le double, soit 700 millions d’euros. Mais cette somme servira alors à financer la réforme de la dépendance des personnes âgées.

Les retraités se retrouvent donc assujettis à cette contribution solidarité autonomie (CSA), créée en 2004 pour financer la dépendance des personnes âgées, alors qu’ils en sont actuellement exemptés, contrairement aux salaires des actifs, qui eux sont déjà ponctionnés à hauteur de 0,3%. N’est-il pas juste de mettre aussi à contribution ceux qui seront les premiers concernés par ce 5ème risque, la dépendance ?

«Les retraités sont sollicités d’une manière, je crois, tout à fait raisonnable», a commenté le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. «Il ne s’agit que des retraités imposables, qui acquittent la CSG. Donc un tiers des retraités n’est pas sollicité. Il me semble que ceux qui contribueront ainsi (…) comprendront le sens de cette démarche», a-t-il justifié.

«Cette stratégie qui consiste à faire les poches est vouée à l’échec»

«Le gouvernement ajoute de l’injustice à l’idéologie», s’insurge de son côté Philippe Vigier, porte-parole de l’UDI, s’opposant à cette future taxe sur les retraites sur L’Express.fr.

Il estime que cette mesure «va fragiliser les retraités qui sont déjà touchés de plein fouet par la crise».

«Cette stratégie qui consiste à faire les poches est vouée à l’échec.», commentait ce matin pour sa part Axel de Tarlé, le chroniqueur économique d’Europe 1.

Le gouvernement nous fait les poches par Europe1fr

«De toute façon, les dépenses de sécurité sociale, santé et vieillesse, augmentent chaque année plus vite que l’économie Française. Et on le comprends, la France vieillit et se soigne de mieux en mieux. Donc, avec cette nouvelle taxe, c’est comme remplir un baignoire qui fuit avec un verre d’eau, on est condamné à recommencer chaque année sans résoudre le problème de fond. Il faut donc s’attaquer aux dépenses, avec des réformes structurelles. Pour la retraite, il faut augmenter le nombre d’années de cotisations. Si on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps.»

Bref, les retraités, même non-fumeurs, n’ont pas fini… de tousser.

AB

Caisses de retraite : un déficit de 30 milliards d’ici 20 ans

Mercredi 26 septembre 2012

30 Mds d’€. Tel est le chiffre abyssal dévoilé par Challenges.fr. Il résulte de prévisions établies par Florence Legros, professeur à Paris-Dauphine, spécialisé en prévision et prospective appliquée. Référence sur toutes les questions de retraite, elle est également conseiller scientifique auprès du directeur des retraites de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Selon elle, dans moins de 20 ans, le régime des retraites sera en déficit de 30 milliards d’euros, si rien n’est fait pour le réformer. Tout dépend, néanmoins, de l’évolution du taux de chômage dans les années qui viennent.

« Dans l’hypothèse – pour le moins optimiste – d’un chômage à 4,5% ; le trou se limiterait à 11,9 milliards d’euros. Mais si en moyenne, il se stabilise sur la durée à 8%, il faut s’attendre à voir le déficit de l’assurance vieillesse atteindre les 18,5 milliards d’euros. », rapporte le site économique.

A titre de comparaison, aujourd’hui, le taux de chômage en France métropolitaine s’établissait à 9,7% de la population active au deuxième trimestre 2012 (10,2% en comptant les DOM).

C’est dire si ces projections sont déjà très optimistes !

Alors, à quoi a bien pu servir la réforme des retraites de 2010, si c’est pour être encore en déficit dans 20 ans, me direz-vous ?

A gagner du temps et éviter la casse !

Car l’économiste a également évalué le niveau du déficit à prévoir si la réforme des retraites de 2010 n’avait pas été entérinée. Avec un chômage à 4,5%, le trou se serait creusé à 35 milliards et à 50 milliards dans l’hypothèse de 8 % de chômage ! Bref, la faillite programmée de notre système de retraite par répartition.

Des pensions de retraite qui risquent de baisser

Ce naufrage des caisses de retraite est la conséquence inéluctable de l’évolution de la démographie française, selon Florence Legros : la proportion d’actifs ne cesse de baisser par rapport aux retraités.

« En 1900, la France comptait 8 personnes d’âge actif (15-64 ans) pour une personne âgée, en 2000 cette proportion est passée à 4 pour 1, et elle tombera à 2 pour 1 en 2050. En clair, les actifs sont de moins en moins nombreux à payer les retraites. », détaille Challenges.fr

Conséquence : les pensions de retraite risquent de diminuer à l’avenir, représentant une part de plus en plus faible des revenus que les retraités percevaient en période d’activité. D’ailleurs, le taux de remplacement, qui mesure cette proportion, ne cesse de baisser depuis dix ans.

D’où la volonté du nouveau gouvernement de taxer davantage les retraités actuels pour sauver les meubles et économiser quelques milliards d’euros.

C’est ainsi que la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, préconise de raboter les avantages fiscaux et sociaux dont bénéficient les retraités. Car notre dette sociale ne peut continuer à être reportée davantage sur les générations futures, préviennent les sages de la rue Cambon.

« Les retraités sont-ils pour autant une génération dorée ? », s’interroge le quotidien La Croix

Il faut le croire puisque longtemps inférieur à la moyenne, le niveau de vie des seniors rattrape désormais celui des actifs. Mais on a bien vu ces temps-ci que ces généralités masquent des réalités plus complexes.

Des retraités pauvres plus nombreux

La récente hausse de la pauvreté n’épargne pas les retraités. En effet, les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté sont en fait celles des inactifs dont les retraités qui représentent 11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres. Le niveau de vie médian des retraités a diminué de 1,1 % et leur taux de pauvreté a progressé de 0,3 point pour s’établir à 10,2 %.

Mais plus que quelques coups de rabots, il est peut-être temps d’attaquer ce problème de l’avenir des retraites …à la hache !

Et mener, désormais, une indispensable réforme de la réforme, pour enrayer définitivement la spirale du déficit des caisses de retraite afin de ne pas accabler les générations futures.

C’est ainsi qu’une concertation sur les retraites aura lieu à partir du «printemps 2013» comme nous l’avons déjà évoqué sur ce blog. C’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Et le processus semble en route car selon Économiematin.fr, l’ancien sénateur Alain Vasselle devrait prochainement perdre la présidence du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale, chargé de conseiller le gouvernement sur ce sujet, au profit de l’universitaire Mireille Elbaum, spécialiste du financement de la protection sociale. Cette ancienne conseillère de Martine Aubry, prône notamment une réforme systémique de la sécurité sociale qui pourrait déboucher sur la mise en place d’un système unifié de retraites par points ou en comptes notionnels. A suivre…

AB

Mariage gay : et la retraite de réversion ?

Jeudi 13 septembre 2012

taubira ministre justiceChristiane Taubira a dévoilé hier dans un entretien accordé à La Croix, les grandes lignes du projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe. Une promesse de Jean-Marc Ayrault, qui avait déclaré en juillet dernier qu’«au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l’adoption» serait «ouvert à tous les couples, sans discrimination».

Cela correspond d’ailleurs à ce que François Hollande, le Président de la République, s était engagé à faire, durant la campagne électorale.

Mais aucune précision de la part de la Garde des Sceaux sur la retraite de réversion qui deviendrait, par conséquent, un droit.

Mariage + Adoption = nombreux avantages à la retraite

Une avancée loin d’être anodine. En effet, à la perte de votre conjoint, seul le mariage vous permet d’obtenir, sous certaines conditions, une retraite de réversion. A ce jour, le concubinage ou le PACS n’accorde pas ce droit.

Ainsi, ce projet de loi sur le mariage homosexuel ouvrirait de fait ce droit à une retraite de réversion pour le conjoint survivant ayant au moins 55 ans. Une ressource non négligeable, égale à 54 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint ou ex-conjoint décédé. Sans parler des majorations éventuelles qui deviendraient également un droit, comme la majoration en cas d’adoption. Aujourd’hui, une majoration adoption de 4 trimestres par enfant mineur adopté est attribuée au titre de l’incidence sur sa vie professionnelle.

Autre droit qui s’ouvrirait avec ce projet de loi sur le mariage gay, l’allocation de veuvage, réservée aux conjoints survivants qui n’ont pas encore l’âge pour demander une retraite de réversion, c’est à dire 55 ans. Il s’agit d’une allocation attribuée pour une durée de 2 ans, dont le montant est unique et soumis à condition de ressources.

Le premier ministre a précisé que ce projet de loi sur le «mariage pour tous» serait présenté «fin octobre» en conseil des ministres. En espérant que cet aspect « retraite » du projet de loi soit enfin détaillé, ne serait-ce que pour les caisses qui vont devoir, de fait, revoir leurs calculs pour certaines pensions.

AB

Nos retraites, répartition ou capitalisation ?

Mercredi 5 septembre 2012

Les deux mon capitaine !

Et ce par exemple grâce à cet ouvrage, paru aux éditions Le Muscadier cet été, très instructif et très intelligent puisque sans parti pris. Chacun peut en effet se faire sa propre opinion sur cette question posée à deux personnalités aux points de vue diamétralement opposés, après une introduction rédigée par un spécialiste impartial du sujet afin d’avoir le bagage minimum pour aborder ensuite facilement l’argumentation développée par les parties opposées.

D’un côté, Philippe François de la fondation iFRAP, ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes. De l’autre, Pierre-Yves Chanu, chargé de la question des retraites pour la CGT. Bref, deux visions radicalement différentes de l’avenir du financement des retraites. Car il y aura bien une nouvelle réforme des retraites en 2013. La réforme de 2010 l’a mise sur les rails, le 1er ministre, Jean-Marc Ayrault en a sifflé le top départ. Et ce sera une véritable réforme de fond.

En effet, malgré les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010, trois problèmes essentiels demeurent, rappelle Philippe François :

  1. des inégalités importantes entre les régimes publics spéciaux (SNCF, RATP, EDF, Fonctions publiques,…) et le régime général des salariés ;
  2. des déficits permanents ;
  3. l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne.

La nouvelle réforme des retraites devra en effet bien régler une fois pour toutes ces problématiques et notamment cette lacune en matière de retraite par capitalisation, plaide l’expert.

Les fonds de pension, puissants moteurs de l’économie qui manquent à la France

Selon lui, le gouvernement met en place des « échafaudages publics » (OSEO, FSI, FSI région, CDC, CDC-Entreprises, Banque Publique d’Investissement,…), censés palier le manque de capitaux de nos entreprises. Or ces dispositifs sont peu efficaces, d’après Philippe François. D’une part, leurs capitaux sont faibles et d’autre part, les acteurs publics ne sont pas les plus compétents, ni les plus libres pour investir de manière judicieuse. Contrairement aux fonds de pension, rompus à l’exercice qui disposent de sommes astronomiques.

En clair, les fonds de pension « sont les puissants moteurs de l’économie qui manquent à la France », selon l’expert de l’iFRAP.

Pour autant, ce partisan de la capitalisation ne plaide pas pour un système de retraite 100% en fonds de pension. Mais plutôt pour une pondération entre les deux régimes :

« un régime minimum par répartition fournissant une retraite de base mais en pratique garantie quelle que soit la situation économique du pays, et un régime par capitalisation géré comme en Suède par des opérateurs agréés variés. », explique-t-il.

La prochaine réforme des retraites annoncée pour 2013 semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.

Nous avons besoin des deux, mon capitaine ! Reste à savoir s’il y aura un vrai capitaine… à la barre.

AB