Le jeu de mot est aisé, j’en conviens. Mais il dit clairement ce que le trublion ArtPrice va tenter, passé la mi-janvier 2012 : se transformer en un site d’enchères en ligne, pour la vente des objets d’art. Selon LeFigaro.fr, c’est même un objectif business ambitieux : “Artprice veut révolutionner le marché de l’art“.
Le défi est double puisqu’il s’agit de secouer à la fois les acteurs traditionnels de la vente d’art (les grandes maisons), mais aussi les “nouveaux” traditionnels de la vente en ligne :
“Le vrai défi pour Artprice sera de capitaliser sur son expérience sur le marché de l’art pour faire mieux qu’un généraliste comme Ebay“, écrit Le Figaro.
J’y vois un autre défi. En repensant à un sujet économique entendu à la radio durant les vacances : le fait que la place de Paris pèse finalement peu au niveau international, notamment face à la montée en puissance ces dernières années… dela Chine. ArtPrice, combattant européen face à la poussée asiatique ?
Buzz et médias sociaux
Et pour ces batailles multiples, un certain effet spéculatif n’est pas de trop visiblement :
“Sur le plan boursier, Artprice vaut près de 380 millions d’euros. Une capitalisation vertigineuse pour une société dont le dernier chiffre d’affaires annuel connu était de 5,2 millions d’euros“.
L’autre aspect du buzz concerne la stratégie social media. Artprice est un “vieux” du Web. Son patron fondateur tient certes un blog, mais le site business n’était pas connu jusqu’ici pour ses contenus et animations 2.0. Ca va changer, qu’on se le dise :
“La société est fortement présente sur Twitter où elle a annoncé la création d’un réseau social dédié à l’art. Artprice veut s’appuyer sur ses membres (1,3 million) pour faire monter les enchères. ”.
Vérification sur la présence social media : le compte Twitter @artpricedotcom compte en effet à date quelque 4 150 followers (abonnés). Pas mal pour cette discipline spécifique. Sur sa page Facebook, c’est pour l’heure plus mesuré même si l’on note la présence très internationale des internautes : un vrai atout pour démarrer un réseau social en ligne (ici ou ailleurs ?).
Quand on s’intéresse un peu plus au patron de ce précurseur du web business, Thierry Ehrmann, on est moins étonné de ce que coup de poker.
C’est un vrai personnage, une tronche, à qui j’avais consacré en février 2006 une note de blog pour ZDNet – “Techno-mégalo-milliardo-chaos“- soulignant son côté iconoclaste et fou de technologies. Cette note suivait d’ailleurs un reportage tv, où le patron web finissait sur cette déclaration qui en dit long :
« Ce qui est fascinant avec internet, c’est que l’on peut avoir tout le désir du monde ».
La vraie question mesdames et messieurs les investisseurs en art : irez-vous, demain, sur un site d’enchères en ligne, a fortiori à connotation réseaux sociaux ?








