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Le défi des PME exportatrices sera-t-il relevé ?

Vendredi 9 mars 2012

Nos PME peinent à se développer à l’export. Ni les mesures volontaristes des pouvoirs publics, ni l’alerte donnée en 2007 par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le faible taux des petites et moyennes entreprises sur les marchés extérieurs n’ont suffi.

Le nombre de PME françaises exportatrices a considérablement baissé en dix ans selon le CESE. Moins de 18% d’entre elles contribuent au chiffre d’affaires total à l’export.

Trop peu de PME survivent à l’international

Décidément, la culture entrepreneuriale française interpelle surtout lorsque l’on jette une œil sur les performances de nos PME à l’international. Manquent-elles de confiance, d’information, de formation ou encore d’entraide ?… Certains indicateurs sont en tout cas inquiétants.
Le CESE constate que la moitié des entreprises survit à l’international après une année d’activité. Et un quart d’entre elles y sont présentes après six années d’existence. Selon la CGPME, les PME indépendantes à exporter étaient 120 000 il y a cinq ans, elles sont à peine 90 000 aujourd’hui.
Les mauvais résultats de notre commerce extérieur affichant un déficit commercial 2011 de 69,6 milliards d’euros ont poussé le CESE et la CGPME à réagir une fois de plus. “Alors qu’en 2007, le déficit commercial avoisinait les 30 milliards d ‘euros, il frôle aujourd’hui les 70 milliards d’euros. On voit quand même que ce sont des chiffres très négatifs” explique Jean-François Roubaud, président de la CGPME et membre de la section des affaires européennes et internationales du CESE.

Vers un renforcement des aides aux PME

Ces derniers proposent quatre nouvelles mesures pour développer l’activité exportatrice en France :
- une détection plus fine des marchés porteurs et des entreprises potentiellement exportatrices
- un meilleur accompagnement des PME
- un développement des partenariats entre entreprises
- un renforcement de la compétitivité des PME

Se regrouper pour s’en sortir
La section des affaires européennes et internationales du CESE tire à nouveau la sonnette d’alarme. Elle appelle aujourd’hui à « gagner la bataille de l’exportation avec les PME ». Plus en détail, le CESE veut encourager les groupements d’entreprises et changer la relation PME/grandes entreprises. Il s’agit aussi d’aider les PME à bénéficier pleinement des instruments et des politiques de l’Union européenne.

Ce nouvel avis a été présenté fin février au CESE par Jean-François Roubaud, membre de la section des affaires européennes et internationales du  CESE : « Les PME doivent prendre conscience qu’en travaillant de concert, elles accéderont plus facilement à de nouveaux marchés ».
Le défi de l’exportation avec les PME sera -t-il  entendu ? Les Français on-ils vraiment envie de s’exporter  à l’image des britanniques ou des allemands ? Pas vraiment ou pas toujours selon Jean-François Roubaud. Encore faut-il que les acteurs économiques concernés adhèrent à ses quatre nouveaux axes prioritaires proposés par le CESE. A commencer par les grandes entreprises qui devront être de véritables alliées de nos PME à l’international. Et non l’inverse…

Les prévisions 2012 des TPE face à la croissance en panne

Vendredi 2 mars 2012

Les prévisions 2012 des TPE face à la croissance en panneCertaines très petites entreprises survivent en France, alors que la croissance est en panne. Après un mauvais quatrième trimestre 2011, ces TPE de moins de vingt salariés ont pu résister. Selon l’enquête de conjoncture de Fiducial/Ifop*, ces TPE  ont pu garder des activités stables avec un gel des recrutements. Et avec une légère évolution du chiffre d’affaires global (+1,5% en 2011 contre -1% en 2010). Le contexte actuel de crise ne rassure toujours pas les dirigeants de ces petites entreprises qui n’ont pas créé d’emplois en 2011. Le 45 ème baromètre de conjoncture de Fiducial note aussi que ces patrons de TPE resteront prudents cette année quant à leurs prévisions.

En 2011, la majorité des TPE (82%) interrogées a réussi à stabiliser leurs effectifs (contre 10% qui ont supprimé des emplois). Mais cette année, elles seraient moins nombreuses (74%) à prévoir cette stabilisation. Davantage de dirigeants n’ont aucune visibilité sur les perspectives de leur entreprise pour l’année 2012. Car certains secteurs d’activités comme le commerce et l’hôtellerie ont été fortement affectés l’an dernier par la crise. Pendant que d’autres secteurs (notamment le BTP et les services à la personne) ont bénéficié d’une situation financière plus favorable.

Des embauches et de meilleures recettes en 2012

Mais il y a tout de même des indicateurs encourageants dans ce baromètre de conjoncture. En effet, un peu plus de patrons de TPE (9% en 2012 contre 7% en 2011) auraient l’intention d’augmenter leurs effectifs en 2012. Ces créations de postes auront lieu dans les métiers techniques et de production. Alors que seulement 3%  des dirigeants de TPE prévoient une diminution.
Toutefois, plus des deux tiers des patrons de TPE rencontrent toujours des difficultés de recrutement de candidats motivés et ayant les compétences recherchées. Aussi, une forte majorité (86%) de patrons indique ne pas avoir les moyens de répondre aux souhaits de rémunération des candidats.

Toujours selon le baromètre, une bonne moitié des TPE reste confiante pour leurs activités qui devraient rester à l’équilibre cette année. Un bon tiers des très petites entreprises prévoit cette année une évolution positive pour leur entreprise (+1,2% en 2012 contre une hausse de 2,7% en 2011). Elles viseraient de meilleures recettes et les banques se montreraient plus réceptives à leur demande. Seules 15% des TPE interrogées font face à un durcissement d’accès au crédit.

(*Echantillon de 1002 dirigeants de TPE de moins de vingt salariés interrogés entre le 19 janvier 2012 et le 1er février 2012 par l’Ifop pour Fiducial).

Vers un renforcement du conseil à la création d’entreprise

Mardi 21 février 2012

Des incubateurs de grandes écoles à Oséo, en passant par les réseaux de Business Angels et d’experts-comptables, les créateurs d’entreprise ont l’embarras du choix en France pour se faire aider tout au long de leur projet. Ils sont orientés vers les uns ou les autres selon l’avancement de leur projet.

De l’accompagnement sur mesure

Les futurs entrepreneurs peuvent notamment profiter de compétences de partenaires mises en commun : montage de projet, soutien financier, accompagnement…

C’est par exemple ce que proposent l’association France Angels qui regroupe 62 investisseurs et professionnels et le réseau d’experts-comptables In Extenso - membre du groupe Deloitte –  qui ont accueilli les créateurs d’entreprise sur un stand commun au dernier Salon des Entrepreneurs à Paris.

Si son modèle économique est abouti, que son produit ou son service est  prêt à être commercialisé, le créateur peut rencontrer un Business Angels pour obtenir un accompagnement professionnel ou un financement, généralement entre 50 000 et 600 000 euros. Lorsque le projet n’est pas finalisé ou le budget prévisionnel non défini, le porteur de projet est orienté vers un expert-comptable pour affiner son dossier de création d’entreprise.

La nouvelle approche d’In Extenso

Face à une demande croissante en conseil, le réseau d’expertise comptable In Extenso qui accompagne en moyenne 6000 créateurs chaque année propose depuis peu un nouveau service.

« Nous ouvrons ce mois-ci une vingtaine de guichets uniques labellisés Points C (C comme conseil en création d’entreprise) où l’on accueillera les porteurs de projet sans rendez-vous et gratuitement. Nous prévoyons cette année de déployer une quarantaine de guichets en France » explique Martin Mathieu, directeur marketing associé chez In Extenso.

La mission de conseil sera facturée ou non selon la taille du projet, le type d’activité et la complexité du montage financier. Le réseau In Extenso pense ainsi augmenter de 50% le nombre de porteurs de projet à conseiller, d’ici à 2015. Cela concernera surtout de futurs entrepreneurs et non des auto-entrepreneurs. Il prévoit pour cela un investissement d’une dizaine de millions d’euros sur trois ans.

Plus de sociétés à conseiller

On peut se demander quel sera le retour sur investissement. « Le créateur est une entreprise ‘en devenir’ et donc un client potentiel qui restera avec nous s’il est satisfait, pour sa gestion et sa comptabilité. Notre retour sur investissement est là aussi » répond Martin Mathieu.

Une affaire à suivre. Car si les créations d’entreprise ont globalement régressé (-11,7%) l’an dernier dans l’hexagone – soit 549 155 créations d’entreprise en 2011 tous types d’activités et d’entreprises confondus contre 622 039 entreprises en 2010 – (selon l’APCE), les immatriculations sous forme sociétale ont augmenté de près de 2%. Quant aux sociétés dites unipersonnelles (SASU et EURL), elles ont fait un bond de 31% l’an dernier.

Le bilan satisfaisant d’Oseo

Mardi 14 février 2012

Pendant la tempête, les entrepreneurs français tiennent apparemment le coup. En témoigne le bilan plutôt positif d’Oséo, la banque publique des PME, sur les activités 2011 des PME et TPE. L’investissement a même été en légère hausse.

Malgré le contexte économique incertain, l’activité des PME  a été assez satisfaisante en 2011. Leur chiffre d’affaires a progressé de 4,7% (contre 3,6% en 2010). Et les TPE sont restées majoritairement stables.

Mais, toujours selon Oseo, l’année 2012  pourrait subir un ralentissement généralisé des activités. Les seules à tirer leur épingle du jeu seront les PME innovantes et exportatrices. Un bon quart des PME interrogées par l’agence publique (sur un panel de 5500 entreprises) prévoit tout de même une croissance de leurs activités. Alors que les TPE sont plutôt pessimistes sur leur perspective. La principale raison est la baisse des activités et du financement, en fin d’année 2011.

Des secteurs d’activités en hausse

Plus chanceux, les secteurs d’activité comme l’industrie, les transports et les services aux entreprises sont restés dynamiques en 2011. L’industrie a pu par exemple bénéficier du nouveau Contrat de développement participatif (CDP) lancé en 2011 par le Gouvernement. Il s’agit d’une aide de l’Etat (une enveloppe supplémentaire d’un milliard d’euros) qui permet de renforcer ses fonds propres sans ouvrir son capital.

Rappelons à cette occasion que Oséo Industrie -la banque de l’industrie pensée par le gouvernement- devrait voir le jour à la fin du mois de février, disposant d’un milliard de fonds propres. Elle pourrait notamment aider les ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) à se développer, elles sont encore si peu nombreuses en France (environ 4600) par rapport à l’Allemagne qui en aurait trois fois plus.

En matière d’emploi, le bilan 2011 d’Oséo a été également rassurant :

  • 28% des entreprises interrogées par Oséo ont pu en 2011 augmenter leurs effectifs
  • 15% en ont baissé leur nombre.

L’année 2012 pourrait s’assombrir en termes d’embauches dans certains secteurs. Les entreprises innovantes et qui s’imposent à l’international devraient être épargnées par ce ralentissement.

Oseo : la banque des PME continue à s’engager

Pour sa part, la banque des PME a affiché une activité de financement 2011 en progression de 30% par rapport à 2010, avec un encours total de 12 milliards d’euros (contre près de 6 milliards d’euros en 2005) et 20 000 projets d’investissement soutenus par ses services . Enfin, 84 000 entreprises ont obtenu 31 milliards d’euros de financements publics et privés (+7% par rapport à 2010). L’organisme public Oséo qui se présente comme tenant ses engagements en termes de financements et de prêts (avec il faut le reconnaître, de nombreux dispositifs de soutien), compte aussi sur les projets à venir des entreprises.

 

 

PME et TPE très convoitées pour la présidentielle

Mardi 7 février 2012

Décidément, l’entrepreneuriat fait l’objet de la plus grande attention des politiques ces jours-ci. Les candidats à la présidentielle (François Bayrou, Dominique de Villepin…) ont tenu à se montrer au Salon des Entrepreneurs, qui a eu lieu cette semaine à Paris.

L’occasion de présenter leur programme en faveur des PME et des TPE. Même le président de la République — pas encore candidat - est venu faire un tour entre les stands du Salon des Entrepreneurs et inaugurer pour la première fois cette 19e édition. D’ailleurs aucun président n’y est venu auparavant.

Financement des TPE et PME

Le ton est donné devant les patrons de petites et moyennes entreprises venus nombreux (60 000 attendus au Salon sur les deux journées) :

Nous avons les banques les plus importantes d’Europe, mais quand il faut prêter de l’argent aux PME, c’est l’Etat qui doit créer Oséo. On se demande à qui les banques prêtent de l’argent” a dit Nicolas Sarkozy dans le Grand Amphithéâtre du Palais des Congrès plein à craquer.

Une réplique à François Hollande qui a qualifié il y a quelques semaines, la finance comme son adversaire.

Pourtant, en France il existe une kyrielle d’aides publiques et privées allant du prêt d’honneur au Crédit Impôt Recherche en passant par la garantie bancaire aux investissements des Business Angels ou autre love money (argent issu des proches ou de la famille). D’ailleurs, nombre d’entrepreneurs en bénéficient.

Selon le président, “le principal obstacle à la création d’entreprise, c’est l’absence de financements“. Et de rappeler qu’il a mis en place pendant son quinquennat, l’ISF-PME pour que l’impôt aille “plutôt chez l’entrepreneur que chez le percepteur. L’auditoire des entrepreneurs a applaudi.

Enfin, Nicolas Sarkozy a rappelé qu’Oséo la banque publique des PME a vu “ses moyens démultipliés” et qu’une “banque de l’Industrie” dotée d’1 milliard de fonds propres, serait créée ce mois de février pour financer les PME.

Des efforts à faire à l’international

Si le président est allé dans le sens de son auditoire en parlant des banques frileuses, du coût du travail en France ainsi que des charges trop élevées, il a terminé son discours sur l’importance de l’innovation et de la créativité que la France sait encourager“.

Une chose est sûre, sans innovation un pays tel que la France ne peut pas rester ou être compétitif sur son marché domestique pas plus qu’en Europe, ni à l’international.

Ajoutons à l’innovation et à la créativité que la qualité de l’offre est essentielle pour attirer beaucoup plus de clients. S’il s’agissait d’une appréciation scolaire, on mettrait volontiers : La France doit poursuivre ses efforts… dans certains secteurs d’activités.

Quand certains ont une idée précise de la réussite, d’autres misent sur les plus jeunes entrepreneurs.

Selon Louis Schweitzer, Président de France Initiative et ex-patron de Renault, présent aux conférences du Salon des Entrepreneurs : ceux qui réussissent sont “ceux qui ont un savoir-faire métier et une envie d’entreprendre”.

Le réseau France Initiative créé en 1985, a déjà financé près de 17 000 entreprises. Mais il regrette que le parrainage en France demeure insuffisant (4 500 nouveaux parrainages par an) pour accompagner les entrepreneurs en devenir et pour “leur donner une vision de l’entreprise“.

Enfin, pour Gonzague de Blignières — président de Réseau Entreprendre Paris :

les jeunes entrepreneurs qui parlent parfaitement anglais, qui voyagent plus et qui naviguent aisément sur Internet, réussiront mieux que nous les anciens.

De quoi méditer…

Copyrights : Driss Hadria sur Flickr

De plus en plus de femmes entrepreneurs en France

Mercredi 1 février 2012

C’est une réalité ! Les femmes sont de plus en plus attirées par l’entrepreneuriat. Une majorité de femmes (69 %) préfèrent la création d’entreprise, perçue comme plus épanouissante que le salariat.

Plus en détail, la moitié d’entre elles considèrent que la fonction de chef d’entreprise permet de mieux concilier la vie professionnelle et la vie privée (horaires, disponibilité pour la famille…). Si l’on en croit la dernière étude d’Opinionway* qui sera présentée à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui a lieu les 1er et 2 février au Palais des Congrès à Paris.

Le taux de ces chefs d’entreprise au féminin et de celles qui ont le souhait de créer ou de reprendre une entreprise est en hausse depuis quelques années.

L’étude va jusqu’à estimer (provisoirement) à près de 5 millions de femmes entrepreneurs potentielles dans la population française.

Le sondage montre aussi que ces femmes futures créatrices ou repreneuses d’entreprise sont plus diplômées, plus jeunes et mieux rémunérées que leurs homologues masculins (voir schéma ci-dessous).

Cette activité plus souvent masculine évolue.

Anne-Laure Constanza, jeune mère et jeune entrepreneur performante

Témoin parmi les sociétés créées ces cinq dernières années, la jeune entreprise parisienne Envie de Fraises, au nom original certes mais pas forcément très connu, fondée en 2006 par Anne-Laure Constanza. Cette jeune maman et jeune diplômée (école de commerce), a lancé son site marchand de vêtements exclusifs de maternité.

Lauréate de Réseau Entreprendre en 2008, Anne-Laure Constanza explique qu’elle a  créé sa société en neuf mois” et que son projet consiste à créer une marque sur Internet.

Depuis, la jeune entreprise porte ses efforts sur l’international, principalement en Europe du Sud et en Angleterre où la fécondité est importante. En 2010, son CA atteignait les 3 millions d’euros et l’équipe comprenait une douzaine de personnes. Et elle sera présente à l’édition 2012 du Salon des Entrepreneurs.

Et pour montrer qu’elle sait rester sur terre, la fondatrice d’Envie de Fraises précise que “l’entreprise n’est pas forcément un eldorado mais elle est en tout cas une aventure extraordinaire qui permet de participer à l’économie“. Depuis, elle a créé l’association Mompreneurs qui veut promouvoir l’entrepreneuriat de jeunes mères en France et cultiver l’entraide.

Entreprendre au féminin : une démarche pas si facile

Toutefois, l’étude d’Opinionway montre qu’un tiers des femmes sondées reste toutefois pessimiste ou dubitatif, signalant le fait qu’être une femme peut être un désavantage dans le milieu de la création d’entreprise, la femme étant souvent perçue comme moins crédible et moins persuasive notamment auprès des banquiers et/ou des investisseurs.

Toutefois, la donne change. En France, l’entrepreneuriat est en train d’évoluer. Les créations d’entreprises féminines en France sont en forte majorité des TPE (moins de 20 salariés) en France. Leurs réseaux professionnels se développent. Et selon une étude européenne d’Eurostat, la France est un pays qui comporte un nombre important de femmes à la tête d’une entreprise (TPE), avec 36 % des postes occupés par des femmes en 2010 (la moyenne européenne étant de 33 %).

Alors vivement que les mentalités changent…

Les divergences entre créateurs d’entreprise (source : APCE)

 

* Dans l’étude d’Opinionway réalisée fin 2011 pour l’APCE, le réseau Cerfrance et le Salon des Entrepreneurs, l’échantillon de personnes interrogées regroupe 1 019 femmes et 481 hommes de 18 ans et plus.

Les divergences entre créateurs d’entreprise (source : APCE)

Netgem, le fabricant français de décodeurs trouve un souffle à l’international

Vendredi 27 janvier 2012

Netgem, le fabricant français de box et de décodeurs TV s’en sort mieux à l’international que sur son marché domestique. Il finit l’année 2011 avec un chiffre d’affaires de 84,6 millions d’euros, contre 130 millions d’euros en 2010.

Plus de la moitié de son volume d’affaires (55 %) est réalisée à l’international (CA 2011 : 46,2 m euros). Ces résultats sont en hausse de 20 %, alors qu’en France (CA 2011 : 38,3 m euros) ils baissent de 60 % par rapport à l’année précédente.

Cette chute s’explique notamment par une dégradation des relations commerciales avec l’opérateur SFR, l’un des principaux clients de Netgem et par une concurrence accrue dont le secteur de la téléphonie sur Internet et des nouvelles offres d’interconnexion entre téléphones mobiles, TV sur Internet et autres Ipad.

Netgem fonce à l’export

La start-up française fondée en 1996 par trois polytechniciens a connu des hauts et des bas, oscillant entre une forte croissance à ses débuts à une chute en 2002, voyant son marché s’effondrer. Mais elle a su prendre la vague de l’ADSL dès 2003. Puis, ces dernières années, elle a multiplié les contrats avec de grands opérateurs télécoms, dont SFR. En trois ans, elle passe de 35 à 60 personnes, dont 15 à Sydney et à Singapour. Et elle est cotée en Bourse (Nyse Euro) depuis 2000.

Aujourd’hui, Netgem, en proie à un marché très concurrentiel, veut rebondir avec une nouvelle offre composée de logiciels, de matériels et de services associés. La société a également signé des contrats avec des opérateurs en Europe, avec entre autres l’opérateur polonais Netia et l’opérateur Monaco Telecom. Elle a également créé fin 2010 une filiale en Australie (avec l’opérateur Telstra) et à Singapour pour étendre son marché.

« Nous avons diversifié notre base clients en Europe, en Australie, en Asie et plus récemment au Mexique avec le troisième opérateur mobile du pays, Iusacell, qui a choisi la technologie Netgem pour son offre quadruple play, réunissant l’accès à Internet, la télévision et la téléphonie fixe et mobile » détaille Christophe Aulnette, Directeur Général de Netgem en France (ex PDG de Microsoft France).

Un modèle économique de logiciels et services

Pour autant, Netgem veut trouver un nouveau souffle sur le marché français de solutions de télévision sur Internet, devenu très concentré.

La société a donc réfléchi à mieux adapter son modèle économique au marché de la téléphonie en pleine mutation, avec l’évolution rapide des offres. Netgem renforce son offre de services, notamment avec l’opérateur français SFR.

« Nous renouvelons notre contrat avec SFR sur trois ans (jusqu’en juin 2014) sur le marché français ce qui concerne 2,7 millions de box SFR. Nous mettrons à jour la base installée de l’opérateur français et nous ferons aussi de la mise à jour à distance. Nous proposerons aussi des applications innovantes. Nous voulons promouvoir notre vrai savoir-faire en termes de logiciels, de matériels et de maintenance de technologies pour ‘la maison connectée ‘ » explique Christophe Aulnette.

En tout cas, ce nouveau contrat signé fin 2011 devrait générer une plus grande récurrence de revenus au fabricant français. La société qui se dit rentable va-t-elle évoluer, sur ces nouvelles bases ?

Un modèle économique réorienté et donc à suivre, le pari n’est pas toujours gagné lorsque l’on choisit à la fois le métier de fournisseur de technologies et de prestataires de services associés.


Que devient le régime des auto-entrepreneurs ?

Jeudi 26 janvier 2012

Cette année, on devrait dépasser le million d’autoentrepreneurs inscrits en France. On en comptait déjà plus de 900 000 fin 2011. Selon les projections de la Fedae, on atteindrait en octobre 2012 le million d’inscrits actifs. Plus de 738 000 comptes actifs d’auto-entrepreneurs étaient déjà recensés fin novembre 2011 à l’Acoss, la caisse nationale des Urssaf.

Le nombre est significatif. Pour autant, leur jeune statut – qui existe depuis trois ans – est-il toujours aussi intéressant… économiquement ? Pas facile de donner une seule réponse, car les situations des bénéficiaires de ce régime sont diverses.

« Je suis passée rapidement du statut d’autoentrepreneur à celui d’une SARL, c’est plus facile pour obtenir un prêt auprès des banques » expliquait en 2011 une jeune femme dans le secteur des prestations de service, et dont l’entreprise est basée dans un quartier sensible d’Île de France.

« Je vais bientôt dépasser le plafond autorisé, que faire ? » se demandait l’été dernier un jardinier proche de la retraite et autoentrepreneur. C’est son gendre qui a finalement repris son affaire. Certains cumulent un emploi salarié et une activité sous le régime de l’autoentrepreneur, d’autres moins chanceux sur le marché du travail choisissent ce statut par défaut.

De nouvelles mesures effectives en 2012 pour le statut d’autoentrepreneur

Difficile alors de se projeter dans l’avenir pour les autoentrepreneurs. Certes, ce régime est simple et rapide à mettre en place et peu risqué pour créer son entreprise. Mais il va évoluer.

Trois nouvelles mesures (pas forcément avantageuses selon certains) entrent en vigueur dès janvier 2012 :

  • Les déclarations de revenus obligatoires sont accompagnées de pénalités si l’autoentrepreneur omet de déclarer son chiffre d’affaires ou le déclare en retard.
    Le décret du 26 décembre 2011 prévoit une pénalité de 46 euros par déclaration manquante (1,5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale).
  • À partir de janvier 2012, un autoentrepreneur est informé par courrier s’il a dépassé le plafond de chiffre d’affaires autorisé et donc s’il perd le régime microsocial et il pourra contester le changement de statut.
  • L’autoentrepreneur n’est plus dispensé de cotisation pour la formation professionnelle : cette nouvelle taxe sera calculée en fonction du chiffre d’affaires.

Aussi des propositions de loi pourraient en limiter les avantages notamment dans certains secteurs d’activité, comme le BTP.

Pour Alain Bosetti, président de Planète autoentrepreneur, « il est donc logique que ce jeune régime soit réajusté et ces principales mesures de 2012 évoluent dans un sens positif ». En revanche, « les évolutions législatives du régime de l’autoentrepreneur restent encore floues et le resteront jusqu’à l’élection présidentielle. Nous attendons une vraie prise de position des candidats sur l’autoentrepreneur, et ce, avant les élections présidentielles » explique le président dans son dernier communiqué. Un avis qui fait débat sur le Web auprès de lecteurs notamment de La Tribune. Certains auto-entrepreneurs se sentant incompris.

Le livre blanc de la FEDAE aura-t-il du poids auprès des décideurs ?

Face à ces changements actés, mais aussi face à un avenir flou, la Fédération des auto-entrepreneurs (FEDAE) - qui veut sensibiliser un large public à l’entrepreneuriat répond par un livre blanc qu’elle a présenté à l’Assemblée Nationale le 18 janvier dernier.

Ce livre a pour but d’interpeller les parlementaires ainsi que les candidats à la Présidentielle. Selon Grégoire Leclercq, président et fondateur de la fédération, cet ouvrage fait un bilan des trois premières années de ce régime. Il pointe aussi sur l’intérêt de ce nouveau modèle économique (voir le billet de Grégoire Leclercq dans le Cercle Les Echos) dans le paysage de l’entrepreneuriat français.

Que vont faire nos candidats à l’élection présidentielle ? Vont-ils améliorer ce régime qui mine de rien, a fait mouche en France ou bien vont-ils l’enterrer dans le pire des cas ?

N’hésitez pas à nous donner votre avis, à nous faire part de votre retour d’expérience si vous êtes ou si vous avez été autoentrepreneur. Contents ou déçus de l’auto-entrepreneuriat ?

Des débats et des rencontres lors du prochain Salon des Entrepreneurs les 1 et 2 février 2012 à Paris sur ce sujet.

Voir aussi : En 2012, l’appétit d’entreprendre va-t-il durer ?

 

L’exportation, un bon remède pour les entreprises

Vendredi 20 janvier 2012

exportation_entreprise_riko.jennrich_flickrEt bien oui, les entreprises françaises qui exportent se portent bien…et… mieux que celles qui évoluent sur le marché domestique.

En effet, 70,5% de nos entreprises engagées à l’étranger ont affiché un chiffre d’affaires 2011 en hausse, contre 61,5% de celles concentrées sur l’Hexagone. C’est sur quoi pointe la dernière étude internationale de Regus – un fournisseur de bureaux- auprès de 12 000 entreprises issues d’une soixantaine de pays (voir shéma ci-dessous).

Encore faut-il avoir le dirigeant adéquat pour mener à bien une stratégie internationale, la volonté de poursuivre le développement à l’international et une présence physique dans le ou les pays étrangers, dans les années à venir.

La société Fotolia se développe à l’étranger

Et voici un bon exemple de développement à l’international pour illustrer cette tendance : la jeune société Fotolia.  Créée en 2005, Fotolia est une banque d’images et de vidéos accessible sur Internet, fondée par deux jeunes diplômés de l’école de commerce ESCP.

Le siège de Fotolia est à New-York.

“Notre société s’étend dans le monde entier. Notre offre est traduite dans 14 langues dont le japonais, le russe et le chinois. Nous voulons développer la photo et la vidéo qui est également un marché fructueux. Notre activité devrait évoluer en Russie, en République tchèque, en Hollande puis dans les pays émergents

C’est ce qu’explique Oleg Tscheltzoff, PDG et co-fondateur – et…Business Angel investissant dans des start-up Internet-. Ce dernier pense réaliser un chiffre d’affaires 2011 de 70 millions d’euros (contre 45 millions d’euros en 2010).

Les entreprises tournées vers l’international en bonne santé

Ses clients viennent du monde entier  : 15 à 20% sont français, 30% américains, 30% allemands. Quant à son modèle économique, il est visiblement séduisant :

“A 1 euro la photo, nous arrivons – nous et les photographes professionnels – à faire de grosses marges qui se chiffrent en dizaines de millions d’euros ! Pas la peine, donc, d’être en infraction…” analyse le PDG.

L’acheteur en ligne paie la photo à l’unité (soit 1 euro) ou via un abonnement de 199 euros par mois (pour 25 images par jour).

Bref, et toujours selon l’étude Regus, cette diversification réussie des activités à l’étranger concerne  presque tous les pays : toutes les entreprises tournées vers l’international obtiennent en général de meilleurs résultats en termes de chiffres d’affaires et de bénéfices.  Hormis la Chine où les entreprises développent déjà d’importants volumes d’affaires sur leur propre marché domestique.

C’est une bonne façon pour les grandes comme les petites entreprises, selon Frédéric Bleuse, le DG France de Regus  ”d’accroître son chiffre d’affaires et de répartir les risques”. Et ce, dans le climat économique actuel.

Entreprises ayant enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires en 2011 (source : Regus)

Le va-et-vient des faillites

Jeudi 19 janvier 2012

sante_petite_moyenne_entrepriseL’horizon pourrait s’assombrir en 2012 pour certains entrepreneurs… En recul depuis deux ans, les défaillances d’entreprises devraient augmenter de 3% en 2012, à l’échelle mondiale, selon l’assureur-crédit Euler Hermes. Cette hausse devrait être de cet ordre en France. Pourtant les entrepreneurs avaient profité d’une accalmie… puisque l’an dernier la tendance était baissière dans plusieurs secteurs d’activité : les sinistres d’entreprise avaient reculé en 2011 (-3%) et en 2010 (-5%), après les années noires de 2008 et 2009 ayant frappé de nombreux acteurs économiques.

En France, on notait depuis deux ans une légère amélioration : les défaillances ont baissé en 2010 (-4,7%) et en 2011 (-0,8%). Alors que les mauvaises années 2008 et 2009 affichaient respectivement des hausses de 12,7% et de 9,7% en termes de sinistres d’entreprise.

C’est au quatrième trimestre 2011 qu’un retour aux défaillances d’entreprises est annoncé (+1,1% en France). Les entreprises les plus touchées sont sans grande surprise, les TPE (en plus grand nombre) mais aussi les PME de plus de 50 salariés fragilisées par la crise. Quant aux grandes entreprises de plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, certaines n’ont pas non plus été épargnées. Les secteurs des services aux particuliers et du commerce sont particulièrement affectés.

La loi du plus fort ?

Il y a plusieurs raisons à cela : le ralentissement économique dans la zone euro et l’affaiblissement des pays endettés. Il faut aussi ajouter que les entreprises défaillantes en France ont du mal à faire face aux retards de paiement et que leur trésorerie fait le plus souvent défaut.

Difficile alors de garder une bonne santé économique quand on est de petite taille ?

Selon la société d’étude Altares, qui corrobore celle d’Euler Hermes, la majorité des entreprises défaillantes (93%) sont des micro-entreprises sans effectif et des TPE de moins de dix salariés. Dans les faits, la liquidation judiciaire est prononcée majoritairement pour les TPE, alors que les PME ayant une expertise reconnue sont placées en redressement judiciaire. Ce qui peut aboutir à un plan de poursuite d’activité, malgré le défaut de trésorerie.

Soutenir les PME

Toujours selon Altares, le nombre de PME de plus de 50 salariés en difficulté augmente : 10% de plus qu’en 2010 ont déposé le bilan. Des sinistres qui n’épargnent pas les entreprises avec un chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’euros - ce sont des manufacturiers et des grossistes alimentaires entre autres – qui n’ont pas le cash suffisant pour résister. Retards de paiement imposés à leurs fournisseurs, pertes antérieures non résolues et non publication de leur bilan sont visiblement les signes avant-coureur de la faillite ou du redressement judiciaire.

Face à ce fléau, ne faudrait-il pas en France soutenir ces PME et TPE dont le savoir-faire est reconnu ? Les aider à se développer à l’international et promouvoir le capital-investissement, l’une des clés de leur réussite.

Sans oublier de rappeler que les délais de paiement “à rallonge” de certains grands acteurs économiques participent grandement à ces défaillances….