Cela n’est plus une nouvelle : la fin de l’année 2011 a été difficile pour l’assurance-vie, avec 5 mois d’affilée, d’août à décembre, de décollecte.
Janvier 2012 est un mois de plus où les versements sur les contrats n’ont pas permis de compenser les retraits. Dans un univers fiscal en mouvement, le placement assurance-vie conserve pourtant de nombreux atouts.
Janvier : le 6ème mois consécutif de décollecte
Janvier 2012 est ainsi le 6ème mois d’affilée où les montants des rachats ont été supérieurs à ceux des versements. A environ 1 milliard d’euros, le montant de la décollecte nette est toutefois très inférieur à celui de décembre, de novembre ou même d’octobre marqués par des décollectes respectives de 3,8 Mds, 2,6 Mds et 2 Mds d’euros. Présentant le 26 janvier les chiffres annuels de l’assurance-vie, le président de la FFSA Bernard Spitz annonçait déjà: « une inflexion est en train de se produire. Nous nous attendons à ce que cette inflexion soit positive et nette ».
Une inflexion positive
Janvier est traditionnellement marqué par la publication des taux de rendements des contrats Euros qui influencent le comportement des épargnants, ainsi rassurés après des mois précédents de fort attentisme, par suite des craintes liées à la restructuration des dettes souveraines. A 11,9 Mds d’euros, les versements sont à « un niveau supérieur aux neuf derniers mois de l’année 2011 et qui retrouve ses meilleurs niveaux », souligne l’AFA, dans un commentaire repris par les Echos. Les prestations versées sont restées à un niveau élevé à 13 milliards d’euros (contre 13,5 Mds en décembre 2011).
Désaffection conjoncturelle ou structurelle
Sont régulièrement évoquées pour expliquer ce phénomène :
- les craintes liées à la crise des dettes souveraines, poussant les épargnants à se tourner vers les livrets et les comptes à terme mis en avant par les banques, et toujours vers l’immobilier ;
- la baisse des taux de rendement amène les épargnants à puiser davantage dans leurs contrats (besoins de consommation, remboursements d’emprunts, recherche de compléments de retraite).
Nombreux atouts conservés
Marquée par une relative désaffection (passagère ?), l’assurance-vie reste pourtant le moyen privilégié de se constituer une épargne longue. Ce grâce à une fiscalité avantageuse, permettant d’optimiser la transmission du patrimoine. Loi de Finances 2012 et lois de finances rectificatives 2011 ont touché la fiscalité immobilière, celle des valeurs mobilières (durcissement du régime des plus values et hausse des taux de PFL) et celle des différents placements à taux fixe ( PFL à 24% sur livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme…). Parallèlement, les différents taux de PFL auxquels sont soumis les intérêts en cas de rachats sur un contrat d’assurance-vie n’ont subi aucune hausse.
En revanche, à court terme, comme tous les autres produits d’épargne fiscalisés, l’assurance-vie sera bien sûr impactée par la hausse de 2 points des prélèvements sociaux annoncée le 29 janvier dernier par Nicolas Sarkozy.
“Par rapport aux autres supports d’épargne, l’assurance-vie offre une combinaison exceptionnelle entre diversification des placements, liquidité, rémunération et sécurité. Les comptes à vue ne sont pas rémunérés ou très faiblement. Les livrets réglementés sont liquides, mais leur plafond est rapidement atteint et leur rendement modeste. (…). Les investissements en direct en valeurs mobilières sont de gestion plus complexe pour le particulier. Les PEA sont attractifs mais les dépôts sont plafonnés et les possibilités de sortie ne sont pas aussi souples”. C’est ainsi que la Cour des Comptes situait l’assurance dans le paysage français des produits d’épargne dans son rapport thématique de janvier 2012 intitulé « la politique en faveur de l’assurance-vie ».
C d F.












