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Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Un médiateur pour l’Assurance Retraite

Vendredi 11 mai 2012

Réclamation, contestation des droits calculés,… l’Assurance Retraite s’est enfin dotée d’un médiateur. Il s’appelle Claude Périnel. C’est l’ancien Directeur de l’action sociale à la CNAV. C’est lui, désormais qui s’emparera de tout litige entre un assuré, un retraité et sa caisse.

Du moins dans les quatre régions (Centre, Languedoc-Roussillon, Nord-Picardie et Normandie) où ce dispositif est ouvert à titre expérimental avant d’être généralisé, assure la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), à l’ensemble du pays.

Concrètement, les missions du Médiateur de l’Assurance retraite consisteront à :

  • Offrir une nouvelle voie de recours gracieux aux assurés qui ont déposé une réclamation ou contesté le traitement de leur dossier par leur caisse de retraite, s’ils ne sont pas satisfaits ou sont en désaccord avec la réponse qui leur a été apportée.
  • Proposer, au regard des demandes qui lui auront été adressées dans le cadre de sa mission, des évolutions législatives ou réglementaires.

Impartial, le Médiateur de l’Assurance retraite pourra fournir au retraité, après examen de son dossier, des explications sur la décision de sa caisse régionale ou formuler, auprès de sa caisse, une recommandation pour le réexamen de sa demande.

Mais, la décision finale relèvera, quoi qu’il arrive de la responsabilité de la caisse régionale.

Qui peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?

Tout le monde. Tout assuré (ou son représentant légal) dès lors que vous aurez préalablement déposé une réclamation écrite auprès de votre caisse de retraite et que vous n’êtes pas satisfait de la réponse.

Dans le cas particulier d’une contestation des droits qui vous ont été notifiés, vous devrez auparavant avoir saisi la Commission de recours amiable de votre Caisse de retraite et avoir reçu sa décision, avant de pouvoir saisir le Médiateur de l’Assurance retraite en dernier ressort.

Comment saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?

Chacun peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite par courrier ou par courriel.

Le recours au Médiateur étant gratuit.

Coordonnées :

Le Médiateur de l’Assurance retraite

M. Claude PÉRINEL

75951 Paris Cedex 19

mediateur@cnav.fr

Voilà qui devrait soulager quelque peu le Défenseur des droits qui a repris les attributions du Médiateur de la République…

AB

Les retraités ont-ils fait gagner Hollande ?

Lundi 7 mai 2012

« Je suis le président de la jeunesse de France », a notamment déclaré le nouveau président de la République, lors de son discours place de la Bastille hier soir devant la foule rassemblée pour fêter son élection. Mais les retraités n’ont-ils pas contribué à élire François Hollande ? Ont-ils sanctionné le président sortant ?

Les retraités avaient joué un rôle essentiel dans la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, en votant à 70% pour le candidat de l’UMP.

Hier, leur choix a-t-il été de nouveau décisif ? C’est la question que l’on peut se poser, au lendemain de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, à la lumière d’un essai : « La minorité silencieuse ».

C’est le titre d’une étude sur les retraités des sociologues Alain Mergier et Philippe Guibert, publié début mai par la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste.

Selon eux, les retraités forment une classe d’électeurs à part entière qui finit par peser dans les urnes.

« Une catégorie politique est en train de naître, qui va prendre de l’importance, compte tenu de la démographie et de l’allongement de la durée de vie », avertit l’un des auteurs interrogé par LeMonde.fr

Car les retraités constituent près du tiers de l’électorat, sont plus marqués politiquement autour d’un clivage droite/gauche et sont davantage partisans que le reste de la population. Mais, surtout, Alain Mergier et Philippe Guibert notent, parallèlement, « une certaine régularité dans la manière dont ils perçoivent la société, laissant apparaître de fait un clivage net avec les actifs », au delà de leur sensibilité politique.

Un discours de désapprobation qu’ils soient de droite ou de gauche

Selon les auteurs, les retraités, quelque soit leur bord politique, ont un discours commun. Cette même parole est avant tout critique et distincte des discours de la vie active, du fait de leur mise à l’écart.

Un discours de désapprobation, structuré en 2 pôles : « l’argent roi » et « l’enfant roi ».

Les retraités s’insurgent à la fois contre l’incohérence manifeste aujourd’hui entre l’argent et le travail mais aussi l’excès de jeunisme qui se caractérise, selon eux, par une « disqualification de la transmission et la déperdition des savoirs ».

Par ailleurs, « les retraités ont une conception commune de l’autorité politique, incarnée par le Général de Gaulle », explique les deux auteurs. De droite ou de gauche, ils plébiscitent la fermeté tout en attendant d’un président qu’il exerce son autorité de façon calme et réfléchie, et non par l’agitation et l’agressivité.

Alain Mergier et Philippe Guibert laissent entendre ainsi que « c’est ce qui conduit une majorité de retraités à trouver que François Hollande, en 2012, incarne mieux la conception gaullienne que Nicolas Sarkozy »

C’est en tout cas ce qui ressort des longs entretiens individuels que ces sociologues ont eu avec 24 retraités représentatifs pour leur sujet d’étude.

« Le vote retraité est décisif »

Autre principal enseignement : le poids électoral des retraités, qui boude moins les urnes que le reste de la population, ne cesse de croître.

« Le vote retraité est décisif, aussi décisif que celui des milieux populaires », soulignent les deux auteurs.

« Leur désir constant de stabilité tant politique qu’économique explique le faible vote des retraités en faveur des extrêmes, leur refus de leur sortie de l’euro et leur souhait de réduction de la dette publique – même si réapparaît dans les différentes causes et solutions proposées le clivage gauche/droite », ajoutent-ils.

Au 1er tour, selon une étude de l’IFOP, les retraités ont voté à 37 % pour le président sortant, à 32 % pour le candidat socialiste François Hollande, à 10 % pour Marine Le Pen (Front national), à 9 % pour Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (MoDem).

« L’écart entre M. Sarkozy et M. Hollande était plus faible dans le vote des retraités qu’il ne l’était au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 entre le candidat de l’UMP et Ségolène Royal qui défendait alors les couleurs du PS. Ainsi, à titre d’exemple, pour Ipsos, M. Sarkozy avait obtenu 41 % des suffrages dans cette catégorie, contre 23 % seulement pour Mme Royal », rappelle LeMonde.fr

Qu’en a-t-il été hier pour le 2nd tour ? Difficile, pour l’heure, d’en avoir une idée précise.

Les retraités, même de droite, avaient de sérieuses réserves sur Nicolas Sarkozy

Pourtant, selon un sondage Ipsos l’avantage pour Nicolas Sarkozy était important : il obtenait près de 59 % des intentions de vote, contre 41 % pour François Hollande, chez les retraités.

« Les retraités, y compris ceux qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, ne semblent plus retrouver chez lui la conception de l’autorité présidentielle. En outre, les retraités qui se disent de droite, malgré leur fidélité politique évoquée plus haut, expriment ouvertement de sérieuses réserves au sujet d’un candidat qui incarne la conception de l’argent roi. Il serait donc surprenant que l’électorat retraité se prononce en faveur de Nicolas Sarkozy avec une ampleur similaire à 2007 », concluaient dès le 2 mai, Alain Mergier et Philippe Guibert, auteurs de « La minorité silencieuse – Étude sur les retraités », publié par la Fondation Jean Jaurès.

Une minorité silencieuse, que les futur(e)s candidat(e)s pour 2017 devront apprendre à courtiser… ou dont ils devront se méfier !

AB

Les retraites en retrait du débat Sarkozy-Hollande

Jeudi 3 mai 2012

Quel retraité ou futur retraité, n’est pas resté sur sa faim, hier, à l’issue du débat télévisé de l’entre deux tours de l’élection présidentielle ?

J’ai beau lire ou revoir les extraits sélectionnés par la presse et le web ce matin, la petite poignée de minutes consacrée à ce sujet -pourtant capital- n’a pas retenu l’attention de grand monde, comme en témoigne ce résumé vidéo du débat réalisé par le Nouvel Obs :


Le débat Hollande – Sarkozy en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur

Dans le détail, Nicolas Sarkozy s’est simplement félicité d’avoir mené une réforme nécessaire, sans heurts, ni violences tandis que François Hollande a juste réitéré sa promesse :

« Je rétablirai le départ à 60 ans dès lors qu’il y a 41 années de cotisations et qu’on a commencé tôt à travailler »

Un peu mince pour se faire véritablement une opinion, savoir de quoi sera fait l’avenir. Rappelons que la réforme ne permet de financer notre système de retraite que jusqu’en 2017. Et après ?

L’avenir des retraites, une nouvelle patate chaude ?

Si l’on voulait un peu plus de fond sur les retraites et leur avenir, c’est la radio qu’il fallait écouter, hier. Plus tôt dans la matinée, Europe 1 a été le théâtre d’un vrai débat d’idées entre Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy et Marisol Touraine, chargée de cette question auprès de François Hollande.


Retraites : la réforme “n’est pas juste” par Europe1fr

Sur la réforme de 2010, tout d’abord :

« L’espérance de vie s’allonge. Elle a pris 15 ans depuis 1950. Notre réforme a permis de sauver le système des retraites et de le financer au moins pour les 5 ans qui viennent. Ce n’était pas une réforme facile à faire. Tout le monde a bien compris l’enjeu », a rappelé la porte parole du candidat de l’UMP.

De son côté, Marisol Touraine, a appelé à « tout reprendre » parce qu’il y a un « problème ».

« Le choix du gouvernement a été de faire peser sur ceux qui ont commencé à travailler jeune l’essentiel de la réforme. Tout cela pour pas grand chose puisque la caisse nationale d’assurance vieillesse, la branche vieillesse reste en déficit. Pas qu’un peu, de 6 milliards d’euros pour 2011 », a-t-elle estimé en soulignant qu’il s’agissait d’une « réforme injuste ».

Sur le retour à la retraite à 60 ans pour certains :

La porte parole du candidat PS a justifié cette promesse par le fait que « nous ne vivons pas tous plus longtemps avec la même espérance de vie en bonne santé. »

« Il nous paraît donc légitime que ceux qui ont eu des métiers pénibles, ceux qui ont commencé à travailler jeune puissent partir avant les autres », a-t-t-elle insisté.

De son côté, NKM a défendu le fait que « quand on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps sauf à prendre le risque d’augmenter les impôts comme veulent le faire les socialistes, là ce sera pour tous les travailleurs des impôts en plus ».

Sur le financement :

La promesse de François Hollande, qui coûterait 1 milliard d’euros par an, sera financée par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1% par an.

Une proposition injuste qui « va être payée par tous les Français », selon la porte parole de Nicolas Sarkozy, estimant que cela représentera une hausse d’impôts de « 250€ par an pour un couple qui gagne, chacun, 1 650€ par mois ».

Et après 2017 ?

La question reste, hélas, sans réponse comme si une réforme inévitable de la réforme des retraites était une nouvelle patate chaude que chacun des candidats voudrait bien repasser à un(e) autre… mais dans 5 ans !

AB

Pour prolonger : relire aussi “Le débat fiscal, entre les deux tours“; et revoir l’infographie animée “Fiscalité et épargne, quelle réforme demain“.

Vivre sa retraite à l’étranger : le choix du climat et de la… fiscalité !

Mercredi 2 mai 2012

Avez-vous déjà songé à profiter de votre retraite ailleurs qu’en France ? Oui, bien sûr, mais où ?

Challenges.fr nous éclaire cette semaine avec le classement des 10 pays préférés des Français sous forme de diaporama. Détaillant aussi les raisons, souvent météorologiques, toujours fiscales, qui peuvent pousser nos compatriotes à s’expatrier à l’heure de la retraite.

Sans surprise, c’est le Maroc, à 3h d’avion seulement de Paris, qui arrive en tête des destinations préférées des Français qui, sans y avoir d’attaches familiales, choisissent de prendre leur retraite hors de France. Ils seraient déjà entre 20.000 et 25 000 environ à profiter d’un climat agréable mais aussi d’une fiscalité douce.

En effet, les “non-résidents” français sont imposés au Maroc sur leur pension, selon une convention fiscale signée entre les deux pays. Mais le royaume chérifien accorde aux retraités français un double avantage sur la part des revenus touchés au Maroc : un abattement de 40 % sur le montant à déclarer et une réduction de 80 % de l’impôt dû.

Au final, le Maroc offre aux retraités Français un coût de la vie environ 30 % inférieur à celui de l’Hexagone. Selon le site retraite-étranger.fr, l’avantage mensuel sur les dépenses mensuelles, pour un couple de retraités résidant au Maroc, serait de 28 % (s’il est propriétaire) et même de 39 % (s’il est locataire) !

L’Espagne s’octroie la 2e place de ce classement. Il faut dire que les Franco-Espagnols sont nombreux, plus de 150 000 personnes selon les estimations, à revenir au pays lorsque sonne l’heure de la retraite pour profiter d’un climat plus agréable et d’un différentiel de niveau de vie encore – mais de moins en moins — intéressant.

Contrairement au Maroc, la fiscalité est neutre. C’est-à-dire que vos pensions resteront imposables en France. Et le coût de la vie est d’environ 10 % inférieur à la France.

Son voisin, le Portugal, occupe la 3e marche du podium. Les Portugais sont une des communautés les plus structurées et les plus fortes en France. Les mariages mixtes sont très nombreux, ce qui explique en grande partie le nombre élevé de Français (entre 30 000 et 50 000 environ) prenant leur retraite au Portugal. Comme pour l’Espagne, globalement, le coût de la vie au Portugal est moins élevé que dans la plupart des autres pays d’Europe où un retraité français peut “vivre mieux en dépensant moins”.

Un niveau de vie jusqu’à 60 % supérieur qu’en France

Mais d’une manière générale pour vivre vraiment mieux qu’en France avec le même budget il faut quitter l’Europe, traverser la Méditerranée et même les Océans.

Autres destinations privilégiées par les nouveaux retraités :

  • Tunisie : les Français y seraient déjà plus de 10 000, le coût de la vie est jusqu’à 50 % inférieur ;
  • Sénégal : de 3 000 à 5 000 Français qui n’ont pas d’attaches familiales avec le pays. L’avantage sur les dépenses mensuelles, pour un couple de retraités serait d’environ 40 % ;
  • Île Maurice : environ 15 000 Français et leurs proches y résideraient ;
  • Floride (USA) : beaucoup de retraités attirés par la baisse des prix de l’immobilier sur place. Un tiers des 100 000 Français sur place seraient des retraités. Même s’ils restent imposables en France, le coût de la vie y est inférieur de 5 %.
  • République Dominicaine : un millier de Français. Hormis le climat et le coût de la vie dû à la pauvreté de l’île, cette destination offre peu d’avantages : absence de services publics et risque de double imposition.

Enfin, deux nouvelles destinations sont de plus en plus prisées, dernièrement, par les retraités Français : la Thaïlande et le Brésil.

La part des plus de 60 ans parmi nos compatriotes vivant en Thaïlande est passée de 4 % à 16 % ces 15 dernières années. C’est l’un des pays où le différentiel de niveau de vie est le plus favorable aux Français, jusqu’à 60 % supérieur, mais vous resterez imposable en France.

Au Brésil, en revanche, où le nombre des résidents français retraités y a plus que décuplé en 10 ans, vous serez imposables sur place.

Attention à l’effet “coup de soleil” !

Quelle que soit la destination que vous choisiriez pour passer votre retraite, même si climat et fiscalité se révèlent plus doux qu’en France, il ne faut pas négliger certains points faibles, rappelle le site de l’hebdomadaire économique.

“Attention à l’effet “coup de soleil” : quand on vient dans un pays en vacances, on bronze et on peut avoir l’impression que tout y est facile. Mais une fois installé, il faudra apprendre à vivre sur place toute l’année : se mettre, dans les pays non francophones, à apprendre la langue et s’y faire des amis. On ne peut pas passer sa vie à marcher sur la plage !”, met en garde Louis Eudes, PDG de Délocalia, société de conseil patrimonial pour les Français de l’étranger.

L’effet coup de soleil peut amener à surpayer les biens et les services, par méconnaissance des usages, de la réalité des prix et des prestations. Prenez par exemple la santé : dans les pays où le coût de la vie est bas, elle peut se révéler très chère, beaucoup plus qu’en France. Et il faudra donc prévoir une assurance santé ou l’adhésion à la CFE (Caisse des Français à l’étranger) avec mutuelle.

Alors ? Prêts vous aussi à tenter l’aventure, une fois retraité, pour un petit coin de paradis… fiscal ?

AB

Japon : taxer les beaux gosses pour financer les retraites ?

Lundi 30 avril 2012

C’est la proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste Japonais : Takuro Morinaga. Elle est publiée dans un entretien au magazine japonais Aera, repris et traduit par Courrier International, pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.

Le vieillissement de la population étant catastrophique au pays du soleil levant, comme le montre cet extrait d’un documentaire diffusé sur Arte :

1 Japonais sur 2, de 30 à 35 ans, est célibataire

« Depuis l’an dernier, les célibataires constituent le premier type de foyer au Japon : 16 millions de Japonais vivent seuls. Ceux qui se marient ont de moins en moins d’enfants (1,39 enfant par femme), et de plus en plus tard (âge moyen 29 ans). Il n’y a jamais eu aussi peu de naissances dans l’Archipel et le ratio de personnes âgées ne cesse et ne cessera de progresser.

Les femmes, quant à elles, refusent de former une famille, car cela revient pour elles à accepter un déclassement social et professionnel. 70 % des femmes japonaises quittent leur emploi au premier enfant. », rappelle LeFigaro.fr.

Et la crise n’a pas épargné les célibataires nippons. Leur salaire moyen annuel a dégringolé de 47 000 à 28 000 euros en dix ans ! Autant dire que leur sex-appeal auprès des Japonaises, apparemment vénales, a pris lui aussi une sacrée claque. En effet, ces dernières continuent de chercher le mari idéal, qui est censé gagner deux fois plus qu’elles.

À l’époque, explique l’économiste, la coutume était de dire : “Même s’il n’est pas très séduisant, il travaille dans une bonne entreprise. Avec lui, tu seras tranquille toute ta vie !”

Or, “le système de l’emploi à vie s’est effondré dans notre pays depuis l’éclatement de la bulle financière, au début des années 1990 et la pratique du mariage à vie qui était soutenue par ce dernier s’est écroulée à son tour”, ajoute Takuro Morinaga.

En s’appuyant sur les résultats d’une enquête sur la structure de l’emploi, une cellule de réflexion a calculé le nombre d’hommes mariés chez les 25-30 ans selon les tranches de revenus. Elle a mis en évidence que plus de 70 % des hommes ayant un revenu annuel de plus de 10 millions de yens (environs 95 000 euros) étaient mariés. En revanche, plus le revenu baissait, plus le nombre de mariages diminuait et, à l’approche du million de yens (9 500 euros), seul un homme sur six était marié.

Ainsi, « le seul moyen pour les laids de rivaliser avec les beaux, c’est l’équilibrage des revenus. La méthode la plus simple est de taxer les beaux mecs qui ont le monopole de la séduction. », avance Takuro Morinaga.

Doubler les impôts des “beaux”, réduire ceux des “laids”

Il propose donc de classer les Japonais en 4 catégories :

  • les “beaux”, dont le taux d’imposition serait doublé
  • les “normaux” ensuite, dont l’imposition ne serait pas affectée,
  • les “moyennement laids”, qui obtiendraient une réduction de 10 % d’impôts
  • les laids, qui paieraient 20 % en moins.

« La baisse de recettes fiscales provenant des contribuables laids sera largement compensée parce qu’auront à verser les beaux. Si l’on affecte ce surplus à la protection sociale, le financement des retraites sera facilité et l’avenir du Japon sera plus radieux. », ajoute-t-il.

La beauté serait évaluée lors d’une audience devant un “conseil d’évaluation de la beauté”, ou siégeront cinq femmes, tirées au sort.

Quant à aux femmes, selon l’économiste, celles

« qui séduisent les hommes et les mènent par le bout du nez ne sont pas forcément des beautés. Pour plaire aux hommes et profiter de leurs largesses, c’est la manière – les gestes, les manœuvres – qui compte, plus que l’apparence. Certaines femmes ont l’art de se faire entretenir, indépendamment de leur physique. Pour celles-là, il faudrait que leur revenu imposable soit calculé en fonction des avantages en nature qu’elles reçoivent des hommes. »

Ce n’est pas la première fois que le Japon songe à briser le principe d’égalité devant l’impôt. En 1941, déjà, l’État envisageait un impôt sur les célibataires, rappelle LeFigaro.fr.

AB

Fraude aux retraites : s’il n’y avait que la Grèce…

Jeudi 26 avril 2012

800 millions d’euros par an, c’est ce que représente la fraude aux retraites et aux prestations sociales en Grèce, selon FranceInfo.fr.

Un montant hallucinant pour ne pas dire indécent dans un pays toujours en proie à la plus grave crise financière européenne.

Un nombre anormalement élevé d’aveugles dans l’île de Zante, des pensions d’handicapés attribuées à des Grecs parfaitement valides à Salonique ou des retraites post-mortem que des proches des défunts continuaient de percevoir, les autorités grecques ont mis au jour quelque 200 000 cas de fraudes. Athènes s’étant lancé dans une course aux économies dans le but de réduire sa dette.

Le ministère du Travail dévoile, par ailleurs, un autre scandale : des entreprises déclarant des cotisations sociales fictives afin de vendre au prix fort une couverture aux actifs non assurés, qui représentent près du tiers de la population active, explique LeMonde.fr. Quelque 4 000 cas ont déjà été recensés.

Des pratiques, hélas, qui ne datent pas d’aujourd’hui dans ce pays de carte postale… Un tel mépris de l’intérêt général est devenu intolérable aujourd’hui dans une Europe en difficulté.

Mais certains Grecs ne sont, hélas, pas les seuls à blâmer. Nous avons aussi en France, des personnes qui profitent d’un système incapable d’être pointilleux.

Pensions de retraite versées à l’étranger, dispositif “carrière longue”, la France n’est pas en reste

Il y a près d’un an, déjà, la Cour des comptes suspectait des fraudes sur les pensions de retraite versées à l’étranger. Il s’est avéré que dans certains pays, “le nombre de centenaires pensionnés du régime général est supérieur à celui recensé par les services du recensement”, selon leparticulier.fr

10 % des bénéficiaires des retraites sont des personnes qui ont travaillé, cotisé et donc acquis leurs droits à la retraite en France, alors qu’elles sont installées à l’étranger. Alors qu’en France, l’état civil informe automatiquement les caisses de retraite de la disparition d’une personne, ce n’est pas le cas dans d’autres pays, rappelle le site web de l’information juridique et pratique.

Autre cas de fraude, aujourd’hui, ce sont quelque 1.500 personnes, ayant profité du dispositif «carrière longue» pour partir à la retraite, qui se voient réclamer des remboursements allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros par la sécurité sociale.

La loi Fillon II de 2003 permettait aux salariés ayant travaillé jeunes de partir plus tôt à la retraite même s’ils n’avaient pas le nombre requis d’annuités.

Pour cela, ils devaient racheter des trimestres de cotisations après avoir fourni des attestations sur l’honneur signées par deux témoins, prouvant qu’ils avaient travaillé dans leurs jeunes années. Mais à partir de 2008, face à la montée en charge du dispositif (ou de la mauvaise foi de certains ?) et à son “financement devenu lourd”, l’administration a durci les conditions à travers une circulaire, explique LeFigaro.fr

“Nous avons conscience que certains dossiers sont litigieux mais la majorité des gens sont de bonne foi, ils ont été mal conseillés au départ. Il y a des situations dramatiques”, regrette la CGT.

Les sommes réclamées à certains par les Urssaf, la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail), chargée d’assurer le versement des pensions, et la MSA (Mutualité sociale agricole), atteignent plusieurs milliers d’euros, parfois 30.000 à 70.000 euros.

Tous ne sont peut-être pas des fraudeurs invétérés. Mais connaissez-vous des organismes habiles au cas par cas ? Comme dans la fable du berger qui criait au loup : « personne ne croit un menteur, même quand il dit la vérité »

Une chose est sûre, la fraude est un poison qui a toujours miné la cohésion sociale. Aujourd’hui elle contribue à mettre en danger les Etats. Il y a toujours des petits poissons qui passent les mailles du filet. Mais le jour où il n’y aura plus de filet…

AB

Faut-il investir en bourse pour sa retraite ?

Mercredi 25 avril 2012

Alors que l’Europe est face à un défi colossal, le financement des retraites, les mesures de rigueur prises dans chaque pays comme l’allongement de la durée de cotisation et de l’âge légal de départ, nous incitent à davantage préparer nous-mêmes, financièrement, notre retraite.

Plan d’épargne retraite individuel, collectif, assurance-vie, immobilier… ce ne sont pas les possibilités de placement et d’investissement qui manquent.

Mais que penser de la bourse ? Peut-on aussi préparer financièrement ses vieux jours en investissant sur les marchés ? Est-ce une démarche trop risquée et dangereuse ? Car on n’oublie pas que ces dernières années ont été ponctuées de crises et soubresauts sur les places boursières.

Aujourd’hui, qu’a-t-on appris ? Quelles sont les questions que doit se poser l’investisseur pour placer sans trop de risque son argent en bourse ?

Autant de questions posées dernièrement, lors de la conférence-live BforBank sur le thème : “Investir en bourse. Les nouvelles règles 2012″, animée par Thomas Blard avec :

Les trois experts ont parlé de l’ambiance sur les marchés, des différentes stratégies de placement à adopter, de la fiscalité des actions mais aussi de la question d’investir en bourse pour préparer sa retraite.

Ni un casino, ni le loto, mais un investissement à long terme


Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012… par BforBankTV

« La bourse doit être considéré comme un investissement à long terme », a rappelé d’emblée Bertrand Miserey.

« Investir régulièrement contribue à lisser le risque. », a ajouté Véronique Guisquet-Cordoliani.

Les trois experts regrettant la vision négative que l’on peut avoir de la bourse en France, préférant se reposer sur l’Etat, contrairement aux pays anglo-saxons où chacun doit financer sa retraite et capitalise très tôt, dès son entrée sur le marché du travail.

Faut-il viser le rendement ou la croissance d’une action?

Tout dépend de son âge et de son objectif. Si vous êtes un retraité débutant en bourse et que vous souhaitez avoir chaque année des rendements réguliers, alors nos experts vous conseillent d’opter pour des sociétés qui vous verseront de généreux dividendes.

En revanche, si vous êtes jeune et que votre but est de constituer une épargne retraite sur 10 ou 15 ans, nos experts vous conseillent de choisir des sociétés pour lesquelles vous n’allez pas vous intéresser uniquement au dividende mais au potentiel d’évolution du cours de l’action.

« C’est pas le casino, c’est pas le loto, c’est un placement moyen et long terme. Si on veut faire du day-trading c’est un autre sport, c’est une autre spéculation et c’est surtout pas pour faire sa retraite », a souligné Jean-Marc Sylvestre.

« La prudence que je ne comprends pas c’est celle des seniors aujourd’hui »


Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012… par BforBankTV

« Avant d’aller directement sur les marchés il faut se faire une phase d’apprentissage », préconise Bertrand Miserey.

« La prudence que je ne comprends pas c’est celle des seniors aujourd’hui. », s’est étonné Jean-Marc Sylvestre.

Car si les systèmes de retraite sont fragilisés pour les générations futures, ce n’est pas le cas pour les retraités aujourd’hui qui ont des pensions très confortables selon le journaliste économique. De plus, la moitié des retraités sont propriétaires de leur logement principal et détiennent de nombreux livrets bancaires.

« C’est eux qui devraient prendre des risques en bourse. Car leur espérance de vie est relativement courte donc s’ils se cassent la figure dans 10 ou 15 ans, peu importe ! », a expliqué le journaliste économique, constatant par ailleurs, avec ironie que dans un casino, les seniors sont bien plus nombreux à jouer aux machines à sous et sur les tables que les jeunes.

Dans les autres parties de la conférence (visible sur la WebTV BforBank), les experts ont abordé bien d’autres questions plus générales, concernant tout profil d’investisseurs.

Mais vous, chers lectrices et lecteurs, à la retraite ou en train de la préparer activement ? Pour vos placements en 2012 et au futur, ce sera la bourse ou la… bourse ?

AB

Epargne retraite : bravo les PERCO !

Jeudi 19 avril 2012

Quel succès pour les PERCO !

Les Plans d’Épargne pour la Retraite Collectif se portent à merveille. Une forme olympique, même ! Avec des chiffres records pour 2011 communiqués dernièrement par l’Association Française de la Gestion Financière :

  • l’encours atteint 5 milliards d’euros, en augmentation de 25 %
  • le nombre d’entreprises équipées atteint 148.000, en hausse de 20 %
  • le nombre de salariés adhérents est de 964.000, en hausse de 39 %

Et dire que sur la même période, le CAC 40 s’est déprécié de 17 % !

Cette progression des PERCO confirme ainsi l’engouement des salariés mais aussi des dirigeants pour les solutions d’épargne retraite au sein de l’entreprise. Comme le révélait le dernier baromètre Tendances Epargne et Retraite Entreprises (TE&RE) réalisé par Altedia et BNP Paribas E&RE. (voir le post « Les politiques aboient et la caravane de l’épargne retraite en entreprise… se surpasse ! »)

Pour rappel, le Perco permet aux salariés et dirigeants d’entreprises du secteur privé de se constituer un complément de retraite, grâce à une épargne volontaire, qui peut être abondée par l’entreprise.

Dans le détail, l’âge moyen de l’adhérent est de 46 ans avec une proportion de 62% d’hommes et 38% de femmes détenant un encours de 5 187 euros, majoritairement alimenté par l’entreprise.

Au 31 décembre 2011, les flux d’alimentation des PERCO, en hausse de 18% sur un an, ont atteint 1,4 milliards d’euros et se répartissent ainsi :

  • Participation : 23 %
  • Intéressement : 16 %
  • Versements volontaires des salariés : 21 %
  • Abondement de l’entreprise : 40 %

Clé du succès : une fiscalité avantageuse

Une fiscalité avantageuse pour l’entreprise, évidemment.

« L’abondement de l’employeur ainsi que les gains (dividendes, plus-values) sont exonérés d’impôt sur le revenu, à condition d’être immédiatement réinvestis sur le Perco. Et lors de la sortie, seuls les prélèvements sociaux seront dus (au taux actuel de 13,5 % et de 15,5% au 1er juillet). », rappelle Capital.fr

Et l’entreprise peut se montrer très généreuse. Elle peut, en effet, verser l’équivalent de 3 fois le montant placé par le salarié, dans la limite de 5.819 euros en 2012.

Autre avantage pour les salariés, il est possible de récupérer son épargne (qui est bloquée jusqu’à cette date) soit sous forme de rente soit en capital.

De plus, un tiers des salariés bénéficient d’une gestion pilotée de leur PERCO, c’est-à-dire une gestion financière basée sur une désensibilisation programmée de l’allocation de leurs actifs au fur et à mesure de l’approche de la retraite. On n’est jamais trop prudent !

Par ailleurs, plusieurs mesures contenues dans la loi portant réforme des retraites du 9 novembre 2010 ont commencé à produire en 2011 un effet positif pour le développement des PERCO :

  • La moitié de la participation est automatiquement versée sur le PERCO sauf si le salarié préfère la percevoir immédiatement ou la verser sur son PEE ;
  • Les salariés peuvent verser cinq jours de RTT par an sur leur PERCO, si l’entreprise n’a pas mis en place de Compte Epargne Temps1 ;
  • Tous les PERCO proposent désormais une gestion de leur épargne pilotée en fonction de l’âge du salarié ;
  • Enfin, si une catégorie de salariés bénéficie d’un régime de retraite chapeau2, l’entreprise doit proposer à tous ses salariés un PERCO ou un autre dispositif d’épargne retraite.

Un levier de recrutement

Mais l’Association Française de la Gestion Financière souhaite aller plus loin. Dans ses propositions pour le développement de l’épargne salariale présentées aux candidats à l’élection présidentielle, l’AFG promeut l’idée d’une fiscalité qui encourage l’épargne de long terme utile pour le financement de l’économie. La priorité devrait être de poursuivre le développement des PERCO afin de permettre en particulier aux plus jeunes d’en bénéficier davantage et de drainer les sommes épargnées vers les entreprises, notamment les PME, pour qu’elles se développent et créent des emplois.

Ca tombe bien car ça correspond à une véritable attente de la part des jeunes comme le révélait il y a déjà 3 ans cette étude TNS Sofres « Les jeunes actifs et la retraite ».

« L’appétit des jeunes actifs pour ces plans collectifs est surtout manifeste lorsqu’on évoque la possibilité de procéder au déblocage anticipé des fonds pour l’achat de la résidence principale : pour eux, l’achat de la résidence principale est la 1ère disposition à prendre pour préparer sa retraite »

Surtout que de plus en plus le plan épargne retraite employeur risque de constituer un des rares leviers de recrutement. D’ailleurs 70% des jeunes salariés du privé ont déclaré qu’ils se renseigneraient à ce sujet dans l’optique d’un nouvel emploi.

1 sur 5 en ferait un de ses deux premiers critères de choix.

AB

Les retraites en campagne, la promesse d’un sacré casse-tête

Mardi 17 avril 2012

Pour la dernière ligne droite avant le 1er tour de l’élection présidentielle dimanche 22 avril, profitons-en pour récapituler l’essentiel des propositions et les différents points de vue des candidats sur le dossier des retraites.

Car tous — excepté le président sortant — envisage une réforme de la… réforme !

Pour le moment, avec la loi de 2010 portant réforme des retraites, l’âge légal de départ va passer progressivement de 60 à 62 ans (65 à 67 ans pour une pension sans décote) avec une durée de cotisation de 41,5 annuités à partir de la génération 1955 pour une pension à taux plein.

Retraite à 60 ans : presque pour tous mais pas pour tout le monde

La retraite à 60 ans pour tous ? Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) sont pour. Avec un retour également aux 37,5 années de cotisation d’avant la réforme.

Marine Le Pen (FN) envisage elle aussi de revenir en arrière sur l’âge légal de départ. Avec même la possibilité de partir avant 60 ans pour les mères d’au moins trois enfants ou d’un enfant handicapé et une durée de cotisation limitée à 40 ans.

Quant à Eva Joly (EELV), également dans le camp de la retraite à 60 ans, elle ne toucherait pas aux 41,5 ans de cotisation mais promet des majorations pour les mères de famille.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon (FG) s’est prononcé, lui aussi pour le départ à la retraite à 60 ans mais préfère que la réduction de la durée de cotisation fasse l’objet d’une négociation avec les syndicats.

La retraite à 60 ans, aussi, mais pas pour tout le monde. C’est la position de François Hollande (PS) : un départ à 60 ans à taux plein pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“.

Promesse similaire pour Nicolas Dupont-Aignan (DLR) et Jacques Cheminade (Solidarité et progrès): permettre à ceux ayant cotisé 41,5 ans de partir avant 62 ans, voire 60 ans.

Mais certains candidats vont plus loin dans les promesses. Jean-Luc Mélenchon ou Jacques Cheminade envisagent une pension minimum équivalente au SMIC et même une extension de la pension de réversion aux pacsés pour le candidat du Front de Gauche.

Pour d’autres, il faudra tout remettre à plat et refondre carrément le système. François Hollande compte rouvrir, dès cet été, les négociations avec les partenaires sociaux sur l’âge de départ, la pénibilité, les carrières fractionnées… Quant à Nicolas Dupont-Aignan et François Bayrou, ils envisagent de passer à un régime de retraite par points, comme nous l’évoquions déjà dans le post « François Bayrou : les “points” sur la table des retraites »

Quant à Nicolas Sarkozy, il promet le versement des pensions le 1er du mois au lieu du 8 à compter du 1er juillet. Puisque de toute manière, sa réforme prévoit, depuis l’adoption du texte voté par le gouvernement en 2010, une “réflexion nationale” sur une refonte complète des retraites dès 2014. (voir le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »)

Le plus gros du financement continuera de reposer sur les salaires

Quant au financement des différentes promesses des uns et des autres et du système des retraites quelle que soit son évolution, taxer le travail et/ou le capital, les cœurs balancent.

Seule certitude, le plus gros du financement continuera de reposer sur les salaires au moyen de cotisations patronales et salariales, analyse Le Point.

François Hollande veut d’ailleurs les augmenter de 0,1 point avant juillet.

Les autres candidats veulent faire appel à d’autres sources : taxes douanières et économies sur les prestations aux immigrés pour l’extrême droite, taxation du capital et des profits des entreprises pour les candidats “à gauche de la gauche”.

Quoi qu’il en soit, il faudra bien dénicher tôt ou tard une ou plusieurs poules aux œufs d’or car, malgré la réforme de 2010, le financement de notre régime des retraites n’est assuré que jusqu’en 2018. En 2010, l’INSEE dénombrait 16 millions de retraités en France, ils seront 18 millions en 2020 et 23 millions en 2050 (soit une hausse de 47%).

Bref la seule véritable promesse de cette campagne présidentielle qui sera bel et bien tenue concernant les retraites, c’est celle d’un sacré casse-tête…

AB