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Retraite : les Américains pas sûrs de la prendre… vivants !

Lundi 21 novembre 2011

retraite_etats_unis1 Américain moyen sur 4 n’envisage pas de pouvoir prendre sa retraite avant l’âge de… 80 ans.

C’est le résultat hallucinant d’une étude de la banque Wells Fargo publiée par CNNMoney.

Un quart des Américains de la classe moyenne sont, en effet, si pessimistes sur leur épargne qu’ils envisagent de retarder leur départ à la retraite au-delà même de l’espérance de vie aux États-Unis, calculée à 78 ans ! Les USA sont d’ailleurs l’un des rares pays développés où l’espérance de vie diminue ces dernières années.

Alors que l’objectif moyen d’épargne pour la retraite d’un Américain est de 350 000 € environ, un tiers des sexagénaires possède réellement moins de 25 000 € d’économies.

D’une manière générale, 3 Américains moyens sur 4 s’attendent à travailler pendant leur retraite. Une situation qui n’est pas sans conséquences économiques et sociales selon Joe Ready, Directeur de Wells Fargo Institutional Retirement and Trust.

« Les gens vont-ils être physiquement et mentalement capable de continuer à travailler plus tard ? Quelles seront les conséquences pour les jeunes entrant sur le marché du travail ? Et, comment réformer notre système d’épargne-retraite pour réduire le fossé qui se creuse entre ce que les Américains arrivent à économiser et leur objectif d’épargne ? “, s’interroge-t-il.

Pour les ¾ des personnes interrogées, il est plus important de constituer un certain capital, quel que soit son âge. Tandis qu’une personne sur 5 seulement privilégie l’âge pour partir à la retraite, indépendamment de l’épargne constituée.

1 jeune sur 4 s’attend à ne rien recevoir de la sécurité sociale pour sa retraite.

C’est un bouleversement pour des Américains qui avaient l’habitude de prendre leur retraite autour de 65 ans. Mais avec la hausse du chômage, les marchés financiers en plein yo-yo et la dégringolade des prix de l’immobilier, grevant ainsi leur épargne, les Américains ont plus de mal à rester optimistes quant à leurs vieux jours.

De plus, les changements dans les régimes de retraite et les coupes dans les prestations sociales n’incitent pas vraiment à l’optimisme, selon la banque commanditaire de l’étude.

En moyenne, les personnes âgées de 20 à 40 ans s’attendent à ce que 20 % seulement de leur pension de retraite proviennent de la sécurité sociale. Plus d’un jeune sur 4, entre 20 et 30 ans, s’attend même à ne rien recevoir du tout.

En revanche, l’enquête montre que beaucoup d’Américains font réellement le choix de travailler plus longtemps. Près d’une personne sur 2, entre 25 et 39 ans, et une sur 4, entre 40 et 59 ans, dit qu’elles veulent travailler pendant leur retraite tout en souhaitant un poste avec moins de responsabilités.

Mais les Américains ne sont plus une exception depuis que, par exemple, chez nous en France, ce couple de retraités octogénaires a choisi de remettre la main à la pâte. (Voir le post « Un couple de retraités rouvre une boulangerie ! »)

On est bien loin désormais des aspirations des générations précédentes, pour qui, il fallait la prendre jeune, la retraite. Il n’en demeure pas moins, quelle que soit l’époque, qu’il faut surtout « la prendre vivant », comme dit la truculente réplique d’Audiard dans les Barbouzes !

AB

Copyrights : tommy.chang sur Flickr 

Et après la retraite ?

Vendredi 18 novembre 2011

retraite_dependance_personne_ageeLa réforme des retraites par ci ; la réforme des retraites par là… On ne parle que d’elle depuis plus d’un an. D’elle et d’un âge symbolique qui attire et attise la polémique : 60 ans. Puis deux. 62 ans  - l’âge légal de départ en retraite en 2017 – et 67 ans – l’âge pour toucher une pension à taux plein quelle que soit sa durée de cotisation.

Mais après ?

Comme si ça n’intéressait plus personne en général et les médias en particulier ce qui se passe et ce qui se passera après le départ à la retraite.

C’est pourtant le cœur du débat ! C’est parce que nous vivons plus longtemps que nous devons travailler plus longtemps. L’espérance de vie s’accroît à un rythme d’enfer selon cette récente publication de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques):

” En un quart de siècle, les hommes de 35 ans ont gagné 5 années d’espérance de vie et les femmes 4,5 ans.”

Et chaque année, nous gagnons en moyenne 3 mois d’espérance de vie ! Mais dans quel état ?

Un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes

Dépendant ou pas ? Le mot est lâché. Voilà pourquoi on préfère faire l’autruche et ne pas anticiper la dépendance. On la redoute car c’est la dernière étape à vivre. L’étape qui suit la retraite et précède la mort.

Rassurons-nous, selon le Professeur Françoise Forette, Présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie, à peine 7 % des plus de 60 ans souffrent d’un certain degré de dépendance. Mais, ça n’arrive pas qu’aux autres, et dans son article sur le défi de la longévité, elle souligne également que

” les 7 % de la population de plus de 60 représentent plus d’un million de personnes dont la dépendance nécessite une assistance et un coût important pour la collectivité.”

Par ailleurs, “la pyramide des âges de la population française évolue vers une augmentation de la proportion des plus de 80 ans qui va tripler entre les années 2000 et les années 2050. Il y a donc bien un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes.”

Et qui nous prendra en charge à ce moment-là ?

La réforme de la dépendance discrètement enterrée

La question restera hélas en suspens. La réforme de la dépendance est une nouvelle fois reportée. Loin de l’agitation médiatico-politique autour des retraites. Discrètement enterrée, titrait Le Monde.

C’était pourtant l’un des grands chantiers pour 2011 du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Des débats interrégionaux ont été organisés, des rapports parlementaires ont été remis au Président de la République, mais les tumultes de la crise ont contraint le chef de l’État a repoussé cette réforme. “Traiter ce dossier dans le contexte économique et financier que nous connaissons aujourd’hui, dans l’urgence, ne serait pas responsable”, a justifié le Premier ministre François Fillon lors de l’annonce de son 1er plan de mesures d’austérité fin août.

La crise financière a eu raison de la réforme de la dépendance. Pis, elle aura certainement raison de sa totale prise en charge par l’État.

Alors que faire en attendant ?

Prévenir puisqu’on ne peut pas guérir ! Et comme le martèle le Pr Françoise Forette :

La prévention des maladies liées à l’âge passe par ” le style de vie et l’éradication des facteurs de risque, promotion de l’information et de l’éducation, détection et correction des risques de fragilité, poursuite de l’activité professionnelle ou bénévole, maintien de l’optimisme et de l’estime de soi par l’intégration sociale… ces outils ont fait scientifiquement la preuve de leur efficacité. Ils sont entre nos mains pour faire de la longévité la plus extraordinaire aventure du vivant “.

Et mettre encore des sous de côté ! Puisque l’État croule sous la dette et la souscription à une assurance perte d’autonomie liée à l’âge était, de plus, l’une des propositions de Valérie Rosso-Debord, député de Meurthe et Moselle et auteur d’un rapport sur le financement de la prise en charge de la dépendance.

Alors ne regardons plus la retraite par le petit bout de la lorgnette. Elle ne commence plus à 60 ans mais bien la préparer c’est surtout faire en sorte de mieux vivre les dizaines d’années qui suivent !

AB

Retraite à 60 ans : plus une priorité pour la CFDT

Mercredi 16 novembre 2011

cfdt_francois_chereque_retraite_60_ansVexé, François Chérèque !

Froissé que le Gouvernement ait accéléré la semaine dernière le calendrier de la réforme des retraites. Pour rappel, l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans sera effectif en 2017 au lieu de 2018. Et il fallait s’y attendre, par extension, le recul progressif à 67 ans de l’âge permettant de toucher une pension à taux plein, et ce, quelle que soit la durée de cotisation, sera atteint en 2022 contre 2023 initialement.

François Fillon a, en effet, passé la vitesse supérieure. Sans même consulter apparemment les leaders syndicalistes. Le secrétaire général de la CFDT s’en est donc ému au micro de RTL en ce début de semaine face à Jean-Michel Apathie.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT… par rtl-fr

“La durée de cotisation doit être la base”

Pour autant, François Chérèque a définitivement chassé le spectre de la retraite à 60 ans, si chère au Parti Socialiste. Une belle porte de sortie pour le PS, analyse d’ailleurs Les Echos.

Un fardeau de moins, en effet, pour leur candidat désigné, François Hollande, quelque peu embarrassé par la cacophonie des leaders socialistes sur cette question comme nous l’évoquions lors des primaires du parti dans le post « Et le grand vainqueur de la primaire PS est… la retraite à 60 ans ! ».

La CFDT accorde davantage d’importance à la durée de cotisation.

La durée de cotisation devant être la base avec des choix personnels selon son propre parcours quant à l’âge de départ. Car c’est là, selon François Chérèque qu’on déplore le plus d’injustices, relate Les Echos. Certains salariés ayant commencé à travailler à 18 ans seront bientôt obligés de cotiser 44 ans, car ils ne pourront plus prendre leur retraite avant 62 ans. Or, il s’agit souvent de ceux qui sont le plus concernés par les métiers pénibles. A côté, d’autres pourront cesser de travailler, également à 62 ans, mais en ayant cotisé « seulement » 41,5 ans, la durée requise pour une retraite à taux plein.

6,4% des militants CGT ont moins de 30 ans

A croire qu’un vent de pragmatisme souffle sur les leaders syndicalistes cette semaine puisque même Bernard Thibault se félicite de la réforme des retraites, selon Marc Landré dans son blog de l’actualité sociale sur LeFigaro.fr !

De façon ironique, bien sûr ! Pour ne pas dire cynique.

Lundi, lors de la première présentation des comptes certifiés de la CGT, les chiffres ont parlé d’eux-mêmes : la CGT est une organisation de vieux ! A peine, 6,4% des militants ont moins de 30 ans. De plus, le syndicat peine à garder syndiqués ses militants lorsqu’ils deviennent retraités.

« On perd 80% de ceux qui basculent en retraite, ce n’est pas normal », juge Bernard Thibault. Et le patron de la CGT d’ironiser :

«Au moins avec la réforme des retraites et le recul de l’âge de départ en retraite, ils vont rester actifs plus longtemps », rapporte Marc Landré.

Plus aucun doute, c’est vraiment la crise !

AB

Copyrights : Neno° sur Flickr

Un couple de retraités rouvre une boulangerie !

Jeudi 10 novembre 2011

boulangerie_clermont_ferrand_retraiteC’est le couple de la semaine. Ils ne défraient pourtant pas la chronique dans la presse people. Elle n’est ni chanteuse, ni journaliste, il n’est ni footballeur, ni politique. Ils sont simplement boulangers. Mais l’ouverture prochaine de leur boutique à Clermont-Ferrand les élève au rang de stars sous les feux de l’actualité. Et pour cause : Georges a 84 ans. Suzanne, son épouse, 81 ans.

Ce couple de retraités a décidé de remettre la main à la pâte en ouvrant une nouvelle boulangerie pour améliorer son quotidien.

“Avec 1.000 euros par mois, c’est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu’on ne veut pas se serrer la ceinture”, explique Georges Gardon, très alerte malgré son âge, au micro de France Bleu Pays d’Auvergne.

“On s’en sortait en cultivant notre jardin mais en faisant toujours attention”, témoigne à ses côtés sa femme, le regard pétillant, très en forme elle aussi.

A la retraite depuis 1999, ils ont acheté leur magasin avec leurs propres économies. Et une entreprise a gracieusement accepté de leur louer le matériel, après leurs vaines démarches auprès des banques pour obtenir un prêt comme ils l’évoquent dans ce reportage que le 13h de TF1 leur a consacré.

Même s’ils font figure d’exception vu leur grand âge, Georges et Suzanne ne sont pas un cas isolé. Ils ne sont pas les seuls retraités à reprendre le chemin du travail. Le cumul emploi/retraite s’est désormais installé en France depuis la réforme intervenue en 2008 et en vigueur depuis 2009 qui libéralise ce dispositif.

281 200 retraités du régime général étaient aussi salariés en 2010

14% de plus en un an, selon les statistiques de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) reprises par le Cercle des Epargnants. Environ 281 200 retraités du régime général exerçaient une activité salariée en 2010, contre 245 000 en 2009 et 207 000 en 2008.

Ce sont avant tout les hommes (55%) qui cumulent pensions de retraite et salaires dans le cadre de ce dispositif détaillé sur le site de l’Assurance Retraite. Néanmoins, la part des femmes progresse plus rapidement que celle des hommes (respectivement + 20 % et + 11 %).

La répartition par âge des assurés révèle que 63 % d’entre eux ont entre 60 et 65 ans. Et 6 % des bénéficiaires avaient malgré tout bénéficié d’un départ en retraite anticipé (entre 56 et 59 ans) avant de reprendre un emploi.

Même engouement constaté chez les commerçants et les artisans dépendants du RSI (Régime Social des Indépendants). Entre fin 2008 et fin 2010, le nombre de bénéficiaires du cumul est passé de 17 000 à 33 900 dont 12 % d’auto-entrepreneurs.

A l’instar de notre couple de boulangers auvergnat qui envisage donc de travailler “au moins quelques années supplémentaires” : “et puis, ça nous amusera ! “, glisse l’octogénaire aux journalistes, un brin malicieux.

Un courage qu’il faut saluer. Mais, pas persuadé que ça amuserait tout le monde au même âge…

AB

Copyrights : Valdener_Marc sur Flickr

Retraites : Fillon appuie sur le champignon !

Mardi 8 novembre 2011

Pour éviter une «faillite» de la France et compenser la baisse des prévisions de croissance pour 2012, le 1er ministre a dévoilé hier un nouveau plan de rigueur avec notamment une accélération de la réforme des retraites.

L’âge légal de départ à 62 ans est avancé d’un an, à 2017.

« Cette accélération va conforter la réforme de 2010 et permettra de diminuer de plus de 4,4 milliards d’euros les déficits cumulés des régimes de retraite entre 2012 et 2016 », a justifié François Fillon.

Conséquence : cette mesure va se traduire par « quelques mois d’activité supplémentaire pour les générations nées entre 1952 et 1956 ».

Concrètement, cela représente 1 mois supplémentaire pour les générations nées à partir de 1952 et cela va déjà concerner l’an prochain pas moins de 155 000 personnes qui devront donc décaler leur départ à la retraite, explique cette vidéo de BFM TV :

Seuls, celles et ceux qui sont déjà à la retraite peuvent pousser un ouf de soulagement. La revalorisation des minimas sociaux et des pensions de retraites, RSA, AAH, ASS et du minimum vieillesse, resteront indexés sur l’inflation. Contrairement aux prestations familiales et aux aides au logement gelées désormais à 1% pour 2012, soit le niveau de la croissance espérée par le gouvernement.

“On est en train de glisser vers une situation à l’espagnole ou à la grecque”

La réaction de l’opposition et des syndicats à ce plan d’austérité ne s’est, évidemment, pas fait attendre, notamment sur le site de France Soir.

« C’est une logique d’austérité et donc baisse de la croissance, on est en train de glisser vers une situation à l’espagnole ou à la grecque. La logique d’austérité est une logique suicidaire. Le gouvernement veut faire croire que c’est équitable mais la mesure concernant l’impôt sur les sociétés, c’est programmé sur deux ans, alors que la retraite c’est programmé pour tout le temps », déplore Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

« Ce n’est pas l’avancement d’un an qui va permettre de régler la question des déficits des régimes de retraite. Il y a des sommes à récupérer sur les cadeaux aux entreprises qui coûtent cher mais ce sont les salariés qui vont payer une partie de la crise alors qu’ils n’en sont en rien responsables. On recule l’âge de départ à la retraite mais on ne crée pas d’emploi pour les seniors », regrette Eric Aubin, spécialiste des retraites à la CGT.

La CFDT et Solidaires, de leur côté, évoquent déjà des contacts pour décider d’une action commune, selon le Parisien.

Mais à défaut de plaire à l’opinion, l’annonce devrait surtout rassurer les agences de notation, notamment Moody’s qui avait annoncé, le 18 octobre dernier, qu’elle se donnait trois mois pour évaluer la perspective stable associée à la note AAA de la France, la meilleure possible et qui permet aux pays d’emprunter à des taux avantageux, souligne Europe1.fr.

Enfin, pour François Fillon, malgré ce nouveau train de mesures, les Français restent toujours mieux lotis que leurs voisins européens, note Challenges.fr qui en profite pour donner des éléments de comparaison.

En attendant d’autres arguments, peut-être issus de l’intervention du 1er ministre au 20 heures de TF1. Tandis qu’au même moment, François Hollande, candidat PS à la présidentielle était l’invité du journal télévisé de France 2.

Faites vos jeux. Puisque rien ne va plus…

Jeunes actifs et déjà pauvres futurs retraités !

Mercredi 2 novembre 2011

jeunes_actifs_futurs_pauvres_retraitesRien ne sera plus jamais comme avant pour notre retraite.

Il est définitivement temps de tirer un trait sur la retraite telle que la connaissent nos parents, nos grands parents. Les pensions qu’ils touchent et ce qu’ils en font pour les plus privilégiés d’entre eux. La nôtre, celle des jeunes actifs, ne ressemblera en rien à la leur.

C’est en tout cas l’avis d’Alfred Galichon, professeur d’économie à l’Ecole Polytechnique, dans un billet très intéressant publié par LesEchos.fr :

« En France, la difficile réforme des retraites de 2010 a eu le mérite de mettre en évidence que les jeunes actifs d’aujourd’hui seront bien loin d’avoir, une fois à la retraite, le niveau de vie qu’avaient leurs aînés baby-boomers. »

Plus nombreux à être frappés par le chômage et la précarité

Parce qu’au delà de la certitude, aujourd’hui, de devoir travailler plus longtemps que nos aînés depuis la réforme des retraites de 2010, nous risquons désormais, selon lui, d’être plus nombreux à être frappés par le chômage, à connaître plus souvent la précarité et davantage de difficultés pour nous loger, nous soigner,… bref, rien de très réjouissant. Rien avoir avec une retraite de pacha !

D’ailleurs, Nicolas Sarkozy, l’a rappelé lors de son intervention télévisée du 27 octobre dernier, dans la foulée du plan de sauvetage de la zone euro adopté à Bruxelles. Le Président de la République a défendu ses réformes emblématiques en assurant qu’elles avaient évité à la France les réductions des salaires ou des pensions imposées en Grèce, en Espagne, en Irlande ou au Portugal, souligne 20minutes.fr :

“Si nous n’avons pas eu à faire ça en France, c’est parce que nous avons fait la réforme des retraites à temps”, a-t-il plaidé, “la réforme des retraites a protégé la France et a protégé les Français”. De même que le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Mais ce n’était qu’un début. Alors que plusieurs pays sont déjà allés plus loin en fixant l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans, ce ne sont pas quelques mois de cotisations retraites supplémentaires, en France, qui suffiront à enrayer la crise. Aussi, le chef de l’Etat a également annoncé que le gouvernement allait présenter rapidement un nouveau plan de rigueur budgétaire.

« Le débat sur la politique fiscale en France prend en considération, à juste titre, l’équité sociale. Or une autre dimension fondamentale de l’équité est absente du débat : l’équité entre générations. », note Alfred Galichon avec perspicacité.

Ainsi, peut-être que certains seniors qui coulent jusqu’à présent des jours paisibles n’ont désormais qu’à bien se tenir.

« Il est frappant qu’aucun effort n’ait été demandé aux retraités actuels, alors que la charge de financement des retraites pèsera de plus en plus lourdement sur les générations suivantes. », remarque Alfred Galichon.

« No taxation without representation, dit l’adage, or si les générations futures sont de fait taxées, elles sont sous-représentées dans le processus démocratique. Et l’histoire nous enseigne que les populations taxées et non représentées finissent par se soulever. », avertit ce professeur d’économie.

L’ombre de la faillite grecque plane à nouveau

Un propos illustré, en effet, par les manifestations en Grèce et les revendications des Indignés en Espagne. Et qui vient de trouver, manifestement à point nommé, un écho retentissant hier avec l’annonce, par le 1er ministre grec, d’un référendum sur ce fameux plan de sauvetage européen. Et patatra ! L’ombre de la faillite grecque plane à nouveau et fait plonger les bourses du monde entier. L’euro est à nouveau ébranlé. De quoi donner un nouveau souffle aux revendications révolutionnaires de certains jeunes devant la caméra de BFM TV, venus manifester à Nice contre le G-20 qui se tient dès demain et vendredi à Cannes.

Désormais, les jeunes Européens savent bien qu’il leur sera demandé des sacrifices que n’ont pas connus leurs aînés, et ils sont sans doute de moins en moins prêts à l’accepter.

AB

Les Françaises et la retraite : les enfants d’abord !

Vendredi 28 octobre 2011

Si la femme est l’avenir de l’homme, comme le chantait Jean Ferrat, elle est plus pessimiste que lui, pourtant, quant à sa propre retraite.

La majorité des femmes françaises quinquagénaires (58%) associent, en effet, la retraite aux difficultés financières, contre seulement 36% des hommes du même âge, révèle une étude de HSBC sur l’avenir des retraites publiée cette semaine.

Les femmes plus vulnérables économiquement que les hommes

Forcément ! Elles sont bien moins loties que les hommes, selon Elle.fr :

« A cause des congés maternité ou parental créant des carrières en dents de scie, et du « plafond de verre » bloquant parfois les carrières féminines, les Françaises sont plus vulnérables économiquement que les hommes »

Un pessimisme qui ne date pas d’hier. Il y a un an déjà, lors de la réforme des retraites, beaucoup estimaient être les grandes perdantes de cette réforme dans cette vidéo de Mediapart.

Les femmes:principales perdantes de la réforme… par Mediapart

Mais à y regarder de plus près, cette situation déséquilibrée pourrait être moins subie qu’on ne le croit, selon Jean-Pierre Wiedmer, président d’HSBC Assurance sur le site de la Tribune :

« Les Françaises ne se posent pas la question de la retraite pour elles-mêmes et ce, quel que soit le niveau de leurs revenus. C’est seulement une fois qu’elles se sont préoccupées de leurs enfants, de leur famille et de leur maison qu’elles commencent à y penser »

Ainsi, l’étude révèle que 44% seulement des femmes ont déclaré avoir mis en place un plan financier pour leur avenir et celui de leur famille, contre 54% des hommes.

Peut-être parce que la répartition des postes de dépenses reste très traditionnelle, avance la sociologue Anne Muxel sur le site du Figaro :

« L’argent des femmes sert aux dépenses quotidiennes, il est beaucoup plus souvent mis en commun dans le foyer que celui des hommes.»

L’avenir des enfants, une priorité pour les Françaises

Mais si les femmes se préoccupent moins que les hommes de mettre de l’argent de côté pour leur retraite c’est encore pour leurs enfants. L’enquête montre, en effet, qu’assurer l’avenir de ses enfants est surtout une priorité pour les femmes.

Par exemple, 79% des Françaises jugent important de transmettre du patrimoine à leurs enfants, contre 58% des Canadiennes. De vraies mamans poules qui envisagent par ailleurs de vivre leur retraite non loin de leur famille. 3 Françaises sur 5 considèrent comme très important de vivre à proximité de leur famille à la retraite. C’est près de 60% contre 46% des femmes dans le monde. Preuve en est que la famille est une valeur refuge en France.

Pas certain que les belles-filles partagent également ce souhait avant de devenir elles-mêmes des belles-mères, bien sûr !

«Il faudrait que les femmes se réapproprient cette gestion financière à long terme, d’autant qu’elles vivent en moyenne six ans de plus que leur conjoint», conseille pour finir, Jean-Pierre Wiedmer, président de HSBC Assurances.

Car n’oublions pas que l’avenir est aussi un long passé… de fourmi !

AB

Divorce et retraite ne font pas bon ménage !

Mercredi 26 octobre 2011

divorcer_retraite_coute_cherDivorcer n’est pas sans effet sur la retraite. La séparation entraîne inévitablement une disparité de niveau de vie entre les époux, malgré la possibilité pour celui des deux qui subit ce déséquilibre d’obtenir de l’autre une prestation compensatoire.

Pour les couples à la retraite, cela peut représenter une baisse du niveau de vie considérable, surtout pour les femmes qui se retrouvent souvent endettées ou même sous le seuil de la pauvreté, selon le quotidien Métro de Montréal.

Une importante perte de revenus et un taux de pauvreté élevé

Au Québec, le nombre de divorces chez les couples de plus de 65 ans et plus a doublé depuis 1980.

« C’est le groupe où l’on retrouve le plus haut taux de divorce. Les couples mariés qui mettront fin à leur union entre 67 et 80 ans, risquent de subir une importante perte de revenus et un taux de pauvreté élevé », selon Caroline Dabu, responsable de la stratégie de planification financière et marketing, au Groupe BMO, gestion privée du groupe BMO, interrogée par le quotidien gratuit.

Pas mieux, chez nous, en France. Selon les chiffres de l’Institut National Etudes Démographiques (Ined), le pourcentage des divorces de personnes de 60 ans et plus a fortement augmenté au cours de la dernière décennie : 28% de plus chez les femmes et 39% de plus chez les hommes.

Un phénomène confirmé dans cette vidéo, ci-dessous, par Michel Rochefort, Directeur Général du Credoc (centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), pour qui le divorce n’a pas fini de croitre. Il commence à toucher les générations de plus de 50 ans et se généralisera probablement auprès des générations de plus de 60 ans en 2025. Cela aura pour conséquence un accroissement du nombre de personnes vivant seules.


Rochefort CREDOC divorce par ohersent

Un divorce prive de ses pleins droits à réversion

Mais si l’on est mieux seul(e) que mal accompagné(e) même après 30 années chaotiques d’un mariage que l’on n’hésite plus à abandonner, il n’en reste pas moins que financièrement on sera toujours plus à l’aise en couple que célibataire.

Conséquence plus fâcheuse, un divorce peut même vous priver de vos pleins droits à réversion, c’est à dire de la pension qui est versée au conjoint d’un assuré décédé.

En effet lorsqu’au décès de l’assuré il existe un conjoint survivant et un ou plusieurs conjoints divorcés, la pension de réversion est partagée au prorata de la durée respective de chaque mariage.

Il faut savoir aussi que le conjoint qui contracte un nouveau mariage ou vit en concubinage perd son droit à pension. Malgré tout il peut le recouvrer à la dissolution de sa nouvelle union ou à la cessation du concubinage.

Autant dire qu’une estimation de votre future pension de retraite en cas de divorce s’avère indispensable. C’est même un droit. Cela fait partie, en effet, du droit à l’information, l’une des principales mesures de la réforme des retraites, expliqué sur le site web de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) :

« Une estimation indicative globale du montant de la pension pourra être effectuée quel que soit l’âge de l’assuré si celui-ci est engagé dans une procédure de divorce ou de séparation de corps. »

Bref, si l’on a coutume de dire que l’argent est la cause première des disputes dans un ménage, il a toutes les chances de le rester après un divorce à l’âge de la retraite !

AB

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On n’épargne même plus nos retraités !

Samedi 22 octobre 2011

La grève générale contre les mesures d’austérité en Grèce s’est poursuivie hier et la mobilisation ne faiblit pas. 50 000 personnes, selon la police, se sont rassemblées sur la place Syntagma devant le Parlement d’Athènes, donnant même lieu à quelques échauffourées. Malgré de nombreux seniors parmi les manifestants. Car les retraités seront sans doute les plus touchés par le nouveau plan de rigueur adopté par le gouvernement grec. Comme ils le témoignent devant la caméra de BFMTV à Athènes.

“On risque d’assister à un effondrement des caisses de retraite”

François Baroin, ministre de l’économie, a confirmé la semaine dernière que les créanciers de la Grèce allaient perdre davantage que 21% de leur mise. La fameuse décote de 21%.

Pour rappel, lors d’un sommet extraordinaire à Bruxelles le 21 juillet dernier, l’Union Européenne a invité les créanciers privés (banques, caisses de retraite, etc.) à participer volontairement à une opération d’échange de titres de dette grecque contre de nouvelles obligations de maturité plus longue, avec une dépréciation globale de leur valeur de 21 %. Une perte plus importante les obligerait à passer de nouvelles dépréciations dans leurs comptes.

Or ce sont les Grecs qui supporteront l’essentiel d’une décote supérieure à 21%, explique Jean Quatremer dans Libération. De ce fait, le correspondant de Libération à Bruxelles explique :

« On risque d’assister à un effondrement du système financier grec, qui n’a pas les moyens d’être sauvé par l’Etat grec, qui est ruiné, et un effondrement des caisses de retraites. Je précise qu’il s’agit bien d’un système par répartition et non pas par capitalisation. L’argent des caisses, y compris en France, est placé sur les marchés. Les retraités grecs, qui ont déjà perdu leur 13e, voire 14e mois de retraite, risquent de perdre bien plus dans cette affaire. »

En France, les retraités ne seraient donc pas plus épargnés qu’en Grèce.

Hausse de la CSG pour les retraités français dès 2012 ?

Ironie de l’actualité, cette même semaine, on découvre que le AAA de la France est en danger. Après Moody’s, c’est désormais au tour de sa concurrente S&P d’émettre des doutes sur la note de la dette à long terme de la France. Alors que les grands argentiers de la zone euro doivent se retrouver ce week-end, l’agence de notation avertit d’une probable dégradation des notes des dettes souveraines de la France, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et du Portugal en fonction de la conjoncture économique. L’abaissement pourrait même se faire sur deux crans, en cas de récession doublée d’un choc sur les taux d’intérêt, un scénario envisagé par les économistes, indique Le Figaro.

Pour sauver ce triple A, l’IFRAP (l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), propose notamment le gel des prestations sociales et une hausse de la CSG pour les retraités dès 2012.

Estimant que les retraités ont un niveau de vie près de 20 % supérieur à celui des moins de 55 ans, cette fondation suggère de relever la CSG qu’ils acquittent (6,6 %) pour l’aligner sur celle payée par les salariés (7,5 %), une proposition également défendue par la CFDT notamment (pour financer la prise en charge de la dépendance), selon les Echos.

Heureux ceux qui ont épargné bien avant de partir à la retraite car , comme on le voit en Grèce ou en France, par les temps qui courent, on n’épargne même plus nos retraités !

AB

La retraite : une inaccessible étoile ?

Mercredi 19 octobre 2011

epargne-retraite9 Français sur 10 assimilent la retraite à une période de liberté, pleine d’activités, mais les ¾ d’entre eux ne connaissent pas le montant réel qu’ils toucheront à la retraite !

C’est l’un des enseignements pour le moins étonnant de l’étude réalisée par Ipsos pour AXA France.

« Les Français ont une vision très paradoxale de la retraite, avec d’un côté, “la retraite que je veux”, faite de profondes aspirations individuelles à de nouvelles libertés, de vrais choix personnels, de plaisirs, et de l’autre, “la retraite que je peux”, faite de contraintes extérieures qui hypothéqueront l’épanouissement et la qualité de vie attendus à l’âge de la retraite », résume Yannick Carriou, Directeur Général d’Ipsos.

La retraite, plus suffisante pour vivre

D’ailleurs les 18-45 ans ont déjà intégré qu’ils ne prendront pas leur retraite avant 65 ans, au lieu de 62 ans aujourd’hui. Car 61 % des Françaises et des Français anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat avec le passage à la retraite. Et plus du tiers des personnes se montre incapable d’estimer le montant futur de leur retraite… Mais 64 % sont convaincus qu’elle sera insuffisante ! Cette crainte financière est particulièrement accentuée chez les femmes qui, à 71 %, estiment que le montant de leur retraite ne leur suffira pas pour vivre.

« Surtout, ce qui fait choc pour les nouveaux retraités, c’est la comparaison entre le dernier salaire et la première pension : l’écart peut être de près de 50 % dans certains cas. À cette diminution de revenu, le passage à la retraite peut entraîner la perte d’avantages sociaux pris en charge par l’employeur, en particulier pour ce qui concerne la mutuelle complémentaire collective. », analyse Serge Guérin, Professeur à l’ESG Management School, sur le site web senioractu.com

Plus inquiétant selon lui, la baisse de confiance dans le système collectif.

Ainsi 49 % de la population pensent toucher moins que ce qui est prévu à ce jour. Les 35-54 sont 57 % à en être convaincus. Car, plus on est jeune et plus la confiance dans le système de retraite par répartition tend à se réduire.

Il n’est jamais trop tard

Heureusement Marc Darnault, associé chez Optimaretraite, se montre rassurant dans La Tribune.

« Il n’est jamais trop tard pour préparer sa retraite. Il faut choisir le bon produit, celui qui est adapté à ses besoins. » Pour les jeunes actifs, il est souvent difficile de mobiliser une partie de son argent. Ce n’est pas pour autant qu’il faut rester les bras croisés : « La première chose à faire est de vérifier, sur le site de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse), ses droits à la retraite, en prenant garde de ne pas oublier les jobs d’été ! Et évidemment, prendre, dès que possible, l’habitude d’épargner. »

Bref, pour pouvoir devenir cigale à la retraite, rien ne sert d’avoir des fourmis dans les jambes et les mains dans les poches !

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