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Investissement immobilier : les nouveaux plafonds 2011

Jeudi 31 mars 2011

Tous ceux qui investissent dans l’immobilier en bénéficiant d’un avantage fiscal (régime Scellier par ex.) savent que les loyers applicables dans le cadre de la location du logement acquis ne doivent pas dépasser un certain seuil.

Ce seuil a été revu à la baisse selon les localisations afin d’éviter les simulations erronées et donc décevantes.

Un plafond complémentaire, celui des ressources du locataire, s’ajoute à celui limitant le loyer lorsqu’un avantage fiscal supplémentaire est octroyé au contribuable (régime du Scellier social ou du Scellier Outre-Mer par ex).

Ces deux plafonds sont revus chaque année par l’administration fiscale.

Voici les deux instructions publiées récemment au bulletin des impôts  : l’instruction 5 B-5-11 et l’instruction 5 D-1-11.

Pour prolonger, vous pouvez vous reporter à ce résumé des modifications apportées par la dernière loi de finances en matière d’investissement immobilier.

IRF : ce que les économistes en pensent

Mercredi 9 mars 2011

Supprimer l’ISF pour le remplacer par un impôt sur les plus-values latentes, l’impôt sur le revenu de la fortune (IRF)? Cette option n”a pas été envisagée par les économistes auditionnés par la Commission des finances du Sénat en février dernier (Voir le compte-rendu de cette table ronde ainsi que notre post sur le sujet). A juste titre.

Rappel des principes de ce nouvel impôt

Selon les premiers éléments mis à la disposition du public, il s’agirait d’établir une comparaison de la valeur du patrimoine en début et en fin d’année afin de constater éventuellement une plus-value latente.

Cette plus-value, hors celles relatives à la résidence principale et aux titres de PME non cotées, serait taxée à un taux unique de 19%.

La moins-value latente, éventuellement “dégagée” en cas de baisse de valorisation du patrimoine sur l’année, serait reportable sur les plus-values latentes des dix années suivantes.

Seuls les patrimoines d’une valeur supérieure à 1,3 millions d’euros seraient concernés.

Rejet de principe des économistes

La presse s’est faite l’écho des réflexions des économistes interrogés par le Sénat lors de la table ronde de février dernier (Jean-Hervé Lorenzi, Christian Saint-Etienne, Thomas Piketty et David Thesmar).

D’une façon générale, ce n’est pas tant l’innovation dont ferait preuve ce nouvel impôt qui est rejetée mais l’idée de taxer un revenu qui n’en est pas un, puisqu’il n’est ni réalisé ni disponible.

L’accent est également mis par David Thesmar sur la complexité du système qui nécessiterait d’être “extrêmement perfectionné pour être en mesure d’estimer les valeurs de marché de nombreux actifs”. Thomas Piketty attire quant à lui l’attention sur l’imprévisibilité des recettes fiscales.

Enjeux de la réforme

Rappelons que les enjeux qui gouvernent les réflexions autour du projet de réforme sont ;

  1. d’être neutre vis-à-vis des finances publiques,
  2. de ne pas alourdir la fiscalité des contribuables non assujettis à l’ISF.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Même si on peut regretter qu’il n’y ait pas de refonte globale de notre fiscalité, il nous apparaît qu’une correction des défauts de l’ISF vaudrait mieux que l’instauration d’un nouvel impôt imparfait, à dommages collatéraux non évalués (mais certainement pas latents!).

Cette correction serait-elle pour autant pertinente?

Pour prolonger : lire ou relire par exemple la note relative à la position de la Cour des comptes sur le sujet.

L’ISF et le départ des entrepreneurs

Jeudi 3 mars 2011

Malgré l’exonération dont bénéficient les biens professionnels, l’ISF est un sujet qui cristallise l’attention des entrepreneurs.

En effet, ainsi que l’a rappelé Bernard Monassier lors de la deuxième table ronde qui était organisée au Sénat hier, nombre de chefs d’entreprise anticipent l’inclusion de leur “ex-patrimoine professionnel” dans l’assiette de l’ISF lorsqu’ils projettent de céder leur société.

Double taxation

La perspective de voir la plus-value qu’ils ont créée taxée à 31,3%, ajoutée à celle d’une entrée de plein pied de la totalité de leur patrimoine dans l’ISF, motivent en effet un nombre non négligeable d’entrepreneurs à prendre une décision lourde de conséquences pour l’économie : la délocalisation pour la Belgique ou un autre pays.

En transférant leur domicile fiscal à l’étranger avant le cession de leur entreprise, ils évitent ainsi l’imposition au titre de la plus-value ainsi que celle au titre de l’ISF.

Des contribuables hors statistiques qui ne “reviendront pas”

Ces contribuables, qui emmènent avec eux leur famille, ne font pas partie des statistiques qui ne constatent que le départ des personnes déjà soumises à l’ISF. Or, leur départ a des impacts actuels et futurs non négligeables. Ces familles consommeront en effet ailleurs qu’en France et paieront leurs impôts (TVA, impôt sur le revenu, etc) à l’étranger. Un réel manque à gagner pour notre économie et nos finances…

Un enjeu à ne pas négliger

L’arbitrage entre suppression ou réforme de l’ISF,  dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine, doit ainsi prendre en compte cet aspect des choses.

Est-ce que cela sera suffisant pour rassurer les prétendants au départ alors que l’instabilité chronique de nos règles fiscales attisent leurs peurs ? Rien n’est moins sûr…

Pour prolonger : relire par exemple les articles sur les nouveautés ISF de la loi de finances 2011 et sur l’ISF PME.

Réforme de la fiscalité du patrimoine : les enjeux économiques

Mardi 22 février 2011

Suppression ou réforme partielle de l’ISF et du bouclier fiscal? Taxation renforcée ou non des revenus financiers ? Imposition aux prélèvements sociaux des plus-values immobilières hors résidence principale ? Plusieurs pistes, dans des directions parfois opposées, sont avancées pour réformer la fiscalité du patrimoine depuis l’automne dernier.

Quelles sont cependant les questions à se poser et les objectifs à atteindre pour parvenir à une réforme juste ? La fiscalité a en effet pour objet premier de rassembler des recettes fiscales afin de satisfaire des besoins d’intérêt général.

Le Sénat a organisé mercredi dernier sa première table ronde de l’année sur ce thème. Elle réunissait quatre économistes de renom : Jean-Hervé Lorenzi, professeur à l’Université Dauphine et président du cercle des économistes, Christian Saint-Etienne, professeur au CNAM et membre du conseil d’analyse économique, Thomas Piketty, professeur à l’école d’économie de Paris et  David Thesmar, professeur à HEC.

Voir la vidéo du débat sur le site du Sénat

Perspectives économiques

Leurs différents apports permettent de prendre de la hauteur par rapport au sujet et de replacer la réforme fiscale dans une perspective économique plus globale : la croissance de la France, l’emploi des jeunes, sans oublier le déficit public.

Ces économistes s’accordent pour préconiser une réflexion posée et générale. Elle va dans le sens d’une simplification et d’une réelle lisibilité de notre impôt sur le revenu et de nos impôts sur le patrimoine, incluant en ce sens tant la taxe foncière que l’ISF.

Idée forte de ce débat :  satisfaire l’objectif originel de la fiscalité sans subir la houle des pressions électorales. Un vrai débat de société qui se poursuivra avec de nouvelles tables rondes en mars et avril prochain.

Pour prolonger : consulter notamment le compte-rendu de la table ronde des économistes.