Archive pour juin 2012

Retraite à 60 ans : qui, quand et comment ?

Vendredi 29 juin 2012

On va pouvoir enfin s’y retrouver avec… le retour partiel de la retraite à 60 ans !

Annoncée lors du Conseil des ministres du 6 juin dernier, la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise a fait l’objet d’un projet de décret. Un décret relatif à l’âge d’ouverture du droit à pension de vieillesse qui a été transmis, pour avis, au Conseil d’administration de la Cnav (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) le 18 juin dernier. Disposant désormais du texte de ce projet de décret, la Cnav, en tant que premier opérateur de la retraite en France, a décrypté cette nouvelle mesure lors d’un point presse cette semaine.

Les 5 points à retenir :

  1. Cette mesure s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er novembre 2012.
  2. Cette mesure concerne l’ensemble des régimes obligatoires de base : régime général, régimes des trois fonctions publiques, régimes agricoles (travailleurs salariés et non salariés), régime social des indépendants, régime des cultes, régime des professions libérales, régime des avocats et tous les régimes spéciaux (à compter de 2017, et 2016 pour la Banque de France) à l’exception de la SNCF et de l’ENIM.
  3. Le projet de décret prévoit que les assurés doivent désormais justifier d’un début d’activité avant 20 ans.

Pour rappel, il fallait jusqu’à présent avoir débuté son activité professionnelle avant l’âge de 18 ans pour bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.

Exemple :

- Assuré né en février : doit justifier de 5 trimestres avant l’année civile de ses 20 ans ;

- Assuré né en décembre : à défaut de remplir la 1ère condition, doit justifier de 4 trimestres l’année de ses 20 ans.

4 – Le projet de décret prévoit de ne plus opposer aux assurés cette notion de durée d’assurance totale validée. Seule une condition de durée d’assurance cotisée sera désormais exigée pour bénéficier du dispositif.

Exemple :

- Assuré né en 1954 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 165 trimestres pour prétendre à un départ à 60 ans.

A noter que le projet de décret introduit un « lissage » des conditions de durées validée et cotisée pour les départs avant 60 ans.

Exemple :

- Assuré né en 1957 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 166 trimestres pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

Avant le projet de décret (effet «lissage») cet assuré aurait dû justifier de 174 trimestres dont 170 cotisés pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

5 – Le projet de décret retient désormais dans les trimestres réputés cotisés :

  • 4 trimestres de service national ;
  • 4 trimestres de perception d’IJ maladie, maternité, AT/MP ;
  • 2 trimestres au titre de la maternité ;
  • 2 trimestres de chômage indemnisé.

Date possible de départ dispo dès cet été

Dès la publication du décret prévue en juillet, la Cnav s’est engagée à délivrer sur demande une attestation de départ en retraite anticipée aux personnes concernées par le nouveau dispositif, rapporte 20Minutes.fr 

« Cela concerne les personnes qui sont nées en 1952, 1953 ou éventuellement en 1954, inutile de s’y prendre très l’avance », précise Pierre Mayeur. « Même si la mesure s’applique à partir du 1er novembre 2012, cela permettra aux assurés d’avoir la garantie qu’il peuvent partir dans le cadre de ce dispositif », a ajouté le Directeur de la Cnav.

Pour en savoir plus et savoir concrètement si vous êtes concerné et de quelle manière par cette mesure, la Cnav a mis à disposition du public tous les éléments d’information sur son site internet lassuranceretraite.fr  et sur sa page Facebook.

De plus ses téléconseillers joignables au numéro de téléphone unique, le 39 60 (Prix d’un appel local depuis un poste fixe du lundi au vendredi de 8 h à 17 h), sont désormais en mesure de renseigner le public.

Enfin un chat sera également organisé sur le site internet de l’assurance retraite le 12 juillet prochain, pour répondre aux interrogations des futurs retraités.

AB

Trader Quizz : testez vos connaissances en bourse, et tentez de gagner un iPad

Vendredi 29 juin 2012

Quoi de mieux, après un printemps tumultueux sur les marchés boursiers, que de faire un vrai break et… vérifier ses connaissances, tout en s’amusant. Cela pourra égayer par exemple votre lecture attentive des magazines people et des romans pavés, traditionnellement produits pour le bord de mer et les étendues sablonneuses. Sur notre page Facebook, nous vous proposons à cette fin et ce jusqu’au 13 juillet, le Trader Quizz.

Il s’agit d’un quizz boursier, d’un jeu en ligne avec chaque jour une nouvelle question de connaissances portant sur la bourse et les marchés. Par exemple, les questions peuvent être : “que signifie le sigle CAC ?“, ou “quels sont les horaires d’ouverture de la Bourse de Paris ?“, ou encore “quel est le surnom de Warren Buffett“, etc. A chaque fois, plusieurs réponses sont possibles mais une seule est bonne pour accéder à l’instant gagnant… qui vous fera gagner ou non l’un des nombreux lots en jeu.

Des iPad à gagner

Ce jeu n’a pas pour seule vocation de détendre les neurones : vous avez la possibilité de gagner in fine en effet des tablettes iPad signées Apple : le genre de matériel informatique qu’on emmène bien, justement, en mobilité sur les routes des vacances. Vous pourrez gagner aussi des étuis pour iPhone en cuir et enfin des clés USB en forme de lingot d’or. De quoi compléter sa trousse de connecté itinérant.

A vous la main, dans le ce quizz bourse !

EcoScope n°8 : investir en entreprises

Jeudi 28 juin 2012

Mieux orienter l’argent et l’épargne des Français vers le tissu de production et l’économie est un des enjeux clés de la croissance future, souvent cité ces dernières années, assez peu mis en oeuvre il est vrai. Pour autant, de l’autre côté “de la barrière”, les outils et véhicules financiers existent qui permettent au particulier de placer plus intelligemment son argent.

Le “terrain de jeu” est notamment celui des 3,5 millions de PME comptabilisées en France en 2011, et de leurs besoins de financement. Le point sur les chiffres et tendances clés, en une infographie et 4 minutes.


EcoScope 8 – Investir en entreprises par BforBankTV

Pour compléter : revoir l’infographie fixe les avantages fiscaux à l’entrée au capital d’une PME.

Budget 2012 : la contribution des entreprises

Jeudi 28 juin 2012

Alors qu’on apprenait et commentait largement ce jour dans les médias que F. Hollande a reçu onze grands patrons franco-allemands le 11 juin dernier, les choix se précisent. Mercredi prochain 4 juillet, le collectif budgétaire sera présenté en Conseil des ministres. C’est donc tout logiquement qu’ont lieu actuellement les derniers arbitrages.

Si les particuliers sont bien évidemment visés par des mesures pour la plupart confirmées en début de semaine par Jérome Cahuzac, ministre délégué au Budget, les Echos révèlent quelques évolutions récentes pour les mesures touchant les entreprises. Quels sont les principaux efforts que devront fournir nos entreprises hexagonales ? Faisons le point.

TVA sociale supprimée, dispositif des heures supp’ raboté

Rien de nouveau de ce côté là. Comme prévu, avant même son application la TVA sociale sera abrogée et  interviendra la  fin de l’exonération des charges des heures supplémentaires dans les entreprises de plus de 20 salariés.  Pour les PME de moins de 20 salariés, le dispositif serait donc conservé.

Les pétroliers mis à contribution

Un dernier arbitrage aurait été rendu sur la façon dont les pétroliers seront mis à contribution. Ils subiront une contribution exceptionnelle, une taxe de 4 % sur les stocks de produits pétroliers, dont la rentrée  est. évaluée à environ 500 millions d’euros.  Si elle touchera les compagnies pétrolières (Total, Shell, etc.) les raffineurs et  les grandes surfaces (Carrefour, Leclerc, etc.) et les entreprises de stockage dans les ports (Rubis…) rentreront également dans leur périmètre.

Taxes sur dividendes et transactions financières

A été annoncée et confirmée une taxe de 3 % payée par les entreprises sur les dividendes versés. En seraient exonérées  les PME au sens européen (moins de 250 salariés et de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires). Par ailleurs, lorsqu’une société détient plus de 10 % de sa filiale, les dividendes versés par la filiale n’entreront pas dans le champ d’application de ce dispositif. Une des sociétés les plus touchées sera le groupe Total, qui a distribué l’an dernier 5,1 milliards d’euros à ses actionnaires.

La taxe sur les transactions financières, avait votée en mars sous le gouvernement Fillon à un taux de 0.1%. Le dernier arbitrage du gouvernement de Jean Marc Ayrault a fixé son taux à 0.2% pour une application le 1er août comme prévu.

Enfin les banques vont subir un doublement de la taxe de risque systémique, égale actuellement à 0,25 % des minima de fonds propres exigés par la réglementation elle passera à 0,5 %, pour une charge d’un peu plus de 500 millions cette année.

Le forfait social

Comme prévu, le forfait social sur la participation et l’intéressement sera relevé de 8 % à 20 %. Cette taxe a connu une évolution importante ces dernières années passant de 2% en 2009 à 20% en 2012.

Les entreprises risquent l’étranglement ”

Tels ont été les propos de Laurence Parisot, présidente du Medef. Entre les incertitudes économiques et les annonces, par le gouvernement de Jean Marc Ayrault, des réformes fiscales, économiques et sociales, la responsable évoquait il y a quelques jours «une angoisse palpable et une inquiétude immense chez tous les entrepreneurs».

Comme le rappelle les Echos ces mesures votées en cours d’année ne donneront leur plein effet qu’en 2012, « mais tout cela ne suffira pas, loin de là » conclut le quotidien..

Viens chez moi, j’habite dans une église…

Jeudi 28 juin 2012

La "nieuwe kerk" de Delft n'est pas à vendre. Mais qui sait ? Un jour peut-être... Photo N. Bouwmeester

« Une église belge, à vendre pour un euro, attend sa nouvelle vie ». Non, il ne s’agit pas d’une mauvaise blague à l’encontre de nos amis belges, mais de l’intitulé d’une dépêche AFP d’il y a quelques jours : « Huit siècles après sa fondation, l’église du Saint-Sacrement de Binche, en Belgique, vit ses dernières heures comme lieu de culte. Mise en vente un euro, elle pourrait accueillir un hôtel ou des logements, si le propriétaire en a les moyens. Dressée en plein cœur de la ville médiévale située à une cinquantaine de kilomètres de Bruxelles, l’église a connu dimanche 10 juin sa dernière messe. »

De prime abord, l’information paraît cocasse. Pourtant, ce type de reconversions est loin d’être inédit : j’ai notamment en tête l’exemple du Paradiso, célèbre salle de concert amstellodamoise installée depuis 1968 dans une ancienne église. Ou encore, le « Jopenkerk », vieille église d’Haarlem (Pays-Bas) fréquentée  depuis peu pour la qualité des bières servies au bar qui occupe désormais la nef sur toute sa longueur (le lieu est d’ailleurs convivial, et les dimensions superbes, mais en y pénétrant, on a quand même envie de dire -au risque de plagier Cicéron- « O tempora, O mores… »).

En France aussi

La France n’est pas épargnée par ces réaffectations : il y a quinze jours à peine, je traversais, à Uzès, un ancien cloître transformé en resto-brocante…Et une simple recherche sur Google livre rapidement des sujets relatifs aux « reconversion d’églises », par exemple dans le Nord, dans l’Est, à Nantes, etc.

Enfin, les faits sont là. Et, après tout, on peut se demander si une vente ne vaut pas mieux qu’une destruction pure et simple. Dans le premier cas, au moins, le patrimoine est préservé et a une seconde vie.

Du coup, en y regardant mieux, je me suis aperçu qu’un nombre croissant de ces lieux « insolites » faisaient l’objet de transactions immobilières, au profit de particuliers.
Pour preuve, cette annonce, parue sur le site d’un spécialiste : à vendre, en Poitou, Église du 12ème S. inscrite MH et son Prieuré du 15ème S. (545.000 euros F.A.I). En voici une autre (dont Musset aurait sans doute dit que lorsque l’on vient d’en rire, on devrait en pleurer), publiée sur le blog de Vitry lès Nogent : « L’église de notre village est à vendre. La désaffection pour le culte et les moyens financiers font que la commune ne peut pas investir dans la restauration de cet édifice. Cette église construite à la période classique et mal restaurée au 19ème est l’élément central de notre village. »

Hauts les cœurs ! L’heure n’est pas à la nostalgie mais aux bons placements. Et l’achat de notre patrimoine religieux semble en être un. Pour au moins deux raisons :

  • d’une part, parce que ces églises, souvent en mauvais état, sont un poids pour les collectivités et donc leur prix est souvent très alléchant.
  • d’autre part, parce que ce qui n’est encore aujourd’hui qu’un habitat marginal deviendra certainement, dans quelques décennies, un bien immobilier très convoité.

Pierre Suze

La « cagnotte » surprise de la retraite à 60 ans

Mercredi 27 juin 2012

600 millions d’euros. C’est le solde plus que positif qui sera généré l’an prochain par le retour partiel de la retraite à 60 ans. Résultat dévoilé par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) qui a reçu le projet de décret de la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise, et l’a décrypté hier lors d’un point presse.

« Le retour aux 60 ans ne devrait coûter que 450 millions d’euros l’an prochain, deux fois moins que le milliard de cotisations supplémentaires », explique LesEchos.fr

Une bonne nouvelle pour les finances publiques. Mais sans aucun doute une mauvaise surprise pour le patronat, qui se plaint de cette hausse du coût du travail, ajoute le site du quotidien économique.

« Le malaise était palpable », rapporte d’ailleurs LeMonde.fr.

Car les chiffrages de la CNAV sont, en effet, en totale contradiction avec ceux présentés par le gouvernement lors de l’annonce de la mesure, le 6 juin dernier.

Un flux de départs à 60 ans surestimé

Selon le gouvernement, le coût du retour de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tous régimes confondus, sera de 1,1 milliard d’euros en 2013, 3 milliards en 2017. Dans un premier temps, déjà, la promesse électorale de François Hollande avait été estimée à 5 milliards en 2017 avant d’être revue à la baisse.

Et pour financer ce dispositif, les cotisations vieillesse salariale et patronale seront augmentées de 0,25 point chacune en 2017.

Ainsi, pour le seul régime général, cette hausse des cotisations va rapporter 1,050 milliard d’euros en 2013. Sauf, que le gouvernement promettait que 110 000 personnes en plus pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 2013. Alors que la CNAV estime de son côté qu’il n’y en aura pas plus de 60 000 au sein du régime général.

« Même si la mesure bénéficiera aussi aux personnes des autres régimes (fonction publique, artisans, commerçants…), on voit mal comment le nombre total de départs pourrait atteindre les 110 000. Plus de 70 % des actifs dépendent en effet du régime général », assure LeMonde.fr

Bref, le flux de départ a été surestimé par le gouvernement.

Par conséquent, la mesure coûtera plutôt, pour la même année, 448 millions d’euros, selon la Cnav, soit un bénéfice de 600 millions d’euros. Encore mieux, à l’horizon 2020, le bénéfice devrait s’élever à plus d’un milliard d’euros.

« Il n’y a toutefois aucune cagnotte étant donné les déficits prévisionnels du régime général qui s’élèvent à plusieurs milliards pour les prochaines années », a relativisé Pierre Mayeur, le directeur de la CNAV.

Le déficit prévu du régime général des retraites atteindra, en effet, 6 milliards en 2013.

« Il y a eu assez, par le passé, de mesures décidées sans financement pour qu’on ne se plaigne pas que celle-ci soit surfinancée », a ajouté Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV.

« Le gouvernement a préféré voir trop large plutôt que de se retrouver face à un problème de financement, d’autant qu’il est très difficile de prévoir précisément les comportements des assurés pour le départ à la retraite », décrypte un haut fonctionnaire sur LesEchos.fr

Pas certain que tous les salariés qui ne connaîtront jamais la retraite à 60 ans soient aussi magnanimes en découvrant le petit coup de rabot de quelques euros sur leur bulletin de salaire pour financer cette mesure et sa « cagnotte » surprise…

AB

Plus-values immobilières: l’impact d’un éventuel retour au régime antérieur à 2004 (2/2)

Mercredi 27 juin 2012

Prévue dans le programme présidentiel, le gouvernement devrait programmer cette année une modification du régime d’imposition des plus values immobilières (hors résidence principale). Objectif: retour au régime qui était en vigueur avant 2004. La plus-value était alors exonérée après 22 ans de détention de l’immeuble (contre 30 ans actuellement- régime en vigueur depuis le 1er février 2012) et était imposée selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. En complément de notre note du 15 juin (plus-values immobilières : vers un retour au régime antérieur à 2004 ?) examinons ici quel impact pourrait avoir le retour à ce régime et quels pourraient en être les gagnants et les perdants.

Rappel du régime antérieur à 2004

Si le gouvernement opère un retour au régime antérieur à 2004, on passerait d’une exonération de la plus-value après un délai de 30 ans aujourd’hui à un délai de 22 ans (en raison d’un abattement pour durée de détention  de 5% par an après la seconde année). Actuellement les abattements s’appliquent au-delà de 5 ans de détention comme suit: 12 ans à 2%, 7 ans à 4% et 6 ans à 8%.

Dans le régime actuel, la plus-value est taxée, à la source par le notaire, à un taux global de 32,5% (19% d’impôt sur le revenu + 13,5% de prélèvements sociaux) et 34,5% à compter du 1er juillet (15,5% de PS). Avant 2004, la plus-value était soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu et son calcul  tenait compte d’un coefficient d’érosion monétaire.

Des abattements linéaires qui profiteraient à tous

Tous les propriétaires, même les plus imposés, seraient favorisés s’ils conservent longtemps leur bien avant de le vendre, puisque l’exonération serait totale à partir de 22 ans contre 30 ans dans le régime actuel. De plus l’abattement redeviendrait linéaire et non progressif. Ainsi, à tire d’exemple, dans le régime actuel au bout de 15 ans l’abattement n’est que de 20% (2% pendant 10 ans après 5 ans de détention) alors qu’en cas de retour au régime antérieur à 2004 il serait de 65% (13 ans à 5% après 2 ans) !

Exit l’imposition à un taux forfaitaire

Imposables selon le barème progressif de l’IR, les plus-values de long terme (après 2 ans de détention) bénéficiaient cependant d’un système de quotient destiné à atténuer les effets de la progressivité du barème de l’impôt sur le revenu.

En résumé : dans un tel régime, le taux d’imposition est donc potentiellement plus important que dans le régime actuel (19%) mais le montant de l’assiette de l’impôt pourra être davantage réduit si dans le futur régime sont réintroduits un coefficient d’érosion monétaire et un abattement linéaire qui aboutit à une exonération plus rapide.

Qui serait pénalisé ?

A durée de détention identique, les contribuables qui profiteraient le plus d’un tel régime sont bien évidemment ceux dont la TMI (tranche marginale d’imposition) est inférieure au taux d’imposition actuel de 19%- soit imposés dans les tranches à 5,5 et 14%-.

A l’opposé, en cas de vente d’un bien acquis depuis peu, pour ceux imposés à la TMI de 30% ou 41%, la hausse d’impôt pourrait s’avérer sensible et plus encore si les nouvelles tranches à 46% et à 75% sont votées. En effet, le paramètre « délai de détention » est primordial, le régime des abattements étant beaucoup plus favorable dans le régime dont le gouvernement envisage le retour.

Trois régimes différents en 2012 ?

Si beaucoup peuvent se réjouir d’un retour à un tel régime qui profiterait à une grande majorité de contribuables, cette nouvelle proposition participerait  de l’instabilité fiscale que nous connaissons depuis plusieurs années. Si le régime des plus-values immobilières actuel venait à être modifié d’ici la fin de l’année, il y aura eu 3 régimes différents  en 2012 !:

  • en janvier : l’ancien régime s’appliquait encore (exonération totale d’impôt sur la plus-value immobilière après 15 ans) avec  un taux de taxation de 32.5% (19% + PS de 13.5%).
  • depuis le 1er février : réforme de Nicolas Sarkozy (votée en 2011) avec exonération totale d’impôt sur la plus-value immobilière après 30 ans et un taux de taxation éventuelle de 32.5% (34.5% à compter du 1er juillet).
  • et enfin un 3ème régime décrit ci-dessus : exonération totale d’impôt sur la plus-value immobilière après 22 ans de détention et taxation soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux de 15.5% (taux à partir du 1er juillet 2012).

Impact pour les recettes de l’Etat : gérer la transition

Le passage du prélèvement à la source qui permet une taxation contemporaine des revenus, vers l’imposition sur le revenu poserait le problème de la  transition la première année. Acec un retour au régime antérieur à 2004, les rentrées fiscales dues au titre des plus values immobilières de l’année n seraient déclarées et payées au cours de l’année n+1, soit avec une année de décalage.

Le Gouvernement qui souhaite aligner l’imposition des revenus du capital sur celle du travail a déjà selon les Echos réfléchit à une solution pour pallier ce problème de transition : une taxation en deux temps (voir notre note du 18 juin 2012) qui pourrait s’appliquer pour les plus values immobilières

 

P. Champigneulle (Eurose, DNCA Finance) : “les actions sont le placement le plus rémunérateur”

Mercredi 27 juin 2012

Nouvelle rencontre, réalisée la semaine dernière, dans les bureaux de DNCA Finance, place Vendôme à Paris. Nous avons eu l’opportunité de parler avec Philippe Champigneulle, co-gérant du fonds Eurose.

Avec lui et sous les questions de Thomas Blard, nous avons pu ainsi évoquer la situation des marchés à date et la stratégie du fonds Eurose pour s’y adapter au mieux.


Dans le bureau du gérant… Eurose par BforBankTV

Question cruciale : quelle proportion actuelle d’actions, au sein du fonds Eurose ? 20%, sachant que ce placement est aujourd’hui “le plus rémunérateur” par rapport aux autres placements. “On peut prendre des risques importants sur les obligations, pourtant considérées comme un placement de bon père de famille…”, note le gérant.

Sur un moteur obligataire (au 3/4), le fonds Eurose joue la carte des grandes entreprises avec forte implantation au-dehors de leur pays d’origine. Et intègre aussi des actions européennes, d’entreprises faisant là-aussi leur C.A au dehors.

L.D

Pour prolonger : vous pouvez revoir notre première rencontre avec DNCA et JC Mériaux.

Rémy Cointreau un succès chèrement valorisé

Mardi 26 juin 2012

Depuis 3 ans, la Bourse salue le redressement financier de Rémy Cointreau, à un point tel que l’on doit se demander si elle n’a pas aujourd’hui perdu un peu le sens des réalités.

Le producteur de spiritueux retire les fruits du recentrage sur les produits à forte valeur ajoutée (notamment dans le cognac), lesquels rencontrent un grand succès en Asie. Il profite aussi de la restructuration et la reprise en main de son réseau de distribution – une stratégie à l’œuvre depuis de nombreuses années chez les leaders de l’industrie, Diageo et Pernod Ricard – et a su se séparer l’an dernier de son activité de champagne sur la base de ratios de valorisation généreux.

Des succès…

Longtemps considéré comme une proie attrayante mais dépourvue de stratégie, Rémy Cointreau a réussi à préserver son indépendance. La publication des résultats annuels a été l’occasion pour le groupe de confirmer des perspectives de croissance solides à court terme. En dépit des difficultés économiques en Europe et des risques de contagion de la crise de la zone euro au reste du monde.

La société est aujourd’hui l’une des valeurs les plus chères du secteur des boissons, avec des ratios dignes d’une marque de luxe… En trois ans, son cours de Bourse a bondi de 225%… et la rentabilité du capital a doublé.

Et c’est bien là que le bât blesse. Si l’on n’est pas dans une configuration de crise semblable à celle de 2008-2009, il faut rappeler que dans un environnement récessif, peu d’entreprises, y compris celles opérant dans des domaines d’activités « défensifs » comme l’alimentaire et les boissons, s’en sortent indemnes.

…chèrement valorisés

Au cours actuel, Rémy Cointreau ne présente aucune marge de sûreté à l’investisseur prudent. Le titre a certes démontré une très belle résistance l’an dernier, dans des marchés très volatils. Ceci lui confère d’ailleurs un statut de valeur « peu risquée », puisque le béta du titre (sa sensibilité aux soubresauts du marché) est particulièrement faible (0,58 si on fait le calcul sur la base des cours hebdomadaires sur 2 ans avec pour indice de référence le Stoxx 600).

Mais intégrer un titre comme Rémy Cointreau en portefeuille aujourd’hui amène à faire l’hypothèse d’une croissance des résultats à un très rythme soutenu (+25% par an en 3 ans) dans les prochaines années. En prenant en compte des hypothèses plus prudentes que le consensus, mon estimation de la valeur intrinsèque de Rémy Cointreau ressort actuellement à 56 euros. Et il ne présente de réelle marge de sûreté que vers 40 euros.

Jocelyn Jovène

Nexans, risqué mais pas cher

Lundi 25 juin 2012

Monsieur le Marché brade Nexans. Et cela commence à se voir, puisque depuis plusieurs semaines maintenant, de nombreux brokers ont adopté une opinion positive sur la valeur. Dernier en date : Société Générale fixe un objectif de cours de 44 euros.

Tentons d’abord de comprendre les raisons du désintérêt de Monsieur le Marché pour Nexans, lequel explique la baisse de près de 24% du titre depuis le début de l’année. Le premier élément c’est l’environnement économique général, qui n’est encourageant nul part, en commençant par l’Europe. Nexans y réalise un part significative de ses ventes, ce qui peut être perçu (à tort selon SG) comme un problème.

logo NexansEnsuite, le profit warning du groupe lors de l’annonce des ventes du premier trimestre, a illustré un ensemble de difficultés opérationnelles (décalages de facturations). Ceci a amené Nexans à prévoir un taux de marge opérationnelle de 3,5% au cours du premier semestre (contre 5,1% un an plus tôt). Comment le groupe pourra-t-il rapidement redresser la barre si la conjoncture ne s’améliore pas ? Entre 2008 et 2009, cet indicateur de performance était passé de 8,9% à 4,8%, soit une contraction très significative. Doit-on envisager une évolution similaire dans les prochaines années?

Résultat de ces déconvenues : Nexans cote autour des 30 euros. Et à ce niveau, le titre se traite sur des ratios de valorisation historiquement bas : 0,4 l’actif net prévu en 2013 d’après IBES. Le consensus prévoit une marge opérationnelle de 4,7%, soit une contraction de 90 points de base en 2012. A ce niveau, Nexans vaudrait 7,7 fois son résultat d’exploitation – ratio qui tomberait à 5,7 fois en 2013, sous réserve que les marges se redressent.

Quelles perspectives ?

C’est peut-être ce qui manque aujourd’hui au producteur de câbles : la capacité de donner des perspectives sur l’évolution de ses marges au-delà de quelques mois. Ce qui suppose d’être en mesure de « stresser » ses comptes et de voir à quels résultats on aboutit. Si Nexans n’a pas communiqué sur ce sujet, on voit bien que le marché a pris les devants.

Maintenant, a-t-il pour autant totalement raison? On peut se poser la question, surtout après avoir tenté d’estimer combien vaut Nexans. En prenant des hypothèses inférieures à celles du consensus, mais en faisant aussi le pari d’un redressement des marges dès 2013, mes différents modèles d’évaluation pointent vers une valeur intrinsèque de Nexans de 50 euros. A 30-31 euros, Nexans présente à n’en pas douter une belle marge de sûreté pour un investisseur prudent.

Source: Thomson Reuters I/B/E/S