800 millions d’euros par an, c’est ce que représente la fraude aux retraites et aux prestations sociales en Grèce, selon FranceInfo.fr.
Un montant hallucinant pour ne pas dire indécent dans un pays toujours en proie à la plus grave crise financière européenne.
Un nombre anormalement élevé d’aveugles dans l’île de Zante, des pensions d’handicapés attribuées à des Grecs parfaitement valides à Salonique ou des retraites post-mortem que des proches des défunts continuaient de percevoir, les autorités grecques ont mis au jour quelque 200 000 cas de fraudes. Athènes s’étant lancé dans une course aux économies dans le but de réduire sa dette.
Le ministère du Travail dévoile, par ailleurs, un autre scandale : des entreprises déclarant des cotisations sociales fictives afin de vendre au prix fort une couverture aux actifs non assurés, qui représentent près du tiers de la population active, explique LeMonde.fr. Quelque 4 000 cas ont déjà été recensés.
Des pratiques, hélas, qui ne datent pas d’aujourd’hui dans ce pays de carte postale… Un tel mépris de l’intérêt général est devenu intolérable aujourd’hui dans une Europe en difficulté.
Mais certains Grecs ne sont, hélas, pas les seuls à blâmer. Nous avons aussi en France, des personnes qui profitent d’un système incapable d’être pointilleux.
Pensions de retraite versées à l’étranger, dispositif “carrière longue”, la France n’est pas en reste
Il y a près d’un an, déjà, la Cour des comptes suspectait des fraudes sur les pensions de retraite versées à l’étranger. Il s’est avéré que dans certains pays, “le nombre de centenaires pensionnés du régime général est supérieur à celui recensé par les services du recensement”, selon leparticulier.fr
10 % des bénéficiaires des retraites sont des personnes qui ont travaillé, cotisé et donc acquis leurs droits à la retraite en France, alors qu’elles sont installées à l’étranger. Alors qu’en France, l’état civil informe automatiquement les caisses de retraite de la disparition d’une personne, ce n’est pas le cas dans d’autres pays, rappelle le site web de l’information juridique et pratique.
Autre cas de fraude, aujourd’hui, ce sont quelque 1.500 personnes, ayant profité du dispositif «carrière longue» pour partir à la retraite, qui se voient réclamer des remboursements allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros par la sécurité sociale.
La loi Fillon II de 2003 permettait aux salariés ayant travaillé jeunes de partir plus tôt à la retraite même s’ils n’avaient pas le nombre requis d’annuités.
Pour cela, ils devaient racheter des trimestres de cotisations après avoir fourni des attestations sur l’honneur signées par deux témoins, prouvant qu’ils avaient travaillé dans leurs jeunes années. Mais à partir de 2008, face à la montée en charge du dispositif (ou de la mauvaise foi de certains ?) et à son “financement devenu lourd”, l’administration a durci les conditions à travers une circulaire, explique LeFigaro.fr
“Nous avons conscience que certains dossiers sont litigieux mais la majorité des gens sont de bonne foi, ils ont été mal conseillés au départ. Il y a des situations dramatiques”, regrette la CGT.
Les sommes réclamées à certains par les Urssaf, la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail), chargée d’assurer le versement des pensions, et la MSA (Mutualité sociale agricole), atteignent plusieurs milliers d’euros, parfois 30.000 à 70.000 euros.
Tous ne sont peut-être pas des fraudeurs invétérés. Mais connaissez-vous des organismes habiles au cas par cas ? Comme dans la fable du berger qui criait au loup : « personne ne croit un menteur, même quand il dit la vérité »
Une chose est sûre, la fraude est un poison qui a toujours miné la cohésion sociale. Aujourd’hui elle contribue à mettre en danger les Etats. Il y a toujours des petits poissons qui passent les mailles du filet. Mais le jour où il n’y aura plus de filet…
AB