Archive pour février 2012

Inflation… fiscale

Mercredi 29 février 2012

Lundi 27 février, François Hollande, candidat PS à l’élection présidentielle était l’invité de l’émission politique de TF1 : “Parole de candidat”. Ce fut l’occasion pour lui de détailler son projet, affiner et préciser ses 60 engagements en annonçant la création d’une nouvelle tranche d’imposition à 75% pour les très hauts revenus, qui suscite un débat qui ne cesse de s’amplifier.

La proposition 15 du projet socialiste

Nous savions déjà que le candidat socialiste souhaitait la création d’une nouvelle tranche d’impôt à 45%. « Je ferai contribuer les plus fortunés des Français à l’effort national en créant une tranche supplémentaire de 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part » est-il précisé dans la proposition 15 des 60 engagements du candidat socialiste.

Le barème actuel : tranche supérieure marginale d’imposition à 41%

Un petit rappel : actuellement la tranche supérieure du barème d’impôt sur le revenu est de 41%. Une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus a été instaurée par la loi de finances 2012, jusqu’au retour à l’équilibre des finances publiques. Ainsi, ceux qui ont gagné plus de 250 000 euros de revenus (revenu fiscal de référence) en 2011, devront acquitter cette année une contribution exceptionnelle de 3% (sur la fraction des revenus de 250 000 à 500 000 euros pour un célibataire et de 500 000 à 1 000 000 d’euros pour un couple). Le taux de la contribution est de 4% au-delà de ces montants.

Une nouvelle tranche à 75%

Le parti socialiste avait exprimé son souhait de pérenniser cette contribution sur les hauts revenus et les parlementaires  avaient d’ailleurs déposé un amendement en ce sens. François Hollande a préféré  opter pour la création  d’un taux d’imposition “à 75%” pour les revenus “au dessus d’un million d’euros” par an.  “J’ai appris les progressions considérables des rémunérations des patrons du CAC 40, deux millions d’euros par (an) en moyenne. Comment l’accepter?”, a-t-il ajouté, pour justifier cette mesure annoncée lundi soir, sans que Jérôme Cahuzac, chargé du pôle budget, finances et fiscalité au sein de l’équipe de campagne, ne semble être au courant…

Bataille de chiffres

Comme le souligne les Echos, l’évaluation du “nombre de personnes concernées est fluctuant”, au sein même du parti socialiste où les chiffres du nombre de foyers concernés oscillent entre 3000 (Jean-Marc Ayrault) à 30 000 (Pierre Moscovici) en passant par l’évaluation de Michel Sapin, chargé du projet présidentiel socialiste, à 7 000 personnes. Bercy a indiqué de son coté que 3000 foyers étaient concernés.

Les autres orientations fiscales

Parmi les 60 engagements de François Hollande figure également celui de revenir « sur les allégements de l’impôt sur la fortune institués en 2011 par la droite, en relevant les taux d’imposition des plus gros patrimoines. L’abattement sur les successions sera ramené à 100 000 euros par enfant et l’exonération en faveur des conjoints survivants sera conservée ». Le plafond des niches fiscales serait réduit à 10 000 euros (contre 18 000 euros +4% du revenu imposable sur les revenus 2012) et le candidat socialiste souhaite aligner la fiscalité des revenus du capital sur celle du travail.

 

Bruno Bonnell : le retour par le fonds… en robotique

Mardi 28 février 2012

Bonnell, le nom vous dit certainement quelque chose. L’ex mogul français de l‘industrie du jeu vidéo dans l’aventure Infogrames, Bernard de son petit nom, est actuellement en reconversion dans le secteur de la robotique. J’ai déjà eu la chance de l’interviewer (en 2005 pour ZDNet.fr), et il est vrai que son enthousiasme et sa détermination sont assez communicatifs.

Va t-il pouvoir jouer ce rôle “d’électriseur” sur un secteur un peu passé sous silence devant les strass et paillettes de l’internet ? Ecoutons-le, sur France Info…

L’info le concernant est qu’il participe au lancement d’un nouveau fonds d’investissement dans la robotique. Un fonds baptisé Robolution Capital que B. Bonnell estime “important” pour le développement du secteur, et doté donc de 60 millions d’euros. Un fonds voulu comme pérenne, car “Le temps moyen d’investissement dans le fonds est de l’ordre de 5 ans“, sur un secteur qui “connait aujourd’hui une convergence des technologies rendant crédibles les visions qu’on avait il y a 10 ans“. Objectif : prendre la part du gâteau, au sein d’un “marché de 100 milliars de dollars en 2020 (…) où Américains et Chinois investissent massivement“.

Atouts, rêves et concret

Quels sont les atouts de la France, que les investisseurs pourront ainsi appuyer ? “On a quelques start-ups qui se battent et se débattent“, et “la science française qui peut y trouver un accomplissement“. Avec l’argent pour nerf de la guerre et pour nouvelle phase de la stratégie de conquête de Bonnell. Il poussait en effet depuis 2010 l’idée que “les robots vont changer notre quotidien“, allant même jusqu’à inventer le concept marketing de Robolution.

Hors périmètre de son projet, plusieurs films internationaux avaient relancé ces dernières années, l’intérêt pour une robotique pragmatique, insérée dans la société comme un “service”, avec des business à la clé : tel A.I ou même I Robot. Arrivera t-on un jour à rapprocher la science-fiction du réel, pour créer un vrai nouveau secteur économique ?

Questions : investiriez-vous demain, dans un fonds sur la robotique ? et si oui, pour quelles motivations ?

Assurance-vie : décollecte et conséquences

Mardi 28 février 2012

Cela n’est plus une nouvelle : la fin de l’année 2011 a été difficile pour l’assurance-vie, avec 5 mois d’affilée, d’août à décembre, de décollecte.

Janvier 2012 est un mois de plus où les versements sur les contrats n’ont pas permis de compenser les retraits. Dans un univers fiscal en mouvement, le placement assurance-vie conserve pourtant de nombreux atouts.

Janvier : le 6ème mois consécutif de décollecte

Janvier 2012 est ainsi le 6ème mois d’affilée où les montants des rachats ont été supérieurs à ceux des versements. A environ 1 milliard d’euros, le montant de la décollecte nette est toutefois très inférieur à celui de décembre, de novembre ou même d’octobre marqués par des décollectes respectives de 3,8 Mds, 2,6 Mds et 2 Mds d’euros. Présentant le 26 janvier les chiffres annuels de l’assurance-vie, le président de la FFSA Bernard Spitz annonçait déjà: « une inflexion est en train de se produire. Nous nous attendons à ce que cette inflexion soit positive et nette ».

Une inflexion positive

Janvier est traditionnellement marqué par la publication des taux de rendements des contrats Euros qui influencent le comportement des épargnants, ainsi rassurés après des mois précédents de fort attentisme, par suite des craintes liées à la restructuration des dettes souveraines. A  11,9 Mds d’euros, les versements sont à « un niveau supérieur aux neuf derniers mois de l’année 2011 et qui retrouve ses meilleurs niveaux », souligne l’AFA, dans un commentaire repris par les Echos. Les prestations versées sont restées à un niveau élevé à 13 milliards d’euros (contre 13,5 Mds en décembre 2011).

Désaffection conjoncturelle ou structurelle

Sont régulièrement évoquées pour expliquer ce phénomène :

  • les craintes liées à la crise des dettes souveraines,  poussant les épargnants à se tourner vers les livrets et les comptes à terme mis en avant par les banques, et toujours vers l’immobilier ;
  • la baisse des taux de rendement amène les épargnants à puiser davantage dans leurs contrats (besoins de consommation, remboursements d’emprunts, recherche de compléments de retraite).

Nombreux atouts conservés

Marquée par une relative désaffection (passagère ?),  l’assurance-vie reste pourtant le moyen privilégié de se constituer une épargne longue. Ce grâce à une fiscalité avantageuse, permettant d’optimiser la transmission du patrimoine.  Loi de Finances 2012 et  lois de finances rectificatives 2011 ont touché la fiscalité immobilière, celle des valeurs mobilières (durcissement du régime des plus values et hausse des taux de PFL) et celle des différents placements à taux fixe ( PFL à 24% sur livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme…). Parallèlement, les différents taux de PFL auxquels sont soumis les intérêts en cas de rachats sur un contrat d’assurance-vie n’ont subi aucune hausse.

En revanche, à court terme, comme tous les autres produits d’épargne fiscalisés, l’assurance-vie sera bien sûr impactée par la hausse de 2 points des prélèvements sociaux annoncée le 29 janvier dernier par Nicolas Sarkozy.

“Par rapport aux autres supports d’épargne, l’assurance-vie offre une combinaison exceptionnelle entre diversification des placements, liquidité, rémunération et sécurité. Les comptes à vue ne sont pas rémunérés ou très faiblement. Les livrets réglementés sont liquides, mais leur plafond est rapidement atteint et leur rendement modeste. (…). Les investissements en direct en valeurs mobilières sont de gestion plus complexe pour le particulier. Les PEA sont attractifs mais les dépôts sont plafonnés et les possibilités de sortie ne sont pas aussi souples”. C’est ainsi que la Cour des Comptes situait l’assurance dans le paysage français des produits d’épargne dans son rapport thématique de janvier 2012 intitulé « la politique en faveur de l’assurance-vie ».

C d F.

Un brin d’optimisme et quelques conseils utiles pour l’investisseur prudent

Lundi 27 février 2012

L’une des qualités des grands investisseurs est, outre leur historique de performance (ce fameux « track record »), leur capacité à étayer à partir de simples remarques pleines de bon sens de véritables leçons pour le reste des investisseurs, professionnels ou non.

La dernière lettre de Jeremy Grantham, l’un des très éminents cofondateurs de la société de gestion américaine GMO, en est une belle illustration. Au détour de quelques lignes et en l’espace de trois pages à peine, Grantham rappelle les règles de base et les principes de bonne gestion d’un portefeuille de titres financiers.

La patience, vertu cardinale

Sa dernière lettre comporte également, à mon avis, quelques remarques plutôt rassurantes pour les investisseurs individuels. Grantham affirme ainsi qu’un particulier dispose de sérieux avantages par rapport aux gérants professionnels, et générera ainsi des performances très honorables. Le principal de ces avantages est la patience, qualité dont sont privés la grande majorité des gérants (le plus souvent pour des raisons réglementaires mais surtout parce que leurs clients ne sont eux-mêmes pas très patients).

Un investisseur patient peut se permettre le luxe d’attendre que les meilleures opportunités d’investissement se présentent à lui. Pour peu qu’il soit capable de se faire sa propre opinion quant à la valeur d’un titre, un investisseurs sera en effet en mesure d’acheter un titre avec une importante marge de sûreté, ce qui lui assurera à la fois une promesse d’appréciation de son capital pour un risque modéré. Les investisseurs les plus illustres – Graham, Buffett, Klarman, Schloss… – ont démontré année après année que la patience était une vertu cardinale, pour peu qu’ils aient les moyens de cette patience (en général, cette patience est le fruit d’une totale indépendance financière).

Ignorer la foule

La lettre de Grantham contient également quelques conseils très utiles. Si je ne devais en retenir qu’un, ce serait celui-ci. Plutôt que d’écouter la foule des investisseurs et se laisser influencer par « Monsieur le Marché », un investisseur trouvera à la fois confort et assurance en se concentrant sur les chiffres.

« Le meilleur moyen de résister à la foule est d’estimer vous-mêmes la valeur [d’un titre] ou de trouver des sources fiables (tout en vérifiant de temps à autre leurs calculs) », nous explique Grantham.

Ce faisant, un investisseur ignorera le court terme et se focalisera sur la valeur d’un titre à partir des flux futurs de trésorerie que ce titre lui assurera. L’investisseur prudent privilégiera le long terme – un conseil totalement compatible avec la vertu de patience prônée plus tôt.

Connaître ses limites

Benjamin Graham expliquait dans son livre L’investisseur intelligent que le pire ennemi de tout investisseur n’est autre que lui-même. Grantham le rejoint en enjoignant tout investisseur à connaître ses forces et faiblesses, notamment sa tolérance au risque.

« Vous devez connaître vos seuils de patience et de tolérance aux pertes (…). Si vous ne pouvez résister à la tentation [et vous vous laissez influencer par le marché], vous ne devez SURTOUT PAS gérer votre propre argent », souligne Grantham.

Soit vous êtes en mesure d’agir de manière rationnelle, soit vous ne pouvez pas vous maîtriser et le mieux est alors de chercher à confier votre argent à un conseiller. Sur ce dernier point, Grantham n’apporter malheureusement pas de conseil pour choisir son conseiller.

Pour ma part, cela se jouerait plus sur la compréhension du processus d’investissement, du style de gestion (personnellement, je me sens proche des gérants value qui ont investi leur propre argent à côté de celui de leurs clients – ils sont rares !). Mais cela peut constituer un point de départ intéressant, avant de regarder le « track » et la culture du gérant.

Jocelyn Jovène, weeko.fr

Le texte (extrait du commentaire trimestriel de GMO) auquel je fais référence est juste ici.

Les fonds à échéance ou comment faire revenir les investisseurs sur le marché

Lundi 27 février 2012

“Effet de mode” ou conséquence des turbulences observées sur le marché en 2011, les sociétés de gestion lancent à tour de rôle des fonds obligataires à échéance (libellés en euros).

Pour un investisseur, l’avantage est simple : la construction du portefeuille du fonds lui permet d’avoir un rendement annuel supérieur à une obligation d’état ou un placement monétaire généralement entre 5% et 7%. Si l’investisseur conserve ses parts jusqu’à l’échéance et qu’il n’y a pas de défauts de titres, il sera ainsi remboursé de son capital initial et profitera des coupons des obligations.

Voici 4 exemples de ces fonds parmi tant d’autres :

  • EdR Millésima 2016 : géré par Edmond de Rothschild IM, ce fonds de maturité 31 octobre 2016 a une stratégie “buy & hold” – ce qui signifie que les titres sont conservés jusqu’à leur échéance. Il est investi en obligations de sociétés privées – industrielles et financières. Le gérant privilégie les titres de bonne qualité mais il peut investir jusqu’à 35% en obligations haut rendement (notation inférieure à BBB-) dont le risque est plus élevé.

 

  • R 2016 : cet OPCVM de Rothschild & Cie Gestion d’échéance 31 décembre 2016 est géré de manière discrétionnaire. Le spectre d’investissement est donc large et il n’y a pas de contrainte sur la zone géographique. Seules limites sur la qualité des titres : minimum 65% d’obligations de qualité supérieure (dites investment grade), maximum 20% d’obligations haut rendement et maximum 15% de sociétés non notées.

 

  • DNCA Rendement 2017 : comme le précédent, la gestion de ce fonds est également discrétionnaire. Il investit principalement dans les obligations privées et les obligations convertibles (maximum 25%), quelle que soit la qualité de la signature de l’émetteur (investment grade, haut rendement ou non noté). Le fonds est de maturité 30 juin 2017.

 

  • Oddo Rendement 2017 : ce fonds à échéance 31 décembre 2017 est investi en obligations privées et convertibles sur la zone européenne. L’univers d’investissement est vaste : maximum 40% de titres investment grade, maximum 40% haut rendement et maximum 50% non notés.

Pour prolonger, je vous invite à lire l’article des Echos paru ce jour sur les pièges à éviter avec les fonds à échéance.

Ingenico : un optimisme surestimé

Vendredi 24 février 2012

Ingenico est sans conteste une belle valeur de croissance dans le secteur des solutions électroniques de paiement. Les résultats 2011 l’attestent et les perspectives pour 2012 sont largement saluées ce vendredi avec un bond de près de 5% du cours de Bourse.

Il y a toutefois deux façons de voir la situation boursière d’Ingenico. La première est de mettre en regard les résultats passés (résultat net en hausse de 43%) et l’évolution du cours de Bourse sur un an (+33%). On peut alors en conclure qu’il y a encore un potentiel de hausse, surtout si l’on considère que 2012 sera également un bon cru en termes de performances financières : le groupe annonce une progression de 8 des ventes et une amélioration de sa rentabilité.

On peut également s’attarder sur la valorisation du titre et ce qu’intègre le cours de Bourse. Là, la prudence devrait plutôt dominer. En effet, à 34 euros l’action, Ingenico affiche des ratios de valorisation plutôt généreux : un P/E 2012e (cours sur bénéfice) de 18,6x, un P/B (cours sur actif net) de 2,6x, un multiple de cash flow (P/CF 2012e) de 13,7x et un rendement bénéficiaire (inverse du P/E) de 5,4%. Ce n’est sans doute pas excessif pour une valeur de croissance, mais de tels ratios ne tolèrent pas le moindre accroc dans le développement commercial et dans les performances financières de la société.

Quid de l’environnement macroéconomique ?

L’environnement macro-économique reste incertain en Europe qui est le 1er pôle d’activité du groupe. En Asie-Pacifique, la base de comparaison est devenue plus difficile à battre, même si Ingenico tire bénéfice de nombreux succès commerciaux en Chine. La situation est similaire en Amérique Latine (Brésil notamment) autre pilier de la croissance du groupe, où un important travail doit être effectué sur l’amélioration de la rentabilité de la société (marge opérationnelle de 8,6% contre 12,8% pour le groupe l’an dernier).

Or, quel que soit le modèle d’évaluation utilisé, il est difficile de justifier le cours actuel d’Ingenico, sauf à prendre des hypothèses de financement lâches et à considérer que l’avenir du groupe ne connaîtra plus aucune fausse note.

Les investisseurs qui pensent manquer une opportunité en voyant un titre comme Ingenico rebondir aussi fortement ce vendredi devraient plutôt se demander si l’enthousiasme de la Bourse alimenté par quelques relèvements de recommandation de courtiers est totalement justifié.

L’avis du blogueur

A mon avis, la Bourse s’est déjà montrée très généreuse avec Ingenico. S’emparer du titre au cours actuel expose fortement l’investisseur à toute déception, qu’elle soit propre à l’entreprise ou liée à un environnement macro-économique dont on ne sait toujours pas s’il est résolument en voie d’amélioration ou si le moindre accident ne pourrait pas être source d’un regain de volatilité pour les marchés.

Jocelyn Jovène, weeko.fr

Majoration de durée d’assurance : les papas-gâteau ont désormais leur part

Vendredi 24 février 2012

retraite_majoration_enfantHeureuses, les mères de famille qui peuvent grâce à leurs bambins grappiller des trimestres pour leur récapitulatif de carrière. Mais la réforme de cette majoration de durée d’assurance pour enfants pourrait bien mettre à l’épreuve demain bon nombre de couples modernes aujourd’hui.

Saviez-vous que les conditions pour bénéficier de la majoration prise en compte dans le calcul de la retraite ont été modifiées à compter d’avril 2010 ?

Désormais les pères peuvent prétendre à une partie de la durée de majoration globale réservée auparavant aux mères. Ironie du calendrier, c’est la semaine dernière, jour de la Saint Valentin qu’a été publiée la circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) précisant cette majoration de la durée d’assurance (MDA) pour enfants. Cette réforme promet pourtant à l’avenir des situations bien plus épineuses qu’un joli bouquet de roses. Certaines mamans pourraient en effet voir vraiment rouge.

Egalité homme/femme aussi pour la retraite

Jusqu’ici les femmes salariées du secteur privé se voyaient attribuer spontanément une majoration de leur durée d’assurance vieillesse, jusqu’à deux ans par enfant. Cette disposition avait pour objectif de compenser leurs interruptions de carrière liées aux enfants. Une époque révolue depuis une jurisprudence soulignant le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. Un arrêt de la Cour de cassation du 19 février 2009 a en effet accordé aux hommes ce même droit à la majoration de durée d’assurance.

Aussi, le gouvernement a décidé de réagir sans tarder. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010 a décrit un nouveau dispositif. Une réforme qui s’applique à tous les couples, mariés, pacsés ou vivant maritalement.

Désormais, la majoration globale de deux ans par enfant est conservée, mais cette durée se partage entre :

  • 4 trimestres attribués aux mères au titre de la grossesse et de la maternité
  • 4 trimestres supplémentaires attribués au père ou la mère au titre de l’éducation de l’enfant.

Enfant éduqué par le couple = majoration partagée

Ces 4 trimestres pour l’éducation sont accordés :

  • à la mère pour les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2010, sauf si le père apporte la preuve qu’il a élevé seul l’enfant pendant une partie des quatre premières années suivant la naissance ou l’adoption
  • à la mère “dans le silence du couple”, pour les enfants nés ou adoptés après le 1er janvier 2010;
  • elle peut être partagée d’un commun accord entre les deux parents, accord exprimé au plus tard six mois après les 4 ans de l’enfant ou son adoption.

En cas de désaccord, la majoration sera attribuée à celui qui prouve avoir contribué à titre principal à l’éducation de l’enfant pendant la période la plus longue ou, à défaut, la majoration sera partagée par moitié.

Autant dire que pour des couples séparés depuis belle lurette, il n’y a pas mieux pour déterrer la hache de guerre !

En plus de fixer ces modalités d’attribution des majorations de maternité, d’adoption ou d’éducation, la circulaire du 14 février 2012 précise aussi son non cumul avec un congé parental. Car les mères mais aussi les pères qui ont obtenu un congé parental peuvent par ailleurs bénéficier d’une majoration de leur assurance égale à la durée du congé (maximum 3 ans par enfant). Mais cette majoration ne peut pas se cumuler avec la majoration de durée d’assurance pour enfant. C’est la solution la plus favorable à l’assuré qui sera retenue.

Quant à la solution la plus favorable à la paix des ménages, qui plus est, divorcés, au moment de prendre sa retraite dans quelques années, je demande à voir…

AB

Vous pouvez également consulter la rubrique retraite du site BforBank.

Automobiles de luxe : de bonnes occasions hors de France ?

Jeudi 23 février 2012

Une nouvelle illustration, s’il en fallait, que le luxe ne connaît pas la crise : la célèbre marque automobile Ferrari annonce une année 2011 record, selon l’AFP.

Le constructeur italien, sous le contrôle du groupe Fiat, a en effet publié  ses résultats annuels, affichant un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’euros, en hausse de 17,3%.

En volume, c’est près de 7.200 voitures qui ont été vendues l’an dernier !

Certes, la Chine pèse de tout son poids dans la balance, ayant importé à elle seule 500 voitures. Mais les ventes ont bondi sur tous les continents de la planète, ce qui montre qu’il ne s’agit pas d’une performance marginale mais bien d’une tendance de fond.

De là à dire qu’acheter une Ferrari constitue un bon placement et que sa revente éventuelle vous fera gagner de l’argent, il y a quand même un monde.

Néanmoins, ce phénomène ne manque pas d’intérêt pour les budgets inférieurs à 100.000 euros car la vente de véhicules neufs génère souvent des flux plus importants, ou du moins plus qualitatifs, sur le marché de l’occasion.

Et pour dénicher les meilleures affaires, il faut être en veille non seulement en France, mais aussi à l’international. Pour preuve, cette information croustillante – et à contre-courant -  révélée par le Corriere della Sera : les Italiens se débarrasseraient massivement de leurs voitures de luxe, ces temps-ci, poussés par la multiplication des contrôles fiscaux en Italie depuis le mois de janvier et par crainte d’attirer l’attention des autorités.

C’est peut-être le moment de naviguer sur les sites de vente de la péninsule. Comme autopatavium.it

Dans une prochaine note, je vous parlerai des formalités et du coût d’importation d’un véhicule d’occasion de l’étranger. Si vous trouvez votre bonheur d’ici là, buon viaggio !

Finansol lance un guide de l’épargne salariale solidaire

Jeudi 23 février 2012

Finansol labellise les produits d’épargne solidaire. L’organisme vient d’ailleurs de publier un guide de l’épargne salariale solidaire, à télécharger sur son site : « Guide pratique épargne salariale : Comment investir solidaire ? ».

En 10 pages, ce guide vous apprend tout d’abord ce qu’est l’épargne salariale, « l’ensemble des dispositifs (intéressement, participation, versement libre, abondement) vous permettant d’être associé financièrement à la réussite de votre entreprise et/ou de vous constituer une épargne avec l’aide de celle-ci ».

Puis on puis on découvre que grâce à l’épargne salariale solidaire « vous mettez votre argent au service de la création d’emplois, de la construction de logements sociaux ou encore du développement de projets de solidarité internationale et de protection de l’environnement, tout en faisant fructifier votre épargne d’entreprise ».

Le guide nous apprend comment concrètement y souscrire. Depuis 2010, votre entreprise a l’obligation de vous proposer au moins un Fonds Commun de Placement d’Entreprise Solidaire (FCPES) dans le cadre de votre Plan d’Épargne Entreprise (PEE), rappelle Finansol. Plus de 500 000 salariés ont opté pour un fonds solidaire via leur dispositif d’épargne salariale.

Le guide évoque la performance financière de ces produits d’épargne, ainsi que la fiscalité qui leur est appliquée.

Labellisés Finansol

Le guide explique comment reconnaître les FCPE solidaires grâce au label Finansol. L’organisme définit ainsi son label: « Attribué annuellement par un comité d’experts indépendants, le label garantit le financement d’activités à fort impact social et/ou environnemental. La société de gestion du fonds s’engage, par ailleurs, à donner aux souscripteurs une information fiable sur le placement labellisé et les activités financées ».

Voici la liste complète des fonds d’épargne salariale labellisés Finansol :

Illustré de nombreux exemples, le Guide pratique épargne salariale vise à sensibiliser le public à des placements qui « génèrent une double rentabilité : financière et sociale ».

Le tableau de bord financier absolu

Jeudi 23 février 2012

Bien sûr, vous connaissez déjà sans doute le tableau de bord boursier que propose BforBank.com, sur sa section bourse.

Mais il n’y a pas de mal à observer ce que l’on fait de l’autre côté de l’Atlantique où l’innovation est souvent présente sur le web. Sur le site financier Barrons.com, je suis tombé sur la nouvelle version de leur tableau de bord marchés : le très humblement nommé Market Data Center.

On connait depuis au moins deux décennies la tendance majeure dans l’informatique de gestion et le pilotage des entreprises, à produire des “TDB” et autres cockpit de pilotage décisionnel. Où l’on trouve ce que les anglo-saxons nomment le “all at a glance” : toute l’information d’un coup d’oeil, avec la sensation d’avoir les curseurs et leviers sous les yeux. Dans la réalité, c’est un peu moins aisé…

Ici, avec Barrons, on peut quand même jouer un peu au maître du monde, commandant tout du doigt. Une forme de déclinaison, au fond, de la “tactile économie” que l’on vit chaque jour sur les terminaux mobiles… Sur ce plan, la fonctionnalité la plus bluffante du dispositif est sans doute les “international markets“, où quand l’on survole telle ou telle ligne de tableau, un petit graphique visuel apparaît automatique en fenêtre “pop up”. Rien de mieux pour saisir une tendance sectorielle rapidement !

Dates et timeline

Autre outil très pratique bien inscrit dans la lignée des services facilitateurs, avec cet “economic calendar“, dynamique et semble t-il assez exhaustif. Chaque entrée y aboutit a minima à une note qui explique en quoi ce rendez-vous est important pour le suivi des marchés, et ce qu’il est censé produire/livrer. Il donne un peu l’impression d’une “timeline” : format cher aux applicatifs de la génération web 2.0, comme par exemple Dipity.

Il ne manquerait plus que de pouvoir y ajouter des dates personnelles (!) de grands rendez-vous de son secteur professionnel, ou de son entreprise pour être tout à fait complet. Un peu dans l’esprit d’un Google Agenda, qui serait ajouter à ce service web.

Un calendrier financier mondial !

Dataviz et standard

Dans une moindre mesure, en France, on approche de ce type d’outils avec le TDB Finyear (de cfo-news.com), ou plus grand public dans la logique de portail web d’un Yahoo Finance. Mais clairement, l’exploitation des chiffres et données sous format temps réel et imagé (le dataviz, ou data visualization) n’est pas encore la tasse de thé des sites financiers hexagonaux… Et même des projets comme le Google Public Data semblent encore assez sommaires dans leur contenu, ou demandent un peu de pratique pour maîtriser les codes et l’ergonomie. Bref, un standard sera sans doute rapidement nécessaire.

Questions : connaissez-vous et pratiquez-vous d’autres tableaux de bord dynamiques de ce type ? Si oui, lesquels ? Quels sont ceux que vous avez en revanche quittés, et pour quelles raisons, quels manquements principaux ?