Archive pour janvier 2012

5 questions qui agitent le monde du microcrédit

Mardi 31 janvier 2012

question-reponse-microcredit-Leo Reynolds-flickrLe microcrédit est qualifié de “l’innovation qui a fait le plus parler d’elle dans la lutte contre la pauvreté ” par Esther Duflo, économiste, spécialiste de la question de la pauvreté. Mais, depuis quelques années, et notamment après la crise de la microfinance en Inde, en 2010, il a aussi ses détracteurs. Faisons le tour de quelques débats qui agitent le monde du microcrédit. Nous reprenons certaines questions posées par Sylvain Allemand dans La Microfinance : la fin de l’exclusion ?

Le microcrédit : une arme contre le chômage en France ?

En France, c’est l’Adie (Association pour le Développement et L’Initiative économique) qui a développé le microcrédit. Depuis sa création en 1989, elle a octroyé plus de 100 000 prêts. Elle a permis de financer 78 000 entreprises et créer 107 000 emplois.

Maria Nowak, fondatrice de l’Adie, est convaincue de l’utilité sociale du microcrédit :

“Un chômeur coûte 13 000 euros par an et même 33 000 euros si tous les frais indirects sont pris en compte. Or une personne à qui l’on prête 2 000 euros pour lancer son affaire réussit le plus souvent à créer son propre emploi. Chacun y trouve son compte”*.

De plus, le microcrédit permet de lutter contre l’exclusion bancaire.

Le microcrédit : une vision libérale de la société ?

Le microcrédit est un prêt consenti à une personne qui crée son emploi. C’est donc un outil qui favorise le micro-entrepreneuriat. Certains y ont vu une vision libérale de la société, où chacun est considéré comme son propre employeur.

À cela, les promoteurs du microcrédit, répondent qu’ « il ne s’agit pas tant de promouvoir une vision libérale de la société qu’une troisième voie entre libéralisme et socialisme, soit qu’elle s’appelle un socialisme libéral ou un libéralisme social », explique Sylvain Allemand. « Sans nier l’importance de l’État providence, il s’agit aussi d’inciter celui-ci à se placer dans une logique dynamique de création de richesse plutôt que dans une logique passive de réparation des dégâts. »

Pourquoi y a-t-il eu une crise de la microfinance en Inde ?

En 2010 la microfinance en Inde a connu une crise très grave. Plusieurs éléments se sont combinés :

L’adoption de pratiques de la finance classique, avec notamment le groupe SKS Micro finance, leader du secteur en Inde, qui est entré en bourse. Son dirigeant voulait démontrer que le microcrédit peut être aussi rentable qu’une autre industrie. L’action de la société a vu sa valeur fondre après son entrée en bourse.

D’autre part, les Institutions de Micro finance (IMF) se sont livré une concurrence exacerbée. Des clients ont subi le surendettement. L’État de l’Andra Pradesh a connu des suicides de paysans, incapables de rembourser leurs prêts.

Suite à cette crise, l’État de l’Andra Pradesh a pris des mesures pour encadrer la microfinance. Par ailleurs, la Campagne du Sommet du Microcrédit, organisation qui recense les IMF, prévoit de créer un label. Ce label repose sur l’importance de la responsabilité et l’éthique des entreprises.

Pourquoi Muhammad Yunus a-t-il été destitué de la Grameen Bank ?

Même s’il n’a pas à proprement parlé inventé le microcrédit, Muhammad Yunus l’a popularisé dans les années 1980. Fondateur de la Grameen Bank 1976, il a reçu le Prix Nobel de la paix en 2006.

Aussi, cela a été un coup de tonnerre quand il a été destitué dela Grameenen 2011. La banque centrale du Bangladesh a pris pour argument qu’il avait dépassé la limite d’âge autorisée aux responsables de banques (71 ans contre 60 ans).

Pour ses supporters, cette décision est politique : M. Yunus avait envisagé de créer un parti alternatif et son opposition au Premier ministre du Bangladesh était connue. “Quelle que soit l’issue de cette affaire, elle témoigne de l’intérêt d’une approche géopolitique de la microfinance “, explique Sylvain Allemand.

Les taux d’intérêts du microcrédit sont-ils trop élevés ?

Quand le microcrédit a été popularisé, dans les années 1970, il existait des usuriers, prêtant à des taux très élevés. Aujourd’hui, certains critiquent les taux d’intérêt élevés pratiqués dans le microcrédit. On évoque des taux de 40 % aux Philippines ou au Kazakhstan, 50 % en Ouganda, voire 85 % au Mexique.

Selon une étude, réalisée par le CGAP (Groupe consultatif d’assistance aux plus pauvres), le taux médian pratiqué dans 36 pays est de 26,4 %. Ces taux sont plus faibles que ceux pratiqués par les usuriers.

Ils s’expliquent par trois raisons :

  • Les IMF paient leurs ressources plus chères que les banques
  • Leurs frais administratifs sont plus élevés
  • Les taux d’intérêts élevés correspondent au risque pris

 

* cité dans Vivre mieux dès demain.

 

Carrefour : nouvelle tête, vieux problèmes

Mardi 31 janvier 2012

Rien ne change chez Carrefour, si ce n’est ses dirigeants. Le groupe de distribution a officialisé le prochain départ de Lars Olofsson, et son remplacement par Georges Plassat. Le troisième changement de PDG en 4 ans. Dans la foulée, Pierre Bouchut quitte le groupe.

Cela commence à faire beaucoup. Ce turnover de dirigeants (outre celui organisé par Olofsson lui-même) sanctionne certes la multiplication des avertissements sur résultat et l’incapacité de l’équipe de direction à remettre sur le distributeur les rails.

Il illustre aussi les atermoiements d’actionnaires minoritaires qui ont réussi à prendre le pouvoir dans l’entreprise (sans en payer le prix) et tentent par tous les moyens à se refaire, alors qu’ils sont rentrés lorsque le cours de Bourse était beaucoup plus élevé - autour de 50 euros rappelle le Wall Street Journal contre moins de 18 euros actuellement.

Rappelons que grâce à Blue Capital, Carrefour a trouvé le moyen de se séparer de Dia, activité de hard discount, au moment où ce format de magasins se développe plutôt bien : en particulier lorsque la conjoncture est moins favorable. De même, l’obsession de vouloir coter l’immobilier du groupe a créé une incertitude et contribué au manque de visibilité sur la stratégie financière de Carrefour.

En juin 2011, Sébastien Bazin, patron de Colony Capital et actionnaire de Carrefour avec LVMH au sein de Blue Capital (22 % des droits de vote), se défendait de vouloir démanteler le distributeur. Il expliquait également :

“La stratégie du groupe est la bonneIl faudra du temps pour que cela se traduise dans le cours de Bourse, mais le chemin est le bon. Il y a trente ans, la part de l’alimentation et du textile dans les dépenses des ménages était de 30 % environ. Elle est passée aujourd’hui à moins de 15 %, avec la montée des dépenses dans d’autres types de produits ou de services comme la téléphonie mobile, Internet, etc. Il est donc indispensable de réinventer l’hypermarché et d’augmenter la part des marques de distributeur. C’est ce que Carrefour est en train de faire.”

Au passage, le représentant de Colony Capital justifiait cette notion baroque d’actionnaire influent sans détenir le contrôle de l’entreprise (!). Mais moins d’un an plus tard, la “bonne stratégie” ne fonctionne pas. Certains analystes appellent ouvertement à ce que Carrefour lance une guerre des prix…

Quels projets pour Georges Plassat ?

Qu’apportera Georges Plassat ? Ce sera sans doute la surprise du chef lors de l’annonce des résultats semestriels : à moins que l’AG de Carrefour ne soit l’occasion d’une prise de parole — elles sont rares apparemment. On trouvera peut-être quelques éléments de réponse dans deux entretiens accordés à LSA, en 2002 et en 2008. Il y a près de 10 ans, le patron du Groupe Vivarte affirmait :

“Quand on achète mieux, qu’on réassortit mieux et qu’on a des prix corrects, en général, les volumes s’améliorent.”

Le dirigeant mettait également en avant la polyvalence des salariés (ce qui risque de provoquer une petite révolution si cela devait s’appliquer chez Carrefour).

Mais si ces entretiens sont plus un moyen de se faire une première idée du dirigeant, difficile d’imaginer que ce qui a marché pour Vivarte (4 milliards de CA) fonctionne pour un groupe près de 25 fois plus gros. Les problèmes de Carrefour ont été plusieurs fois commentées. La tâche de Georges Plassat est gigantesque. Mais il est difficile de croire qu’un groupe de cette taille n’ait pas les moyens de se redresser.

Boursièrement, Carrefour se traite sur des niveaux de valorisation qui méritent de “creuser le dossier”. L’arrivée de Georges Plassat sera peut-être enfin l’occasion d’un renouveau pour l’entreprise, ses salariés — et le cours de Bourse suivra peut-être. Mais la présence de Blue Capital est un réel facteur d’incertitude. À se demander si elle ne justifie pas une décote de valorisation…

 

Jocelyn Jovène, weeko.fr

Ventes aux enchères de vin : des indices pour estimer une bouteille

Mardi 31 janvier 2012

En novembre dernier, je publiais sur ce blog une note consacrée aux ventes aux enchères de vin avec, en toile de fond, la vente à venir des grands crus d’Alain Delon : plus de 200 lots exceptionnels estimés, à ce moment-là, aux alentours de 100.000 euros.
Depuis, la vente a eu lieu et a finalement atteint 250.412 euros, frais compris (cf article du Parisien). L’effet ‘Delon’ est indéniable, mais n’explique pas à lui seul un tel succès : la rareté et le prestige des flacons font le reste.

La maison Artcurial - Hôtel Dassault / Photo Artcurial

Quoi qu’il en soit, l’engouement des acheteurs m’avait, à l’époque, conduit à me demander quelles étaient les garanties autour de ce type de transactions. Avec, en tête, cette histoire d’un ami qui m’avait avoué avoir vendu une bouteille de Mouton Rothschild, sur un site d’enchères, après qu’elle a passé l’été de la canicule -2003- dans sa cuisine !
Coup de fil à Aymeric de Clouet, expert en vin, mandaté par Delon pour procéder à l’inventaire de sa cave : la seule chose qui fasse foi, m’expliqua-t-il, c’est le descriptif que l’on donne sur le catalogue.

Il consiste notamment en un faisceau d’indices préalablement identifiés par l’expert, qui lui permettent d’estimer les conditions de conservation et donc la qualité du contenu. Citons, à titre d’exemple le niveau de remplissage de la bouteille, la souplesse du bouchon de liège et l’état de l’étiquette (paradoxalement, une étiquette en bon état sur un vieux flacon indique le plus souvent une conservation inappropriée, dans une cave sèche).

Une conférence pour comprendre

Si le sujet vous intéresse et que vous avez l’intention de fréquenter les salles des ventes pour enrichir votre cave, sachez que le 8 février prochain, à 18h30, aura lieu, à l’hôtel Dassault*, une conférence sur le monde des ventes aux enchères de vin. Animée par Laurie Matheson et Luc Dabadie, les deux experts du département de la maison de ventes aux enchères Artcurial, elle sera l’occasion de faire le point sur le déroulement des ventes, les règles à connaître et à respecter, le rôle des experts… Ne tardez pas, le nombre de places est limité.

Pierre Suze

* Hotel Dassault : Maison Artcurial, 7, rond-point des Champs-Elysées – 75008 Paris / inscription gratuite.

Pour prolonger : sur le même sujet, sur BforBank.com, vous pouvez relire “comment acheter à la vente des Hospices de Beaune“; et le dossier “Placements : misez sur l’originalité !

Hausses de la TVA et de la CSG : ce que propose Nicolas Sarkozy

Lundi 30 janvier 2012

Dans le but de financer la baisse du coût du travail et de relancer la compétitivité de l’industrie française, Nicolas Sarkozy a confirmé hier soir, dimanche, un relèvement de 19,6 à 21,2% du taux normal de la TVA. Il  a également annoncé une augmentation de deux points de la CSG sur les revenus financiers. Treize milliards d’euros de charges sociales seront ainsi basculées sur la TVA et la CSG.

Annoncées à moins de 100 jours de l’élection présidentielle, la plupart de ces mesures n’entreront en vigueur que postérieurement. Examinons de plus près les principales mesures annoncées hier.

Une hausse de la TVA

Pour financer une baisse de coût du travail, le taux normal de TVA augmentera le 1er octobre de 1,6 point. Il va ainsi passer de 19,6 % à 21,2 %. En revanche, les taux réduits de TVA à 5,5 % et 7 % ne bougent pas.

Si pour Nicolas Sarkozy l’expression de TVA sociale, n’a aucun sens, il aime à rappeler qu’il y a 5 ans (le 1er janvier 2007), Berlin avait pris une mesure similaire, relevant son taux normal de TVA de 16 à 19 %. Une différence : sur ces 3 points, un seul était cependant affecté à la baisse des charges patronales.

Ça a marché chez eux, pourquoi ça ne marcherait pas chez nous?“, s’est interrogé le chef de l’État.

À noter que François Hollande a promis d’abroger cette hausse s’il est élu.

Une hausse de la CSG

La CSG sur les revenus du patrimoine et les produits de placement sera augmentée de 2 points afin de financer une baisse des cotisations sociales payées par les employeurs. Les entreprises se verront donc exonérées entièrement des charges familiales patronales sur les salaires comprises entre 1,6 et 2,1 fois le Smic.

Après une hausse le 1er octobre 2011 (seconde loi de finances rectificative pour 2011) du taux du prélèvement social sur les revenus du capital de 2,2 % à 3,4 %, cette nouvelle hausse touchant la CSG portera le taux global des prélèvements sociaux sur les revenus et produits du capital à 15.5 % contre 13,5 % à ce jour.

La taxe de 0,1 % sur les transactions financières

Elle s’élèvera à 0,1 % et touchera outre les actions, les dérivés et le trading haute fréquence. Elle s’appliquera à compter du 1er août ce qui laisse espérer sans doute à Nicolas Sarkozy que ces quelques mois permettront peut-être à l’Allemagne de se décider pour éventuellement se rallier au mouvement.

Selon Bercy, cette taxe doit rapporter 1 milliard d’euros chaque année soit quatre fois plus que l’impôt de Bourse supprimé en 2008.

Le Figaro explique que “ l’option choisie est celle directement inspirée du droit de timbre (stamp duty) en vigueur à la City de Londres “, mais avec un taux très inférieur puisque le taux y est de 0.5 % sur les transactions.

Parmi les autres mesures figurent une augmentation du droit à construire de 30 %, la création d’une banque de l’industrie pour débloquer des crédits, une hausse du quota d’apprentis obligatoire, la conclusion d’accords compétitivité-emploi pour permettre aux entreprises une meilleure adaptation au marché.

Quelles conséquences pour les ménages ?

Nicolas Sarkozy espère une recette d’environ 11 milliards d’euros de la hausse de la TVA. Le succès de cette mesure dépendra largement de l’attitude des entrepreneurs face à ces allégements de charges patronales.

Pour les ménages, la crainte est clairement que certains entrepreneurs profitent de ces allégements, ne jouent pas le jeu et fassent passer des hausses de prix, ce qui bien sûr empêcherait également un choc de compétitivité.

La hausse de la CSG marquera la contribution des “patrimoines les plus élevés“, touchant la très grande majorité des produits d’épargne financière ou immobilière. À titre d’exemple, le taux global d’imposition des plus-values mobilières passera à 34.5 % (19 % +15.5 %) et le PFL sur les intérêts de livret ou revenus obligataires à 39.5 % (24 %+15.5 %).

 

 

Sarkozy : revenir sur la retraite à 60 ans est une folie

Lundi 30 janvier 2012

Sarkozy-retraite-bfmtvLe Président de la République a déclaré hier que le retour de la retraite à 60 ans était “une folie“, “un mensonge, ajoutant que “cela ne se ferait pas“, lors de son intervention télévisée, en faisant allusion à la proposition de François Hollande de revenir à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leur durée de cotisations.

 

“C’est une folie, il n’y a personne qui croit ça, il n’y a aucun Français qui pense que c’est vrai, c’est un mensonge parce que ça ne se fera pas”, a affirmé le chef de l’Etat.

“Quand on a fait la réforme des retraites, tout le monde nous a critiqués, maintenant toute l’Europe nous suit”, a-t-il même prétendu.

 

“Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ?”

L’occasion pour Nicolas Sarkozy de balayer d’un revers de main l’une des propositions de François Hollande, sans jamais citer son nom. Le candidat du Parti Socialiste a en effet promis que, s’il est élu Président de la République en mai prochain, ceux qui ont suffisamment cotisé « pourront partir à 60 ans » (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »).

Une mesure qui “conduirait le pays à la ruine. Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ?” s’est indigné Nicolas Sarkozy.

Ceux qui travailleront encore, si l’on en croit la présentation du programme de François Hollande faite jeudi dernier.

S’il est élu, sa promesse de permettre aux Français qui ont cotisé 41 ans de pouvoir partir à 60 ans sera financée par une hausse des cotisations sociales, souligne Le Monde.

Des mesures qui risquent sérieusement de grever les comptes de la Sécurité sociale, analyse Le Point.

Selon l’évaluation de l’association Sauvegarde retraites, elles coûteront au moins 6,3 milliards d’euros par an à partir de 2020, année où elles exerceront tous leurs effets.

Seul point commun pour le moment entre le candidat socialiste et le Président de la République : ne pas trop toucher aux retraités actuels, note Le Monde.

Mais pour combien de temps ?

AB

Netgem, le fabricant français de décodeurs trouve un souffle à l’international

Vendredi 27 janvier 2012

Netgem, le fabricant français de box et de décodeurs TV s’en sort mieux à l’international que sur son marché domestique. Il finit l’année 2011 avec un chiffre d’affaires de 84,6 millions d’euros, contre 130 millions d’euros en 2010.

Plus de la moitié de son volume d’affaires (55 %) est réalisée à l’international (CA 2011 : 46,2 m euros). Ces résultats sont en hausse de 20 %, alors qu’en France (CA 2011 : 38,3 m euros) ils baissent de 60 % par rapport à l’année précédente.

Cette chute s’explique notamment par une dégradation des relations commerciales avec l’opérateur SFR, l’un des principaux clients de Netgem et par une concurrence accrue dont le secteur de la téléphonie sur Internet et des nouvelles offres d’interconnexion entre téléphones mobiles, TV sur Internet et autres Ipad.

Netgem fonce à l’export

La start-up française fondée en 1996 par trois polytechniciens a connu des hauts et des bas, oscillant entre une forte croissance à ses débuts à une chute en 2002, voyant son marché s’effondrer. Mais elle a su prendre la vague de l’ADSL dès 2003. Puis, ces dernières années, elle a multiplié les contrats avec de grands opérateurs télécoms, dont SFR. En trois ans, elle passe de 35 à 60 personnes, dont 15 à Sydney et à Singapour. Et elle est cotée en Bourse (Nyse Euro) depuis 2000.

Aujourd’hui, Netgem, en proie à un marché très concurrentiel, veut rebondir avec une nouvelle offre composée de logiciels, de matériels et de services associés. La société a également signé des contrats avec des opérateurs en Europe, avec entre autres l’opérateur polonais Netia et l’opérateur Monaco Telecom. Elle a également créé fin 2010 une filiale en Australie (avec l’opérateur Telstra) et à Singapour pour étendre son marché.

« Nous avons diversifié notre base clients en Europe, en Australie, en Asie et plus récemment au Mexique avec le troisième opérateur mobile du pays, Iusacell, qui a choisi la technologie Netgem pour son offre quadruple play, réunissant l’accès à Internet, la télévision et la téléphonie fixe et mobile » détaille Christophe Aulnette, Directeur Général de Netgem en France (ex PDG de Microsoft France).

Un modèle économique de logiciels et services

Pour autant, Netgem veut trouver un nouveau souffle sur le marché français de solutions de télévision sur Internet, devenu très concentré.

La société a donc réfléchi à mieux adapter son modèle économique au marché de la téléphonie en pleine mutation, avec l’évolution rapide des offres. Netgem renforce son offre de services, notamment avec l’opérateur français SFR.

« Nous renouvelons notre contrat avec SFR sur trois ans (jusqu’en juin 2014) sur le marché français ce qui concerne 2,7 millions de box SFR. Nous mettrons à jour la base installée de l’opérateur français et nous ferons aussi de la mise à jour à distance. Nous proposerons aussi des applications innovantes. Nous voulons promouvoir notre vrai savoir-faire en termes de logiciels, de matériels et de maintenance de technologies pour ‘la maison connectée ‘ » explique Christophe Aulnette.

En tout cas, ce nouveau contrat signé fin 2011 devrait générer une plus grande récurrence de revenus au fabricant français. La société qui se dit rentable va-t-elle évoluer, sur ces nouvelles bases ?

Un modèle économique réorienté et donc à suivre, le pari n’est pas toujours gagné lorsque l’on choisit à la fois le métier de fournisseur de technologies et de prestataires de services associés.


Marine Le Pen : « 60 ans, je crois que c’est un âge correct »

Vendredi 27 janvier 2012

retraite-marine-lepen-Neno°-flickrLa retraite à 60 ans est une nouvelle fois exhumée. Pas par le Parti Socialiste, mais par la candidate du FN qui formule pour la 1ère fois cette idée à propos de l’âge de départ en retraite. Alors même que cette promesse n’apparaît pas précisément dans son programme.

«La meilleure option est la retraite à la carte, avec une retraite pleine à 40 annuités de cotisation», a indiqué  Marine Le Pen, hier, sur France Inter.


Marine Le Pen par franceinter

« La double condition, c’est 60 ans, et 40 (annuités) pour une retraite pleine », avec des « exceptions » pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, a-t-elle précisé devant des journalistes, rapporte l’AFP.

Cette proposition a aussitôt provoqué des réactions du Front de gauche, qui l’accuse d’enfumer les travailleurs, et de l’UMP, qui parle de  démagogie.

« Elle fait semblant de tenir du discours social », dénonce Alexis Corbière sur son blog.

Le conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui a récemment écrit un livre sur la présidente du Front National (“Le parti de l’étrangère”, Ed. Flibuste), ajoute :

« il y a encore cinq ans, Marine Le Pen, alors directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen, défendait ardemment la retraite à 65 ans et plus » et que « lors des manifestations et grèves de septembre 2011 pour la défense de la retraite à 60 ans, elle a consacré son énergie à insulter les grévistes ».

Marine Le Pen, ” marchand d’illusions “

Dire aux Français qu’on va surmonter la crise et les déficits en travaillant moins longtemps relève tout simplement du mensonge le plus éhonté “, a réagi le député et secrétaire national de l’UMP chargé des retraites, Arnaud Robinet.

Comment peut-on croire à des promesses aussi mirobolantes et aussi démagogiques ? “, a-t-il demandé, qualifiant Marine Le Pen de ” marchand d’illusions “.

Car, la candidate d’extrême droite reste pour le moment assez floue sur le coût de ses propositions sur les retraites et leur financement, selon Les Echos.

Elle suggère d’élargir l’assiette de financement au revenu du capital. Elle entend aussi y affecter une partie de droits de douane sociaux et environnementaux qu’elle veut instaurer. Et supprimer le minimum vieillesse pour les étrangers qui ont travaillé et cotisé moins de dix ans en France. Mais elle compte surtout sur une politique ambitieuse de retour au plein-emploi et d’accroissement de natalité pour rétablir à terme les comptes de l’assurance-vieillesse, explique le quotidien économique.

AB

Pour aller plus loin

Dans le bureau du gérant… rencontre avec Pascal Blanqué d’Amundi

Vendredi 27 janvier 2012

amundi-asset-management

L’équipe formée par Thomas Blard et BforBank est de retour pour une 4e vidéo “Dans le bureau du gérant”.

Ce mois-ci nous sommes allés boulevard Pasteur dans les locaux d’Amundi afin d’interviewer Pascal Blanqué, Directeur général délégué, Directeur des gestions.

Pour Pascal Blanqué, l’environnement est fragile et nous assistons à un fort ralentissement macroéconomique. La prudence est donc toujours de rigueur dans les investissements : “il est trop tôt pour lever la garde” nous précisait-il. Autrement dit, il faut maintenir des liquidités dans le portefeuille.

Toutefois, 2012 devrait présenter des opportunités et plus précisément à travers les entreprises exposées au cycle mondial de croissance. Selon notre expert, il faut également privilégier les actions émergentes et jouer la volatilité comme une classe d’actifs à part entière.


Dans le bureau du gérant… Pascal Blanqué… par BforBankTV

Retrouvez les fonds Amundi de la Sélection de 50 fonds sur le site BforBank.

Dans le bureau du gérant… rencontre avec Pascal Blanqué d’Amundi

Vendredi 27 janvier 2012

amundi-asset-management

L’équipe formée par Thomas Blard et BforBank est de retour pour une 4e vidéo “Dans le bureau du gérant”.

Ce mois-ci nous sommes allés boulevard Pasteur dans les locaux d’Amundi afin d’interviewer Pascal Blanqué, Directeur général délégué, Directeur des gestions.

Pour Pascal Blanqué, l’environnement est fragile et nous assistons à un fort ralentissement macroéconomique. La prudence est donc toujours de rigueur dans les investissements : “il est trop tôt pour lever la garde” nous précisait-il. Autrement dit, il faut maintenir des liquidités dans le portefeuille.

Toutefois, 2012 devrait présenter des opportunités et plus précisément à travers les entreprises exposées au cycle mondial de croissance. Selon notre expert, il faut également privilégier les actions émergentes et jouer la volatilité comme une classe d’actifs à part entière.


Dans le bureau du gérant… Pascal Blanqué… par BforBankTV

Retrouvez les fonds Amundi de la Sélection de 50 fonds sur le site BforBank.

STMicroelectronics, spécialiste de la destruction de valeur

Vendredi 27 janvier 2012

stmicrolectronics-cours-bourse-Nic's events-flickrEn quelques années, STMicroelectronics est devenu un spécialiste de la destruction de valeur. Les résultats décevants de STMicroelectronics publiés au titre du quatrième trimestre 2011 confortent cette idée et devraient fortement inciter les États français et italien, principaux actionnaires du fabricant de semi-conducteurs, à se poser de sérieuses questions sur l’intérêt de maintenir en place l’actuelle équipe de direction.

Depuis 10 ans, STMicroelectronics (STM) perd des parts de marché : progression de 4 % an des ventes contre +8 % pour l’industrie. Sa dépendance excessive à l’égard de Nokia et son incapacité à remporter des contrats plus significatifs sur le marché de la téléphonie mobile se traduisent aujourd’hui par de lourdes pertes financières.

Les investisseurs attendent toujours de voir quels fruits rapporteront les différentes opérations de croissance externe engagées sous l’ère de Carlo Bozotti, actuel P-DG de l’entreprise.

Un manque de leadership

STM n’est pas leader sur ses marchés les plus significatifs. Le groupe n’est que numéro 3 mondial dans les communications et dans l’automobile : deux secteurs qui représentent respectivement 27 % et 17 % de son chiffre d’affaires. Le modèle d’un acteur diversifié ne semble plus en phase avec les attentes du marché, contrairement à ce qu’avance le groupe.

Malgré l’intensification des efforts de R & D au cours des dernières années, STM reste dépendant de clients stratégiques en perte de vitesse (cas de Nokia) et a visiblement le plus grand mal à la fois à valoriser ses produits et à remporter suffisamment de contrats commerciaux pour bien charger ses “fabs” (les usines où les composants sont fabriqués à partir de tranches de silicium).

Résultat : le taux de marge brute, un des indicateurs clefs d’évaluation de la performance dans l’industrie des semi-conducteurs, plafonne sous les 40 % depuis plusieurs années (37 % en 2011), quand il atteint 62,5 % chez Intel, 49 % chez Texas Instruments, 51 % chez Broadcom (9 mois 2011) ou 66 % chez Analog Devices.

Un manque de succès qui coûte cher

Jusqu’ici, les parties prenantes de l’entreprise (notamment les actionnaires et les salariés) ont payé les pots cassés. Arbitrages au sein du portefeuille de produits, stratégie axée sur la convergence multimédia, restructurations récurrentes de l’outil de production pour réduire la sensibilité du groupe aux variations du change et le rendre moins consommateur en capital n’ont pas produit de résultats tangibles en matière de rentabilité des capitaux employés.

À se demander s’il n’est pas venu le moment d’envisager une refonte plus complète du périmètre d’activité de STMicroelectronics. Mais encore faudrait-il que l’Etat stratège ait conscience des problèmes et qu’il réagisse. Jusqu’ici, c’est plutôt silence radio. Un silence ahurissant quand on sait quelle est l’importance de la microélectronique pour un pays qui souhaite maintenir une quelconque puissance industrielle sur son sol.

Aujourd’hui, l’action STM se traite en deçà de sa valeur d’actif net, ce qui signifie que les investisseurs se demandent d’où viendront la croissance bénéficiaire et la création de valeur. En théorie, avec de tels ratios, les investisseurs devraient s’intéresser au titre.

Mais si la direction de STM n’est pas capable d’afficher un plan stratégique plus convaincant et surtout des résultats tangibles, il y a de bonnes chances que le marché se désintéresse durablement du titre.

Jocelyn Jovène, weeko.fr